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Index du Forum » » Vie du site » » Concours "Souvenirs de Grospixeliens" : Les textes
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Auteur Concours "Souvenirs de Grospixeliens" : Les textes
lerbours1
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Inscrit : Jun 17, 2003
Messages : 139

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Posté le: 2005-03-20 15:35
(Bon c'est vraiment hors concours vu que je ne traite que de la période nes, j'éspère que ce sera quand présent dans le doossier)



/ A.D. 1989 /


Depuis quelque temps je n’arrêtait pas de lorgner dans le carrefour devant une borne d’essai Nintendo sur laquelle tournait Excetbike. Tout comme les autres gosses agglutiné autour de la borne, j’était hypnotisé par le spectacle. Pourtant mon père me rappelait qu’on était venu faire des courses. Je le suit un peu dépité en me disant que j’aimerais bien avoir ce truc appeler Nintendo.

Peut être un mois avant noël, même Carrefour, même borne et toujours le même jeu qui tourne. Mon père trouve ce jeu amusant et me demande si j’aimerait en avoir un. Evidemment je suis d’accord. Même dans mes rêves les plus fous je n’aurait pu imaginer que l’on m’offrirait cette machine. A vrai dire c’était le genre de chose je n’osait pas demander à mes parents tellement j’ était sur d’essuyer une réponse négative. A l’époque cela me semblait innascible.

Jour de l’achat, le Carrefour est rempli de monde et surtout au stand de jeux. Je me souviens d’énormes panel remplies de cartouches Nintendo et de bon nombre de gadgets qui attiraient le regard (surtout ROB) . Tout était là pour émerveiller le gosse que j’était. Mon père prend une Nintendo. Pas très loin il remarque un lot composer essentiellement d’Atari 2600 et me demande si je ne préférerait pas avoir ce ‘jeu’ là.
Effectivement ce n’est pas la première fois que je vois cette machine. De temps en temps avec mes parents nous mangions chez des voisins. Leur enfant alors adolescent possédait cette console. J’y découvris beaucoup de hit du début des années 80 avec entre autre Space invaders, centipede ou Pac-man.

Pourtant dans ma tête défilaient les images de la borne et je lui répond que je préférais prendre une Nintendo (en y repensant l’atari 2600 était certainement moins chère et les vendeurs essayaient probablement d’écouler les stocks). Nous pensions que la console était vendu seul et donc mon père me demande de choisir deux jeux. La déception de ne pouvoir posséder Excetbike (rupture de stock je pense), fut vite combler par la quantité de jeux qui s’étalaient devant mes yeux. A vrai dire le choix que je fis fut uniquement lié à l’image sur le packaging. Un jeu me tapa dans l’œil dont l’artwork mettait en scène un vaisseau fonçant à vive allure vers une immense forteresse et se frayant un passage au milieu d’une multitude de lasers. Je n’avais pas bien saisie le nom mais j’étais content de mon choix.


Le jour fatidique arrive et première surprise lors du déballage je trépigne de joie car la Nintendo est accompagné d’un jeu, le célèbre Super Mario Bros. La réaction de mes parents est loin d’être la même, dire qu’il auraient pu économiser des sous. Quelques branchements plus tard, toujours aucun signal sur le téléviseur. Alors que je grille sur le poêle de l’impatience mes parents se rendent finalement compte qu’il suffisait de passer en mode AV.
Jeu fourré dans la console et pad en main je fais mes premiers pas ou plutôt mes premières secondes de vol à bord du Vic Viper. L’infini de l’espace est superbement rendu et je bataille ferme pour abattre les vaisseaux adverses. Je ramasse des capsules rouges. Aucune amélioration des capacités de mon appareil. Je me demande à quoi elles peuvent bien servir, ainsi que cette barre au bas de l’écran. J’avance tant bien que mal et le premier Game Over s’affiche. Mon père veut s’essayer au jeu parvient à aller plus loin et pour cause il arrive à upgrader le vaisseau.


