Forums de Grospixels
Bienvenue sur le forum de Grospixels : [ S'Enregistrer ]
Déjà inscrit ? [ Connexion ]
 
retour sur le site
rechercher
Index du Forum » » Discussions & Débats » » Quand j'entends le mot culture, je sors mon Light Phaser
27 messages • page
12
Auteur Quand j'entends le mot culture, je sors mon Light Phaser
Z
Pixel imposant


Inscrit : Feb 18, 2006
Messages : 636
De : Courbevoie, 92

Hors ligne
Posté le: 2006-11-30 00:40
Hello,

Toute critique des jeux vidéo par des personnes extérieures au sérail doit-elle être systématiquement balayée sous prétexte qu'ils (les grands média, les politiciens, les associations familliales, les psychologues...) ne comprennent (forcément) rien au sujet traité, et qu'ils ne sortiraient (au mieux) que des banalités, et plus généralement des contre-vérités (violence, sexe, sous-culture...).

On pouvait écraser des passants à Carmageddon ? Oui, mais non en fait, le sang était VERT ! On écrasait des zombis ! Ah, OK. Et la salle dans Doom 2 rempli de pendus ? Juste un délire des développeurs ! Yo baby, le jeu vidéo est cool, jeune, tu peux pas comprendre... Quant à l'épisode Hot Cookie, arf, juste une blague potache des développeurs. Même que c'est caché ! Yo !

La violence et le sexe ont toujours été présents dans les jeux vidéos, mais selon moi à des niveaux de lecture très différents des productions actuelles. Tirer pour tuer son ennemi reste un imcontournable, le socle du genre vidéoludique (Space Invaders). La représentation de l'élimination physique d'un être humain, et non plus un 'alien' dans son vaiseau spatial est passée d'une vision à la troisième personne (je dirige le personnage qui tue), à une vision à la première personne (JE suis le personnage, JE tue).

L'utilisation du sprite coloré confère à l'image un aspect BD, enfantin :

Outlaw (Atari 2600) :


Shinobi (Arcade) :


On a tous connu ces jeux là. L'aspect 'violence' ne nous a jamais paru évident. Nos parents nous ont vu y jouer, ils n'ont jamais fait de remarque. Cette catégorie de jeux est trans-générationnelle. Elle s'adresse à tous les ages. A part une note d'information sur l'épilepsie, aucun avertissement ne figurait sur les boites de jeux.

A cette époque là, le jeu 'pour adulte' existe. Il a toujours existé, couvrant un domaine immédiatement identifiable (packaging de la boite, vente via des magasins spécialisés ou alors placé haut dans les étalages). A l'image de la presse 'pour adulte', il n'est pas alors possible de confondre les genres.

Strip Poker (Apple II) :


Mac Playmate (Macintosh) :


Si le jeu de Strip Poker (le Strip Black Jack est également disponible) se contente d'ajouter une couche d'érotisme à un concept ludique existant (le poker), Mac Playmate apparaît comme le premier jeu exploitant exclusivement la pulsion pornographique comme moteur du jeu (faire jouir une femme à l'aide d'accessoires divers). Ce logiciel n'est pas officiellement disponible. On le cache sous le manteau, on ne le montre que discrètement. Il est à sa collection de jeux video ce que Les 120 journées de Sodome est à une bibliothèque, la pièce la plus sulfureuse (et néanmoins indispensable). Ce programme est et reste dans la sphère adulte.

Nous voici en 2006. Les consoles de jeux et les ordinateurs font partie du quotidien. Les enfants qui jouaient à Shinobi sont devenus des adultes. Ils jouent encore. Le média a grandi, a su proposer un contenu mature, adapté à cette cible. La technologie a également progressé, offrant un niveau de réalisme accru. On pourrait penser que la séparation jeu pour adulte / jeu pour enfant existe, qu'elle est bien délimitée. Il n'en est rien. L'enfant de 10 ans a accès à un contenu vidéoludique destiné aux adultes. Le jeu vidéo garde son auréole Sega / Nintendo = jeux colorés pour enfants. Quel vendeur de la Fnac refuse un jeu classé 16+ à un enfant de 12 ans ?

Tous les soirs, au journal télévisé, les images que l'on reçoit du monde ne sont guères (sic) joyeuses, et les enfants y sont parfois exposés :

Irak


Et que sort Ubi Soft comme jeu pour Noël ? Le 150me jeu de guerre.

Ghost Recon


J'ai beau regarder ces deux images, me dire qu'elles sont complètement différentes, que je sais parfaitement faire la différence, que je ne les reçois pas de la même façon car je sais les 'lire', les décoder, faire la part des choses. Et que probablement le gamin de 10 ans sait aussi faire la différence, peut être. Mais j'ai quand même envie de l'écouter le psychologue, celui qui tout à l'heure racontait des conneries. Peut être qu'il a un peu raison. Peut être qu'on devrait un peu se poser des questions sur l'impact que ce genre de jeu peut avoir sur certaines personnes.

La responsabilité des parents. Bien sur, la responsabilité des parents. Ne pas laisser son gamin de 10 ans face à des jeux qui ne sont pas faits pour lui. Ne pas lui laisser Ghost Recon, ne pas lui confier GTA. Sauf que contrairement au Strip Poker des années 80, il n'y a pas grand chose sur la boite de ces jeux qui est en mesure de 'parler' aux parents. Le jeu vidéo, toujours associé à un contenu enfantin de sprites colorés, n'a pas su organiser sa distribution en tranche d'âge. Alors évidemment GTA est testé dans Joypad et se retrouve dans toutes les mains. Et à 12 ans, on assassine tranquillement les gars du gang d'en face et on rackete ses putes. 12 ans.

Et quand je revois la fameuse scène Hot Coffee, j'ai du mal à y voir une différence avec Mac Playmate, sauf que cette fois, ce n'est plus un adulte qui est derrière la souris :

GTA


Evidemment, il est facile d'incriminer le pauvre GTA, tant il accumule tout ce que la 'société' tente de rejeter (violence, sexe, dépravation, gangstérisme). Ce jeu apparaît facilement comme de la contre-éducation, car il s'agit ici de se comporter exactement à l'opposé de ce qui est attendu par la communauté.

