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| Index du Forum » » Jeux » » Dragon Age 2, la mise au pilori de Bioware? |
| Auteur | Dragon Age 2, la mise au pilori de Bioware? |
| Kimuji Pixel monstrueux ![]() ![]() Joue à Pillars of Eternity Inscrit : Jul 04, 2005 Messages : 4372 Hors ligne | Bon ça me fait doublement chier de le dire, mais Dragon Age 2:
- j'ai craqué et acheté comme un gros faible - j'aime malgré mes aprioris négatifs suite à la démo et aux tests dans la presse, même si il est frustrant sur de nombreux aspects Je casse le suspense dans la polémique sur la responsabilité partagée entre Bioware et son nouvel acquéreur Electronic Arts, je pense qu'avec 6 mois de plus plus ce jeu aurait pu être grandiose. Donc je penche largement plus sur la responsabilité de EA qui a imposé un calendrier trop court aux gars de chez Bioware. Un rpg sensé être un bloc buster mais développé en seulement un an on sait ce que ça donne quand on le confie à Obsidian (des bugs en masse, des fins tronquées, des ensembles finis à l'arrache etc...), maintenant on sait ce que ça donne avec Bioware. Donc pour les gros défauts on a: - à peine une petite dizaine de types de décors différents et à peine plus de maps, on revisite toujours les mêmes endroits et la ville de Kirkwall aurait mérité qu'on modélise un ou deux quartiers de plus - pas de choix de race, humain et puis c'est tout (Mass effect aussi me direz-vous, mais le problème ici c'est qu'il y a eu un Dragon Age: Origins qui lui le proposait) - des bugs en pagaille à la sortie du jeu, une bonne partie de ceux touchant les quêtes ont été corrigés assez vite par des patches mais il reste toujours celui du ciblage qui se bloque (contournable mais casse-couille) - une localisation française très moyenne surtout au niveau des doublages, heureusement j'ai joué en VO comme pour le premier - une trop grande simplification de l'inventaire, on ne peut même pas toucher aux armures de ses compagnons - une trop simplification du crafting qui n'était pourtant déjà pas bien sorcier à la base - la chorégraphie des combats qui donne parfois dans le "waah cé tro staylé skifé le keum" - du fait des absences du choix de la race et de l'origine du héros il n'y a pas de prologues personnalisés - les combats ont une difficulté complètement fluctuante et peu logique (mais ça c'était un peu le cas de DAO aussi) - trop de dynamisme dans les combat tue la stratégie - l'importation (parfois buggée) de la sauvegarde de Dragon Age Origins a un impacte purement anecdotique sur le jeu Bref ça fait beaucoup de défauts mais... Premièrement pour la partie "correcte", techniquement en DirectX 11 avec le pack officiel de textures "HD" c'est tout à fait honnête et même agréable à regarder. Un bémol sur les visages dont la modélisation est plutôt inégale, les progrès par rapport à DAO sont quasiment imperceptibles et si on compare aux deux Mass Effect ça fait mal. Pour ce qui est du rendu en DX11 c'est assez discret, il y a quelques effets de lumière en plus lors des sorts, la tessellation est utilisée de manière subliminale, le SSAO est discret, quant au displacement mapping apparemment son utilisation se borne à donner du relief au dallage de certains quartiers de la ville. Bref sympa mais pas indispensable, c'est surtout l'activation des textures haute qualité qui change le rendu de manière significative. Sinon les persos sont bien modélisés, les armures aussi. Il est aussi dommage qu'en plus d'être peu nombreux certains environnements ne disposent pas d'une architecture très recherchée: les grottes sont un peu trop plates et les paysages extérieurs plutôt désertiques. Deuxièmement, et c'est ça le gros morceau qui sauve le jeu de l'abîme: la narration de DA2 est très, très supérieure à celle de son prédécesseur. Le scénario est beaucoup plus fin, ce n'était pas