Eh oui, ça aussi, c'est du rétro !
Donc, après les jeux, les machines, les constructeurs, les magasins, les salles d'arcade, les "extases vidéoludiques", les sauvegardes perdues, etc...
...je vous propose de parler des polémiques "old-school" sur les jeux vidéo qui vous ont marqué, ou qui ont marqué le plus l'histoire des jeux vidéo.
En France, deux exemples marquants me viennent à l'esprit :
- La "panique morale" sur l'épilepsie de 1992-1993.
- "L'affaire Familles de France" de 1999.
J'aurais bien parlé des 147 suicides à la silicone, mais ça me paraît un peu trop récent (fin 2004) pour avoir sa place dans la rubrique "rétro".
Aux Etats-Unis, par contre, ce sont deux autres exemples :
- La dénonciation de la violence dans les jeux vidéo par les politiques américains en 1993-1994.
- La "panique morale" qui a suivi la tuerie de Littleton en 1999.
Encore une fois, "l'affaire Hot Coffee" est trop récente (2005) pour qu'on en parle ici.
Maintenant, quelques observations de mon crû :
- "L'affaire des jeux accusés de rendre épileptique" est, me semble-t-il, le premier épisode du traitement médiatique des jeux vidéo, en tout cas en France. Avant cela, les médias ne s'y intéressaient pas vraiment, du moins si on en croit Alain et Frédéric Le Diberder (Voir leur livre "Qui a peur des jeux vidéo ?" sorti en 1993 et "L'univers des jeux vidéo", sorti en 1998, tous les deux aux éditions La Découverte). Là, non seulement ils s'y sont intéressés, mais en plus ils en ont fait des tartines. Et quand on sait ce qui a déclenché "l'affaire", à savoir le titre du tabloïd britannique
The Sun intitulé "Nintendo a tué mon fils !" (c'était en 1992), on comprend d'où vient le malaise entre les médias généralistes (presse et télévision) et les jeux vidéo : l'affaire avait très mal commencé, et ce dès le départ.
- "L'affaire Familles de France" en 1999 a ceci de particulier qu'elle est presque "partie de rien". En effet, quand ça a démarré, ce n'était pas suite à la sortie d'un jeu controversé, ou d'un drame lié à un jeu. Dominique Marcilhacy, à l'époque vice-présidente de Familles de France, avait confié à
Génération 4 qu'elle s'était lancé là-dedans un peu par hasard, après avoir acheté un ordinateur à ses enfants, puis lu un article sur les "jeux violents", et ça lui a donné l'idée d'enquêter sur le sujet. Par contre, quand la tuerie de Littleton a eu lieu (c'était en avril 1999, tandis que la campagne de Familles de France avait commencé en février de la même année), ils n'ont pas pu s'empêcher de faire le parallèle.
- Les émois politiques américains de 1993-1994 sont consécutifs à la sortie de jeux tels que
Mortal Kombat,
Night Trap et
Doom. C'est à ce moment-là qu'on pouvait vraiment parler de "jeux violents", et les politiques américains ne s'en sont pas privés. Il faut dire qu'ils étaient déjà fortement échaudés par la déferlante Nintendo des années précédentes, et certains l'avaient mauvaise que Mario soit plus populaire que Mickey chez les enfants ricains. L'apparition des premiers "jeux violents" était en quelque sorte une aubaine pour dire tout le mal qu'on pensait de ce loisir. C'est à ce moment-là qu'on a entendu Joe Lieberman s'exprimer pour la première fois sur le sujet (sans oublier Hillary Clinton !). C'est à la suite de cet "intérêt" des politiques que l'industrie américaine du jeu vidéo a pris quelques mesures, comme la création de l'ESRB (Entertainment Software Rating Board), chargée de la classification des jeux, et l'IDSA, devenue l'ESA (Entertainment Software Association), présidé par Doug Lowenstein, qui représente en quelque sorte le "lobby" du jeu vidéo.
- La "panique morale" qui a suivi Littleton est instructive, car c'est à ce moment-là que les reportages sur
Doom et les "jeux qui entraînent à tuer" ont fleuri pendant quelque temps. Je pense notamment à l'émission "60 Minutes" où on a pu voir l'inénarrable Jack Thompson et son ami Dave Grossman. A noter qu'avant Littleton, Thompson et Grossman ont déjà pu faire leurs armes, l'un suite à la tuerie de Paducah (qui a eu lieu fin 1997), et l'autre suite à la tuerie de Jonesboro (en 1998).
Pour revenir à l'association Familles de France (que j'appellerai FdF par la suite pour aller plus vite), il est intéressant de savoir comment et pourquoi ça a fini. En effet, vous serez intéressés de savoir que
si l'on en croit ce site, les choses se sont gâtées pour FdF à partir de 2000. Jacques Bichot, alors président de l'association (et auteur de certains droits de réponse à des magazines de jeux comme
PC Soluces et
Les Puces Informatiques) a eu certaines difficultés avec son conseil d'administration (dont un certain Henri Joyeux) qui l'ont poussé à démissionner début 2001. Suite à cela, Dominique Marcilhacy aurait dû devenir présidente, mais c'est Henri Joyeux qui est élu de manière controversée (voir
la chronologie des évènements).
Je ne vais pas développer la succession de magouilles et de disputes qui ont conduit Jacques Bichot et Dominique Marcilhacy à quitter FdF (ils vont fonder
l'Union des Familles en Europe), pas plus que je ne développerai le "déclin" de FdF. Par contre, en ce qui concerne les jeux vidéo, on peut dire que les querelles internes
ont plombé leur action contre les jeux violents. Vous pourrez voir pour plus de détails les comptes-rendus de conseils d'administration du
6 juin, du
30 juin et du
6 octobre 2001.
Je crois que je sais maintenant pourquoi je n'ai plus entendu parler de Familles de France après 2000. Quant à
leur récent communiqué d'il y a quelques mois, il n'a ni la virulence, ni l'ampleur de la campagne de 1999. Par contre, je ne sais pas si je dois témoigner ma reconnaissance à
un type comme Henri Joyeux.
Bon, assez parlé, maintenant à vous ! Quelles sont vos controverses anti-jeux "préférées" ? Celles qui vous ont le plus marqué ? Le plus indigné ?