J'avais ressenti un malaise en jouant à Silent Hill. Comme tout le monde j'imagine. Et si on s'était extasié devant la prouesse du support vidéoludique à faire ressortir cette émotion, il n'en demeure pas moins que ce jeu n'a pas été étiqueté 'adult only'. Vision d'horreur et cauchemar pour tout le monde. Evidemment, l'argument massu dans ce cas là, c'est qu'au Japon il n'y a pas eu de problème. Tout comme pour la mini polémique 'Rule of Rose'. Sorti au Japon sans problème. Sauf qu'au Japon justement, pas mal de choses qui peuvent paraître normale risqueraient de nous ulcérer un peu.

Akihabara 2003


Pour nous, communauté de joueurs nippophiles, on retrouve l'image classique du Hentai. La pauvre fille au gros seins attaché et violenté. Bon, c'est pas la première qu'on voit passer. On le prend au second degré. On cherche un peu dans les détails, ah oui, elle a des pinces sur les seins. C'est rigolo en somme. On est dans la carricature (on espère du moins).
C'est une image classique au Japon. Elle ne choquerait personne là bas. Il s'agit ici de la photo d'une devanture de magasin sur un grand boulevard de Tokyo. Je pense qu'elle annonce la sortie d'un animé ou d'un jeu.

Maintenant, ammenez cette image en France. Son seul classement possible est le X. Et encore. Quelle réaction cette image peut susciter chez une personne ne connaissant pas les codes en vigueur au Japon ? Probablement le dégoût, un malaise lié à l'iconographie d'une enfant torturée (qui torturent des enfants ? quel régime peut l'autoriser). Les traces d'agressions sexuelles (sperme dans les cheveux, tuyau allant vers le vagin), d'entravement (les bras semblent attachés), de sévices (éléctrocution par les seins) font immédiatement écho à une actualité, récente en Europe, de drames liés à des enfants enlevés, maltraités, assassinés.

Essayons un peu de sortir de notre bulle et évitons de balayer d'un revers de manche toute critique sur le contenu violent ou malsain de nos jeux. Notre vision d'adulte responsable devrait nous ammener à considérer comme légitime ce que peut ressentir un public qui n'a pas nos codes ou nos références et qui s'inquiète (probablement à juste titre) du contenu des jeux placés entre les mains de leurs enfants (et des notres).

Essayons au moins de les comprendre.

Olivier

ps : j'ai préféré placer tout cela dans un nouveau topic, car je trouvais réducteur de ne répondre que sur l'aspect 'violence' ou 'polémique sur le sortie du jeu X'.

HappyGrumble
Pixel monstrueux


Score au grosquiz
0002688 pts.

Joue à NintendoLand, Divinity 2, Zelda Skyward Sword

Inscrit : May 05, 2002
Messages : 2174
De : Toulouse-cong !

Hors ligne
Posté le: 2006-11-30 00:50
Mon post ne va sans doute être d'aucune utilité, parce qu'il est tard et que je suis trop crevé pour disserter sur tous les points que tu soulèves (et ils sont nombreux). Mais des posts comme ça, je dis bravo.

(Promis, je dirai plus de choses plus tard)

  Voir le site web de HappyGrumble
Simbabbad
Pixel planétaire

Score au grosquiz
0000684 pts.

Inscrit : Feb 28, 2006
Messages : 10908

Hors ligne
Posté le: 2006-11-30 02:02
Je pense que dans ce que tu écris, Z, il y a deux choses qui sont des "problèmes" totalement différents : l'accès de certains contenus aux mineurs d'une part, et la "moralité" des contenus eux-mêmes d'autre part (est-il bien moral de faire/s'intéresser à telle chose plutôt que de ramasser des pièces, piétiner des tortues, et ne tirer que sur les pixels ayant la taille réglementaire).

La confusion de ces deux choses qui n'ont absolument rien à voir est souvent entretenue par les média, parce que comme les couvertures du Nouveau Détective ou je ne sais quel torchon du même genre, ça vend toujours beaucoup de très hypocritement se délecter de raconter dans le détail des tortures sordides, et de simultanément plaindre les victimes et leurs familles tout en appelant au rétablissement de la peine de mort pour le bourreau, histoire que tout le monde garde bonne conscience.

Bref. Je crois que tout le monde est d'accord pour que les mineurs n'aient accès qu'à des contenus qui leur conviennent, car tout le monde est d'accord avec le psychologue pour dire qu'avant un certain âge, la limite entre la réalité et la fiction n'est pas si évidente (c'est prouvé authentifié tamponné même si les enfants disent le contraire, la notion de fiction est relativement tardive). De ce point de vue, tout le monde sait aussi que la télévision qui passe des histoires réelles et des images réelles accessibles à tous, ou alors des fictions violentes avec de vrais acteurs également accessibles à tous, posent bien plus de problème que des jeux dont la vente est plus contrôlable, et dont les artifices (croix, triangle, carré, rond, press start, game over, cinématiques, polygones, etc.) introduisent plus facilement une distance.

Du coup je ne comprends pas trop certaines de tes remarques, notamment sur le dernier dessin. Bah oui, c'est du S&M, et alors ? C'est un dessin. Tout comme quand je suis allé à l'exposition Bellmer (le gars qui a inspiré certains monstres de Silent Hill 2 et les robots/poupées de Ghost in the Shell 2), qui était très bien, mais dont certains dessins vers la fin montraient des gamines (genre 7 ans) en train de faire des fellations à un vieillard. Moi et mon pote on a fait la grimace en se faisant la réflexion que c'était quand même plus intéressant quand il sublimait tout ça avec des photos de poupées, qu'il ne s'était pas amélioré en vieillissant (c'était par ordre chronologique), et puis voilà. Il y avait un petit écriteau qui prévenait à l'entrée, les dessins étaient en hauteur, et tout va bien. Personne n'a été "choqué", Bellmer était comme il était, il avait les obsessions qu'il avait, au moins on se fait une vraie opinion d'ensemble de l'artiste.

Point de vue dégoût et malaise on peut aussi citer Giger :



("qui torturent des enfants ? quel régime peut l'autoriser" - ben je sais pas mais c'est un dessin, là, pas des vrais enfants)



Dali et le fameux caleçon souillé de merde en bas à droit :



Moins connu, Ouellette :



Un peu de Bellmer pour la route :



On peut aussi citer en littérature Burroughs, ou Apollinaire qui je crois s'était payé un délire dans un texte en décrivant la sensation ressentie en pénétrant des garçons de 9 ans et en les guillotinant pendant le coït.

