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Vous ne connaissez sans doute pas Soren Johnson. Ce brave homme a travaillé chez Firaxis de 2000 à 2007. Il
a programmé lIA de Civilization III et une partie du jeu. Pour Civilization IV, il a été propulsé
Lead Designer et on ne peut que saluer la décision de Firaxis car cest le meilleur Civilization jamais créé.
Bien plus quune simple évolution du III, cest une révolution de la série. Pour la petite
histoire, Soren a quitté Firaxis après Civ IV pour rejoindre Maxis et travailler avec Will Wright sur Spore.
Dans le manuel de Civ IV (200 pages en français !), on trouve cinq pages de notes personnelles de Soren qui en
apprend beaucoup sur le développement et la philosophie du jeu. Cest bien plus intéressant que les habituels
making-of sur DVD.
Légende : Soren Johnson
Le premier changement qui saute aux yeux est dordre graphique : Civilization est passé en 3D ! Il ny
a pas des masses de polygones et deffets mais lensemble est chatoyant et coloré. En prime, on a le droit
à des animations quand les unités saffrontent ce qui donne un peu de suspense sur lissue dun
combat. Les deux principaux intérêts de la 3D sont la possibilité de jouer dans la résolution de
son choix et de zoomer. De manière fluide, on zoome et dézoome avec la molette en passant dune vue proche
des unités à une vue globale de la Terre. On peut sapercevoir que cette dernière est bien ronde
et la faire tourner. Avoir la Terre entière sur son écran et admirer son empire provoque une sensation mégalomaniaque
assez grisante. Les merveilles et les constructions apparaissent directement sur la carte et on voit vraiment les villes grossir
et se transformer au fur et à mesure des âges. Quand le bonheur est maximal dans une ville, les habitants tirent
même un feu dartifice. D'autre part la musique du jeu est excellente et il est possible dutiliser ses MP3
pour la remplacer.
Linterface générale du jeu a été complètement revue. Des fenêtres pop-up apparaissent
quand une ville a fini de construire quelque chose pour demander ce quon veut faire après, idem pour la recherche.
Dès quon a fini dutiliser une unité, la caméra passe sur lunité suivante libre
afin de ne pas oublier un tank qui traine ou un ouvrier fainéant. Enfin, toute une série dautomatismes
permettent
dautomatiser la production dune ville, la construction daménagement par les ouvriers,
la recherche, lexploration etc. Tout cela a un peu desservi le jeu. Comme dhabitude, on a crié au
loup et au noob alors que ces options sont parfaitement désactivables et que personne ne force à les utiliser.
Leur utilité est damener de nouveaux joueurs à Civilization sans les surcharger dès le départ.
Progressivement, ils désactiveront ces automatismes pour tout faire eux-mêmes. Cela complète un tutorial
un peu maigre (malgré la présence de Sid Meier lui-même en chair et en polygones) et un manuel ultra-complet.
Résultat : Civilization IV est à ce jour le Civilization le plus vendu de la série avec 1,5 millions
dexemplaires commercialisés sans compter les deux add-ons. On ne peut que saluer la performance, surtout devant
un jeu dune telle complexité.
En effet, en terme de gameplay, ce Civ est de loin le plus complet. Commençons par aborder les changements par rapport
au III. Les unités nont plus de caractéristiques attaque et défense séparées et les
promotions suite à un combat ne sont plus automatiques : on peut ainsi spécialiser une unité pour
la faire devenir "tueuse de ville" ou "médecin". Loption tours simultanés permet à
tous les joueurs de jouer en même temps, ce qui diminue fortement la durée dune partie tout en influant
très peu sur la stratégie. La diplomatie est maintenant bien plus complète et permet déchanger
des ressources, des villes, de lor, la carte du monde connu et dimposer des embargos, des traités de paix
À laide de + et de -, on connait la position dune civilisation ennemie par rapport à la nôtre. Par exemple, avoir une paix durable avec une autre civilisation offre un +1 tandis que commercer avec une civilisation ennemie à la première
donne un -1. Cela permet un peu de prévoir les réactions de lIA. Si une civilisation ennemie est juste à
coté de vous et a un total de -4 à votre égard, la guerre est difficilement évitable.
Le système de santé des villes a été refondu pour prendre en compte à la fois la taille
de la ville et la pollution des industries. Si les points de pollution sont supérieurs aux points de santé,
la ville consommera plus de nourriture pour compenser, ce qui réduira sa croissance. Quand les habitants dune
ville ne sont pas contents, cela ne provoque plus de révolte. Ils cessent simplement de bosser, ce qui diminue la production.
