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Index du Forum » » Discussions & Débats » » J'ai trouvé !! C'est la poésie
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Auteur J'ai trouvé !! C'est la poésie
Laurent
Commissaire apolitique


Joue à Death's Door

Inscrit : Mar 06, 2002
Messages : 22907
De : Borgo, là où y a la fibre.

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Posté le: 2003-04-03 21:01
Poésie : Art visant à exprimer ou suggérer quelques chose par le rythme et l'harmonie du langage ou de l'image.

Oui, c'est la poésie qui nous fait planer dans un jeu vidéo. Je me suis fait cette réflexion cet après-midi en jouant à Shenmue 2, pendant une scène du CD3 qui se passe dans un orphelinat.

Ryo se trouve dans une salle de jeu peuplée de petits enfants. Va savoir pourquoi, alors que je suis plutôt pressé de finir le jeu vu que j'ai l'achat d'une XBox sur le feu, voilà qu'apaisé par la tranquillité de cet instant, bercé par une des plus jolies musiques que j'ai entendues dans ce jeu pour l'instant, je m'attarde (alors que ma destinée vengeresse m'attend déjà de l'autre côté de la ville), faisant des zooms sur les différents objets de la pièce. Je fonds comme de la vache-qui-rit au micro-ondes devant le nounours négligeamment posé sur un lit, et je reste quelques instants à regarder les petits enfants très calmes qui ne braillent pas, n'ont pas d'otite ou de bronchite, ne me demandent pas de leur acheter un Pokemon, ne se battent pas, ne font pas de caprice et ne cassent rien. Restant quelques instant les yeux fixés sur une petite fille, après quelques secondes celle-ci se retourne vers moi et me fait "coucou" de la main.

Ca ne sert à rien, ça ne fait pas avancer le scénar, mais ce genre de moments fait toute la magie de ce jeu. Pourquoi ?
Parce que c'est POETIQUE. Ce n'est pas REALISTE, ni INTERACTIF, ni IMMERSIF, ni AMUSANT et certes pas ADDICTIF comme on dit dans les magazines qui inventent des mots, c'est tout simplement POETIQUE.

Voilà ce qui nous rend dingue des jeux vidéo. Ce n'est pas affaire de 2d ou de 3d, de qualité technique, de précalculé ou de temps réel, de pad ou de souris, de réalisme ou d'abstraction. C'est la poésie qui fait qu'un jeu vidéo laisse une trace dans votre mémoire en dépit de tous ses éventuels défauts. Shenmue 1 et 2 en regorgent. Que l'on prenne le temps d'en profiter ou pas on est obligé de la ressentir tant elle y est omniprésente. Les jeux d'aventure Lucas Arts en sont bourrés aussi, de même que Super Mario World ou Booga-boo the Flea, célèbre jeu sur Spectrum dans lequel on incarnait une puce incapable de faire autre chose que sauter.

Je me demande si ce n'est donc pas cette poésie qui rend celui qui la perçoit même inconsciemment capable d'apprécier des jeux de toutes les époques, de tous les pays et sur toutes les machines (sauf la PS2 dont la poésie est très surestimée )

J'aimerais vos opinions de poètes sur la question, histoire de relancer ce forum où l'on s'ennuie ferme depuis quelques jours.

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CHAZumaru
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Inscrit : Mar 17, 2003
Messages : 3098

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Posté le: 2003-04-03 21:18
(Je vois que tu avances dans l'histoire ^^ le 3ème CD n'est-il pas fabuleux ? En matière de poésie tu aurais beaucoup plus à dire finalement après avoir fini le jeu parce que... enfin bon tu verras ^^)

Je pense qu'il y a une "erreur" dans ce que tu dis. Ce n'est pas forcément la poésie qui nous fait planer. Je pense que tout dépend de chacun. Effectivemment moi aussi j'adore *contempler*, qui je crois est un terme-clef pour assimiler l'idée de poésie dans un jeu. Mais certains rechrechent d'autres sensations au travers d'un jeu, et non forcément la poésie.

