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Rappel des 10 derniers messages du topic (les plus récents en haut)
Lyle
Camarade grospixelien
Merci d'avoir participé à ce sondage. Beaucoup d'échanges et de réflexions intéressantes que je pourrai reprendre quand j'aurai à nouveau le courage d'écrire un pavé. Je savais en faisant une telle proposition que je serais en minorité, mais je pensais pas à ce point-là.

Si un tel topic servait d'étude de marché, on pourrait être sûr à 100% que personne dans l'industrie ne tenterait l'expérience.

zefou
Tout petit pixel
Pour répondre à Pierre, au sujet du documentaire parce que encore une fois ça me semble le point important.

De Flaherty en soi je n'ai rien vu, sauf Tabou mais je pense qu'il est plus de Murnau. Mais bon si Tabou est représentatif alors je ne dirais qu'une chose : où y a-t-il du documentaire là-dedans ? Dans ce cas là on peut dire qu'un film de la Nouvelle Vague est un documentaire sur la vie parisienne des années 50-60. Et l'homme à la caméra de Dziga Vertov, n'est-ce pas aussi documentaire ? Et au contraire les films de Rohmer sont ils vraiment du "cinéma" ?

Tout est une question de définition. Et là ça coince. C'est comme la différence entre journalisme et littérature : j'en apprends autant sur la société du XIXème siècle en lisant Balzac que L'Aurore.

Il me semble que là où ça se complique c'est qu'on est obligé pour sortir de l'impasse définitionelle de prendre en compte la subjectivité du receveur. Alors oui c'est bizarre de définir une oeuvre par rapport non à son contenu mais à comment les gens vont la lire mais à mon avis c'est l'approche la plus pertinente. Et c'est surtout ambigu : une oeuvre peut être à la fois documentaire ET fictionelle

Selon moi, c'est ce qui joue dans toute oeuvre dite artistique, l'importance de la réception. Le jeu vidéo ne déroge pas à la règle, pas plus, pas moins.

Il me semble que l'idée proposée par Lyle, mais ensuite je peux me tromper, c'est de dire on fait un jeu vidéo d'aventure sans histoire. Mais pour moi c'est aussi absurde que de dire on fait un livre sans histoire, ou un tableau sans thème : pas dans le sens où pour moi la peinture c'est uniquement représenter quelque chose, ou que la littérature c'est juste un polar bien ficelé, mais c'est que selon moi on ne peut pas construire quelque chose sur une idée négative. Disons que ça ne suffit pas.



J'ai plutôt l'impression que c'est se voiler la face que de dire : j'en ai marre de ces mécaniques de "jeu", pour moi le jeu vidéo en tant qu'art échappe justement à ça, c'est une expérience esthétique, poétique etc. Le vrai débat il est là : est-ce que la dimension artistique d'un jeu doit se faire contre son aspect ludique ?
Pour moi le jeu vidéo est un jeu oui. Mais il est tout autant que toutes les autres formes d'art, si ce n'est plus : en fait même je pense que le jeu vidéo est plus à rappocher de la littérature que du cinéma de ce point de vue.
En fait le jeu de Lyle serait un cas-limite selon moi, parce que justement le côté ludique est tout à fait hors de portée à première vue. Ce serait un peu une sorte de Finnegans Wake du Jeu Vidéo.

Tout se joue par un compromis entre l'auteur et le récepteur. Je ne dis pas qu'un jeu vidéo c'est forcément pousser un bloc A vers un bloc B, mais juste qu'il y a forcément un compromis, ou bien justement un clash, entre l'auteur et le joueur et que là réside le jeu.

Maintenant je prends un exemple : Killer 7. Lui il est typique. En gros le jeu est en soi imbuvable. Mais est-ce que c'est un problème ? Selon moi absolument pas. C'est l'exemple type en gros du jeu dont on se doit d'accepter sans réfléchir les contraintes pour y jouer. Mais comme on est fasciné par l'univers et son originalité il n'y a pas de problème. Ca n'a pas de sens de séparer son gameplay et sa matière, sa forme et son fond : on accepte ou non.
Mais c'est pareil pour tous les grands jeux : Conker's par exemple. Ce jeu aussi est d'une difficulté plus que rebutante, et aujourd'hui tout le monde a l'air d'accord pour dire qu'il a carrément vieilli dans le côté provoc. Mais pourtant sans ça, sans ces parodies injouables de jeu d'aventure, il n'aurait pas cette force incroyable qui se déploie dans le final.
Regarde, tous les grands jeux ont divisé les opinions : globalement tous les Zelda, les Ueda etc.

A mon avis le jeu de Lyle ne remuerait rien. Je ne vois pas ce que les gens auraient à redire et puis même apparement il existe déjà plusieurs fois sans que personne n'en ai connaissance.

