Créé
par Rémi Herbulot (programmation) et Michel
Rho (graphismes), les 2 petits génies de chez Ere Informatique,
ce jeu a connu un grand succès en France, et dans le
reste de l'Europe où on pouvait le trouver sous le nom
de Get Dexter. Eh oui, les lois du marché
de l'export sont impénetrables : on le renomma pour ne
pas que nos amis anglais aient du mal à prononcer le
déjà difficilement prononçable nom en français...
 |
 |
Rémi
Herbulot. |
Michel
Rho. |
Le
contexte
La
boîte du jeu contient une petite BD qui nous présente
les 2 personnages principaux et la situation dans laquelle ils
se trouvent. L'action se déroule dans le futur, en 2912
exactement. Nous sommes sur la planète XUL 3 (oui, il
fallait l'inventer celle-la !) et pour que les habitants de
ce charmant endroit puissent vivre dans l'harmonie et le bonheur,
on a construit un satellite pyramidal qui capte l'energie cosmique
et la transforme, afin qu'elle soit utilisable par nos chers
Xuliens. Ce satellite est commandé de la Terre, fait
important car nous, pauvres petits terriens, sommes sur le point
d'entamer un conflit interplanétaire dont nous ne mesurons
pas les conséquences... Mais alors, si la Terre est en
guerre et que tout ce beau monde disparaît, que va-t-il
advenir de XUL 3 ? Le grand conseil Xulien décide d'envoyer
sur la planète bleue un robot d'apparence humaine, le
bien nommé Crafton. Dans sa mission, il sera accompagné
d'une drôle de creature, une sorte de pied surmonté
d'une tête. Cette chose s'appelle Xunk, un podocéphale
qui avant de partir en mission s'est amusé à voler
la calotte cranienne de Crafton. Conscient du ridicule d'envoyer
un robot sosie conforme de l'homme avec des cicuits imprimés
et des fils qui lui sortent du crâne, le conseil Xulien
décide qu'il sera couvert d'une sorte de bonnet blanc,
le rendant peut-être encore plus ridicule mais bon, le
bont goût esthétique n'est pas leur point fort
apparemment !
 |
 |
Un
savant seul ou qui croit l'être... |
Attention
aux débris de verre... |
Une
fois sur Terre, nos deux compagnons ont pour mission de dérober
les mémoires et contrôles du satellite de Xul 3,
et pour cela il leur faut entrer dans la salle du grand ordinateur
central Zarxas dont l'accès est soigneusement protégé
par un code à 8 chiffres. Mais où trouver le code
? C'est d'une simplicité extrême voyons, il faut
juste retrouver les 8 savants qui travaillent au centre afin
qu'il vous en "fassent cadeau"... Comme vous le constatez, le
scenario est d'une simplicité rare !
 |
 |
Un
passe rouge , ça peut être utile. |
La
grille vous suit partout... |
Interactivité
et réalisation au top.
Le
jeu se présente en une 3D isométrique, de grande
qualité pour un jeu CPC. Les couleurs sont vives
et les graphismes impressionnants ! Au niveau maniabilité
les choses ne sont pas évidentes, mais une fois qu'on
a le jeu bien main tout est faisable. L'action démarre
dans une salle au hasard.
Ce
qui m'a plu quand j'ai eu ce jeu, c'est l'interactivité
avec les divers éléments du décor : chaises,
tables, meubles, lits peuvent être deplacés et
on peut monter sur tous ces objets afin d'atteindre des points
inaccessibles autrement. Xunk est indépendant, on ne
peut pas le diriger et je ne sais pas si c'est dû au fait
que ce soit un pied, mais il se place quelque fois en travers
du chemin de Crafton, ainsi que les ennemis lancés aux
trousses de notre androïde de choc. Il existe une moyen
de faire rappliquer Xunk prés de son maître, en
appuyant sur la touche "R" : Crafton siffle et Xunk vient près
de lui, mais jamais pour très longtemps car il a toujours
envie de fouiner à son aise les salles dans lesquelles
il débarque. Cette fonction peut paraître superflue
mais je me souviens qu'elle m'a aidé lors de certains
passages particulièrement casse-tête... Mais je
ne vous en dis pas plus au cas où vous auriez envie de
vous essayer au jeu...
 |
 |
Il faut savoir prendre de la hauteur ! |
Oula, un punk ! |
Nos
compères verront leur route barrée par de nombreux
gêneurs telles des infirmières, des robots de toute
sorte ou des punks assez agressifs. Tous ces ennemis n'ont pas
d'arme, mais le seul fait de toucher Crafton lui fait perdre
de l'énergie (99% au départ) d'autant plus vite
que le contact est prolongé, et notre héros n'a
aucune arme pour les tuer. Il faut donc savoir les éviter...
Petite astuce : parmi tous les objets qu'on peut trouver, un
aimant fer à cheval s'avère très utile
face aux boites de conserve... De toute façon on peut
trouver dans le centre des cabines holophoniques qui permettent
de recharger notre bon vieux Crafton en énergie. En bas
à gauche de l'écran il y a une petite valise.
On ne peut transporter qu'un objet à la fois, ce qui
oblige quelques fois à faire de nombreux va-et-vient.
Tout au long du jeu il faut savoir contourner les pièges
tendus, utiliser sa cervelle pour résoudre les énigmes
qu'on trouve dans presque chaque pièce (quelquefois fermée
à clef...) et user du joystick pour faire toutes sortes
d'acrobaties.
Par
sa grande interactivité, ses héros attachants,
des graphismes au top de ce qu'un CPC peut afficher
et son niveau de difficulté, Crafton & Xunk
figure parmi les must-have des machines Amstrad, tout simplement
le meilleur jeu d'aventure/action sur ces ordinateurs. Il a
été adapté sur Atari ST un peu
plus tard, bénéficiant au passage d'un relooking
adapté aux performances de la bête, mais c'est
dans sa version 8-bits qu'il a le plus marqué
son temps. On lui a connu une suite, L'Ange de Cristal,
qui reprend les mêmes recettes que son prédécesseur
en améliorant les graphismes déjà excellents,
et en multipliant le nombre de sprites à l'écran.
Crafton
& Xunk reçut le Tilt d'Or 1986
du meilleur logiciel d'aventure/action.
 |
 |
Crafton, version ST. |
La suite, l'Ange de Cristal, sur ST également. |
Pour
jouer
à Crafton & Xunk, l'émulateur
Amstrad Caprice32 me parait le meilleur choix par sa simplicité
d'utilisation et sa parfaite compatibilté.
Soreal