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Golden Axe (Megadrive)
Année : 1989
Système : Megadrive
Développeur : Sega
Éditeur : Sega
Genre : Beat'em all
Par Zulios (17 mai 2003)

Golden Axe. Ce nom résonne dans la tête de centaines de milliers de personnes, peut-être même de millions, comme une vraie légende. Une série fabuleuse avec de nombreuses suites et variantes sur des supports innombrables, une véritable épopée qui a aidé à broder au fil d'or dans la tête de chacun quatre lettres pour un éditeur : SEGA.

Mais toute série a ses débuts, et autant commencer par le commencement. Revivons donc ensemble ses premiers instants, avec Golden Axe premier du nom. Pour des raisons de préférences personnelles j'aborderai la version Megadrive du jeu qui est celle que je connais le mieux, mais sachez que la version arcade est de toute beauté et mérite vraiment le détour (voir le test de cette version).

Histoire de nous mettre dans l'ambiance et pour mettre en valeur ce jeu qui le mérite, voici deux musiques tirées du jeu, que j'ai pioché sur vgmusic.com. Choisissez celle qui vous tente le plus puisque tous les goûts sont dans la nature, il sera alors temps de nous mettre en route vers l'aventure.

Pour les gens qui découvrent la série, voici la musique du premier niveau, légèrement revue et corrigée, bien plus douce pour des oreilles chastes : Wilderness : cliquez ici (format MIDI - 1'22'').

Pour les puristes, voici la musique intitulée Battlefield, qui s'entend lors des combats contre les boss : Battlefield cliquez ici (format MIDI - 2'07'')

Développé par la Shinobi Team (peut-on rêver plus belle signature ?), sorti en 1989 sur les bornes d'arcade, Golden Axe n'en reste pas moins un jeu aux origines contradictoires. En effet, sur Amstrad CPC le jeu serait daté de... 1988 ! Soit un an plus tôt que l'année considérée par la majorité des personnes comme sa sortie officielle. Alors qu'en est-il réellement ? Ayant moi-même joué à la version Amstrad CPC quand j'étais jeune, je ne me souviens plus pour autant en quelle année c'était... Pas de trace de tout ça non plus sur mes vieilles disquettes, mais je continue mes recherches, et cet article sera mis à jour le cas échéant. Tout ce mystère contribue en tout cas à étoffer son histoire.

À peine lancé, Golden Axe nous plonge au cœur de son univers, avec pour introduction une musique courte mais dure qui donne tout de suite le ton, et un écran qui s'assombrit au fur et à mesure que les lettres du jeu tournoient autour d'idéogrammes japonais dont le design reprend celui d'armes de combat, idéogrammes qui seront rapidement surmontés d'une tâche de sang.

Certes, Golden Axe est un jeu violent. Il vous mènera dans une époque médiévale digne d'un roman d'héroic fantasy, ou le seul langage pratiqué est celui de la violence et des armes. L'antipathique Death Adder, à la tête d'une armée composée aussi bien de vivants que de mort-vivants, vient de kidnapper le roi et la princesse de votre royaume. Autant dire que vous vous trouvez dans une situation délicate, d'autant plus que l'armée de ce sournois personnage est puissante et risque à tout moment de venir écraser ce qui en reste.

Vous pouvez découvrir ci-dessus un croquis de chacun des personnages jouables.

Et c'est la que vous intervenez. Vous pourrez prendre le contrôle d'un personnage au choix parmi trois, chacun ayant vu des membres de sa famille tués par Death adder. Mû par la vengeance et la haine, vous comptez bien vous frayer un passage entre les rangs de tous ceux qui auront la mauvaise idée de croiser votre route. Votre choix pourra se porter sur Ax Battler, barbare aux muscles saillants et à l'épée puissante, Tyris Flare, l'agile amazone qui n'en reste pas moins une guerrière redoutable, ou Gilius Thunderhead, nain à la hache tranchante comme le fil du rasoir (mon préféré).

