Édité par Devolver Digital et développé par une équipe de trois personnes (dont Tomasz Wacławek qui s'est chargé du gros du boulot), Ronin est un jeu de baston au tour par tour. Oui, vous avez bien lu.
L'idée consiste à diriger un mystérieux ninja* devant remplir un certain nombre d'objectifs pour atteindre l'une de ses cibles. Évidemment, le chemin est semé d'embûche et il va falloir s'infiltrer du mieux possible pour tenter de réussir ces objectifs sans faire sonner d'alarme ni être obligé de trucider des civils. En cela, rien d'original.
Sauf que si le ninja se déplace "normalement" hors de la visibilité des PNJ, dès que vous êtes repéré, le jeu se fige et se met alors en place un système de tour par tour. C'est là que le stick droit intervient, car c'est à travers lui que toutes les actions de déplacements s'effectuent durant les combats. En clair, il vous faut viser vos zones de sauts ou d'utilisation du grappin, qui vous permettent d'approcher vos ennemis mais aussi d'éviter leurs attaques. Une fois à proximité, et si la configuration du combat le permet, vous pouvez alors les exécuter.
Le principe est donc de créer une sorte de ballet de combos, que l'on réfléchi plusieurs tours à l'avance en prévoyant les actions de chaque ennemi mais aussi en étudiant la configuration du terrain. Et si vous vous débrouillez bien, vous pouvez gagner des tours d'avance durant lesquels les adversaires ne peuvent pas agir.
En parallèle, il est possible de débloquer des capacités spéciales, comme la création d'un leurre ou le lancer de katana, qui vous permettent de creuser vos stratégies de combats. Mais pour les débloquer, il faut remplir la totalité des objectifs de chaque mission. Ce qui est très, mais alors TRES difficile.
A vrai dire, le jeu est sans pitié, sachant que le moindre ennemi peut vous faire perdre en un coup et que vous êtes bon pour recommencer la séquence de combat. 10 fois. 20 fois. 30 fois. Autant que nécessaire. D'autant que si les premiers ennemis sont simples à appréhender, de nouveaux beaucoup plus retords font leur apparition au fil des niveaux, mais aussi des pièges qui viendront vous pourrir le terrain.
Ceci dit, une fois que l'on a bien saisi les mécaniques de jeu et leurs subtilités, on prend un plaisir dingue à enchaîner des combos de folie, à virevolter entre les ennemis, à choper son katana à la volée entre deux décapitations. Le soft, très épuré, met aussi pas mal l'accent sur une ambiance assez feutrée et c'est avec plaisir que l'on repeins en rouge des salles au froid chirurgical, d'autant que le personnage se veut assez classieux dans ses mouvements. sans compter l'histoire qui, si elle n'est pas révolutionnaire, sait se laisser suivre doucement.
* La narration, plutôt bien vue, se fait exclusivement à travers une unique photo. Mais si vous êtes un peu malin, vous saurez vite qui se cache derrière ce casque de motard. _________________
"Il n'est pas de lutte plus violente et déterminée que celle d'un homme face à son envie d'aller aux toilettes" - Karate Boy