Le 1er site en français consacré à l'histoire des jeux vidéo
Sonic the Hedgehog 2 (8-bits)
Année : 1992
Système : Game Gear, Master System ...
Développeur : Sonic Team
Éditeur : Sega
Genre : Plate-forme
Par DSE76 (25 avril 2016)
Encore une fois, la cover occidentale et la japonaise. Si celle de droite vous dit quelque chose, c'est que vous avez dans votre collection la version japonaise de Sonic 2 Megadrive (à noter que la cartouche européenne fait référence à la cover japonaise).

Sonic the Hedgehog a été un grand succès et pour SEGA, le jeu se devait d'avoir une suite. Comme la Sonic Team, divisée en deux, s'intéresse à la Megadrive et au Mega CD, la firme d'Haneda décide de confier le développement sur Master System / Game Gear à une équipe nommée Aspect (Ancient étant trop occupé à faire les Streets of Rage). Commence une aventure entre Aspect et Sonic qui va durer tout au long de la commercialisation de la console portable de SEGA, à commencer par ce Sonic 2.

Sonic the Hedgehog 2 est toujours un jeu de plateformes avec toujours le hérisson bleu qui doit toujours arrêter les plans de son ennemi juré le Dr Robotnik, toujours en franchissant les niveaux en battant les badniks et en récupérant des anneaux et toujours en atteignant la fin du niveau symbolisé par un panneau. Le jeu a été développé conjointement avec la version Megadrive mais contrairement à Sonic 1 8-bits, ce Sonic 2 8-bits est totalement différent de la version Megadrive.

Underground : eh oui, mesdames et messieurs, on ne commence pas par une zone Green Hill-esque (en revanche, on n'y coupera pas) mais de la lave ! D'ailleurs, il n'est pas recommandé d'aller en bas, au risque de finir de finir grillé si on se rate. Cette zone est surtout connue pour ses chariots et son tristement célèbre boss.

De base, Sonic court vite sans utiliser un seul bouton et est soumis à l’inertie. Le jeu consiste à sauter sur ses adversaires en se mettant en boule ou en appuyant sur la touche bas pour rouler au sol. Ce mode a tendance à accentuer la vitesse de Sonic en fonction de la pente mais le rend incontrôlable, mais on peut vite reprendre le contrôle en sautant.

Le jeu contient toujours 6 zones plus une bonus, toutes composées de trois actes. Sonic 2 8-bits suit le même schéma que son grand-frère : à savoir deux actes réguliers puis le boss, toujours sans anneaux. Celui-ci demande toujours 8 coups pour être défait et une fois vaincu, vous terminez la zone en détruisant la capsule qui retient vos amis prisonniers.

Sky High : Nous voilà sur des monts hauts, au milieu des nuages, avec un acte 2 qui nous offre un magnifique effet de pluie. C'est ici que se trouve le terrible et terrifiant... deltaplane et des ennemis qui seront récurrents dans les Sonics Aspect.

Cet épisode augmente la vitesse du jeu par rapport à son prédécesseur, le rendant rapide. Aussi, la quasi totalité des ralentissements qui polluaient Sonic 1 8-bits ont disparu. Cet opus 8-bits fête l'introduction des loopings dans le level design (quoiqu'un peu automatisés), la possibilité de détruire certains blocs en étant en boule et aussi... Tails, le jeune renard à deux queues et fidèle compagnon du hérisson bleu.

Bon, en fait, le renardeau n'est pas jouable et sert de "damoiseau en détresse" dans le jeu. L'histoire du jeu se déroule toujours sur South Island. Après la défaite de Robotnik, Sonic est parti voir ailleurs pour l'appel de l'aventure. En revenant, il découvre que ses amis animaux ont été une fois de plus kidnappés ainsi que Tails, et "Dr Tête d'oeuf" demande les émeraudes chaos en échange. Le hérisson bleu décide les récupérer pour régler son compte au savant fou.

Aqua Lake : vous n'aimez pas les zones aquatiques dans Sonic ? Eh bien, vous n'allez pas aimer Aqua Lake, qui a carrément un acte totalement immergé. Toutefois, on peut y faire de cools ricochets.

Sonic 2 8 Bits offre un nouveau truc unique : des véhicules de déplacement pour aider Sonic à avancer. Ainsi des chariots, des deltaplanes (leur maniement a traumatisé tous ceux qui les ont utilisés), des bulles géantes (World of Illusion style), des roues tournoyantes (pensez à celles dans Scrap Brain) et enfin les tubes (un peu dans le style de Chemical Plant). Ces ajouts sympathiques renforcent le gameplay déjà garni.