/ Les parents /


Pendant le premier mois, je me souvient que je jouait souvent avec mon père en 2 joueurs alterné. C’est ainsi que je m’améliorais et le côté chaleureux et convivial y était pour beaucoup. Bientôt il n’arriva plus à me suivre tant j’avais gagner en dextérité. Mon père délaissa très vite ce loisir, non pas qu’il soit mauvais perdant, mais son travail lui prenait du temps.

A côté de cela ma mère vit d’un très mauvais œil ma passion dévorante pour ma Nintendo. Notes en légère baisse et devoirs parfois bâclés, on peut dire qu’elle reprit vite les choses en mains. Et le moins que l’on puisse dire c’est que ce fut drastique :


- Interdiction de jouer en semaine sauf le mardi soir après les devoirs et le vendredi (bah oui le mercredi correspondait au centre aéré).

- Le week-end se composait d’une partie le matin, une en début d’après-midi et enfin une dernière le soir avant le dîner.

- Chaque partie ne durait qu’une heure et je devais demander l’autorisation.

- Autorisation aussi pour se faire prêter des jeux et uniquement le week-end.


Et pour être sûr que je ne désobéirais pas, ma mère inventa un bobard : si je jouais trop longtemps je risquait de casser ma Nintendo. L’élément censé mesurer le degré de dangerosité était l’adaptateur secteur. S’il était trop chaud, ma console rendrait sûrement l’âme. Ce fut efficace car je crut à ce petit mensonge jusqu’à mon arrivé au collège.

Une fois après les bavardages avec les copains à la récré je trouvait que mon sort était fort injuste. Effectivement eux n’avait pas à respecter de stupides règles et jouait quand bon leur plaisait. En rentrant à la maison tel un révolutionnaire en culotte courte j’ exposait les faits et réclamait ce qui m’était dû, a savoir l’abolition de ces règles. J’eu le droit à un «je suis ta mère et pas celle de tes copains. Tu vis pas encore chez toi et si tu n’est pas content je jette cette merde (la Nintendo) à la poubelle». Bien sur je ne peux certifier l’exactitude des termes, mais tout du moins ça en a le goût. Même si l’image de la poubelle commençait à me donner des sueurs froides, je continuait dans ma lancée en osant haussé le ton. Une claque bien placée fit vite taire le petit effronté.


/ Mario et compagnie /


Bien que mon père ne m’accompagnait plus dans mes parties, ce trou fut vite comblé par les copains qui eut aussi possédait la Nintendo et Mario qui fut la vedette incontournable de la cour de recrée en ce début de l’année 1990. Ce fut notamment durant la récré que j’appris l’existence des fameuses Warp zone. Chacun avait son «truc» pour passer un passage corsé, ou il y avait les autres qui l’avait fini et qui suscitaient une sorte d’admiration.

Quelques magazine Club Nintendo circulaient et je m’en repaissait les yeux, d’une part pour apprendre de nouvelles astuces dans Mario, mais surtout pour admirer et baver devant les images de jeux dont j’avais entendu dire qu’ils étaient «super». En parlant de magazines, je n’en possédait que très peu. Effectivement ma mère n’aimait pas non plus que j’achète de magazines liés au jeux vidéos qui pouvaient selon ses propres dires me déconcentrer dans mes études. Mais bon à côté de ça j’avais une belle collection de Mickey parade et Picsou magazine.