Larbre de recherche compte maintenant 85 découvertes même si certaines ne sont pas obligatoires pour avancer.
Comble du geekisme, en VO, cest Leonard Nimoy (de Star Trek) qui annonce le nom des découvertes faites ainsi
quune citation célèbre associée à chaque découverte. La culture est toujours de la
partie : chaque ville possède une zone dinfluence (lensemble de ces zones définit vos frontières)
qui grossit en fonction de la culture quelle produit. Il est même possible de voler des villes ennemies grâce
à la culture.
Le jeu comporte désormais 6 victoires différentes :
- Militaire : éliminer les autres civilisations.
- Territoriale : détenir 65% du territoire mondiale et avoir 25% de population en plus que la seconde civilisation.
- Culturelle : trois villes doivent dépasser les 50000 points de culture.
- Spatiale : être le premier à faire un vaisseau spatial et l'envoyer vers Alpha du Centaure.
- Diplomatique : construire les Nations Unies et se faire élire président du monde.
- Temporelle : si aucune civilisation n'a atteint un des 5 objectifs précédents en 2050, celle qui a le plus
gros score l'emporte.
Lidéal est dès
le départ de choisir celle quon veut obtenir pour spécialiser sa civilisation dans un domaine même
si la plupart sont complémentaires. Par exemple il faut beaucoup de ville pour produire le plus vite possible le vaisseau
spatial et donc il faut beaucoup de territoire. Mais ne comptez pas perdre du temps à faire la guerre si vous voulez
la victoire culturelle.
On remarque que sur les 6 victoires possibles, on peut en réaliser 5 en étant totalement pacifique. Certes,
la première unité qu'on produit est généralement une unité guerrière mais pourtant
le jeu se veut résolument pacifique et humaniste. Cela se voit surtout au niveau de deux éléments qui
sont les deux principales nouveautés du jeu : les doctrines et la religion. Les doctrines sont une nouveauté
et remplacent lantique système politique qui consistait à choisir un régime (démocratie,
monarchie
) et sarrêter là. Elles permettent de choisir au mieux son type de régime et sont
classées en 5 catégories : gouvernement, loi, travail, économie et religion. Cela permet une variété
de gouvernements étonnante : libre à vous dêtre une dictature fasciste laïque respectueuse
de lenvironnement ou une monarchie religieuse éclairée. On s'aperçoit rapidement que pour gagner
autrement que par une victoire militaire, certaines doctrines marchent mieux que d'autres. En économie, la nationalisation
(obtenue grâce à la découverte du Communisme) fonctionne mieux que l'économie de marché.
Donc mis à part si vous voulez écraser les autres civilisations sous les chars, le meilleur moyen de gagner
de mettre en place le plus rapidement possible les 5 doctrines ultimes : le suffrage universel, la liberté d'expression,
l'émancipation, l'environnementalisme et la liberté de culte. Ainsi la meilleure façon de gagner est
d'être une nation démocratique, laïque et écolo. De même, le joueur progressera bien plus vite
si elle n'est jamais troublée par la guerre et la nécessité de construire et d'entretenir des unités
militaires. Enfin on notera qu'aucune des conditions de victoire n'implique d'être le plus riche. Civilization IV, un
vrai jeu de gauche ?
Les religions sont la plus grande nouveauté du jeu. Les 7 religions que l'on retrouve dans le jeu sont on ne peut plus
réelles (Bouddhisme, Judaïsme, Islam...) et ont exactement les mêmes effets. Aucune n'est supérieure
à l'autre pour respecter la sensibilité de chacun. On les découvre grâce à certaines recherches
et elles sentendent automatiquement par les routes ou en envoyant des missionnaires. Elles ont des bâtiments et
des merveilles dédiés (temples, Chapelle Sixtine
). Le génie de Firaxis a été de critiquer
l'ensemble des religions tout en gardant ce coté neutre. En effet, ils présentent les religions comme un bon
moyen de soutirer de l'argent au peuple et de les maintenir dans le bonheur (artificiel ?). Certaines découvertes scientifiques
rendent les effets de vieux monuments caducs comme pour montrer que la science est le meilleur moyen de balayer l'obscurantisme.
Avoir une religion d'état rendra les gens qui n'ont pas la même religion mécontents, ce qui peut les conduire
à arrêter de travailler. Les temples des différentes religions permettent d'augmenter rapidement sa culture.