Maintenant, est-ce qu'on dit : houlàlàlà, tout ça c'est malsain, voire immoral, il faut penser aux enfants, que les peintres/photographes/écrivains sortent de leur bulle et écoutent les politiques et associations familiales, et puis pourquoi on ne revient pas à la bonne vieille époque où on ne dessinait que des choses comma ça :



Et puis bien sûr on se rend compte comment ça sonne quand on applique ça à, ben, n'importe quel art autre que le jeu vidéo (et la variété, sans doute).

L'homme s'intéresse à ce genre de chose et il a (ses) raison(s). C'est comme ça. Lis du Shakespeare, regarde du Jerôme Bosch.

La toute première fiction littéraire répertoriée c'est l'Illiade et l'Odyssée je crois, parlant respectivement d'abord de guerre, puis de monstres, de cannibalisme, d'adultère, de sang et de cul. Plus tard on a Oedipe Roi, un gars qui tue son père et couche avec sa mère. On a le Minotaure qui est le fils de la reine de Crête : celle-ci voulait se faire monter par un taureau dont elle était tombée amoureuse, et a demandé à Dédale de constuire une vache creuse et mécanique pour se faire monter. On a nombre d'amphores de l'époque qui montrent des scènes de sexe, même de sodomie, et ces amphores étaient sans doute visibles depuis "la devanture d'un magasin" !

Scandale ! Il faut revenir au bon vieux temps !

(Désolé si le ton est sur-sarcastique, ça n'est pas contre toi, Z, mais l'amalgame entre les deux choses que sont le contenu et l'accessibilité au contenu par des mineurs, il y en a MARRE.)

  Voir le site web de Simbabbad
LVD
Pixel visible depuis la Lune

Score au grosquiz
0021285 pts.

Joue à Zelda TOTK

Inscrit : Jul 18, 2002
Messages : 9237
De : Ooita, avec mer, montagnes et forets

Hors ligne
Posté le: 2006-11-30 02:04
Alors ca c'est marrant parce que je suis justement en train de terminer un (long) article sur le sujet... (les jeux X japonais). Qui a dit racoleur?

La derniere photo c'est une pub pour une carte telephonique, je pense tiree d'un jeu.
_________________

The fight is everything. Always seeking the next challenge. Ceremony means nothing to him


  Voir le site web de LVD
CBL
Pixel visible depuis la Lune


Inscrit : Jun 02, 2002
Messages : 9108
De : Versailles

Hors ligne
Posté le: 2006-11-30 08:42
Le message de Z est intéressant mais il y a quelques trucs qui me font tilter :

"Sauf que contrairement au Strip Poker des années 80, il n'y a pas grand chose sur la boite de ces jeux qui est en mesure de 'parler' aux parents."

Pas grand chose à part une grosse etiquette préconisant un âge mini et des picto expliquant pourquoi. Si les parents sont capables de comprendre -16 pour un film, ça ne devrait pas être trop dur de comprendre cela pour les jeux.

Pour la violence, le problème n'a pas grand chose avec les jeux mais finalement avec la compréhension qu'on en a. Le problème fondamental est que les gens ne réfléchissent pas et ne perçoivent cette violence que quand on la met en gros plan.
Les gens vont s'émouvoir devant la mort d'un gamin lors d'un fait divers mais finiront sans problème leur diner devant ce qu'il se passe au Darfour. Pourtant la vraie violence c'est bien de laisser crever un pays.

Dans les jeux c'est pareil. Avec un peu de discernement, tu te rends compte que Doom verse dans le gore bien grotesque à la Braindead et que GTA verse dans le n'importe quoi, les histoires de gangster étant un prétexte pour faire du base jump depuis un gratte ciel après avoir volé un jet pack.

Avec ce même discernement, tu te rends compte que certains jeux anodins peuvent être assez glauques et que tout le monde s'en fout. Raser des quartiers pauvres pour faire des quartiers riches dans Sim City ? Pas de problème. Détruire une civilisation entière dans le jeu éponyme ? Pas de soucis. Provoquer un millier d'accidents à Burnout ? On s'en fiche.
Les gens restent focalisées uniquement sur ce qu'ils voient.

Faut il vraiment totalement interdire certains jeux aux gamins ? J'en sais rien. Avant 12-13 ans probablement. Elevé à grand coup de Carmageddon, GTA et Leisure Suit Larry, je ne suis pas devenu un psycopathe violeur. J'ai beau connaitre le nom de certains flingues (et parfois j'avoue ça fait froid dans le dos), je n'en ai jamais possédé ni utilisé (même pas des pistolets à bille).
Je conduis prudemment, je trie mes déchets et je n'ai jamais filé un coup de poing. Et c'est pareil pour mes amis de la même génération. Mais il y a le fait qu'on ne joue pas qu'à des jeux violents. On est une génération élevée au Secret of Mana et au Super Mario World. Même maintenant, le pan pan boum boum c'est marrant mais il faut aussi jouer à autre chose.

  Voir le site web de CBL
Pierre
Pixel monstrueux


Inscrit : Apr 01, 2002
Messages : 2862
De : Paris

Hors ligne
Posté le: 2006-11-30 09:56
Et puis, en dehors de prods obscures et peu voire pas accessibles en magasin (je n'ai croisé que deux jeux "porno" dans ma vie : un sur ST qui se résumait à une animation nulle d'une fille qu'il fallait faire jouir à la souris, et le "mythique" Custer's Revenge), les jeux vidéo contiennent tout de même très peu de sexe, ils sont même étonnamment prudes.

Concernant la violence, il me semble que certains sujets l'exigent, il faut juste que ça soit fait intelligemment, mis au service d'une histoire, d'un thème, d'un discours et/ou d'une émotion. Et c'est là que le bât blesse : peu de créateurs de jeux savent donner un sens à la violence. Ca ne me pose aucun problème quand c'est RE4 par ex, où la violence accentue la tension et le plaisir basique de l'action, mais lorsque le contexte est plus réaliste, ça me dérange. J'aimerais qu'un jour, par ex, un FPS se déroulant pendant la seconde guerre mondiale propose un regard aussi riche, documenté, humain, choquant et signifiant sur la guerre que celui de Mémoires de nos pères.

Sinon, j'aimerais aussi que le jeu vidéo explore des émotions moins primaires, mais d'une part il le fait régulièrement, et d'autre part beaucoup de créateurs se donnent encore pour objectif de se saisir du langage du jeu vidéo pour explorer toutes les émotions humaines. Parmi eux, on peut citer Cage, Ueda, Shafer, Kojima, Valve, Aonuma (et Miyamoto), Ancel, Viennot, et bien d'autres. Plus ces gars vieilliront, plus ils maîtriseront leur art encore balbutiant, plus le jeu vidéo grandira, ça me paraît évident.