Donc dans le nombre impressionnant de jeux qui me faisaient baver se distinguaient Super Mario Bros 2 et le non moins célèbre Zelda.
On me prêta parfois SMB2 et le moins que je puisse dire est que je fut conquis par cette opus. Il n’était pas du tout dans la continuité du premier et cette aspect me plaisait énormément. Il était totalement différent dans sa manière de jouer et rajoutait un nombre impressionnant d’ennemis aux bestiaire de Mario.
Zelda avant son achat me paraissait bien obscur, tout ce qui ressortait de ma tête était l’aspect quête, le nombre impressionnant d’item et surtout le très luxueux boîtier dorée qui arborait un blason moyenâgeux. Le mystère planait autour de ce titre car aucune personnes dans mon entourage ne possédait le jeu. Finalement je ne fut pas le seul à l’acquérir car deux amis firent de même. Un sentiment de liberté m’envahissait à chaque partie, l’impression de participer à une grande quête épique contre le mal. D’ailleurs le manuel du jeu était une véritable petite bible que je relisais plusieurs fois par jour, ou dont je m’amusais à recopier les artworks. Bien sur il y avait ces moment ou je bloquais car je n’arrivais pas à trouver le 5e palais ou à battre la grande araignée bleu. Heureusement la cour de recrée resta toujours le lieu on pouvait demander un conseil.
A cette période Dragon Ball faisait alors fureur et bien sur on eu le droit à une conversion sur NES. Evidemment comme tous le monde je suivais les aventures de Sangoku. Mais lors de mon anniversaire, le joie céda vite place au mécontentement. En effet je reconnaissait rien de ce qui me plaisait dans la série animé et par ailleurs le jeu était particulièrement insipide. Bien sur mon premier réflexe fut de déconseiller le jeu à mes amis.
En parlant de jeux à licence les Tortues Ninja était l’autre série qui à succès dans les chaumières. Bien sur il me fallait mon exemplaire pour noël, mais ce ne fut malheuresement jamais le cas, rupture de stock oblige. J’eu le droit à la place à un Robocop qui me contenta au plus haut point, vu que j’adorait le film. En fait un de mes meilleurs amis on me prêta plusieurs fois TMHT, et me fit découvrir à l’occasion Megaman 2.
Megaman 2 fut un électrochoc, je le trouvais nettement supérieur à tout ce qui se faisait à l’époque. Ce qui retint surtout mon attention fut la taille impressionnante de certains ennemis et les somptueuse mélodies qui accompagnait chaque stage. Finalement je suivi les aventures du Blue Bomber jusqu’à l’épisode 5, et attendit le dernier épisode Nes qui ne vit jamais le jour dans nos vertes contrés.


/ L’arcade /


Je me remémore l’arcade surtout par le biais de la foire du trône, ou aux milieu D’un train fantôme et d’un manège brillaient dans un stand les écrans des bornes. Bien sûr ma mère m’accompagnait toujours dans ces lieux de perdition avec un PFF bien senti. Le prix des parties était alors bien plus abordable, avec 10 frs selon le jeu on pouvait taper 5 crédit, bien loin des 1 à 2 € actuels au centre SEGA. Parmis les jeux qui le marquèrent le plus, je citerais tout d’abord Galaxy Force II qui en plus d’être une véritable prouesse technique, invitait le joueur à prendre les commandes dans une borne qui reproduisait les mouvement de l’appareil afficher à l’écran. Il y eu aussi Knight of the round l’un de ces rares jeux d’arcade auquel je pus jouer souvent, vu le café à côte de chez moi disposait d’une borne. Ce qui m’attirait était l’aspect pseudo Rpg heroic fantasy bien qu’à la base le jeu reste un banal Beat’them’all. L’arcade était alors encore un machine à rêve, car on y trouvait toujours des jeux techniquement supérieur à ce qui se faisait sur console.


/ Pour finir /


En 1995, ma NES commençais sérieusement à vieillir et j’était peut l’un des rare à ne pas posséder de console 16 Bits. Finalement mes parents m’achetèrent un pack nintendo qui comportait Super Mario All Stars ainsi Super Mario World. Une nouvelle ère s’ouvrait devant moi, mais ça déjà une autre histoire…


[ Ce Message a été édité par: lerbours1 le 2005-03-20 15:36 ]

[ Ce Message a été édité par: lerbours1 le 2005-03-20 15:38 ]

Slowriot
Gros pixel


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Posté le: 2005-03-21 21:37
LE VOISINAGE DE CONWAY