Mais évidemment, les civilisations ennemies qui n'ont pas la même religion d'état chercheront à
imposer la leur, généralement par la force. Ce ne sont que quelques exemples. Outre le côté quasiment
éducatif du jeu montrant comment les inventions et les monuments se sont succédés, le message de Civilization
IV est caché dans ces quelques règles de gameplay. Rarement un jeu n'aura véhiculé autant d'idéaux
qui sont sans aucun doute le reflet de la philosophie des développeurs.
Civilization IV introduit le concept de Personnages Illustres. En observant lHistoire, on remarque quelle a avancé
à pas de géant grâce à une poignée dhommes. Peut-on imaginer la Grèce Antique
sans Platon, lAngleterre sans Shakespeare, la Pologne sans Copernic et Corbier sans sa barbe ? Grâce aux merveilles
et aux spécialistes offerts par certains bâtiments, vous pouvez obtenir plusieurs de ces personnages illustres
qui sont de cinq types : artistes, marchands, prophètes, ingénieurs et scientifiques. Ils vous permettent dobtenir
des bâtiments spéciaux, de trouver de nouvelles technologies, daméliorer une ville, de faire une
uvre dart pour booster la culture, de déclencher un âge dor
Ces personnages ont tous
des noms réels ce qui donne lieu à des situations cocasses avec un Elvis qui nait à Berlin ou un Mozart
à Los Angeles. Les leaders sont les personnages que vous incarnez (Napoléon, Washington, Jules César
).
Ces derniers ne sont désormais plus uniques à chaque civilisation et possède deux traits de caractère
parmi 7 (Financier, Organisé, Créatif, Spirituel, Philosophe, Agressif, Expensif, Travailleur) qui influent
énormément sur la manière de jouer. Ainsi, on ne choisit pas un leader Spirituel et Philosophe pour détruire
la planète. De plus, chaque civilisation a une unité spéciale qui remplace une unité existante.
Par exemple, les Cosaques remplacent la cavalerie pour les Russes.

Comme si ça ne suffisait pas, le jeu est complètement modifiable de façon très simple grâce
à la combinaison de scripts python et de fichiers XML. Tout le moteur du jeu tient même dans une seule DLL !
La communauté a produit des tonnes de mods ajoutant un bon paquet dunités, de scénarios, de règles
Déjà très sympa en solo, le jeu est encore plus énorme en multi, que ce soit en coopératif
ou en versus. Le moteur réseau est fabuleux et fonctionne en peer-to-peer : concrètement il ny a
pas réellement dhôte ce qui permet de continuer une partie même quand un joueur la quitte. Toutes
les options sont possibles : hot seat, LAN, Internet, Play By Mail et Pitboss. Le Pitboss permet à plusieurs joueurs
de jouer de manière totalement désynchronisée. Un email est envoyé au joueur quand cest
à son tour de jouer. Il se connecte à la partie, fait son tour et peut rester ou repartir. Les parties de Civ étant longues, ça permet de jouer entre amis distants sans contraintes dhoraires. En combinant toutes
les nouveautés (doctrines, religion, traits de caractère
) et les différentes victoires, on obtient
une variété de jeu infinie et un plaisir sans cesse renouvelé. Mais Civilization IV offre bien plus que
cela : il permet une compréhension limpide de lhumanité et son histoire dans tout ce quelle
a de splendide (les merveilles, le pacifisme
) comme de pire (les guerres de religion, la pollution massive
). Pourtant,
Firaxis a voulu aller encore plus loin avec deux add-ons.
Civilization IV: Warlords
Année : 2006
Système : PC - Mac
Développeur : Firaxis Games
Editeur : 2K Games
Support : CD-ROM

Warlords apporte son lot de nouvelles civilisations, nouveaux scénarii, nouvelles unités et nouvelles merveilles.
Lune dentre elle est la Grande Muraille qui fera le tour de vos frontières à la fin de sa construction,
empêchant les barbares de passer. Comme pour les unités, chaque civilisation dispose maintenant dun bâtiment
unique qui remplace un autre bâtiment. Par exemple, les Américains peuvent faire des mall à place des
supermarchés et les Anglais des places boursières à la place des banques. Au niveau des personnages illustres,
un petit nouveau fait son apparition : le Grand Général. Utilisé dans une ville, il permet soit daccélérer
la production dunités militaires soit de donner deux points dexpérience à chaque nouvelle
unité. Il peut aussi accélérer la recherche dune technologie, mais sa vocation principale est de
devenir un Warlord. En le plaçant sur une case comportant beaucoup de vos unités, il peut fusionner avec lune
dentre elle pour la rendre très balaise et donner vingt points dexpérience, répartis entre
toutes les unités sur cette case. Ça permet de se faire passer en un instant une armée potable en une armée
redoutable en choisissant les bonnes améliorations.
