Dimanche après midi, j'émerge après la soirée d'hier, et j'ai eu le temps de prendre un peu de recul. Mais je tiens quand même à en faire profiter les parisiens adeptes de salles de réseau.
Samedi soir donc, je retrouve deux amis avec qui j'ai longtemps joué à Counter en salle. Ca doit bien faire un an qu'on n'y a pas touché. Sachant que la plupart des vieilles salles ont mis la clé sous la porte, et étant dans le quartier du Panthéon, on se dirige vers une officine ouverte 24/24, 7/7. Là, on explique au caissier qu'on voudrait faire une partie de Counter. Le type nous écoute, et très sympa nous explique qu'il n'a quasiment aucun joueur. Il nous conseille donc gentiment d'aller voir une deuxième salle de la même enseigne sise à coté du Bld St Germain. On le remercie et on part à pieds. Il est 00h45.
Quelques minutes plus tard, l'envie de jouer à Counter est toujours là, le fait de se retrouver nous fait bien plaisir. Bref on est plutôt détendus et content d'être ensemble. On arrive devant la deuxième salle, ou le caissier a du mal à lacher sa GBA pour nous répondre. Lorsqu 'on lui demande si on peut jouer à Counter, il nous dit que la salle a été entièrement réservée par des joueurs. Donc il peut pas désolé. Il reprend sa GBA et nous plante devant la caisse. Nous, toujours détendus, on lui explique qu'on vient de la salle du Panthéon, ou un gars sympa nous a conseillé de venir ici pour jouer. Le gars ne nous répond pas. Je lui demande si il y a d'autres salles dans le quartier avec - éventuellement de la place (ca fait un an qu'on n'a pas mis les pieds dans une salle, je reprécise), le type lève les yeux de sa GBA et me lache,
- Ouais peut être à la grande salle à Chatelet.
Et se remet à son jeu.
Je déchiffre ce qu'il veut me dire, je vois un prospectus sur le bureau avec - Ô miracle - les différentes salles de l'enseigne et leurs adresses. Je regarde vers Chatelet, j'en trouve une, et je lui demande si c'est bien de celle ci dont il me parle. Un grognement, ouais. Toujours détendus (on est vraiment content de se retrouver), on décide de partir sur Chatelet. Il est 1h10. Juste devant la salle un échange avec un joueur de Dark Age of Camelot, très sympa. On papote rapidement.
On reprend ma caisse, on traverse la seine, on se gare, et on trouve finalement la salle Bld Sebastopol. Il est 1h40.
Sur la devanture, on voit qu'il y a 250 pc. On se dit, bon, on est arrivé au bon endroit, on va pouvoir jouer.
On rentre, et la le caissier n'est pas avec sa GBA, mais avec son téléphone portable. On arrive au guichet, le type garde son portable à l'oreille et nous demande ce qu'on veut. Je prends la parole, lui demande si il est possible de jouer à Counter. Il me dit pas de problèmes, j'ai pas mal de joueurs et de la place libre (sourires chez nous, ca devient bon). Je lui demande comment ca se passe. Il m'explique qu'il faut régler d'avance. On prend chacun 2h, histoire de démarrer, un de mes potes règle le tout - 18 euros - on nous remet un ticket avec un login etc. Le mec recommence à parler à son téléphone. Je l'interrompts, je lui demande ou on peut aller pour jouer (sachant que la salle est immense, et que les PC internet ne servent pas à jouer et inversement). Le gars me répond en bas.
On descend, on voit les joueurs, on cherche des pc de libre, pas mal en panne apparemment. On en trouve 3, on s'installe. On se log, et la ca ne marche pas. On change de PC, tous les 3, les 3 nouveaux ne marchent pas. Je me dis, bon il y a peut etre une manip que je ne fais pas bien. Je remonte voir le caissier. Il me regarde avec son téléphone, je lui explique en deux mots, et la il me dit :
- faut voir ca avec mon collegue avec le t-shirt bleu.
et il se retourne pour continuer sa conversation. Je balaye rapidement la salle des yeux, je ne trouve personne qui ne corresponde à la description, je lui demande.
- à partir de maintenant, je vais faire plus bref.