Cependant j'aime beaucoup ton idée de mettre en déroute les idées de "réalisme, interactivité, immersion" qui sont pourtant fondamentaux dans le concept même de Shenmue, alors que finalement effectivemment ceux qui l'adorent l'adorent d'abord pour cette poésie...

Je me demande si finalement toute cette volonté de rendre les jeux et leurs univers si réalistes n'a pas pour réflexe de renvoyer l'homme à la poursuite d'une évasion mentale à l'intérieur du jeu (cette possibilité d'apprécier des détails insignifiants et simplement beaux) comme il le fait dans sa vie, alors que c'est le réalisme du jeu qui devait nous servir d'échapatoire dans notre vie.

En cherchant à nous imposer une 'réalité' virtuelle, le jeu développe finalement chez nous les mêmes réflexes nous permettant d'échapper à ce cloisonnement dans la vie. Come si la réalité, même simulée, ne pouvait contenir l'esprit.

J'aimerais savoir ce que des lunatiques et des mythomanes (je parle ici de malades à un niveau clinique, qui ne peuvent clairement pas différencier leurs fantasmes de la réalité) éprouvent devant ce genre de jeux...

(bon sang Laurent tu es un homme chanceux de pouvoir faire Shenmue II pour la première fois)
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Bruno
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Inscrit : Mar 09, 2002
Messages : 9454
De : ???

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Posté le: 2003-04-03 21:42
Poésie, voila un mot qui revient souvent dans mes articles

Phyl
1er Secrétaire


Inscrit : Mar 05, 2002
Messages : 5127
De : Haut-débit Land

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Posté le: 2003-04-03 23:20
Citation :
Poésie : Art visant à exprimer ou suggérer quelques chose par le rythme et l'harmonie du langage ou de l'image.


Je suppose que tu as pris la définition du Larousse, ton livre de chevet?
A vrai dire, je suis assez d'accord avec toi Laurent, c'est juste cette définition qui me chagrine un peu: pour moi, la poésie, c'est aussi l'art de surprendre par la beauté. Pour un texte poétique, c'est justement là que se situe l'interêt, non seulement le contenu est toujours riche, mais aussi le moyen (j'ai dit MOYEN, pas média Pierre, que j'entends déja cavaler au fond du couloir avec sa grosse valise plein de neologismes ) de les transmettre; J'ai toujours été secoué par des textes comme 'Le bateau ivre' de Rimbaud dont la rigueur technique n'a d'égal que la richesse d'un contenu qui déchaîne l'imagination. Autre exemple, je fais ce métier de contrôleur aérien depuis plus de 10 ans, et je ne me lasse jamais d'un coucher de soleil vu depuis la Tour.. C'est pourtant simple et naturel, mais je suis à chaque fois surpris par l'intensité et la nature des couleurs qui se déploient dans le ciel durant ces quelques instants...
Tout ça pour dire que dans un jeu vidéo, de mon point de vue, la poésie que l'on peut ressentir vient essentiellement des (bonnes) surprises qui nous y attendent...

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Laurent
Commissaire apolitique


Joue à Death's Door

Inscrit : Mar 06, 2002
Messages : 22907
De : Borgo, là où y a la fibre.

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Posté le: 2003-04-03 23:38
Justement, les instants poétique sont toujours surprenants dans Shenmue, car ils ne vont pas dans le sens du jeu tel que la trame simpliste initiale du scénario le définit.

J'ai aussi remarqué que les bienfaits de ce jeu agissent à posteriori. Le 3e CD est celui où les évènements vont crescendo. Les cinématiques, QTE et phases de poursuite y sont nombreuses, ce qui rompt avec les deux premiers faits essentiellement d'exploration et de contact. Ces deux premiers CD ne m'ont pas convaincu sur le coup, je les ai trouvés un peu longs (la ville est immense, les renvois d'indice en indice sont un peu lassants à la longue, certaines scènes sont totalement inutiles, comme cette partie de fléchettes avec un loubard). Pourtant, maintenant qu'ils sont derrière, je me rends compte qu'ils ont été l'occasion de mille et une découvertes.