Nous vivons avec un fantôme. La chaudière est sur le point de lâcher, le robinet de la cuisine saigne constamment. Un clavier a rendu l’âme hier soir. Rien n’est aux normes ici. Deux lourdes grilles de fer forgé séparent la chambre d’une cour au sol troué de dalles d’ivoire. La galerie ronronne sous nos pieds. Les soirs de vernissage, de faibles halos de lumière surgissent pour engloutir la pénombre. Les conversations des invités s’emmêlent et se tissent pour tapisser nos vies de leur bourdonnement. Et j’entends les coupes qui s’entrechoquent mais je n’arrive plus à écrire. Vers trois heures de l’après-midi le soleil abandonne la fosse où nous vivons et l’appartement s’affaisse sous un gris uniforme. En fumant, assis sur le rebord de la fenêtre, on peut épier le bleu du ciel. Bien sûr il faut se tordre le cou jusqu’à manquer de tomber mais le ciel est toujours là. C’est rassurant, tu ne trouves pas ? La pluie ne tombe jamais. La pluie n’arrive pas jusqu’en bas.

Je conserve les rides d’une vieillarde assise près d’une fontaine dans la carte mémoire périmée d’une console à l’abandon. J’ai détrôné des rois, égrené des royaumes entre mes doigts et personne ne s’en souviendra. J’ai patiemment dressé le plan d’espaces sauvages dont l’existence reste à débattre. Au dernier hoquet de l’histoire, lorsque celle-ci basculait dans le réel et que les flammes des tours vacillaient pour dessiner un peu de sens, je partais en tête à queue au volant d’une voiture hors de prix. Et puis le réel a basculé dans l’histoire. Alors la seule question valable, la seule qui mérite d’être posé, c’est finalement de savoir s’ils continuent d’exister lorsque nous partons, lorsque nous ne sommes plus là ?

Le destin a ses largeurs qu’il nous refuse souvent. On joue parfois pour oublier qu’on perd. Désormais je joue pour vivre, comme toute forme d’accoutumance vous pousse chaque jour un peu plus loin du bonheur. A mesure qu’on avance on garde le souvenir de temps plus simples tout en occultant la sensation et c’est cette absence de sensation qui finira par nous tuer. Il y a vingt ans, l’été était tout entier contenu dans les cents mètres qui me séparait de la salle. Je m’en souviens, je m’en souviens mais plus rien ne me traverse.

Et je porte un sweat-shirt E.T., la queue de la soucoupe miroite de mille paillettes, il lève un doigt rougi et sourit à 1985. Je glisse deux pièces de 1 dans Dig Dug et commence à creuser en direction des ballons rouges parce que les dragons sont trop dangereux. La terre change de couleur et je m’émerveille sans raison. Mais en 1985, j’en suis certain, je savais pourquoi les contours du labyrinthe marron de Pac Man étaient plus beaux que ceux du premier niveau. Les contours marron sont plus beaux que ceux du premier niveau. Je perds trop rapidement et la salle est déserte. Mes poches sont pleines de peluches. Un cortège d’estivants sans visage défile à l’extérieur et je me tient à la frontière de la salle, m’accroche aux parois vitrées et vacille sur mon pied de pivot mais je ne veux pas sortir. Malgré l’ennui je ne veux pas sortir. Je n’ai plus d’argent mais je ne veux pas sortir. Je veux voir plus loin…

Plus loin l’espace est redessiné par une grille où le temps n’existe pas encore. Je n’y survivrai pas seul. Une fois la machine lancée, je m’éteindrai en un mouvement pour rendre au monde sa perfection. Je suis la seule case pleine d’un maillage vierge et ma singularité n’a rien de réconfortant. Une main étrangère descend des cieux et efface les contours du quotidien. Je cherche une porte de sortie.

Nous vivons à trois. La chaudière ronronne doucement, le débit irrégulier du robinet de la cuisine a quelque chose de rassurant. Mon clavier a rendu l’âme mais ça peut attendre demain. Deux lourdes grilles de fer forgé nous protègent d’une cour au sol troué de dalles d’ivoire. La galerie ronronne sous nos pieds et c’est ce ronronnement qui te berce lorsque tu te réveilles à trois heures persuadée qu’il fait déjà jour. Les soirs de vernissage, de faibles halos de lumière s’élèvent doucement pour engloutir la pénombre et illuminer ton berceau. Les conversations des invités s’emmêlent et se tissent et flottent comme des ballons emportant nos vies loin du bourdonnement. Et j’entends les coupes qui s’entrechoquent mais je n’ai plus besoin d’écrire. Vers trois heures de l’après-midi le soleil abandonne la fosse où nous vivons et nous sortons pour le poursuivre. Assis sur le rebord de la fenêtre, là où j’avais l’habitude de fumer, on peut épier le bleu du ciel. Bien sûr il faut se tordre le cou jusqu’à manquer de tomber mais le ciel est toujours là. C’est rassurant, tu ne trouves pas ? Tu t’en fous. La pluie ne tombe jamais. La pluie ne nous atteint pas.