  Voir le site web de Pierre
IsKor
Camarade grospixelien


Joue à Diablo 3

Inscrit : Mar 28, 2002
Messages : 13495
De : Alpes Maritimes

Hors ligne
Posté le: 2006-11-30 11:52
Super ce petit topic, ça fait du bien de réfléchir un peu.... Merci Z

Jika
Pixel planétaire


Inscrit : Mar 27, 2003
Messages : 11566

Hors ligne
Posté le: 2006-11-30 13:17
L'éternel débat... Mais il est vrai que ce débat n'a toujours pas trouvé de réponse. Je me faisais la remarque l'autre jour au micromania en voyant un môme haut comme trois pommes prendre la manette et essayer Gears of War, sous les yeux du vendeur, lui expliquant les commandes, tranquillement... Mais bon, ce vendeur fait son métier, on ne peut rien lui dire...

Je crois que la seule solution envisageable, théoriquement et utopiquement j'ai envie de dire, c'est de proposer un rayon spécialisé dans les lieux de vente de jeu vidéo, à l'abri des regards, comme pour les films de cul. Ca ne se fera jamais parce que cela ferai t perdre trop d'argent. Mais bon, je crois qu'au dernier TGS, Microsoft avait monté une petite salle obscure cloisonnée pour montrer les jeux violents à l'abri des regards des plus jeunes : dedans, Dead Rising, Gears of War et Lost Planet étaient jouables. J'ai d'ailleurs trouvé dommage que l'initiative n'ait pas été saluée... Cette idée de chambre à part, comme pour les films de cul, est intéressante parce que là, en plus, il n'y aurait pas le facteur 'honte' : dans la tête des gens, jouer à un jeu violent n'est pas honteux, alors que voir un film de cul, si. Donc l'argument anti-commercial du 'produit pas forcément glorieux à aller acheter' disparait, ce qui éliminerait une grosse part du problème.

Un problème néanmoins : pourquoi n'est ce pas fait pour les films ? Pourquoi un môme de 12 ans peut aller au Carrouf du coin et acheter Brain Dead, The Thing et Evil Dead, sans rien dire ? Raisons commerciales mon cher...

Alors, tout de suite, concrétement, quelle solution ? Une seule : les parents. Mais bon, comme tu dis Z, les parents pensent toujours que le jeu vidéo, c'est Mario, Alex Kidd ou Sonic. Néanmoins, les parents de demain sont les joueurs les plus vieux. Donc eux seront au courant de la chose. Exemple tout bête : David et Laurent laissent ils leurs momes voir ou jouer à Gears of War ? Je ne pense pas, et c'est cette génération de parents qui va faire avancer les choses.

dante2002
Déterreur de topics


Score au grosquiz
0002009 pts.

Joue à Le GamePass sur la Serie X

Inscrit : Feb 10, 2003
Messages : 5387
De : METZ

Hors ligne
Posté le: 2006-11-30 14:45
Le principal problème, et nous en avons déjà discuté ici, est que le jeu vidéo n'est toujours pas considéré comme un média, à l'instar des films ou des livres.

De part ce fait, il est "normal" qu'il existe des films pour adulte, cela ne remet jamais en cause le média "film" en lui même.

Tant qu'on aura pas fait accepter ça pour les jeux vidéos on ne pourra que voir des dérives dans tous les sens...
_________________

Image


  Voir le site web de dante2002
Simbabbad
Pixel planétaire

Score au grosquiz
0000684 pts.

Inscrit : Feb 28, 2006
Messages : 10908

Hors ligne
Posté le: 2006-11-30 15:19
Citation :

Le 2006-11-30 14:45, dante2002 a écrit:
De part ce fait, il est "normal" qu'il existe des films pour adulte, cela ne remet jamais en cause le média "film" en lui même.

Tout à fait, et l'hypocrisie est d'autant plus visible quand on s'intéresse aux séries TV. Les thèmes et l'imagerie abordés par X-files sont plus glauques et violents (et plus réalistes en plus) que 95% (sans doute plus) des jeux vidéo, et pourtant la série passe en boucle sur pas mal de chaînes sans que personne ne trouve ça choquant en soi.

Le truc avec le jeu est le même que pour la BD ou le film d'animation : certaines personnes lui collent l'image d'un média pour enfants. C'est ça le vrai, et l'unique, problème.

  Voir le site web de Simbabbad
Z
Pixel imposant


Inscrit : Feb 18, 2006
Messages : 636
De : Courbevoie, 92

Hors ligne
Posté le: 2006-11-30 22:07
Hello,

Citation :

Le 2006-11-30 02:02, Simbabbad a écrit:
Je pense que dans ce que tu écris, Z, il y a deux choses qui sont des "problèmes" totalement différents : l'accès de certains contenus aux mineurs d'une part, et la 'moralité' des contenus eux-mêmes d'autre part.


Je ne pense pas du tout avoir parlé de la moralité des contenus dans mon post. J'ai simplement indiqué qu'il y avait un décalage entre le contenu du jeu (pour adulte) et sa cible finale (l'enfant). Je ne juge pas le contenu des oeuvres vidéoludique. Chacun ses goûts (perso, je n'aime pas les jeux de foot...).

Citation :

Le 2006-11-30 02:02, Simbabbad a écrit:
La confusion de ces deux choses qui n'ont absolument rien à voir est souvent entretenue par les média, parce que comme les couvertures du Nouveau Détective ou je ne sais quel torchon du même genre, ça vend toujours beaucoup de très hypocritement se délecter de raconter dans le détail des tortures sordides, et de simultanément plaindre les victimes et leurs familles tout en appelant au rétablissement de la peine de mort pour le bourreau, histoire que tout le monde garde bonne conscience.


Ma référence au média était pour rappeler que à chaque fois qu'un de ces médias pointent la violence présente dans les jeux vidéo, la communauté des joueurs préfèrent les traiter (au mieux) d'incompétents plutôt de se poser des questions sur la nature réelle de ce qui est affiché sur nos écrans. J'ai développé l'idée que notre culture vidéoludique et notre historique de joueur avait tendance à nous masquer une certaine réalité. Le dernier FPS n'est qu'une version 'plus réaliste' du précédent et ainsi de suite jusqu'à revenir à Wolfenstein. Cette théorie des 'petits pas' rend moins évident la prise de conscience.
En confrontant volontairement les images de Ghost Recon et de l'actualité en Irak, la ressemblance des deux images frappe. S'il est encore possible de se persuader que Wolfenstein n'est que la repésentation informatique d'un lieu imaginaire, et donc assez éloigné de la réalité, la perception des images de Ghost Recon est différente. 10 ans après Wolfenstein, la réalité a quasiment rattrapé la fiction. Pouvons nous encore répondre à nos détacteurs qu'ils s'agit toujours de jeux innofensifs ?