Une fois de plus, les émeraudes sont cachées dans le niveau, à chaque Act 2 plus précisément. Les collecter toutes ne récompense pas seulement la vraie fin mais permet aussi d'accéder au niveau bonus et au véritable boss final. Ces émeraudes sont bien cachées et difficiles à obtenir. Oh, aussi, il n'y a plus de special stage.

Green Hills : non, ce n'est pas Green Hill ! Un niveau verdoyant, grouillant de looping mais un peu sombre et assez linéaire. C'est partir de l'acte 3 qu'Aspect commence à abuser sur les piques.

Parlons maintenant de la réalisation de ce Sonic 2 8-bits : comme vous avez pu le remarquer, c'est beau, les sprites sont toujours bien animés mais le jeu semble prendre une tournure artistique plus sombre par rapport au précédent épisode. Comme s'il avait une tension avec le kidnapping de Tails (connaître la mauvaise fin et la supposition qui en découle rend cette phrase moins cryptique).

Sur le plan sonore, après Yuzo Koshiro, c'est le duo Masafumi Ogata/Naofumi Hataya qui est aux commandes de la bande son, les mêmes qui feront un an plus tard la très délurée et japonisante bande son de Sonic CD. D'ailleurs, vous pourrez entendre "You can do anything" dans un des niveaux. Pour revenir à nos hérissons, sachez que la bande son reste percutante, bien que moins entraînante que celle du précédent épisode.

Gimmick Mountain : Comme son nom l'indique, cette zone métallisée recèle nombre de gimmicks comme ces roues tournantes inspirées de celles de Scrap Brain.

Bon, il est temps de parler des défauts de ce jeu et il y en a un gros : Sonic the Hedgehog 2 sur Master System/Game Gear est certainement l'un des Sonic les plus difficiles de la série, dû à deux choses : premièrement le jeu abuse sur le scrolling vertical. Le jeu joue beaucoup sur se déplacer vers le haut ou le bas et très souvent, on est incapable de savoir où on va atterrir.

L'autre raison est que le Level Design est d'un cheap ! Aspect abuse cruellement avec les piques en en mettant partout et Sonic a une inertie tellement prononcée (bien plus que dans les épisodes Megadrive) qu'il recule grandement après être touché, empêchant de réagir (surtout sous l'eau où l'inertie est telle que tomber dans les piques est synonyme d'empalement). Quand il ne s'agit pas des piques, le level design devient très vite un pur "trial and error" où tout échec balance généralement vers les piques (et donc la mort).

Scrambled Egg : ce niveau est composé de tuyaux, une mécanique qui aurait pu être sympa s'il n'abusait pas sur les piques et autres pièges fonsés sur du try and error. Le plus dur des niveaux du jeu. Mecha Sonic vous attend à la fin pour la dernière émeraude.

Pour ne rien arranger, la version Game Gear est encore plus pénalisée par son petit écran. La visibilité réduite amplifie encore plus les défauts déjà cités plus haut. Pour vous dire, le premier boss est un véritable calvaire, avec ses projectiles imprévisibles. La plus grande vitesse ne permet que rarement d'anticiper l'obstacle.

Il y a d'autres différences entre la Master System et la Game Gear, plus réjouissantes comme les boss qui réagissent différemment, l'intro qui se passe différemment, une musique de boss pour chacune des deux versions, l’eau dans Aqua Lake qui est de couleur différente et enfin la musique de fin : il y a deux fins différentes selon que vous aurez obtenu ou pas les six émeraudes. Dans la version Master System, il n’y a qu’une seule musique tandis que la version Game Gear en a une pour chaque fin.

Crystal Egg : non, vous ne rêvez pas, la dernière zone et bastion du docteur est une zone colorée et vive, avec pour musique, un morceau joyeux. Mais les piques sont plus présents que jamais avec des blocs destructibles un peu partout. L’affrontement contre Robotnik n’est pas du tout joyeux et peut être le combat le plus difficile du jeu (sauf quand on connaît les patterns).

Ce Sonic 2 version 8-bits aurait pu être une réussite : les graphismes sont tout aussi beaux, la vitesse bien plus présente et les musiques toujours aussi prenantes mais voilà, le level design ultra cheap gâche le tout, ajoutant une sacrée difficulté qui pourra frustrer plus d’un. Pour un premier essai, Aspect part un peu mal et cet épisode se fait encore plus éclipser par la version 16 bits. D’autres Sonic du même développeur connaîtront un meilleur sort mais ça sera pour une autre fois.

La fin de cette aventure se conclut avec l’image de nos deux héros dans le ciel. Avec la mauvaise fin, il n’y a que l'image de Tails : symbolique et tragique.

DSE76
(25 avril 2016)