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Spyro 3 - Year of the Dragon
Année : 2000
Système : Playstation
Développeur : Insomniac
Éditeur : Sony
Genre : Action / Plate-forme
Par DSE76 (28 septembre 2017)
Le jeune dragon pour sa dernière aventure sur Playstation. Et il n’est pas tout seul.
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Après la sortie de Spyro 2, Insomniac Games s’est attelé à la création d’un troisième jeu. La Playstation 2 ayant été annoncée en 1999, l’équipe sait que ce sera la dernière aventure du dragon violet sur la première console de Sony. Du coup, ils ont voulu faire plus beau, plus grand et avec des nouveautés çà et là. Et comme le jeu sort en 2000, qui correspond au calendrier chinois à l’année du dragon, le titre est tout trouvé : Spyro Year of the Dragon.

Spyro Year of the Dragon (qu’on va appeler Spyro 3) est dans la droite continuité des deux précédents jeux : on incarne toujours Spyro dans différents mondes qu’il faudra traverser pour aider les habitants du coin. Ensuite, il faudra passer au monde suivant jusqu’à arriver au boss final pour achever la quête.

L’écran titre de Spyro 3, avec l’habituelle animation rigolote pour annoncer le titre du jeu.

Et justement, la quête : après une soirée visiblement arrosée, les dragons se reposent tous après la ponte de quelque 150 œufs. Malheureusement pour eux, une vilaine sorcière a décidé de s’en emparer pour son compte personnel en faisant appel à ses sbires pour les récupérer. In extremis, ils parviennent à tous les récupérer. Les dragons envoient donc Spyro et Chasseur pour retrouver les œufs : une nouvelle aventure commence.

Vous l’aurez deviné : en plus des sempiternels joyaux à ramasser, vous avez de 1 à 6 œufs à récupérer par niveau. Des indices permettent de deviner où se trouvent ces œufs dans un carnet disponible à l’aide de la touche select mais il faudra généralement explorer pour les trouver. Les œufs sont plus ou moins bien cachés mais dans les niveaux, il faudra généralement gagner un mini-jeu pour en obtenir un.

Lorsque vous approchez de l’œuf, il éclot et une animation rigolote du bébé dragon qui en sort se met en place, généralement différente d’un œuf à un autre.

Les capacités de Spyro sont les mêmes que celles qu’il avait à la fin de Spyro 2 : à savoir qu’il peut marcher, charger toutes cornes devant, cracher des flammes, sauter, planer, papillonner pour gagner de la hauteur et de la distance, patiner sur la glace (et même s’arrêter, contrairement au 2 ; en revanche, il ne peut toujours pas sauter dessus), nager sur et sous l’eau, escalader certaines parois et faire une attaque au sol. Comme dans l’épisode 2, il pourra utiliser des recharges pour obtenir de super pouvoirs (généralement vol, super flammes et invincibilité) et les marquages au sol pour la super charge qui refont leur apparition.

Sauf que cette fois-ci, Spyro ne va pas affronter le monde tout seul : il devra faire équipe avec divers alliés que le dragon devra sauver. Ces derniers auront leur propre monde à sauver qui généralement sert de tutoriel pour leur maniement avant de prêter main forte en prenant la place du dragon violet. Ces personnages permettent un changement de gameplay sans trop charger Spyro en capacités.

Spyro ne sera pas seul dans sa quête des œufs, puisqu’il peut sauver des animaux des griffes de la sorcière pour qu’ils lui donnent un coup de main.

D’autres mécaniques moins réjouissantes font leur retour comme ce bon vieux Gros-Sous. Comme d’habitude, cet ours mal léché se postera à des endroits clés, et vous soutirera vos joyaux pour actionner un mécanisme afin que vous puissiez continuer à progresser. Il sert de geôlier à la sorcière et chaque hub world est l’occasion de libérer un de vos futurs amis... moyennant une petite rétribution. En d’autres termes, partez à la chasse de ces joyaux pour satisfaire l’appétit de Gros-Sous. Heureusement, vous pourrez vous venger de toutes ces extorsions vers la fin du jeu.

D’ailleurs, partez à la chasse aux œufs car eux aussi permettent de déverrouiller les portails. Ces derniers demandent un certain nombre d’œufs pour pouvoir être traversés. Toutefois, vous ne pourrez pas tout récupérer d’un coup car certains personnages ne sont libérables que dans le hub world suivant. Eh oui, le jeu contient du backtracking mais ça se limite heureusement à un seul niveau.

Ce vieux grigou de Gros-Sous est de retour et encore une fois, il compte bien vous vider vos poches.