Citation :

Le 2006-11-30 02:02, Simbabbad a écrit:
Je crois que tout le monde est d'accord pour que les mineurs n'aient accès qu'à des contenus qui leur conviennent


C'est une partie du débat, mais qui semble aujourd'hui perdu. Comme je le soulignais, l'objet vidéoludique appartient à une sphère toujours perçue aujourd'hui comme lié à l'enfance (on parle de 'jeu' video). Le parent (et l'enfant) n'ont que très peu d'élément pour juger du niveau de maturité d'un jeu. Bien sur que la signalitique est présente (derrière) sur la jaquette devrait aider. Mais non seulement elle est très complexe à lire (chaque pays à la sienne : 16+, M, ...), incohérente (le même jeu ne reçoit pas partout le même niveau), mais surtout elle est complètement rendue caduque par les professionnels du secteur (revendeur, presse spécialisé, salons, borne de démonstration en libre service) qui mélange sur un même espace des jeux pour des publics complètement différent. Le message qui en ressort est que quelque part tous les jeux se valent. Que la différence entre une course de voiture, un jeu de combat et un jeu de foot, c'est le thème du jeu. Je n'ai jamais vu de vendeur conseiller des parents sur l'achat d'un jeu en parlant du contenu explicite.

Citation :

Le 2006-11-30 02:02, Simbabbad a écrit:
Du coup je ne comprends pas trop certaines de tes remarques, notamment sur le dernier dessin. Bah oui, c'est du S&M, et alors ?


Cette partie visait simplement à indiquer que chaque culture reçoit une image d'une façon complètement différente. Cette image qui n'est pas du tout inhabituelle au Japon (elle fait presque partie du quotidien) nous choquent (?) en Europe. Pour l'adéquation aux jeux vidéos, cela se traduit par l'arrivée sur le marché européen par des jeux sortis au Japon sans précaution particulière mais qui pourrait ici nous faire tiquer.

Citation :

Le 2006-11-30 02:02, Simbabbad a écrit:
Point de vue dégoût et malaise on peut aussi citer...


Je trouve cette partie de ton post en dehors du propos. Ce images n'appartiennent pas au domaine du jeu et les codes qui régissent les oeuvres d'art sont assez éloignés des jeux (ces oeuvres sont par leur nature même destinées aux adultes). Je ne développerais pas plus, nous ne sommes pas dans le forum 'Hors Sujet'.

Citation :

Le 2006-11-30 02:02, Simbabbad a écrit:
Scandale ! Il faut revenir au bon vieux temps !
(Désolé si le ton est sur-sarcastique, ça n'est pas contre toi, Z, mais l'amalgame entre les deux choses que sont le contenu et l'accessibilité au contenu par des mineurs, il y en a MARRE.)


Il n'y a pas de bon vieux temps. Je pense simplement qu'il est intéressant d'écouter les personnes extérieures au sérail quand elles nous pointent du doigt ce qui les choque. Arrêtons de répéter que tout va bien Madame la marquise (et de les traiter de fachistes au passage), et que si le contenu dérange, ce n'est pas grave, car le jeu est pour adulte.

Nous savons tous qu'il n'y a pas / plus de barrière.

Olivier

Z
Pixel imposant


Inscrit : Feb 18, 2006
Messages : 636
De : Courbevoie, 92

Hors ligne
Posté le: 2006-11-30 22:24
Citation :

Le 2006-11-30 08:42, CBL a écrit:
Le message de Z est intéressant mais il y a quelques trucs qui me font tilter :

"Sauf que contrairement au Strip Poker des années 80, il n'y a pas grand chose sur la boite de ces jeux qui est en mesure de 'parler' aux parents."

Pas grand chose à part une grosse etiquette préconisant un âge mini et des picto expliquant pourquoi. Si les parents sont capables de comprendre -16 pour un film, ça ne devrait pas être trop dur de comprendre cela pour les jeux.


Sauf que les codes régissant les films ne sont pas du tout les mêmes que ceux rigissants les jeux vidéo. Un adulte connait les films, il en consomme, est au courant des genres, de la classification (X, -16...), etc. Le titre du film aide généralement à se faire une idée du contenu.
A l'inverse, le jeu circule dans la cours de l'école et parfois sans jaquette (vous avez dit CD-R ?). S'il arrive dans les mains des parents, c'est généralement par l'intermédiaire de l'enfant (qui guide ses parents vers l'achat ou qui leur montre le jeu sur la télé).

Citation :

Le 2006-11-30 08:42, CBL a écrit:
Avec ce même discernement, tu te rends compte que certains jeux anodins peuvent être assez glauques et que tout le monde s'en fout. Raser des quartiers pauvres pour faire des quartiers riches dans Sim City ? Pas de problème. Détruire une civilisation entière dans le jeu éponyme ? Pas de soucis.


C'est une réflexion d'adulte qui comprend les conséquences du capitalisme sauvage (raser les quartier de pauvres pour favoriser les riches) ou d'un génocide (avec tout ce que cela puise dans notre histoire récente). Cette violence, que je qualifierais de 'sourde', n'atteind probablement pas l'enfant comme le ferait un FPS. Pour lui, il s'agit simplement d'un moyen pour avancer dans le jeu sans que les conséquences (sur une hypothétique réalité) lui soit exposé. Il n'en prendra conscience que bien plus tard.

Citation :

Le 2006-11-30 08:42, CBL a écrit:
Même maintenant, le pan pan boum boum c'est marrant mais il faut aussi jouer à autre chose.


Oui. Tout à fait. En restant maitre de cet aspect 'second degré' défouloir, c'est un réel plaisir que de trucider dans le virtuel. Tant qu'on en a les clés pour le comprendre.

Olivier

Simbabbad
Pixel planétaire

Score au grosquiz
0000684 pts.

Inscrit : Feb 28, 2006
Messages : 10908

Hors ligne
Posté le: 2006-11-30 22:41
Citation :

Le 2006-11-30 22:07, Z a écrit:
Je ne pense pas du tout avoir parlé de la moralité des contenus dans mon post.

Si, par rapport à la dernière image que tu présentais comme étant typique du Japon et d'une perversité incompréhensible en France, ce qui n'est pas le cas et ce que je trouve curieux.