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Cerebus
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Posté le: 2005-03-21 21:44
clap clap, c'est c'que j'ai lu d'plus beau de toi, Tristan. Salaud !

Hmm c'est quand la limite de remise paske je suis violemment pas prêt... ???

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Slowriot
Gros pixel


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Posté le: 2005-03-21 21:44
Ah merde, problème d'edit. La limite c'est dans deux heures.

[ Ce Message a été édité par: Slowriot le 2005-03-21 21:45 ]

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Cerebus
Gros pixel



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Posté le: 2005-03-21 21:50
argh.

Mmm correction accélérée en temps réel, donc dégraissage drastique...


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Tutorial /
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Ca a commencé par des circuits imprimés, à l’air libre, transistors et un bureau poussiéreux des câbles s’emmêlaient entre les composants piquetés de résistances. La mémoire, un lecteur de cassettes pièces détachées qu’une logique incompréhensible reliait entre elles, un écran, un clavier comme un corps. Ce n’était pas un jouet. Ca avait la gravité d’appartenir au monde des adultes. Jeu : voitures à friction avec S. ; parfois nous avions le droit à l’ordinateur sous la conduite de son père. Quatre ou cinq ans, l’ordinateur n’avait pas encore de nom propre.

Je me souviens d’un soir. Peut-être le jeu était-il la situation à mimer : une sorte de bataille navale ; une chasse au sous-marin : envoyer une mine sur un point de l’écran, en espérant qu’elle toucherait son but. Le sous-marin se déplace, mais nous pouvons sonder les profondeurs pour avoir une idée de l’emplacement de notre cible. Nous sommes excités, nous prenons notre tâche avec un sérieux de contre-torpilleurs, nos torpilles sont nos rires. Scruter les signes révélant l’ennemi invisible, regard cloîtré dans le cadre de l’écran, réduction de tous les enjeux. Jouer serré, ou couler. A chaque tour, le prédateur et la proie échangent leurs rôles. Nous sommes glacés par le bip du sonar, seul effet sonore, une présence à localiser. Entre les tirs, ce temps de latence, moment de suspens, avant le résultat. Ce temps est-il dédié aux calculs, ou un calcul ?

Le sous marin n’a pas coulé.

Je me souviens aussi que chez mes grands-parents, je dessinais les niveaux d’un jeu de plateformes, peuplés de monstres, sur des feuilles quadrillées.

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Level 1 /
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J’ai demandé à ma mère si je pouvais avoir un AMSTRAD CPC 6128, comme S. Un ordinateur démodé déjà ; le vendeur m’avait conseillé l’ATARI 520 ST. Mais je voulais jouer à ces jeux.

C’est à ce moment brutalement que les jouets ont disparu dans des caisses.

Dans ma chambre, avec D., voisin et ami d’enfance. Fruity Frank ; chaque niveau : accéleration, de moins en moins de temps pour planifier les mouvements dans des tableaux de plus en plus encombrés. Collège : nous avons grandis. La question latente finit par tomber au milieu de la bataille: « quelle est la fille dont tu es amoureux ? » Nous sommes encore ingénus. Pour se donner du courage : celui qui perd le premier avoue. Je gagne. Révélation : il est amoureux de C. ! Moi aussi ! Coup du sort ! Je lui dis ! Il me dit tout. C’est touchant. L’idéal poétique des héros de notre enfance :


Starsky et Hutch, Starsky et Hutch
Des nouveaux chevaliers au grand coeur
Mais qui n'ont jamais peur de rien
Quand il y a une fille entre les deux
Ils acceptent les règles du jeu
Mais rien ne pourra jamais briser
Une telle amitié

Rêverie. Excitation de la confidence; la seule partie que j’ai voulu gagner comme si ma vie en dépendait. Grâce à une instruction en BASIC, j’écris le prénom de C., qui se répète à l’infini sur l’écran.