La diplomatie senrichit avec le concept de vassalité. Si au cours dune guerre un joueur humain ou IA a
limpression que sa civilisation sent le sapin, elle peut capituler et proposer de devenir le vassal du vainqueur. S'il
accepte, le suzerain peut alors circuler librement dans les terres du vassal, stationner ses unités dans ses villes
et prendre les ressources du vassal même sil les utilise. Si le vassal l'en empêche, ils sont de nouveau
en guerre. Le vassal ne peut déclarer la guerre ou la paix et dépend entièrement de la diplomatie du
suzerain. La moitié du territoire et de la population du vassal compte lors dune victoire territoriale ou au
score. Outre la guerre, une civilisation peut sortir de la vassalité en étant une fois et demi plus grande que
son suzerain. Ce concept change beaucoup de choses au gameplay et au déroulement des parties. Outre le fait quil
permet de mettre plus rapidement fin à une guerre coûteuse et destructrice, il change le jeu des alliances et
améliore nettement la diplomatie. Au fond, un vassal aide et sert toujours son suzerain tout en rêvant dêtre
libéré. Toute la tactique consiste à devenir vassal pour éviter dêtre anéanti
lors dune guerre puis à reconstituer ses forces et à se rebeller au pire moment, comme quand le suzerain
doit affronter une autre civilisation.
Parmi les scénarii, le plus original est celui qui permet de jouer les barbares. Dans ce dernier, on choisit le nombre
de civilisations ennemies et le nombre de tours davance quon leur laisse. On dispose dun capital dor
qui permet dacheter des unités apparaissant sur la même case quune unité spéciale,
le camp. On peut aussi acheter des améliorations. Il est impossible de construire ou de prendre les villes ennemies,
le pillage est systématique. Avec largent récolté, on achète dautres unités
jusquà ce quon vienne à bout des autres civilisations ou quelles liquident le camp.
Malgré ses qualités, cet add-on reste un peu maigre, surtout comparé au prochain.
Civilization IV: Beyond The Sword
Année : 2007
Système : PC - Mac
Développeur : Firaxis Games
Editeur : 2K Games
Support : CD-ROM

Beyond The Sword est à Civilization IV ce que Brood War est à Starcraft : un
add-on monumental, indispensable et dune richesse inouïe. Tout dabord, Firaxis a été généreux
en offrant la quasi-intégralité du contenu de Warlords (sauf les scénarii) dans cet add-on, c'est-à-dire
les nouveaux traits de caractère, personnages illustres (Généraux illustres y compris), bâtiments,
merveilles, civilisations et leaders ainsi que les éléments de gameplay tels que la vassalité. Beyond
The Sword amène aussi son lot de nouvelles merveilles, unités, civilisations
et des nouveaux bâtiments
et scénarii. Certains de ces derniers sont déments : dans AfterWorld, on affronte une armée de zombies
au tour par tour à la X-Com. NextWar nous met dans la peau dun des cinq super-empires qui se mettent sur la tronche
à coups de mechwarriors. Final Frontier est surement le plus fou vu quil transforme le jeu en une sorte de Galactic
Civilizations II où les étoiles remplacent les villes, avec un nouvelle arbre technologique et des tonnes de
nouvelles unités, le tout dans un univers plein de dangers, de trous noirs et de champs dastéroïdes.
Initialement, le concept de Beyond The Sword était simplement daméliorer les parties après la découverte
de la poudre, certains joueurs sennuyant un peu une fois la Renaissance passée. Au final, cest tout le
jeu qui est amélioré grâce à de nouveaux éléments de gameplay. Tout dabord
on trouve les événements aléatoires qui sont bénéfiques ou néfastes : tornades,
ouragans, volcans, peste, incendies, découverte dune ressource, une ville qui se découvre un don dans
la fabrication du pain, un scandale politique
Plus de 100 sont disponibles. En termes de jeu, cela se traduit par des
bâtiments/aménagements détruits, des bonus en nourriture/culture ou autre
Ces événements
ne sont jamais trop violents mais apportent une dose de hasard logique si on observe les événements historiques
réels (exemple : la destruction de Pompéi). Dans certains cas, on peut limiter la casse en y mettant le prix.