Mais ce qui fait la force de Golden Axe avant tout, c'est d'avoir su utiliser à bon escient les éléments de l'héroic fantasy pour les mélanger à un beat them all. En effet, chaque personnage maîtrise un type de magie élémentaire et pourra récolter au fur et à mesure des potions qui feront grimper une jauge de puissance, jusqu'à ce qu'elle atteigne le niveau maximum. Pour cela il faudra parvenir à cogner de petits lutins bleus transportant un sac sur leur dos, autre élément sympathique du jeu, surtout lorsque l'on joue à deux joueurs. Je ne compte plus le nombre de fois ou l'apparition d'un tel lutin a provoqué une bagarre générale au cours de mes parties, puisque l'on peut se cogner dessus même entre joueurs du même bord...

« Elle est pour moi celle-là !
- Non pour moi !
- Non mais attends t'en as déjà pris deux !
- Oui mais je les ai déjà utilisées !
- Je m'en fiche, elle est pour moi !
*coup de hache*
- Tu perds rien pour attendre toi ! »
*coup d'épée*

Heureusement entre chaque niveau vous aurez la possibilité d'en récupérer plus facilement, grâce à un bonus stage rempli de ces êtres malicieux.

Tyris Flare est la plus douée en magie, et ses sorts de haut niveau sont aussi impressionnants que mortels pour ses ennemis.
À chaque fin de niveau vous profiterez de l'établissement d'un camp de fortune pour vous régénérer en magie et en vie.

C'est en général comme ça que l'on en arrive à un autre élément crucial du jeu, et qui provoquera des discordes bien plus coriaces entre les joueurs : les dragons. Vous aurez la possibilité de temps en temps de chevaucher ces animaux qui auront diverses propriétés que vous découvrirez par vous-même. Ces êtres peuvent vous être très bénéfiques, mais sachez que vos ennemis pourront les utiliser aussi à leur compte et dans ce cas-là vos combats n'en seront que plus difficiles.

Eh oui ! Car si vous avez un panel d'attaques variées (saut + attaque combinée avec ou sans élan, projections, coups de pied, coups avec le pommeau de l'arme...) il faut savoir que le soldats de Death Adder disposeront des mêmes attaques que vous, hormis la magie, mais comblée par d'autres techniques. Dès qu'ils seront à plusieurs, ils pourront par exemple tenter des manœuvres subtiles, l'un venant vous affronter de face, l'autre à revers. Ou mieux encore : dès que vous serez en train de taper sur l'un d'entre eux, un autre vous foncera dessus pour vous envoyer à terre. Soyez prudents ou vous vous retrouverez vite mis en pièces. Il est toutefois regrettable de constater que l'intelligence artificielle n'est pas plus poussée, les ennemis pouvant tomber avec une facilité déconcertante dans les ravins sur votre chemin. Le jeu n'en reste pas moins très divertissant car les commandes viennent en un tour de main, les décors sont sympas et variés et les musiques entraînantes collent au jeu avec brio.

Quand je vous disais qu'il valait mieux ne pas laisser les dragons aux mains de l'ennemi...
Pour vous faire chuter de votre dragon, certains n'hésiteront pas à se la jouer kamikaze.

Signalons pour terminer qu'un autre mode de jeu existe sur les versions console. Appelé « The duel », vous vous retrouvez dans une arène avec une barre de vie définie, obligé d'affronter des monstres de plus en plus nombreux et de plus en plus forts. Il s'agit d'une sorte de test d'endurance, à la fin duquel votre niveau vous sera affiché sur une grille de classement. Très amusant pour tester vos capacités de combattant.

Champion du monde !

S'il fallait prouver qu'un beat them all peut se révéler original, intéressant et novateur, SEGA a réussi aisément son pari. Peu de jeux de cette catégorie pourraient se vanter à l'heure actuelle d'être aussi captivants, et ce même après une dizaine d'années.

Pour ceux qui auraient envie de jouer ou de rejouer à Golden Axe après la lecture de cet article, sachez que rien ne vaut un original. Le jeu se trouve très facilement dans les commerces qui vendent des jeux d'occasion, et il existe sur foule de supports donc vous n'aurez aucun mal à vous le procurer à des prix très raisonnables.

Certaines disputes ont le goût de retrouvailles. Je dédicace cet article à toutes les personnes à qui je donnerais bien un coup de hache, voire deux.

Zulios
(17 mai 2003)
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