Il m'appelle son collègue, qui me dit d'aller au
rez de chaussée. On y va. Ca marche. Mais impossible de rejoindre les serveurs Lan. Soit mot de passe, soit un probleme sur nos pc qui fait qu'on ne peux les rejoindre. Plein de bonne volonté, on crée un serveur en se disant que peut etre des joueurs viendront. On ne peut pas créer de serveur à partir de nos postes. On remonte. Le caissier en a visiblement marre et ne se cache pas de nous le montrer. Il appelle un vigile pour garder la caisse, il nous emmene nous placer encore ailleurs (pour la 3e fois donc, ca fait 15' qu'on est dans la salle, et vu qu'on a réussi à se logger une fois, le compteur tourne déja).
On trouve 3 nouveaux postes, on se relogge, on voit qu'on a déjà perdu 10 bonnes minutes de jeu. Et pareil, impossible ni de rejoindre un serveur ni dans créer un.
A ce moment , on commence à en avoir marre. Mais on n'est pas énervé. On se dit juste, bon tant pis, on lache l'affaire de Counter, on va se prendre un verre. Je retourne donc voir le caissier, toujours avec son téléphone depuis tout à l'heure, je lui explique que pour la 3e fois ca ne marche pas, mais que ce n'est pas grave, on veut bien se faire rembourser et partir.
Et la le ton monte. Le caissier :
- Non, ce n'est pas possible. Je viens voir. Il rappelle le vigile, part devans nous assez énervé. Trouve 3 nouveaux postes (!) se log, commence a chercher un serveur internet (!), finalement crée un serveur sur un poste. Ca marche. On lui explique qu'a la base on est venu pour jouer avec du monde, que du coup si c'est pour jouer à trois, c'est déjà nettement moins interessant. Je lui dit ca sur un ton calme, le caissier me reponds qu'on a qu'a commencer comme ca, et que de toutes manières il y aura "certainement" des joueurs qui nous rejoindront en cours de route (il nous reste a ce moment la 1h45 de jeu).
Et finalement, le deuxieme poste plante, et le premier dans la foulée....
Le gars repart, sans rien nous dire. On le suit. Un de mes copains commence à s'énerver tout seul, à me dire, bon on part. Je le calme, lui rappelle qu'il a payé 18 euros. Je vais voir le caissier, qui appelle le vigile, qui appelle le collègue qui est en fait le responsable. Je leur demande poliment de nous rembourser les 18 euros, vu qu'on ne peut pas jouer. On me réponds non. Je commence à en avoir marre que l'on nous prenne de haut, j'explique donc calmement (je suis d'un naturel calme) que puisqu'on a payé pour une prestation, prestation que la salle est dans l'impossibilité de nous fournir, on doit donc se faire rembourser. Le caissier me dit non, ce n'est pas possible, le vigile se tient quand même à approximativement 50 cm sur ma gauche. De nouveaux clients rentrent, le caissier fait mine de les servir, je l'interpelle à nouveau, en lui demandant à nouveau de nous rembourser, puisque on ne peut pas jouer. Je sens le vigile se rapprocher. Mon pote qui n'a trop rien dit commence à élever le ton. Je cherche à le calmer d'un regard, sans succès. Et la le ton monte. Mon pote énervé demande a ce qu'on lui rembourse ses 18 euros, le collègue du caissier commence à s'échauffer, je sens le vigile à coté de moi. Le pote part de la salle avec le troisième pote, énervé de s'être fait endormir 18 euros. Et moi je me retrouve tout seul dans la salle avec les trois gars en face de moi, enervés. Je retourne vers eux, leur explique calmement à nouveau que puisque la prestation n'est pas assurée, on doit être remboursé. Finalement, on nous "autorise" a aller dans la salle VIP. Je demande ce qu'ils comptent faire pour les 15 minutes qu'on a perdu. Ils me répondent "rien, on ne peut rien faire".
Donc finalement, je suis allé chercher le pote dans la rue, je l'ai raisonné, lui ai expliqué qu'il valait mieux perdre 15 minutes que 18 euros, et finalement on a joué une grosse heure et demie.
Bilan : le lendemain, on ne garde qu'un bon souvenir de la soirée counter (grace a ce qu'il y avait avant et après, mais également parce qu'on est d'un naturel plutot calme et conciliants).
Finalement on a pu jouer, mais après s'etre fait trimballer dans 3 salles, s'etre fait prendre de haut par tout le personnel de la salle, avoir eu l'impression d'être des gamins à qui on essaye de piquer son argent de poche (ah ben non, vous avez payé c'est trop tard maintenant), et surtout avoir eu l'impression d'être dans un bouquin de Kafka.
Moralité, plus de salles de réseau pour nous. La prochaine fois qu'on voudra un peu de counter, on se contentera de nos pc, et on se chambrera par telephone interposés.