UP
En farfouillant dans les archives du site, à la recherche d’un article pas encore lu, je suis tombé sur ce très bon dossier dont les différents films présentés ont réveillé tout plein de souvenirs.
Tron : vu au cinoche à 5 ans. Pas forcément le meilleur âge, compte tenu de la complexité du scénario et de certains concepts abordés. Il n’en reste pas moins que j’étais un gosse émerveillé devant des images somptueuses ainsi que des séquences d’action hallucinantes (combat de disques,
snafu sur motos futuristes…). Jamais revu depuis cette première fois, un petit visionnage DVD me tenterait assez, même si le passage des années aura forcément quelques incidences…
Wargames : également vu au ciné, j’en conserve un souvenir plus net que celui de Tron. Aujourd’hui encore, c'est l’un de mes films favoris. Je n’oublierai jamais son climax si particulier, à savoir la scène lors de laquelle l’ordinateur enchaîne des scenarii de guerre thermonucléaire globale sur l’écran du NORAD : à ma connaissance,
Wargames est le seul long-métrage où le spectateur frémit le plus au moment où il ne se passe pas grand chose d’un point de vue narratif, mais où d’un point de vue symbolique, la grande peur nucléaire de la guerre froide se trouve concrétisée de façon saisissante.
The Last Starfighter : gentil nanar vu à la TV il y a quelques temps et encore, pas pu m’empêcher de zapper avant la fin. Un scénario basé sur un gamer qui sauve le monde ne pouvait vraisemblablement pas aller bien loin… Les séquences d’action restent malgré tout sympathiques à regarder.
Le Cobaye : « chic, une adaptation de Stephen King », me disais-je alors, jusqu’au moment de visionner la chose, environ un an après sa sortie ciné. Pas aimé. Parmi tout ce qui n’allait pas, les fameuses séquences en images de synthèse, dont on nous avait tant rabattu les oreilles, étaient finalement assez décevantes. Au crédit du film, il faut reconnaître que dans les années 90, la technique faisait des bonds de géant pratiquement tous les mois : un long-métrage au top des effets spéciaux le jour de sa sortie se retrouvait souvent démodé en un rien de temps.
Ce n’est que très récemment que j’ai saisi à quelle histoire de King "Le Cobaye" était censé faire référence. La nouvelle figure dans le recueil « Danse Macabre » (Skeleton Crew) et s’intitule « La Pastorale » (The Lawnmower Man). Dans ce cours récit, il est fait mention à une sorte de créature dionysiaque, totalement à l’encontre d’une quelconque référence technologique. En fait l’unique rapport entre la nouvelle et le film, c’est la présence d’une tondeuse à gazon au casting. Génial.
Existenz : les films de Cronenberg laissent rarement indifférents, celui-là n'échappe pas à la règle. Tour à tour intriguant, fascinant et énervant, Existenz vaut le coup d’œil : le parti pris consistant à mêler l’obsession de la chair en mutation à un loisir basé sur la technologie informatique, tout en excluant cette dernière de la mise en scène, il fallait oser le faire. Ce choix donne d’ailleurs lieu à quelques scènes aussi surprenantes que réussies. Les critiques taxant le film de légèreté ne sont toutefois pas infondées : c’est vrai qu’au bout d’un moment, Existenz perd quasiment toute cohésion narrative et il ne reste plus au spectateur qu’à se laisser embarquer dans un voyage vers l’inconnu, à moins qu’il ne décide de rester à quai et passer à autre chose. De ce point de vue, Existenz n’est pas sans faire penser aux films de David Lynch les plus "bizarroïdes".
Le cas
Avalon a été traité intelligemment par JC, les avis sur ce film étant généralement assez tranchés entre "l’œuvre visionnaire" et "la grosse bouse prétentieuse". Je penchais pour la première catégorie au moment de la sortie ciné, sans doute par fanboyisme aigu et surtout parce qu’il me paraissait alors inconcevable que le réalisateur de Ghost in The Shell puisse enchaîner sur un pareil plantage ; depuis, vous aurez deviné que j'ai retourné ma veste, au profit d'une opinion négative tout autant dénuée de la moindre nuance.
Et c’est pourquoi j’ai apprécié l’analyse de JC, faisant preuve d’un regard davantage posé, plus objectif : Avalon n’est ni un chef-d’œuvre ni un ratage complet, c’est simplement un film marqué par une approche esthétique, avec ses qualités comme ses défauts, et dont le second effet kiss-cool est d’occulter la part de réflexion que comporte le scénario.
Enfin, il faut dire aussi qu’au moment de tourner Avalon, Oshii avait quelque peu pris le melon, à voir ses interviews données pour le film. On y apprend par ailleurs qu’il aurait eu un petit faible pour l’actrice principale, d’où un début d’explication à ces plans s’éternisant sur elle. Mouarf, que la chair est faible…