Citation :

Le 2006-11-30 22:07, Z a écrit:
Ma référence au média était pour rappeler que à chaque fois qu'un de ces médias pointent la violence présente dans les jeux vidéo, la communauté des joueurs préfèrent les traiter (au mieux) d'incompétents plutôt de se poser des questions sur la nature réelle de ce qui est affiché sur nos écrans.

L'opposition se fait aux média quans les média disent n'importe quoi. Quand des gens connaissant effectivement leur domaine s'expriment, comme beaucoup de psychologues ou autres, on tombe plutôt d'accord.

Par exemple, le fait pour un adulte de jouer avec une idée est plutôt contradictoire avec le passage à l'acte. Ce sont plus les gens qui refoulent, qui font un retour du refoulé et passent à l'acte. Jouer avec une idée, que ce soit en la dessinant, en la mimant (au théâtre par exemple, ou dans des jeux sexuels puisqu'on parle aussi de ça), ou par le biai du jeu vidéo, est justement quelque chose de plutôt mature et sain en fait.

Ces questions ne sont pas manichéennes mon camp/votre camp. Il n'a jamais été question de ne laisser parler du jeu que les joueurs ou les industriels vendant du jeu, il s'agit plutôt que le jeu est, comme l'a été un jour le jeu de rôle ou les "musiques de jeunes", un des serpents de mer que certains politiques et certains média utilisent pour remplir un créneau horaire et/ou se faire mousser en caricaturant la réalité. Toutes les études sur le jeu ont toujours montré qu'il n'y avait aucun lien entre violence et jeu vidéo, ce n'est pas du tout là-dessus que les gens s'opposent.

Citation :

Le 2006-11-30 22:07, Z a écrit:
En confrontant volontairement les images de Ghost Recon et de l'actualité en Irak, la ressemblance des deux images frappe. [...] Pouvons nous encore répondre à nos détacteurs qu'ils s'agit toujours de jeux innofensifs ?

Encore une fois il y a une confusion, et un jugement sur un contenu fictif non pas sur le plan de ses conséquences réelles, mais sur son propre contenu fictif.

Un jeu de guerre est inoffensif dans la mesure où il ne nuit à personne, par définition. Que la situation à l'écran soit réaliste ou non n'a rien à voir avec le côté "inoffensif" ou non du jeu.

Citation :

Le 2006-11-30 22:07, Z a écrit:
Comme je le soulignais, l'objet vidéoludique appartient à une sphère toujours perçue aujourd'hui comme lié à l'enfance (on parle de 'jeu' video).

On parle aussi de "jeu" sexuel ou de "jeux" olympiques. Un acteur "joue" sur scène ou à l'écran, que ça soit la scène de cannibalisme de Titus Andronicus ou le rôle du soldat Ryan. On "joue" en bourse ou au casino ou au loto. Etc. etc. - et rien de cela n'a à voir avec l'enfance.

Citation :

Le 2006-11-30 22:07, Z a écrit:
Bien sur que la signalitique est présente (derrière) sur la jaquette devrait aider. Mais non seulement elle est très complexe à lire (chaque pays à la sienne : 16+, M, ...)

"16+" est très complexe à lire ?!

Citation :

Le 2006-11-30 22:07, Z a écrit:
Citation :

Le 2006-11-30 02:02, Simbabbad a écrit:
Du coup je ne comprends pas trop certaines de tes remarques, notamment sur le dernier dessin. Bah oui, c'est du S&M, et alors ?

Cette partie visait simplement à indiquer que chaque culture reçoit une image d'une façon complètement différente. [...]

Citation :

Le 2006-11-30 02:02, Simbabbad a écrit:
Point de vue dégoût et malaise on peut aussi citer...

Je trouve cette partie de ton post en dehors du propos.

Le propos est de montrer que ce que tu semblais trouver caractéristique du Japon est caractéristique d'un des centres d'intérêts de l'être humain en général. La série des "Saw" n'est pas japonaise.

  Voir le site web de Simbabbad
Odysseus
Pixel planétaire

Score au grosquiz
0004305 pts.

Joue à lâcher trois poissons-ballons sur la ligne de départ.

Inscrit : Sep 15, 2002
Messages : 10891
De : ?????

Hors ligne
Posté le: 2006-11-30 23:03
Citation :
Ma référence au média était pour rappeler que à chaque fois qu'un de ces médias pointent la violence présente dans les jeux vidéo, la communauté des joueurs préfèrent les traiter (au mieux) d'incompétents plutôt de se poser des questions sur la nature réelle de ce qui est affiché sur nos écrans. J'ai développé l'idée que notre culture vidéoludique et notre historique de joueur avait tendance à nous masquer une certaine réalité. Le dernier FPS n'est qu'une version 'plus réaliste' du précédent et ainsi de suite jusqu'à revenir à Wolfenstein. Cette théorie des 'petits pas' rend moins évident la prise de conscience.
En confrontant volontairement les images de Ghost Recon et de l'actualité en Irak, la ressemblance des deux images frappe. S'il est encore possible de se persuader que Wolfenstein n'est que la repésentation informatique d'un lieu imaginaire, et donc assez éloigné de la réalité, la perception des images de Ghost Recon est différente. 10 ans après Wolfenstein, la réalité a quasiment rattrapé la fiction. Pouvons nous encore répondre à nos détacteurs qu'ils s'agit toujours de jeux innofensifs ?


Personne ici n'a jamais dit qu'il s'agissait de jeux innofensifs, bien au contraire, les joueurs les premiers en sont conscients et soulignent régulièrement la nécessité de filtrer l'accès à ce type de jeux.

Maintenant, la question de la violence blablabla, si elle est intéressante n'est pas pour autant juste. Le jeu vidéo est un moyen d'expression, de communication, d'idées, de perceptions, d'émotions, de sentiments, de tout ce qu'on veut. Quoi de plus logique que celui-ci s'inspire plus ou moins de la réalité, de la vraie vie, de celle de 90% des êtres humains qui vivent ailleurs qu'au pays des bisounours. Par ailleurs, je ne vois pas en quoi le fait qu'un jeu se rapproche plus de la dramatique réalité qu'un autre serait forcément sujet à devenir plus "intrigant".

Citation :
Je pense simplement qu'il est intéressant d'écouter les personnes extérieures au sérail quand elles nous pointent du doigt ce qui les choque. Arrêtons de répéter que tout va bien Madame la marquise (et de les traiter de fachistes au passage), et que si le contenu dérange, ce n'est pas grave, car le jeu est pour adulte.