* Bonus stage *

Casser un joystick Speed King, coup de pied sauté dans une rame de métro, formater une disquette 3 pouces, Amstrad Cent Pour Cent, un baiser c’est frais comme un verre de jus d’orange, le lance-flammes de Navy Moves et la décapitation de Barbarian.
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Level 2 /
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U. fait son entrée avec un ATARI 520 ST. On jouait aux simulateurs de vol et à Gauntlet. On se moquait aussi de lui parce qu’il avait une amourette avec la première de la classe. Je me rappelle avoir passé une après-midi de juin en compagnie de D. et de J. à les suivre discrètement pendant un de leurs rendez-vous. L’ordinateur appartenait au père, un militaire de carrière. D’où les simulateurs de vol. D. a eu une NES. Jalousie : puisque je n’étais plus l’initiateur je devais condamner. Je le regardais jouer à Megaman 2, Duck Hunt, Super Mario Bros et TMHT avec une indifférence feinte.

Echange dans la cour; grand jeu du troc universel : swap Pannini et insert disquettes. Je me faisais moins arnaquer. Je n’étais pas une fille.

* Boss stage *

1942, 3 D Pools, Astro Marine Corps, After The War, L’Aigle d’Or, Arkanoïd, Bad Dudes Vs Dragon Ninja, Barbarian, Batman, Beach Head, Billy la Banlieue, Bloodwych, Bomb Jack, Boulder Dash, Bubble Bobble, Captain Blood, Cauldron, Great Courts, Chase HQ, , Crazy Cars II, Dan Dare III, Defender Of The Crown, Deflector, Dragon Spirit, Fighter Bomber, Fire and Forget, Forgotten Worlds, Fruity Frank, Electro Freddy, Emilio Buitragueno Football, Exolon, Gauntlet, Ghosts’n’Goblins, Ghouls’n’Ghosts, Golden Axe, Grand Prix 500 cc, Gryzor, Karateka, Ikari Warriors, Les Incorruptibles, Iron Lord, Italy 1990, Hate, Karnov, Kick Off, Killerball, Knight Force, Macadam Bumper, Navy Moves, New Zealand Story, Nord et Sud, Operation Wolf, Pang, Paperboy, P-47 Freedom Fighter, Pick’n’Pile, Pipe Mania, Pirates, Prince Of Persia, Prohibition, Rainbow Island, Rambo 3, Rampage, Rastan, Renegade, Rick Dangerous, Robocop, Savage, Skweek, Solomon’s Key, Sorcery +, Sram, Stunt Car Racer, Targhan, TMHT, Terres et Conquérants, Titan, Total Eclipse, Trailblazer, Turrican, WEC Le Mans

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Level 3 /
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386 DX 25 Mhz pour récompenser le bon élève qui a bossé pour remporter la gloire d’un concours local de bétail d’élevage fort en thème. Fin de la pure rêverie onaniste devant Joypad, , je consomme dans ma chambre.

Je pouvais tomber plus mal, Wing Commander venait de sortir.

Me voici pilote du futur, les stores baissés ; je suis décollé de la réalité. En jouant, je vis une expérience. Ca s’ouvre devant moi par la grâce expresse du silicone chaud et d’un écran de 14 pouces VGA 256 couleurs. Extérieurement, peut-être que je dépéris, taciturne en société. La réalité n’est pas à la hauteur de mon héroïsme. Je suis l’Avatar. Je suis aussi pilote de chasse, de formule 1, empereur, tout ce qui s’offre à mon regard avide dans le cadre de l’écran. J’en profite pour apprendre l’anglais en me brûlant les yeux. La nuit, avant de m’endormir, JE trace des projets de jeux vidéo. La Guilde des Aventureux, aurait été une série de jeu de rôle à succès; JE rêvasse à des scènes égalant un dessin animé, JE suis le méconnu précurseur des Final Fantasy modernes. JE rêve aussi à des ordinateurs et à des processeurs, sombres métaphores de je ne sais quoi. J’aime perdre mon temps.