C'est aussi ça la poésie, je pense. Elle s'insinue en nous et nous permet de magnifier le souvenir d'un bateau ivre qu'on a peut-être trouvé pesant lorsque notre prof de français nous obligeait à en faire l'étude rhétorique. Une fois l'oeuvre digérée, des bribes restent en nous (personnellement je suis plutôt amateur du "dormeur du val").

La découverte de Shenmue est précieuse, j'en suis conscient Chazumaru. Mais son souvenir l'est peut-être encore plus.

(NB : A Bastia on ne voit pas le coucher de soleil à cause des reliefs à l'ouest, mais on admire le lever sur l'île d'Elbe)
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CHAZumaru
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Inscrit : Mar 17, 2003
Messages : 3098

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Posté le: 2003-04-03 23:44
Ce qui est étonnant, rassurant et passionnant, c'est que bien que visiblement Laurent, Phyl et moi-même soyons tous trois énorméments sensibles à la poésie que peut dégager une oeuvre, nous le sommes visiblement pour des raisons légèrement différentes (disons plutôt "décalées") :
Laurent se plait dans la poésie pour sa contemplation et le bien-être de la situation, Phyl pour l'effet innatendu de cette situation et moi-même pour le côté évasion de la réalité (je simplifie, bien sûr).

Je ne sais pas pour vous, mais étonnament cela correspond tout à fait à mon caractère "général".

On se doute que la façon de jouer trahit le joueur. Mais un jeu peut-il en arriver à dévoiler son joueur simplement de par la manière dont il est vécu ?

Bigre c'est passionnant ^___^ !

Carl
Membre du Soviet Suprême


Joue à Indy

Inscrit : Mar 06, 2002
Messages : 4986
De : Bougarber (64)

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Posté le: 2003-04-04 01:44
Edit : Off Topic désolé

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Pierre
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Inscrit : Apr 01, 2002
Messages : 2862
De : Paris

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Posté le: 2003-04-04 10:28
Beuh Phyl, si tu fais allusion à mon utilisation constante du mot "médium", pour moi il s'agit d'une version plus large, plus générale de "média" ou de "moyen d'expression" qui est débarrassée de toutes les connotations étriquées qui sont associées à ces deux mots (information, communication, message...). Donc pour moi "médium" est un terme qui définit un support spécifique dont on peut faire mille choses. Ex : "Le jeu vidéo, le cinéma, le livre sont des médiums qu'on peut utiliser de mille façons différentes"

Bien sûr, ça rejoint notre sujet. On peut aussi bien se saisir du jeu vidéo pour faire un objet purement ludique comme Pong que pour élaborer des expériences totales, des jeux-univers sollicitant la vue et l'ouïe (et aussi, sporadiquement, le toucher), des jeux à la mécanique sophistiquée, à la cohérence interne sidérante, jalonnés de moments de poésie pure, comme Rez, Ico, les trois derniers Zelda ou les Shenmue.

L'incarnation progressive d'un monde décharné auquel se greffent de nouvelles couches de son et d'image, des idées visuelles à la fois chargées de sens et ultra-sensuelles, je crois que c'est là la poésie de Rez. La pureté esthétique, l'élégance et la simplicité d'une interface et d'une animation qui modélisent sublimement les rapports entre le personnage du joueur et la fille qu'il doit protéger, l'aspect allusif du scénario, c'est là la poésie d'Ico. Quant aux trois derniers Zelda et aux Shenmue, ils créent des mondes habités, vivants, traversés par les pulsations du réel (le temps qui passe notamment), qui nous touchent parce qu'ils reprennent, poétisent et amplifient des choses qui constituent notre quotidien.