Par exemple, si une forge est détruite dans un incendie, on peut la reconstruire instantanément en lachetant.
Dautres événements sont des quêtes : il faut par exemple construire 10 temples pour obtenir un gros
bonus une fois la quête achevée.
Parmi les nouvelles merveilles disponibles se trouve le Palais Apostolique (le Palais du Pape). Accessible une fois la recherche
Théologie disponible, on peut le construire si on a une religion dEtat et une ville où elle est pratiquée.
Le Palais constitue une sorte dONU avant lheure. Et cest surpuissant. On peut voter des résolutions
permettant de déclarer la guerre sainte ou la paix contre une civilisation, de rendre une ville à sa propriétaire
légitime (par la culture), de déclarer un embargo et même dobtenir la victoire diplomatique. LIA
a tendance à se convertir à la religion du Palais, histoire de profiter des bonus de production offerts. Cela
ajoute une touche supplémentaire de diplomatie qui renforce encore le pouvoir des religions. En contrepartie, le rush sur les religions qui était déjà conseillé avant Beyond The Sword devient quasi obligatoire. En
combinant vassalité et Palais Apostolique, on obtient un mic-mac géopolitique et diplomatique de grande classe.
Lespionnage est disponible bien plus tôt quavant dans Beyond The Sword et marche désormais avec un
système de points. À linstar de la culture, chaque ville produit des points despionnage. Quand un espion
est dans une ville ennemie, on en claque un certain nombre en fonction de la mission voulue : pollution de leau, organisation
dune révolte
ou même contre-espionnage ce qui permet de voir les agissements des espions ennemis
dans son territoire. Même sil y a une chance de se faire choper, cest un bon moyen pour neutraliser un pays.
Beyond The Sword améliore le côté économique du jeu avec les multinationales. Pour en créer une,
il faut sacrifier un personnage illustre et disposer dune ou plusieurs ressources précises. Une multinationale
coûte très cher à lentretien mais rapporte beaucoup en production/nourriture/commerce et permet
daccéder à des ressources non disponibles sur son territoire. Comme pour les religions, on peut les étendre
en envoyant des directeurs dans des villes pour créer des filiales. Une filiale rapporte beaucoup à la maison,
coûte de lentretien à la ville mais lui apporte de la production. Évidemment, en fondant une filiale dans
une ville ennemie, on se fait de lor sur son dos. Le revers de la médaille est quon lui fournit une ressource
quil na peut-être pas. Il faut donc adopter un équilibre histoire de gagner pas mal dargent
tout en évitant de fournir par exemple du pétrole permettant à une civilisation ennemie de faire des
tanks. Les multinationales apparaissent généralement au moment où les religions sont toutes déployées
et renouvellent lintérêt du jeu. Là encore cest logique historiquement : les civilisations
en ayant fini avec la religion, elles reviennent au veau dor.
Un des problèmes auquel on est confronté en jouant est le coût exorbitant dentretien des villes
se situant sur dautres continents jusquà ce quon passe en Propriété dEtat (Communisme).
Beyond The Sword introduit le principe des colonies : quand vous fondez une ville sur un autre continent, vous avez la possibilité
de transformer cette partie de votre empire en une civilisation vassale ! La colonie deviendra alors indépendante et
sera gérée par lIA. Elle devra payer un tribut et vous aurez accès à ses ressources. Par
contre, elle risque de se libérer de vous en devenant indépendante. Beyond The Sword apporte aussi le démarrage
avancé. Le principe est simple : on choisit un nombre de points de départ. Ils permettent dacheter des
villes, des unités, des recherches et des aménagements. On ne dispose que dun espace limité pour
placer ses villes et on ne sait pas du tout ce que font les autres. Ce mode de jeu permet de se faire des parties ciblées
plus ou moins courtes et plaira à ceux que lAntiquité ou le Moyen-Age rebute. Cest aussi un moyen
de se faire ses scénarii sans rien avoir à modder.
En bref, il est impossible de passer à coté de Beyond The Sword quand on aime Civ IV. Il apporte tellement de
nouveautés quon peut parler de Civilization 4.5. Vendu 20 euros dès sa sortie, cest le plus bel
hommage que pouvait faire Firaxis à son jeu culte.
CBL