Je vais aller plus loin même pour être cohérent avec moi même, le jeu vidéo N'est PAS une expérience esthétique. Je ne vais pas définir ce qu'est la beauté , mais en gros elle n'est pas une expérience esthétique au sens, je vais au musée voir un Poucin et je trouve ça beau ou je regarde un coucher de soleil et ça m'émeut. De même pour la musique d'ailleurs. Objectivement, comment les gens justifient leur attrait à des musiques 8 bits toute pourrie, avec leur mélodie vraiment digne la plupart du temps de musique de supermarché ? Et je ne dis pas que je ne suis pas moi-même totalement accroc à cetraines de cette musique, mais je ne dirais pas que c'est une expérience esthétique que je fais là, en tout cas pas au même sens que quand je vais aller écouter l'art de la fugue.
C'est très certainement beau, mais parce que selon moi ça fait partie du gameplay de Zelda. C'est pas beau en soi, c'est beau parce que ça représente quelque chose dans le jeu. Perso, j'ai vu très longtemps quelqu'un jouer à Oblivion, sans vraiment trouver le jeu beau en soi. Mais je ne serais absolument pas étonné, et je comprendrais même très bien quelqu'un qui me dirait : "ce jeu est trop beau, regarde y a même des écureuils qui courent dans les arbres ahlala ça me laisser rêveur."

Bref ce post a trop duré mais en bref : la contemplation oui, mais la contemplation en soi non

Simbabbad
Pixel planétaire
Citation :

Le 2007-02-05 13:04, Pierre_Gaultier a écrit:
Citation :
Je suis un grand défendeur du numérique, mais un tableau en 3D sur ma TV ne vaudra jamais ça... ni, pour des environnements non réaliste : dans une galerie d'art je regarde un tableau, s'il me plait je reste une dizaine de minutes devant à entrer dedans, puis je passe à un autre. Pour moi c'est mieux, plus abstrait et plus dynamique, ça fait marcher l'imagination, aussi.

Sauf que le jeu vidéo a évidemment des possibilités formelles très différentes de la réalité, de la peinture ou du film. Et d'une on peut se déplacer dans un univers imaginaire. Et de deux, dans un jeu, les lois physiques de la réalité peuvent être totalement abandonnées. Adieu la gravité, adieu les contraintes de poids, de forme, de taille...

Je suis d'accord avec toi et je trouve d'ailleurs que les jeux vidéo ne jouent pas assez avec les possibilités qu'offrent la technique. En gros je trouve que l'on copie trop la réalité (ou l'on cherche trop à...), que l'on ne voit pas assez de trips à la Escher ou que l'on ne joue pas assez avec la gravité, etc. - par exemple un Metroid Prime avec des planètes de gravité différentes, ça serait sympa. Du coup j'ai été extrêmement enthousiastes quand j'ai vu la bande-annonce de Portal par exemple, ça me rappelle des jeux façon "The Sentinel" ou "Tower of Babel" sur Amiga que j'aimais bien et qui ont disparu. Mais mon topic enthousiaste a immédiatement rencontré du scepticisme avec des gens qui disaient que ça serait sans doute "trop déroutant" et que donc ça devait rester un jeu bonus. Alors...

Ceci étant, l'interactivité ne veut pas dire que l'on a affaire à un jeu, et nombre d'exemples de "mondes virtuels" que j'ai donnés, assez proches de ce que disait Lyle, ne sont pas des jeux. Quand Karl Sims ou Latham donnaient la possibilité d'interagir avec leurs "animaux virtuels" en remplaçant la sélection naturelle, ça n'était pas un "jeu" mais de l'art graphique avec le thème de la vie virtuelle. Il y a certaines oeuvres d'art moderne qui sont interactives, et ça ne sont pas non plus des jeux pour autant.

En fait il y a toute une tendance sur Internet qui va plus ou moins dans la direction de ce que dit Lyle. Par exemple ça (un de mes sites préférés), ça fait très "monde/vie virtuel" : http://www.sodaplay.com/ - et d'ailleurs c'est bien plus un "jeu" que ce dont parle Lyle, pas tout à fait pareil puisque ça n'est que des bestioles, mais pour moi c'est la même famille. Il y avait un autre site où on peut créer une bestiole dans un ecosystème avec un "kit" puis la lâcher pour qu'elle vive sa vie. Mais là encore, même sans être un jeu, il y a déjà plus de côté ludique que de la simple contemplation.

Ceci étant, quand je vois un tableau, je m'immerge dedans et je n'ai pas besoin qu'on le représente en 3D avec caméra subjective... à la limite ça "mâche" le travail, j'aime pas. Je préfère comme c'est, même si une création tableau/architecture en 3D peut être sympa (mais encore une fois je le vois plus en "aquarium" décoratif façon économiseur d'écran que plongé dedans pendant des heures).

Et Shadow of the Colossus sans les colosses, au secours. Je préfère aller dans la campagne, c'est pareil mais 1.000.000 de fois mieux.

