J'ai vu Hot Fuzz.
Simon Pegg et ses potes sont vraiment des valeurs sûres du cinéma de genre intelligent, pas de doute là-dessus. Et on ne sait jamais à quoi ils vont s'attaquer pour leur prochain film (ils ont déclaré à Mad Movies que la vie était trop courte pour tout ce qu'ils veulent faire à raison d'une production tous les 3 ans, et donc que tous leurs films resteraient sans suite). Hot Fuzz m'a régalé d'un bout à l'autre par tout ce qu'il a d'anglais : ambiance à la "Inspecteur Barnaby" dans la première partie, humour permanent et finement dosé (sans décalage flagrant), bière à foison, dialogues bavards et bien écrits, comédiens exceptionnels (sacré Timothy Dalton qui se bonifie avec les années)... on a là bien plus de substance que dans un actioner hollywoodien. Et le final, bien qu'un poil trop hystérique (à force de citer Michael Bay on finit par filmer comme lui), est à mourir de rire. La charge des caddies, en particulier : quel grand moment !.
Ca fait plaisir également de voir que malgré les moyens considérables dont ils ont profité, les auteurs du film ne se sont pas déconcentrés de l'essentiel : écrire un bon scénar. Celui-ci est brillant car bourré de détails marrants et de personnages mémorables qui finissent tous par avoir une utilité. Aucun déchet, aucune improvisation, aucun gag recyclé d'un autre support... cette fois ce sont les comédies populaires françaises récentes qui se font laminer par ce film.
Ceci-dit et malgré toute la virtuosité de ce film, je préfère Shaun of the Dead. Ce dernier contenait en plus de sa cinéphilie un propos qui fait défaut à Hot Fuzz. Les personnages y étaient nettement plus attachants (en parallèle du duo Pegg-Frost efficace dans les deux cas, la love-story en danger du personnage principal était très touchante), et on sentait que les auteurs faisaient références à des situations vécues ou réellement observées. Dans Hot Fuzz tout est un peu écrasé par la volonté de délirer en citant un maximum de films d'action célèbres (à ce propos, bravo pour le clin d'oeil à French Connection

). La satire des petits villages anglais qu'on devine au départ se termine dans le n'importe quoi absolu, alors que dans Shaun le "sous-texte" était développé du premier au dernier plan.
Mais je chipote un peu car il s'agit d'un des meilleurs films de l'année quoi qu'il en soit, et je suis déjà impatient de la suite des opérations.
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