Si nous n'écoutions pas ces gens, nous n'en parlerions ici et ailleurs.
Le problème n'est pas que certaines soulèvent des questions qui méritent que l'on s'y penche, le problème est que, jusqu'ici, tout débat était tronqué d'office puisqu'il y a toujours eu un refus d'échange d'opinions, de points de vue, du côté de ces fameux détracteurs. Quand on pose sur la table l'appel à la censure et à l'interdiction avant même d'avoir cherché à écouter ce que l'autre a à nous dire, je n'appel pas ça un débat, à plus forte raison quand, dans la majorité des cas, ce type de démarche vise avant tout à servir des intérêts personnels et/ou liés à des groupes d'intérêt pour le moins contestables vu la nature même de leurs propos/actions annexes et de leur démarche.

Citation :
Essayons un peu de sortir de notre bulle et évitons de balayer d'un revers de manche toute critique sur le contenu violent ou malsain de nos jeux. Notre vision d'adulte responsable devrait nous ammener à considérer comme légitime ce que peut ressentir un public qui n'a pas nos codes ou nos références et qui s'inquiète (probablement à juste titre) du contenu des jeux placés entre les mains de leurs enfants (et des notres).

Essayons au moins de les comprendre.


Tu sais ce qui m'inquiètes là-dedans ? C'est de savoir des parents aussi irresponsables.
Tiens, encore récemment, à la FNAC, et tandis qu'une borne de Gears of War tournait à plein régime, je suis tombé nez à nez avec une mère et son fils de cinq ans qui ont tous deux passé près de dix minutes devant ce jeu. Ben ça, vois-tu, ça mériterait de se poser bien des questions quant aux compétences de cette mère...

Fraudrait voir à arrêter deux minutes de poser la question de l'accès à des contenus non-appropriés aux plus jeunes sous la forme d'une constante responsabilité des media concernés et de leurs utilisateurs.
Qu'un gosse utilise l'Internet, regarde la télé, écoute la radio, tout ça sans la présence d'un adulte, c'est là tout le coeur du problème ici posé. Et détourner la question vers les media eux-mêmes, c'est surtout le meilleur moyen pour déresponsabiliser encore un peu plus les parents face aux rôles qu'ils doivent jouer, dont celui de garde-fou variable en fonction des âges et contextes.

Egalement, et contrairement à ce qu'affirment certains discours, les gamins sont loin d'être stupides, ils savent généralement, malgré leur jeune âge, faire la différence assez manichéenne entre ce qui est bon et mauvais, juste et injuste, le fait que l'on fasse régulièrement appel à leur "innocence" pour illustrer certaines idées en est un bon exemple. Mais, là aussi, ces notions sont majoritairement héritées de l'éducation qu'ils ont reçu de leurs parents et des adultes qui les entourent.
_________________

"Il n'est pas de lutte plus violente et déterminée que celle d'un homme face à son envie d'aller aux toilettes" - Karate Boy


Thezis
Pixel visible depuis la Lune



Joue à Far Cry 3

Inscrit : Jul 19, 2002
Messages : 8907
De : Bruxelles

Hors ligne
Posté le: 2006-12-01 00:30
Tout cela ressemble à une superbe Grodito, bien écrit et bien argumenté. Bien vu Z!
_________________

Dans la vie, il y a 3 catégorie des personnes : ceux qui savent compter et ceux qui ne savent pas compter. (Anonyme)

Image


  Voir le site web de Thezis
Shane Fenton
Tout petit pixel



Inscrit : Jun 06, 2006
Messages : 37

Hors ligne
Posté le: 2006-12-01 00:40
Alors, le topic est très intéressant, et Z a soulevé (avec parfois une légère maladresse) beaucoup de points sensibles (j'écris ce mail un peu à l'arrache, donc je m'excuse par avance pour les passages un peu confus) :

Le premier : certains éditeurs ont beaucoup usé et abusé de la provocation racoleuse : des niveaux cachés de Doom 2 au "scandale Hot Coffee" (tu parles d'un scandale : même le film de cul du dimanche soir bande moins mou, et ce n'est pourtant pas une référence), en passant par Postal 2[i], [i]Manhunt... et la politique marketing du distributeur italien de Rule of the Rose qui, si elle n'a pas déclenché le scandale, a tout de même posé la mèche allumée plus tard par ce torchon berlusconien qu'est Panorama (voir ici pour les dessous de l'affaire). La question de l'attitude des joueurs et des créateurs de jeux face à ce racolage se pose. Par exemple, dans le cas du jeu "Office Massacre" (devenu "Office Zombies"), le fondateur de Bethesda Softworks n'a pas hésité à taper du poing.

Le deuxième : beaucoup de joueurs connaissent très mal les détracteurs de leur loisir (ou d'une partie de leur loisir), c'est un fait. Certains ont aussi tendance à rejeter systématiquement les critiques qui proviennent de certains milieux (médias généralistes et psys en particulier). Peut-on les blamer ? Cela doit faire 15 ans que les reportages sensationnalistes et mensongers se sont multipliés (cf. l'épilepsie, les "Nintendo zombies", Littleton, les 147 suicides à la silicone, et maintenant Rule of the Rose), et à chaque fois, c'est en toute impunité. Cela dit, on a beau connaître vaguement les accusations principales (trop de violence, ça rend débile, etc...), je pense qu'on ne connaît pas assez les arguments précis et les personnes précises. Cela nous épargnerait bien des tracas.

Par exemple, à partir de quand avez-vous entendu parler de Jack Thompson ? Moi, je ne le connais que depuis l'année dernière. Et pourtant, ça fait depuis 1999 qu'il sévit, avec les actions en justice qu'il a intentées contre l'industrie du jeu après les tueries de Paducah et Littleton. Et Dave Grossman ? Pareil, je ne le connais que depuis l'an dernier, alors que ça fait 10 ans qu'il est sur le sujet. Pour tout vous dire, je ne me suis intéressé aux détracteurs des jeux vidéo (ou de certains d'entre eux) que depuis le début de l'année. Et c'était dommage, parce que certaines critiques auraient pu être anticipées bien plus tôt avant qu'elles ne nous explosent à la figure.