Personnellement j'aurais une préférence pour les Zelda à cet égard, car ils ne se déroulent pas dans un contexte aussi précis, réaliste et étroit que le Japon de 86 mis en scène par Shenmue, et peuvent donc se permettre de partir en roue libre (SPOILERS : Link qui combat son double dans une pièce sans limites apparentes du château de l'eau dans Ocarina of time, la lune expressive qui annonce l'apocalypse ou le château qui change de sens dans Majora's Mask, et j'en passe des milliards).
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Chando
Pixel digne de ce nom



Inscrit : Jan 24, 2003
Messages : 108
De : dans une bouteille de Salon 1985

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Posté le: 2003-04-04 10:52
Ce topic est plus qu'intéressant. Mais il contient aussi plus de choses que ce que l'on croit de prime abord.

Tout le monde réagit à des circonstances extérieures au niveau des affects. Dans le cas des loisirs, et entendons nous d'abord sur ce mot qui ne signifie rien d'autre à mon avis que toutes les activités que nous accomplissons dans un cadre non alimentaire ou de stricte survie, l'art joue un grand rôle. Il peut révétir deux formes qui nous touchent : la création ou la contemplation.
Dans le cas des jeux vidéo, sauf à créer soi-même un soft, il s'agit essentiellement de contemplation.
La première remarque qui vient à l'esprit quand on analyse un JV est souvent de l'ordre de l'esthétique, sauf quelques cas comme Civilization ou Tétris. Nous entrons alors dans une question métaphysique qu'il n'est pas nécessaire de développer ici : qu'est-ce que le beau ? Je pense que chacun ici à sa propre opinion. En tant qu'être civilisés, dont le sur-moi induit une logique de recherche du beau dans pratiquement toutes les activités, nous analysons les JV avec cette même recherche. Un JV est une création plurielle, car elle se situe également sur un pur côté plastique ( que l'on peut réduire à graphique essentiellement ), mais également bien sûr musical. Certains jeux font également appel à la réthorique. la logique, l'arithmétique en sont parfois absent, mais quelques jeux l'intègrent également ( RPG, aventure..).
Vous voyez où je veux en venir.
Les grecs avaient déjà définis ce concept des arts dits "libéraux", c'est à dire libérateurs. Libérateurs du " çà " en tout cas.
Jouer à un grand jeu vidéo n'est donc rien d'autre qu'une pression du "sur-moi" destinée à libérer le "moi" du "çà".
Et bien évidemment la poésie en est donc une partie essentielle. Jouer à un JV n'est pas une activité vitale. Elle n'apporte rien sur un plan purement physique, parfois même elle peut nuire à ce même plan. Mais l'intellect y trouve une satisfaction importante, ce qui fait que le JV est une activité si importante aujourd'hui. Celui qui est sensible à un tableau, à une symphonie de Beethoven ou même, dans un cas extrême, à une voiture bien "tunée" obéit à cette même recherche, essentielle pour l'équilibre.
Le jeu vidéo est donc bien une oeuvre d'art, oeuvre complète car elle fait appel à de nombreux concepts artistiques, certains évidents, d'autres plus subtils comme la poésie. Mais celle-ci est plus induite par la combinaison des différents concepts utilisés pour la création du Jv que directe. Il suffit de jouer à un jeu sans le son et vous comprendrez ce que je veux dire.
Selon moi, la poésie qui se dégage d'un jeu en est l'élément le plus important : car sa présence ( ou son absence ) en dit long sur la qualité intrinsèque du soft.
Maintenant, il conviendra d'analyser plus précisément quelle poésie se dégage d'un jeu.
Est-elle romantique, comme à Runaway et, apparemment, au jeu que cite laurent ( que je ne connais pas ) ? Est-elle épique, comme sur le brillant Heroes of Might and Magic III ? Est-elle martiale, comme sur un Doom ou un Unreal Tournament ?