Les niveaux sont, comme dans Spyro 2, composés de mini-jeux que Spyro doit réussir pour gagner des œufs. Toutefois, contrairement à Gateway to Glimmer, ces mini-jeux sont séparés du reste par le biais de portails. Ces embranchements peuvent contenir des joyaux, ce qui peut être problématique car il vous faudra aller d’un portail à un autre pour tous les obtenir si vous en avez oubliés en cours de route.

Parmi l’un des mini-jeux, Spyro va devoir faire... du skate. Oui, vous avez bien lu : le dragon violet se prend pour Tony Hawk avec en plus des figures à la clé. Le skate se décline en skate park ou en course où vous défiez des adversaires. D’autres mini-jeux impliquent le combat d’un mini-boss, des alliés qui ont leur propre chemin ou une section plus classique avec l’habituelle phase de plateformes.

Non, vous ne rêvez pas : Spyro se prend bel et bien pour Tony Hawk mais c’est plutôt pas mal comme petit changement de gameplay.

Les circuits font leur retour et ils ont grandement été remaniés : désormais, il y a deux épreuves et une autre cachée, toutes récompensées par un œuf. Les deux épreuves sont accessibles à l’aide d’un menu présenté par... Sparx, en accent insectoïde (ceux qui ont déjà joué me comprendront). La première épreuve consiste à l’habituel "dégomme toute une série d’obstacles dans le temps imparti" des deux épisodes précédents, avec une grosse différence : vous ne gagnez pas de temps supplémentaire. Attention à l’eau qui éliminera d’office.

La seconde épreuve est une course : vous êtes opposé à 5 concurrents et le but est d’atteindre la première place au bout des trois tours. Vous devrez voler à travers un parcours tracé, prendre des raccourcis, et surtout ramasser les étoiles bleues qui vous donneront un boost significatif, ainsi que les étoiles rouges qui permettront de cracher un missile autoguidé afin de ralentir vos adversaires. Enfin, Chasseur est caché dans le décor pour une mission spéciale ayant un rapport avec des moutons ou vaches de l’espace qui semblent venir du précédent épisode. Choisissez de préférence la première épreuve pour pouvoir jouer avec lui.

Une fois de plus, les talents de vol de Spyro sont mis à contribution dans les circuits avec deux épreuves. Arrivez-vous à trouver Chasseur dans le décor pour l’aider contre les envahisseurs de l’espace ?

Spyro est donc bien aidé : quatre amis à libérer qui ont leur propre monde et des sections dans les autres mondes, Chasseur prêt à en découdre contre des moutons et des vaches dans le circuit... Mais voici que Sparx, la fidèle libellule du dragon, a lui aussi ses propres niveaux. Après avoir battu le boss du hub world, Zoé la fée devient disponible pour une mission pour la libellule afin de récupérer un œuf.

Le niveau est un jeu de tir dans lequel Sparx va devoir se frayer un chemin à travers un niveau rempli de bestioles. La libellule peut se déplacer dans toutes les directions mais peut utiliser L1 ou R1 pour straffer aussi bien à droite qu’à gauche. En plus du tir normal, Sparx peut ramasser des power up qu’il peut utiliser pour éliminer l’opposition. Enfin, Sparx peut charger mais ça n’endommage pas les ennemis. Le but est de vaincre le boss afin de récupérer l’œuf. En terminant le niveau, Sparx gagne un pouvoir qui permet d’aider Spyro dans ses aventures.

Même Sparx, le compagnon de Spyro, a ses propres aventures : une espèce de jeu de shoot avec moult ennemis à abattre et un boss à vaincre à la fin pour récupérer un œuf.

En parlant de Sparx, tout comme les deux précédents opus, ce dernier sert d’indicateur de points de vie, qui va du vert au doré mais aussi ramasse les joyaux. Lorsque Spyro se prend un coup, Sparx perd une couleur. Après trois coups, Sparx disparaît, laissant Spyro seul pour ramasser les joyaux et sans défense. Si le dragon se fait encore toucher, c’est la perte de vie. Il est possible de récupérer des points de vie ou faire réapparaître Sparx en dégommant les animaux qui traînent çà et là. En enflammer 10 permet d’obtenir une vie supplémentaire.

Aussi de retour de Spyro 2, les points d’aptitudes permettent au joueur de récupérer des vies assez facilement. Pour rappel, il s’agit d’effectuer des actions cachées comme enflammer un certain nombre d’objets, vaincre des ennemis particuliers, atteindre un endroit... Une fois accomplies, un papillon bleu apparaît pour vous récompenser de vos exploits, ce qui signifie vie supplémentaire et restauration totale de la santé de Sparx. Suite aux problèmes liés aux points d’aptitudes dans Spyro 2 (réputés difficiles à sortir), ceux de Spyro 3 ont été facilités mais restent parfois corsés à deviner. Essayez de tous les obtenir pour avoir l’épilogue final.

