TotalJapon > Du calme, du calme. Je disais pas ça avec méchanceté. Je sais à quel point c'est du travail, je disais plutôt ça pour nous et ça n'a rien de négatif. Ceci dit, on va ouvrir Retro Game, ça nous fera gagner du temps (Kosugi ) et de l'argent.
Le problème il est là. Enfin plutôt c'est l'un des problèmes :
- Les non professionnels ont autant accès que les professionnels. Exemple bidon : Maintenant, quelqu'un peut suivre la conférence de l'E3 en direct sur son PC. Finalement, quel est le rôle du journaliste ? Aucun, si ce n'est pouvoir éventuellement confier ses impressions, qui ne valent plus rien dès lors que l'on puisse télécharger le jeu via Xbox live (ex typique Lost Planet).
Finalement, petit à petit, et c'est CA qui tue la presse jeux vidéo : tous les partenaires extérieurs que nous allons appeler l'industrie (aussi bien éditeurs que distributeurs que fabricants) tentent de détruire le marché.
- Les éditeurs (pour en revenir à eux) ont décidé en leur âme et conscience que la presse spécialisée n'a aucun intérêt. Il vaut mieux passer par des médias généralistes. Un jeu en pub à la télé se vendra davantage. C'est bête mais c'est comme ça. Par conséquent, si l'on exclu les groupes qui ont de l'argent (pas de citations), personne ou presque n'a accès à l'exclu (ce qui fait vendre que vous le vouliez ou non). La condition est simple :
Pour avoir accès à 1) la pub, 2) les exclus, 3) les plus-produits, 4) les recettes pour réussir... il faut 1) de l'argent, 2) beaucoup d'argent, 3) une politique abominable, sous-payer les gens etc.
Par conséquent, l'éditeur honnête qui arrive sur un marché se retrouve vite acculé voire écrasé par un rouleau compresseur (l'industrie) qu'il ne comprend pas, ne maîtrise pas et contre lequel, il ne peut pas ou peu lutter.
Un exemple flagrant pour vous prouver que vous avez l'habitude de juger vivement en pensant connaître la presse :
- Saviez-vous que le distributeur travaille avec des diffuseurs ? Saviez-vous que les diffuseurs (même si la loi impose l'inverse) décident si oui ou non, ils vous mettent en rayon ? Saviez-vous que récemment il y a eu une bataille juridique / et d'intérêt entre les diffuseurs et les distributeurs. Savez-vous que les diffuseurs ont boycotté les distributeurs en question et savez-vous que par conséquent certains diffuseurs n'ont tout simplement PAS mis en rayon les magazines ? C'est pas comme ça qu'on va vendre.
Alors je suis d'accord sur plein de choses (la qualité - mais relisez les numéros de Joypad ou Player One qui datent de 10 ans et vous comprendrez que la presse a fait un bon énorme) mais n'exagérons rien. Si la presse spé jeux vidéo doit se remettre en question à bien des égards : le marché constitué de gens soit aigris (parce que c'était mieux avant, qui attendent un Gaming - qui ne marche que pour 5000 lecteurs dans ce pays - va falloir finir par le comprendre), soit qui n'en ont tout simplement rien à faire (ils n'ont ni besoin d'avis extérieurs, ni besoin des magazines pour avoir de l'info puisque les sites existent) est AUSSI RESPONSABLE.
Donc si je récapitule : oui, les sociétés d'édition ont des choses à se reprocher, c'est une évidence. Mais permettez-nous de travailler avec des gens compétents, qui nous respectent, qui évitent de nous envoyer le matériel en plein bouclage. Permettez-nous de travailler avec des distributeurs qui font bien leur travail, évitent d'oublier des exemplaires sur des palettes. Des kiosquiers qui prennent la peine de mettre tous les magazines reçus en rayons. Permettez-nous d'avoir des moyens financiers anglais, allemands ou américains. Permettez-nous d'avoir des armes pour lutter contre le marché et tenter de le remonter petit à petit et dans ce cas, on aura une chance de survivre.
Un magazine marche grâce à plusieurs points :
1. L'achat du lecteur (il faut donc lui donner un produit bien fait, qui sait lui parler mais tout en essayant de fédérer au maximum autour de ce que l'on appelle "le grand public". Les mags de ciné se prostituent de la même façon hein.)
2. La publicité. Si on pouvait avoir encore de la pub qui nous permettrait de vivre comme toutes les boites normalement constituées, cela serait évidemment appréciable. Evidemment, le groupe qu'on ne citera pas casse ses prix et ne permet pas aux autres de suvivre (car ils ont des capitaux étrangers qui leur permettent d'avoir des prix pour la pub défiant toute concurrence) : résultat tout ce qui a essayé ici genre Playmag, Gaming, Addict (je ne sais pas si ça existe encore, j'espère que oui) et sans doute bientôt tout JCP (Retro / GF) voire même
Phoenix (Background) se font balayés sans aucun problème. Sinon les mags sont rachetés (Joypad, Consoles +).
3. La communication. PLV, mises en avant kiosque, pub sur telle radio, pub à la télé etc. Tous les moyens pour se faire connaître. Lorsque tu en as tout juste pour tenir debout, tu ne peux pas. Donc tu te débrouilles par tous les moyens à ta disposition : chaines de mail etc. qui bien souvent sont mal accueillies parce qu'on "gêne".
4. Les exclusivités. Lorsque tu obtiens une exclu sur un jeu, des visuels que tu as vu nulle part ailleurs même pas sur le net, c'est forcément un gros coup. Certains éditeurs sont favorisés par ça pour X ou Y raisons et certainement pas la qualité de leur produit. C'est injuste ? Sans doute oui.
Si tu as ces quatre points en ta faveur, tu es sûr ou presque de réussir. Le nerf du problème ? L'argent, certainement pas la qualité ou de dire des conneries sur telle ou telle chose. Il faut peut être apprendre à être un peu réaliste. Tu ne perds pas dix mille ventes en te plantant sur un nom jap car à peine 2000 le connaissent en France. Ce n'est pas une raison pour favoriser cela, je suis d'accord. Maintenant de là à dire que c'est à cause de ce type de problèmes que la presse ne vend pas, certainement pas. Les raisons sont ailleurs et la principale s'appelle LA REALITE.
Désolé de la longueur de ce post et probablement de son manque de construction mais ça me fait du mal d'entendre tout ça, réellement car vous ne savez pas de votre côté à quel point c'est dur. Sur ce, je salue les "collègues" Olivier, Marc et co. qui se reconnaîtront et qui ont fini dégoûté. Je les rejoindrais peut être un jour. Au moins vous serez débarrassé définitivement
Merci de votre attention.
Jay