La partie farouche de mon caractère se tempère grâce aux vrais gens que je rencontre en faisant du jeu de rôle.

Bonus Stage : Réaliser un parfait Immelman, config.sys et autoexe.bat, utiliser chien avec tas de papier, 300 km/h dans la ligne droite à Indianapolis, un disque dur de 40 Mo et une Soundblaster, la texture des asteroïdes, je soupçonne la Fellowship.

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Level 4: Warp Zone /
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Absent.

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Level 5 /
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Résidence universitaire, atrabilaire, vieux PC. Might & Magic IV et V, des après-midi à accumuler les points d’expérience, enfermé. Bob Mould reprend encore « Armenia, city in the sky… » des Who. Je visite toutes sortes de lieux, où inlassablement : mon barbare hache - une large tâche de sang pixellisée, proportionnelle aux dégâts toujours plus considérables que j’inflige-, mes sorciers lacèrent l’écran d’attaques élémentales, mes archers mitraillent des flèches empoisonnées « of power of the terrible doom », je me téléporte, je flagelle tout le bestiaire de ce monde double. C’est une ivresse des chiffres, les pièces d’or et les points s’accumulent, je pille les chaudrons des sorcières, et les huttes des fées noires. Au moins, me voici conquérant. L’ivresse est un peu abasourdie. Bonne défense contre ce qui m'entoure, j'ai retrouvé mon armure magique.

NHL 97. Je joue seul. Je me suis sans doute trop entraîné. Quand je peux jouer avec quelqu’un, ce n’est pas équitable. Le jeu est moderne, « réaliste ». Les joueurs ont un visage je joue avec les New York Rangers. J’aime cette ville. J’aime le capitaine des Rangers, Marc Messier, une vieille gloire déjà, air de gagnant cocaïné, les yeux brillants chauve, j’aime aussi Brian Leetch le défenseur dont la grande vitesse est adaptée à ma tactique, j’aime le Suédois dont j’ai oublié le nom, doublure de mon capitaine (le hockey, sport épuisant, se joue en faisant tourner les joueurs), j’aime Luc Robitaille, le géant canadien à l’air idiot. Je joue saisons après saisons, j’enchaîne les scores disproportionnés, je bats des records. Ma technique est simple et brutale. Je joue le contre. Messier, à la limite du hors-jeu, lancé d’une passe de Leetch fulgure vers le but. Et puis une feinte. Je l’ai répétée tant de fois, que j’ai encore le geste dans la main. Au clavier : clics rapides sur haut pour accélerer, gauche, le gardien plonge, droite, tir, but. La question n’est pas de savoir que le jeu est biaisé. Il faut que je mette des buts. J’ai encore le geste dans la main.

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Level 6 /
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Franchement ce n’est plus une vie. Bien, considéré ce texte est une allégorie masturbatoire transparente, peut-être le secret de ce mouvement des mains que les garçons se réservent. Alors oui, j’ai vaincu et j’ai perdu, je suis mort inombrablement et j’ai vécu ce que je ne saurais jamais vivre, je me suis libéré par la contrainte, en fuyant de prisons, de temples, pour aller dans la forêt chercher le pistolet laser d’enchantement, en rampant ou en ballon, j’ai vécu un peu partout sous tous les formats. J’ai fait 400 fois les 400 coups, la tournée des grands ducs d’Alpha du Centaure à la Colline du Péril inclus, j’ai eu des oreilles rouges et pointues, des yeux globuleux parfois, et surtout les pieds palmés, je pourrais en témoigner, j’ai menti et j’ai tout avoué sous la torture ou par le charme. J'ai sauté volé tiré roulé saisi vu porté et tant d'autres actions que j'ai oubliées parce que la mémoire est toujours limitée. Techniquement en tout cas.

Je suis un enfant gâté.

Je vous raconterai ça une autre fois.