A chacun sa réponse sur un sujet aussi intime que celui-là !

Amitiés

Pierre
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Inscrit : Apr 01, 2002
Messages : 2862
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Posté le: 2003-04-04 10:53
Et pour le reste, oui je crois qu'on appréhende en partie un jeu comme on appréhende la vie. Je suis très contemplatif en général, et un reflet dans une flaque d'eau est capable de me filer des frissons (pas seulement parce qu'il fait froid ).

Donc bien sûr, je me suis délecté des premiers levers et couchers de soleil dans Ocarina of time (je parlais pas mal de ça dans mon papier sur Jeu vidéo et architecture paru sur Polygonweb), et des dizaines de détails qui rendent les jeux de Miyamoto si fascinants (dans Mario 64, le petit pingouin qui imite Mario quand il glisse sur le ventre, dans Majora's Mask, les constellations à l'envers qui renforcent l'idée d'un monde parallèle, dans Ocarina of time, les insectes qui, apeurés, se réfugient sous terre en soulevant un peu de poussière, etc).

Et Halo... Les extérieurs épiques, la chorégraphie des corps et des véhicules sont vraiment magnifiques, je trouve. SPOILER La scène monumentale, sous la neige et de nuit, où plusieurs tanks à plasma déversent de colossaux rayons bleutés qui décrivent lentement des arcs de cercle avant de s'écraser au sol, est d'une beauté à couper le souffle, limite abstraite. C'est un peu Rez, toutes proportions gardées.

Mais je crois aussi que le hardcore gamer "lambda" n'en a rien à foutre, il ne savoure rien et file comme un malade pour terminer le jeu le plus vite possible et passer à un autre (d'ailleurs on peut dire que Metroid Prime a en quelque sorte intégré une contemplation "forcée" à son gameplay avec le système de scan, obligeant les plus bourrins des gamers à faire attention à l'univers superbement dense et inventif qu'ils traversent). Les casual gamers (surtout filles) sont certainement plus sensibles à la poésie des jeux, à mon avis.

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CHAZumaru
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Inscrit : Mar 17, 2003
Messages : 3098

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Posté le: 2003-04-04 11:40
Hmmm ton argumentation finale n'est pas recevable, QFCP_G.

Les Hardore Gamers (il y en a peu, et pratiquement qu'au Japon) sont des types qui s'acharnent sur un jeu jusqu'à en connaitre les moindres algorythmes, au prix de certains sacrifices sociaux; Je ne vois donc pas comment un "Hardcore Gamer lambda" peut zapper des jeux à la vitesse du vent.


"Au fait tant que j'y pense Chazumaru : ... "delit" de facies en tant que "transfuge" du forum de NGF."

o_o ?

Dr Dreff
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Messages : 207
De : in outer space

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Posté le: 2003-04-04 11:56
J'aimerais vous faire d'un post sur Push start. Même si, à première vue, ce post est quelque peu décalé par rapport au thème developpé ici, je pense qu'il serait judicieux d'ouvrir le debat sur ce qui pourrait à terme justifier qu'au final on ne se souvienne que des jeux qui ont réellement apporté du neuf (Je me permets de m'auto-quoter, toutes mes excuses )

Citation :

"Il n'y a de vraiment beau que ce qui ne sert à rien; tout ce qui est utile est laid, car c'est l'expression de quelque besoin, et ceux de l'homme sont ignobles et dégoûtants, comme sa pauvre et infirme nature."

