Ce qui pour moi différencie les deux dernières générations (DC/PS2/XBOX/GC et PS3/360/Wii) des précédentes, c'est le fait qu'elles n'ont pas complètement recouvertes les générations précédentes.
Je m'explique.
Si on suit un cheminement intial qui a été à peu près le suivant :
Atari --> Ordi 8 Bit --> NES/MasterSystem --> NEC/Megradrive/SNES --> Saturn/PS1/N64
on peut constater que chaque génération a su eclipser la précédente. Prenons des exemples comme le Shoot, les jeux de voitures ou les jeux de plateforme. Ces trois genres sont présents depuis le début (
Pole Position /
Space Invaders / Pitfall) et sont arrivés à la dernière génération (
Sega Rally / Radian Silvergun) en renouvellant à chaque fois le genre et en l'améliorant constamment (via Monaco Grand Prix, Thunder Force III ou Revenge of
Shinobi). Difficile de retourner vers un
Space Invaders ou un
Pole Position quand on a pu goûter aux évolutions successives du genre. De plus, toute cette évolution s'est faite sans perte des composants ajoutés au fur et à mesure.
Le passage de la Génération X à la génération X+1 a été vécu comme un passage de témoin, avec la conservation des acquis précédents.
Aujourd'hui, les générations actuelles ont su développer de nouveaux styles de jeux (FPS...) mais n'ont pas fondamentalement remplacés les jeux que nous aimions auparavant. L'abandon de la 2D, des Shoots, de jeux de plateforme (genre Aladin) est en cela marquant d'un certain attachement que l'on porte toujours aux générations précédentes.
Envie d'un shoot ? La Saturn (ou la NEC) reste la référence. Envie d'exploser des chronos en Rallye ?
Sega Rally, qui a pourtant plus de 10 ans, remplit encore merveilleusement son rôle. Les générations précédentes nous suffisent.
Ce n'est pas tant que les deux dernières générations n'ont rien inventés (loin s'en faut), mais elles se posent plus en complément dans un paysage vidéo ludique qui a pris une nouvelle direction (de la 3D exclusivement, miser sur des licenses, maximiser les suites, dépendre du marketting et des études de marché, favoriser les baston/course de voiture/FPS/jeu de foot). Personne ne prendra le risque de refaire un Out of The World puissance 10 ou un Aladin car cela ne se vendrait pas.
Or à force de miser sur une sur-enchère permanente, les budgets de réalisation et de marketing explosent et cela implique à la fois une minimisation des risques (autant refaire ce qui a déjà bien marché) mais aussi une complexité des produits (fini les jeux d'arcade jetables, bienvenu aux softs avec tutorial suivi de 60 heures de missions et avec 300 réglages possibles sur la voiture).
En restant un peu accroché aux générations précédentes, c'est aussi à tous ces genres que l'on reste fidèle.
Olivier