certes dur étant donné que dans DAO ça tenait en une phrase: "Il faut tuer les Darkspawns". L'intrigue se dévoile doucement et on découvre petit à petit l'implication de chaque protagoniste, Bioware ne nous informe qu'au compte-gouttes sur la direction que vont prendre les évènements. Il leur arrive aussi fréquemment de sciemment noyer le poisson sous d'autres intrigues. Les quêtes même secondaires, mêmes dédiées aux compagnons sont intriquées de près ou de loin à la trame générale, elles apportent un réel plus à l'ensemble. J'ai d'ailleurs trouvé l'articulation générale de celles-ci tout simplement remarquable, l'ensemble est d'une étonnante cohérence. De nombreux joueurs et journalistes se sont plaints de l'absence de souffle épique dans cette épisode, un reproche que je trouve infondé, doit-on avoir l'impression d'être l'unique espoir d'un monde au bord du gouffre, ou d'accomplir des actes glorieux toutes les 5 minutes pour apprécier un RPG? Comme dit plus haut malgré sa mise en forme un peu tape à l'œil (vitrine pour DirectX 11, combats "trop style") DA2 est sur le fond plus fin et recherché que Dragon Age Origins. Je troque donc sans problème cette absence de "souffle épique" pour plus de profondeur et de saveur dans l'écriture. De plus les choix moraux qui sont maintenant une marque de fabrique chez Bioware présentent des dilemmes bien plus difficiles à trancher que dans Origins (mais que faire de cet enfoiré d'Anders?!). Tout au plus je regrette un léger manque de poésie ou de magie à l'ensemble, certes ce volet se veut plus sombre que Origins mais si on prend par exemple Mass Effect 2, qui lui aussi est plus sombre que le premier, celui-ci n'est pas pour autant dénué d'un certain charme et d'un pouvoir d'envoutement indéniable (dommage que le scénar et le traitement des compagnons soit à la baisse vis à vis de ME1). Ceci dit le jeu n'est pas plat pour autant, surtout en VO où j'ai retrouvé avec plaisir le savoureux anglais à la sauce british qui à lui seul apporte énormément à l'atmosphère, de même que l'anglais à fort accent français des Orlaisiens etc... Un aspect qui passe forcément à la trappe en VF, d'autant plus que celle-ci est de qualité douteuse parait-il. Fait moins courant dans les jeux Bioware, la série Mass Effect mis à part, le jeu aborde un certain nombre de thèmes de façon assez convaincante. Des thèmes évoqués vite fait sans avoir été l'objet d'un quelconque approfondissement dans Dragon Age Origins sont ici au premier plan, la conception très spéciale de l'existence des Qunari, les relations entre les mages, la Chantry et les templiers sont prétexte à une réflexion sur la religion, la tolérance, le poids des convictions, le prix de la liberté, y a t-il toujours un coupable? la fin justifie t-elle les moyens? etc... Ce n'est pas de la grande philo mais c'est suffisamment bien traité pour que cela tire le jeu vers le haut plutôt que de l'alourdir. Le traitement des compagnons est lui aussi en très net progrès, ils sont tous de (très) près ou de loin impliqués dans le scénario. Ils ont tous un rôle à y jouer, ce qui n'était pas le cas dans Origins ou dans Mass Effect 2 où les 3/4 de ceux-ci ne servent qu'à apporter de la puissance de feu supplémentaire ou combler des lacunes dans les compétences du héros. Les quêtes qui leurs sont consacrées ne sont pas accessoires, elles ont un rôle lié à la narration en plus de développer l'histoire de chacun et de contribuer à poser leur personnalité. Elles sont également plus nombreuses que dans les autres jeux Bioware qui habituellement se contentent d'une quête, voir deux au grand max par personnage. Bref cela va beaucoup plus loin que la simple galerie de portraits de Mass Effect 2 ou les protagonistes, à une ou deux exceptions près, sans saveur du premier Dragon Age. Un très gros point fort du jeu. J'ai salué la