Théophile Gautier


La société crée des barrages pour différer sa propre évolution en mettant en doute le développement des idées nouvelles apportées par les avant-gardes culturelles.
L'évolution de la société est perfectible: alors que l'assimilation du progrès doit être immédiate, sa progression est ralentie, voire stoppée momentanément par ces barrages.
[...]
Les variations engendrées, ne sont que les marques du retardement possible et de la résistance de la société à la novation.
[...]
Deux constituants de la société s'affrontent: les créateurs méconnus, refusés, trop en décallage avec la société qui n'accepte que difficilement le nouveau et les "néo-emprunteurs" médiatisés qui délaient la création par l'amalgame de celle ci et de formes arrièrées reconnues. Ils la répercutent par le biais de la mode -la rendant plus facilement assimilable pour les gens plus particulièrement préoccupés de la superficiallité des choses- longtemps après, en la reprenant à leur compte et en occultant les uniques créateurs de ces formes nouvelles afin de se faire passer pour les initiateurs de ces apports.

Plus les néos sont puissants, plus ils retardent l'instant de la reconnaissance de la création future. Avec eux, nous sommes en territoire connu, la persistance ou la déviation minime de la forme est acceptée puisqu'elle est déjà assimilée.

Mais en art le néo n'existe pas, il ne s'agit que de redondance par manque de créativité. Tous les groupes actuels n'ont pu par manque d'idées fondamentales, se détacher de l'acquis. Le néo seul ou collégialement représente la dérive culturelle, l'impasse d'une ancienne école reconnue.

L'art, à ce moment-là, a une vie réduite, il n'est utilisé qu'à des fins pécuniaires. Il va chercher sa raison d'être dans la multiplication outrancière, ne reconnaissant plus sa valeur première. Son but est la production de masse en des objects dont la reproduction immuable semble être sa seule ambition. Il ne vise qu'à la platitude des perceptions objectives par défaut de moyens créateurs.

Ce n'est pas le problème des décideurs. Comme l'ensemble de la société, ils se satisfont pleinement des acquis antérieurs. La société profite des avancées culturelles, mais pas en assimilation immédiate: elle incorpore les novations à son profit lorsqu' elle le juge nécessaire, au mépris des créateurs. Ce n'est pas une marche en avant irrésistible vers un but édénique, mais une marche en zigzaguant parmi les méandres de la mode et de ses best, des néos, des institutions et de ses représantants, des "faux-nouveaux", des erzats, du goût commun, etc.
[...]
La création [en art] est le fait de créer une forme qui n'existait pas, c' est-à-dire d'inventer un style nouveau, donc une esthétique nouvelle et non de reproduire un simple schéma "standardisé" d'une représentation naturaliste assimilée par le plus grand nombre.
Résumé d'un texte d'Alain Satié


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Chando
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De : dans une bouteille de Salon 1985

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Posté le: 2003-04-04 12:16
Ce texte est intéressant à plus d'un titre. Mais je pense que si on s'embarque sur le thème de l'art contemporain, on est pas sorti !

Si je relis le topic depuis le début, je lis les noms de Théophile Gautier, de Ronsard, de du Bellay, de Rimbaud, de Beethoven et autres grands "classiques". C'est très révélateur de ce que pense une majorité d'entre nous, même si l'échantillon est évidemment non représentatifs

Je crois qu'en ce qui concerne l'art contemporain, la crainte pour un artiste de refaire ce qui a déjà été fait ( et donc de ne pas être "original" l'emporte sur toute autre considération, et au final on aboutit à un grand n'importe quoi.

Tout grand artiste a d'abord suivi les pas d'un ancien : Beethoven s'est inspiré de Mozart, et à été formé par Haydn. Il prenait encore des leçons de contrepoint à l'époque où il a créé la Symphonie Eroïca !
Léonard de Vinci a appris dans l'atelier de Verrochio ( il y a même un tableau de ce dernier où figure un ange peint pas de Vinci, alors en apprentissage !).
L'art de Van Gogh a considérablement mué après sa rencontre avec Millet.
L'immense sculpteur Rodin était à la base un artisan ,fondeur des statues des autres ! A force de les côtoyer il s'est essayé...et avec quel résultat !