Les points d’aptitudes permettent d’obtenir facilement des vies supplémentaires et restaurer la santé de Sparx. Ils sont plus faciles que dans Spyro 2.

Le jeu dispose de mécanismes forts spéciaux. La difficulté est gérée par un système nommé "Active Tunning Challenge" : plus vous jouez bien, plus le jeu sera difficile. En revanche, perdez trop de vies et la difficulté en prendra un coup, éliminant parfois certains ennemis du jeu. Sympa comme système adaptatif, mais il pose deux problèmes frustrants : soit le joueur finit par rencontrer un mur, surtout dans les mini-jeux et les circuits, obligeant à perdre pour gagner ces épreuves, soit le joueur perd trop de vies et le jeu retire des ennemis... et des joyaux car comme dans Spyro premier du nom, les ennemis contiennent des joyaux. Résultat : le 100% devient inaccessible, et, de là, la vraie fin du jeu.

Un autre de ces mécanismes est lié à la protection du jeu. En effet, Insomniac Games a développé un dispositif anti-crack, en plus du système anti-piratage des précédents jeux. Les développeurs et surtout Universal s’en sont vantés, ce qui de facto rendit personnel le challenge de pirater le jeu pour les hackers. Néanmoins, ces derniers mettront 2 mois avant de le cracker, là où la moyenne des jeux Playstation était de l’ordre d’une semaine.

Le système de difficulté dynamique permet d’adapter le jeu à l’habileté du joueur mais souvent, celui-ci finit par rencontrer un mur, comme ce passage contre des voleurs super rapides.

Spyro 3 se veut un summum en matière graphique : le jeu est plus beau que Spyro 2, avec des teintes plus vives, en grande partie à l’aide d’une plus grande saturation des couleurs. Les graphismes sont améliorés avec des textures plus fines et des polygones plus travaillés. Bref, toujours une réussite en la matière depuis le premier épisode.

Côté musical, Copeland se charge toujours de la composition. Globalement, la bande son de Spyro 3 est légèrement en deçà des deux précédents titres mais pas mal de morceaux sortent du lot. Sinon, la musique reste de très bonne facture. Côté effets sonores, le jeu reste dans le classique. Insomniac Games a rajouté quelques sons insignifiants mais qui donnent du charme comme un bruit de charge quand Spyro court sur une surface pavée.

Spyro 3 est de loin le plus beau de la série, avec ses couleurs vives et textures fines.

Si Spyro 3 est une réussite sur de nombreux plans, en réalité, il fait partie des nombreux jeux rushés pour Noël. Ça paraît étonnant dit comme ça, vu que le jeu est très peu pollué par les bugs (à part le fameux "Spyro Nageur Volant") mais le fait est qu’Insomniac Games a mis neuf mois pour faire le jeu et n’a pas pu terminer certaines parties, comme une arène de boss pour la Mine des Dinos ou une grande partie de la musique. En effet, la majorité de la bande son est recyclée d’un niveau à l’autre. Ce problème a été réglé plus tard dans la version "Greatest Hits", version américaine du fameux Platinium Européen. Malheureusement, la fameuse édition Platinium n’aura pas ces fameuses musiques car mettre tous les langages du vieux continent bouffe pas mal de place.

Spyro montre aussi ses limites pour la variation de ses niveaux. En effet, Insomniac a dû travailler dur pour trouver des mini-jeux pour la variété des niveaux. Ça donne parfois des trucs assez étranges comme Spyro qui fait du skate, dans un combat de tanks, ou Spyro obligé de laisser un de ses amis qu’il a libéré prendre le relais. Enfin, il y a les habituels problèmes de caméras des précédents épisodes mais qui ne gênent toujours pas davantage.

Les problèmes de caméra ont toujours été de la partie dans Spyro mais ne gênent nullement l’expérience car plutôt rares.

Spyro Year of the Dragon est considéré comme l’ultime Spyro, celui qui porta le gameplay du jeu à son maximum. Mais malheureusement, la série arriva à ses limites pour Insomniac Games : ayant dû se creuser les méninges pour trouver de nouvelles idées et lassé du dragon violet, le studio changera d’air à l’ère Playstation 2 en s'inspirant d’un des personnages de Spyro 3 pour donner naissance à Ratchet. Spyro, quant à lui, est confié à Universal et Equinoxe et malheureusement, ce sera le début de la fin mais ça, ce sera pour une autre fois.

DSE76
(28 septembre 2017)