disparition de l'éternel "camp", que l'on retrouve dans tous les jeux Bioware: Jade Empire, Dragon Age, Kotor... Mass Effect n'échappe pas à la règle même si le Normandy est de loin le "camp" le plus élaboré et le mieux foutu de tous. Ici tous les personnages ont leur maison, on a l'impression que lorsqu'ils ne sont pas en aventure avec nous ils vivent leur vie de leur côté. Dragon Age 2 a finalement beaucoup plus en commun avec les Mass Effect avec lesquels il partage de nombreux aspects, qu'avec son prédécesseur qui je trouve reposait trop sur des mécaniques éculées du studio canadien (feeling Jade Empire et Kotor omniprésent, le sang en plus). En fait la presse, surtout française, qui a descendu ce jeu n'a pas pardonné à Bioware des erreurs qu'elle pardonne plus volontiers à Obsidian. Origins avait été un peu trop porté aux nues en regard de sa qualité réelle, DA2 souffre de l'effet inverse. C'est un jeu mal fini mais dont le cœur narratif et l'écriture sont en béton armé. Sans pouvoir oublier les nombreux défauts qui auraient pu faire de DA2 un grand jeu j'ai néanmoins vraiment apprécié l'aventure, bien plus que le volet précédent. J'y ai pris autant de plaisir que pour Mass Effect 2, lequel est mieux fini, mieux mis en scène mais dont le scénario et l'approfondissement des personnage sont en retrait. |
| Odysseus Pixel planétaire ![]() ![]()
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pts.
Joue à lâcher trois poissons-ballons sur la ligne de départ. Inscrit : Sep 15, 2002 Messages : 10891 De : ????? Hors ligne | Ressurection demandée monsieur Spock!
Après avoir écumé le premier épisode ( une gentille mage humaine ), j'ai eu l'occasion de boucler Dragon Age 2. Globalement, je rejoins l'avis de Kimuji, mais... Dragon Age 2 possède de vastes environnements plein de vide. Si la chose est compréhensible pour les extérieurs, elle l'est beaucoup moins pour la cité sensée être débordante de vie ( habitants, commerces, réfugiés, militaires, etc. ). Question ambiance, ça le fait moyen, d'autant que le scénario nous rappel sans cesse que le gouvernement local croule sous les afflus de nouveaux immigrants... Il y a également ce problème de découpage scénaristique que l'on retrouve dans Mass Effect 2: nouvelle quête principale > nouveau compagnon > nouvelle quête personnelle et ainsi de suite. Il y avait pourtant moyen de caser un truc plus souple, moins téléphoné tout en laissant de la marge au joueur. Sur ce plan, le jeu reste aussi très - trop - encré dans les classiques du genre et copie-colle le modèle de personnages de Dragon Age: origins. Parfois, on nage en pleine caricature, comme le nain ronchon mais sympa ou la voleuse au grand coeur... Aussi, on voit venir dès la première heure de jeu qui est le grand méchant, quelles sont ses motivations et comment tout cela va se terminer. On est loin des twists de malade d'un KOTOR ou d'un Jade Empire par exemple. Dans la même veine, le jeu reste fénéant sur l'écriture de la plupart des quêtes, à base de "Ha, mais tu n'avais pas vu que dans la grotte dont tu reviens il y avait un passage secret? Aller, retournes-y et promis, cette fois je te file un super artefact". Malgré tout, je me suis bien éclaté dessus, en particulier lors des combats clefs et l'affrontement final, bien plus épique que le dragon-sire... heu, roi-démon du premier épisode. J'ai notamment adoré le clin d'oeil à certaines créatures tirées des travaux de Ray Harryhausen. Par la suite, j'ai démarré une nouvelle partie de Dragon Age: Origins ( un humain guerrier bien salaud ), et sa suite m'est clairement apparue comme certes bancale mais bien plus dynamique, fougueuse et prenante. Car si Dragon Age 2 nous prend par la main du début à la fin, il a le mérite de nous pousser au cul bien plus que son prédécesseur. |
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