Les artistes contemporais que je connais ne sont plus comme çà. Ils s'inventent un concept, et n'en bougent plus. le "le bleu Klein" en est un exemple, Buffet a peint le même tableau toute sa vie, etc. Et encore il ne s'agit que des grands ici !






Chando
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De : dans une bouteille de Salon 1985

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Posté le: 2003-04-04 12:19


Voilà le tableau de verrochio. L'ange de gauche est de la main de Vinci.

Laurent
Commissaire apolitique


Joue à Death's Door

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Posté le: 2003-04-04 21:36
C'est bien à regret que je vais balancer ce topic dans le forum HS si ça continue, messieurs. Moi qui voulais juste parler de poésie dans les jeux vidéo, je me retrouve entre Freud et Kandinsky, avec un peu de De Vinci sur la gauche... C'est quand l'interro ?


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CBL
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De : Versailles

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Posté le: 2003-04-04 23:08
Comme d'habitude, les intellectuels balancent leurs connaissances et oublient le plaisir de jouer ou le simple fait de trouver poétique un décor... Rez est certes maginifique mais je ne vois pas ce qu'il y a de poétique. Enfin, voilà un de mes rares expériences de poésie dans les jv :
Secret Of mana : le jeu est rempli à poésie à de nombreux instants. Toute simple, très visuelle mais tellement intense... Exemple :



Avec le thème musical derrière...
Ou lors de la première apparition de l'arbre mana...

Je ne citerai pas Vice City avec ses couchers de soleil car ce n'est pas de la poésie mais plutôt une situation complètement décalée. Imaginez le plus grand dealer de la région qui s'arrète au milieu d'un pont pour regarder un coucher de soleil !

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LVD
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Joue à Zelda TOTK

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Posté le: 2003-04-05 03:18
le jeu le plus poetique? Final Fight bien sur!! Vous n'avez jamais ete emus par tant de grace, de delicatesse, le tout sur des melodies enchanteresses?
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Pierre
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Messages : 2862
De : Paris

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Posté le: 2003-04-05 08:17
Gneuh ? Pas de poésie dans Rez CBL ? Tu devrais relire la définition de Laurent et y rejouer.

Et ce n'est pas parce qu'on essaie d'éclairer les jeux vidéo avec autre chose que les outils limités habituellement préconisés par la presse spé (par ex) qu'on est un intellectuel ou qu'on oublie le plaisir de jouer... Ce que tu dis est très offensant pour les personnes qui ont posté ici (je ne me sens pas visé car je n'ai pas sorti de références à l'art ou à la psychanalyse, même si je trouve ça intéressant et pertinent). Ce n'est pas avec ton état d'esprit qu'on fera avancer les choses.
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Laurent
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Joue à Death's Door

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De : Borgo, là où y a la fibre.

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Posté le: 2003-04-05 10:12
CBL s'est exprimé sèchement, et l'exemple de Rez était mal choisi car les références à l'art contemporain qu'il contient sont bien réelles, mais sur le fond, je suis assez d'accord avec lui. Chaque fois qu'on essaie en effet d'élargir le débat, ça devient très technique et on laisse les jeux vidéo derrière. Je crois que ce n'est pas la bonne direction à prendre.

Ce topic avait pour but que tout le monde y participe, car la poésie est une chose à laquelle tout le monde est sensible à sa façon. Comme c'est parti, il va falloir montrer sa licence de lettres à l'entrée, c'est dommage. L'élitisme ne fera pas des jeux vidéo un art reconnu des élites. C'est avant tout un divertissement populaire et hautement sensoriel. L'oublier, c'est changer de sujet.

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CHAZumaru
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Inscrit : Mar 17, 2003
Messages : 3098

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Posté le: 2003-04-05 10:34
AH! Tout à fait d'accord avec Laurent sur son dernier paragraphe. A quoi bon essayer de convaincre le plus de monde que nôtre voie est la bonne si c'est pour les tenir à distance par nôtre verbe !?
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