http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3236,36-918051@51-912022,0.html
L'émission néerlandaise de télé-réalité mettant en jeu un don de rein, vendredi 1er juin, s'est révélée être un canular destiné à alerter l'opinion sur le manque de donneurs d'organes. La"donneuse en fin de vie" qui devait donner son organe était en réalité une actrice.
"Nous n'allons pas donner un rein", a révélé, en direct, le présentateur Patrick Lodiers dans les toutes dernières minutes de l'émission, alors que "Lisa", la femme soi-disant atteinte d'une tumeur au cerveau s'apprêtait, en larmes, à désigner le malade à qui elle allait donner son rein.
"Nous avons voulu attirer l'attention sur la vie et les problèmes" des personnes en attente d'une greffe, a-t-il ajouté. Les trois candidats "receveurs" participant au à l'émission étaient, eux, d'authentiques malades en attente d'un rein. Ils avaient accepté de jouer le jeu, a précisé l'animateur.
"COUP FANTASTIQUE"
A l'issue de l'émission, le ministre néerlandais de la culture, Ronald Plasterk, a félicité la chaîne publique BNN pour son "coup fantastique" , alors qu'il avait été très critique cette semaine. "C'est une façon intelligente" de porter la question sur la place publique, a fait savoir son porte-parole. Le principe de l'émission, coproduite par Endémol, avait été condamné à travers le monde, ainsi que par le premier ministre néerlandais, Peter Balkenende.
La diffusion du "Le grand show du donneur" coïncidait avec le cinquième anniversaire du décès du fondateur de BNN, Bart de Graaff, mort après avoir attendu en vain un donneur pendant sept ans. "Cela fait un an que nous travaillons à ce 'coup', mais nous n'avions pas escompté que cela serait un tel succès", a avoué Laurens Drillich, le directeur de la chaîne.
"On ne peut faire qu'une fois ce genre d'émission, a déclaré, pour sa part, Paul Roemer, directeur d'Endemol Pays-Bas. Pour moi, elle a marché. Ce soir, nous avons eu 12 000 demandes de cartes de donneur".
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L'émission diffusée vendredi 1er juin par la chaîne BNN de la télévision publique néerlandaise, et qui devait voir une jeune femme atteinte d'un cancer désigner le bénéficiaire de l'un de ses reins après sa mort, était un montage.
Le "Grand spectacle du donneur", produit par la société Endemol, mettait en présence Lisa, 37 ans, atteinte d'une tumeur au cerveau, et trois malades en attente d'une greffe, deux femmes et un homme âgés de 19 à 40 ans, qu'elle avait sélectionnés parmi 25 candidats.
Quelques minutes avant la fin d'une émission qui avait tenu les Pays-Bas en haleine, le présentateur révélait la vérité sur cette production de télé-réalité qui avait fait couler beaucoup d'encre depuis le début de la semaine et mobilisé, notamment, une centaine de journalistes étrangers : "Lisa" s'appelle en réalité Léonce et est une actrice en pleine santé.
Les trois personnes qu'elle avait en face d'elle étaient, elles, réellement malades et avaient accepté de se prêter au jeu pour souligner l'importance du don d'organes dans un pays où le nombre de donneurs potentiels a chuté de moitié en quelques années.
Avant la révélation de ce canular, appelé à faire autant de bruit que l'émission de la télévision publique francophone belge qui, en décembre 2006, avait annoncé l'éclatement de la Belgique, l'émission avait détaillé la vie de la prétendue "Lisa" et expliqué comment elle avait choisi les trois receveurs potentiels. Elle avait commencé par éliminer les fumeurs, puis les chômeurs et les personnes trop âgées. Elle entendait ensuite, expliquait-elle, récompenser quelqu'un "estimant la vie à sa juste valeur".
Après ce "coup", les responsables de la chaîne BNN et d'Endemol estimaient avoir atteint leur but. "C'est une première mondiale, et elle est néerlandaise", s'est réjoui Paul Römer, d'Endemol. Laurens Drillich, patron de BNN, estimait, quant à lui, que la crédibilité de sa chaîne n'était pas atteinte, "car nous avons bien expliqué pourquoi nous avons fait cela". Avant la diffusion, un sondage avait indiqué que 61 % des Néerlandais jugeaient "mauvaise" l'idée d'une telle émission.
Le monde politique restait, quant à lui, très divisé après la diffusion. Ronald Plasterk, ministre travailliste des médias, a évoqué "une manière intelligente d'attirer l'attention sur le problème des dons d'organes". Ronald Plasterk, assez critique au départ, avait été sollicité pour interdire le programme il y a quelques jours.
Un responsable du parti réformateur d'opposition D66 a évoqué une initiative "fantastique" et annoncé qu'il interpellerait le gouvernement sur les suites à donner à l'émission.
"MAUVAIS GOÛT"
Joop Altsma, un député du Parti chrétien-démocrate, au pouvoir avec les travaillistes, a jugé que le spectacle était "de mauvais goût". Le premier ministre Jan Peter Balkenende avait, quant à lui, estimé que l'émission allait nuire à l'image des Pays-Bas. "Je déplore que cela ait lieu", avait dit le chef du gouvernement.
Les médecins, les associations d'insuffisants rénaux et la Fondation néerlandaise des transplantations avaient marqué de vives réserves. Vendredi soir 1er juin, certaines voix s'élevaient cependant pour affirmer que l'émission avait illustré les besoins et le désespoir de certains patients.
La Commission européenne avait, elle, réagi, mercredi 30 mai, à l'annonce du "Grand spectacle du donneur" en proposant la création d'une carte de donneurs valable sur le territoire des Vingt-Sept, où 40 000 patients seraient en attente d'une greffe d'organe.
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Dans la vie, il y a 3 catégorie des personnes : ceux qui savent compter et ceux qui ne savent pas compter. (Anonyme)