Donc, je suis d'accord qu'il faut s'écarter de tout systématisme. Ce n'est pas parce que les médias généralistes font un reportage sur les jeux vidéo qu'il va être systématiquement de la désinformation. Ce n'est pas parce qu'un psy s'exprime sur les jeux qu'il va forcément raconter n'importe quoi. Et ce n'est pas parce qu'une critique est faite contre un jeu, contre un style de jeux ou contre la violence qu'il y a dedans, que c'est forcément un adversaire du jeu vidéo. Chaque argument, chaque critique, chaque reportage... mérite d'être décortiqué avec attention. Cela dit, il faut aussi se rappeler pourquoi il y a une telle animosité vis-à-vis de ces critiques, et rappeler aux "personnes extérieures" que la désinformation est restée impunie depuis trop longtemps.

Laurent
Commissaire apolitique


Joue à Death's Door

Inscrit : Mar 06, 2002
Messages : 22907
De : Borgo, là où y a la fibre.

Hors ligne
Posté le: 2006-12-01 08:50
Je suis partagé entre l'idée que les joueurs sont, pour une grosse partie d'entre eux, tellement stupides dès qu'il est question de l'objet de leur passion qu'ils ne méritent pas forcément qu'on dialogue avec eux, et celle que les psys et politiques qui pronent la réglementation de l'accès aux jeux vidéo ne savent pas de quoi ils parlent. On a là un beau dialogue de sourds, avec en toile de fond un univers, les jeux vidéo, ceux qui les font et ceux qui les vendent, ultra-libéral. Le tableau n'est pas reluisant, et il ne faut pas s'attendre à ce que tout ça débouche rapidement sur quelque chose qui fonctionne bien.

A ceux qui se demandent pourquoi il y a toujours des gamins seuls dans les Micromania qui jouent à Dead Rising sur les bornes de démo, voici l'explication, qui m'a été donnée par un vendeur dans une de ces boutiques cet été : en fait les parents utilisent la boutique comme une garderie improvisée : ils font leurs courses et, pour être tranquilles, laissent leur enfant là pendant ce temps (sans rien en dire au personnel qui travaille là), sachant que les jeux vidéo exercent un tel pouvoir d'attraction sur lui qu'il ne s'éloignera pas. Apparemment ça arrive très souvent, pour ne pas dire tous les jours. Si le vendeur expulsait le gamin comme on s'est tous fait quelques fois lourder d'une salle d'arcade parce qu'on n'avait pas 16 ans, il prendrait un très gros risque.


_________________

Image


  Voir le site web de Laurent
rouxman
Pixel digne de ce nom



Inscrit : May 01, 2002
Messages : 166
De : la Lune

Hors ligne
Posté le: 2006-12-01 09:39
Toutes les bornes de démonstration ne présentent pas des Marines et des Aliens assoifés de sang. Le rôle des vendeurs n'est-il pas aussi de veiller à cela ? Il doit bien y avoir quelques bornes avec Donkey Konga qui tournent...

Simbabbad
Pixel planétaire

Score au grosquiz
0000684 pts.

Inscrit : Feb 28, 2006
Messages : 10908

Hors ligne
Posté le: 2006-12-01 09:56
Personnellement je ne trouve pas que la situation "ne soit pas reluisante".

A part quelques coups d'éclats ponctuels ou quelques provocations, les organismes qui "notent" les jeux font leur travail, les éditeurs font leur travail, le justice fait son travail (récemment une loi "anti-jeu" violent a été jugée inconstitutionnelle aux USA, et comme je l'avais prévu l'affaire Rule of Rose s'est bien finie, le texte n'ayant pas été voté), les psychologues sérieux font leur travail, les média sérieux font leur travail (les articles de fond du Monde ou de chaînes de radio traitant du sujet ont été bien reçus ici), et la plupart des associations font leur travail (Jack Thomson s'est fait virer des associations dont il était membre à cause de son comportement).

On n'est pas dans une situation "pire" de celle d'autres média comme les films ou la TV (je trouve que le jeu est bien plus clair en fait), la variété, ou Internet en général, ou même certaines expositions artistiques. Le jeu contrôle beaucoup plus son contenu que tous ces média/supports (chanson violente passant à la radio, émission violente passant à la TV, site "hard" accessible sur ordinateur alors que le jeu n'atterrit pas dans la console par accident) ; et ce que l'on peut voir sur n'importe quel jeu légal est de la petite bière comparé à énormément de films ou séries (Saw par exemple ou les Freddy qui passent souvent à la TV), d'appels à la violence directs de certaines chansons, d'illustrations qu'un enfant peut feuilleter en librairie (ne serait-ce que des toiles de Bacon ou Jérôme Boch ou Giger à Maxi Livre), de livres (qui peuvent atteindre des sommets), et à une pelletée de sites Internet ou vidéos en ligne accessibles à tous (y compris des membres sectionnés suite à des accidents, il paraît que ça fait rire les gars du boulot).

Ce qui ne veut pas dire que tout est parfait, je pense qu'un vendeur qui sait qu'un jeu est pour un enfant qui n'a pas l'âge doit pouvoir légalement dire "non", et que certaines bornes de jeu ne doivent pas être accessibles aux enfants (mais du coup il ne fait pas mettre que des jeux violents en borne). Mais sinon, les dérapages comme l'affaire Hot Coffee sont sanctionnés, il y a toujours des consoles majoritairement familiales qui sont en ce moment plébicitées, peut-être en réaction face à un certain goût de la violence gratuite (et ça avait l'air de te gêner, Laurent)...

Je ne comprends pas trop cette auto-flagellation.

  Voir le site web de Simbabbad
Lyle
Camarade grospixelien



Inscrit : Mar 12, 2002
Messages : 3722

Hors ligne
Posté le: 2006-12-01 10:52
Citation :

Le 2006-12-01 08:50, Laurent a écrit:
Si le vendeur expulsait le gamin comme on s'est tous fait quelques fois lourder d'une salle d'arcade parce qu'on n'avait pas 16 ans, il prendrait un très gros risque.


Argument typique d'un vendeur : je fais croire que j'ai pas le choix, que j'ai même la corde au cou. Comme s'il devenait légalement responsable d'un gamin dès que les parents l'abandonnaient dans un magasin.

Je sais bien qu'à l'époque de nos salles d'arcade, le monde était pas encore aussi judiciarisé qu'aujourd'hui (la preuve, on arrivait quand même à rentrer à moins de 16 ans ), mais quand même la couleuvre est un peu grosse.

  Voir le site web de Lyle

Index du Forum » » Discussions & Débats » » Quand j'entends le mot culture, je sors mon Light Phaser

27 messages • page
12




Forum www.grospixels.com (© 2011-2019 Grospixels)