[ Ce Message a été édité par: Cerebus le 2005-03-21 23:20 ]

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Riki
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Inscrit : Feb 23, 2003
Messages : 681
De : Bruxelles

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Posté le: 2005-03-22 17:08
Wow, maintenant que j'ai fini, j'ai commencé à lire les textes des autres et punaise, HappyGrumble, ton texte est vraiment super marrant et agréable à lire !

J'ai aussi lu celui de Slowriot mais Slowriot, il triche, il utilise la poésie ! Et ceux qui n'ont pas été à l'école, comment ils font pour écrire aussi bien, hein ?!


HappyGrumble
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Score au grosquiz
0002688 pts.

Joue à NintendoLand, Divinity 2, Zelda Skyward Sword

Inscrit : May 05, 2002
Messages : 2174
De : Toulouse-cong !

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Posté le: 2005-03-22 23:11
Wow y'a du bon et du lourd, les gars.

Slowriot, ben... génial, comme d'hab.

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Xirius_Thir
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Messages : 395
De : Meaux (77)

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Posté le: 2005-04-21 23:02
Bon, alors ?
ça en est où ?

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Laurent
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Joue à Super Mario Bros. Wonder

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De : Borgo, là où y a la fibre.

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Posté le: 2005-04-22 08:24
J'ai lu à peu près la moitié des textes. Je fais au mieux, mais il y a beaucoup de matières et j'ai pas mal de trucs à faire en ce moment. Un peu de patience ! Et encore merci à tous d'avoir participé.
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Riki
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De : Bruxelles

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Posté le: 2005-05-15 08:57
Citation :

Le 2005-04-22 08:24, Laurent a écrit:
J'ai lu à peu près la moitié des textes. Je fais au mieux ...


"J'ai" ? Tu les lis tout seul ?

Xirius_Thir
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Messages : 395
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Posté le: 2005-06-04 16:47
?

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Laurent
Commissaire apolitique


Joue à Super Mario Bros. Wonder

Inscrit : Mar 06, 2002
Messages : 22752
De : Borgo, là où y a la fibre.

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Posté le: 2005-06-17 12:59
Oups, la demande de Riki m'avait échappé, désolé. Oui, je lis les textes tout seul, d'où le temps que ça prend. Allez soyons fous, avant la fin de l'été j'aurai terminé et rédigé le classement et le compte-rendu du concours.

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JC
Camarade grospixelien


Joue à Quantum Break

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Posté le: 2005-06-17 15:15
Ben moi aussi je lis tous les textes dans le but d'essayer d'en faire un classement pour le concours (d'ailleurs j'ai posté un début de classement dans le forum staff il y a déjà un bon bout de temps)

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Xirius_Thir
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Posté le: 2005-06-23 20:10
En clair tu ne te sens pas assez objectif pour te faire juge

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Fredevils
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Inscrit : Jan 15, 2005
Messages : 8

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Posté le: 2005-07-10 02:19
Merci à Laurent pour avoir donné suite à ma suggestion, je me suis régalé... me semble que la pérennité de l'industrie jeu-vidéoludesque doit beaucoup à notre capacité toujours ré-inventée à être nostalgique, à nous souvenir avec une putain d'exigence jamais satisfaite de certaines heures de quand on était mômes... il y a du Shinobi dans ce Tenchu 3, du Black Tiger dans ce Devil May Cry 4...peut-être... quoi qu'il en soit, l'essentiel est que çette disposition de l'esprit permet de voir poindre de mignons et émouvants textes, félicitoches les gars.

dante2002
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Joue à Le GamePass sur la Serie X

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Posté le: 2005-07-12 18:06
En tout cas nous sommes impatient de voir les résultats...
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Laurent
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Joue à Super Mario Bros. Wonder

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Posté le: 2005-09-07 20:18
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RainMakeR
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Posté le: 2005-09-07 21:04
hmmm ca sent le remontage de topic pour pas oublier
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dante2002
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Joue à Le GamePass sur la Serie X

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Posté le: 2005-09-08 09:00
Il n'y avait pas besoin il est de toute façon en haut de la page

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dante2002
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Posté le: 2005-09-08 09:00
Il n'y avait pas besoin il est de toute façon en haut de la page

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