Citation :

Le 2007-02-05 13:04, Pierre_Gaultier a écrit:
Fahrenheit 9/11 est juste un mauvais film, aux effets grossiers et aux raccourcis stupides, et c'est la seule raison pour laquelle il ne méritait pas la palme d'or -même si je soutiens tout à fait le but de Moore.

Pas faux, en fait tu dis à peu près ce que je pense sur ce film. Au final je me suis dis : "c'est discutable mais si ça peut éviter qu'on ai de nouveau Bush", et maintenant qu'on a eu de nouveau Bush... je me souviens du mal à l'aise extrême que j'ai eu quand la caméra, telle un vautour, se penche pour que l'on voit bien la mère du G.I. mort pleurer à genoux. Beurk.

Mauvais exemple, donc, mais de la même façon que l'on peut faire un jeu vidéo avec une sensibilité de peintre, j'imagine que l'on peut faire un documentaire avec un talent et une vision de cinéaste sans pour autant que l'on en vienne à dire que les deux genres ne sont pas séparés.

Citation :

Le 2007-02-05 13:04, Pierre_Gaultier a écrit:
Hum, monde virtuel c'est beaucoup trop flou à mon goût. Quand tu t'imagines coucher avec ta voisine (ou ton voisin ;o), c'est du monde virtuel. Quand tu lis aussi. Quand tu rêves à tes vacances, idem. Quand tu t'immerges dans le dernier Lynch, pareil. Bref, you got the point ^^ Disons que c'est un "monde virtuel représenté sur un écran et où l'on se déplace et agit grâce à une interface". Mais bon, je pinaille, c'était sûrement impliqué dans ta définition de monde virtuel ^^

Hehe, en fait j'aime bien ta réponse parce que à l'époque où le terme était à la mode le terme "virtuel" était utilisé à tort et à travers, en particulier par des intellos qui s'en servaient pour faire peur et flinguer le jeu vidéo et l'image de synthèse. Il y avait eu un texte de Michel Serre très marrant où il remettait les pendules à l'heure, disant que l'idée du (monde) virtuel était aussi vieille que l'humanité, notamment : "Madame Bovary, elle était en plein dans le virtuel, et pourtant personne ne dit du mal des livres".

On pourrait dire "loisir interactif", dont une sous-catégorie serait le jeu vidéo, ou alors "monde virtuel interactif"...

Enfin contrairement à toi je n'ai pas de problème avec certaines conventions du jeu vidéo [EDIT : à part quelque unes, notament récolter les trois pierre de sagesse ou les 8 morceaux de la triforce ou l'épée brisée etc. ça commence à me brouter]. En fait, les jeux claironnant qu'ils sont "à part" sont pour moi des échecs : Black & White, Shadow of the Colossus (j'ai dit pour moi attention), Killer7 (j'ai moitié aimé moitié haï).

Même ICO je le trouve limite un peu trop long (pourtant il est court) et surtout trop épuré, pas assez riche dans sa narration, ses décors et son gameplay (et pourtant même en étant aussi épuré il est bourré de clichés - qui ne me dérangent pas mais ça tranche beaucoup avec ce que l'on peut en lire). Pour moi je trouve Metroid Prime bien plus réussi sur le plan contemplatif et ludique, même si je vois effectivement ICO comme une oeuvre d'art merveilleuse. En fait, je me méfie de plus en plus des jeux qui ont l'air d'avoir honte d'être des jeux, et qui se présentent comme des "expériences", ça ressemble à un alibi pour se mettre au-dessus des critiques et au-dessus des autres jeux, et ça m'horripile. J'en suis venu à détester Molyneux.

Sinon, pour Silent Hill 2 j'ai peut-être confondu avec Twipol.

Pierre
Pixel monstrueux
Citation :
documentaire monté de manière certes artificielle mais plus 'romancée' et plus proche du montage d'un film que beaucoup de docus


J'ai jamais dit que c'était pas le cas, je trouve juste le film mauvais ^^

Sinon, ce que dit Lyle n'exclut pas forcément des éléments narratifs, il me semble.

Plus généralement, ce que j'attends maintenant du jeu vidéo, et ce que Ueda (entre autres) fait très bien, c'est une recherche de l'épure, de la justesse, de l'élégance expressive, une meilleure réflexion sur la façon de communiquer des émotions, des idées, des sensations avec des moyens propres aux jeux (ou brillamment empruntés à d'autres media, comme la caméra ultra cinématique de Gears of war, façon reportage de guerre), et en laissant tomber les conventions à la con, les automatismes de design dès que c'est nécessaire. En remettant ça en question, les jeux "contemplatifs" me semblent un pas dans le bon sens.

Citation :
J'ai toujours du mal à comprendre des 'jeux' comme English training sur DS ou le truc qui ressemble au Guide du Routard sur PSP. Des produits intéressants, oui. Des jeux vidéo, je ne suis pas totalement d'accord.


English training, ça a l'air juste mauvais. Cérébrale Académie, par ex, c'est l'art de faire un vrai jeu fun à partir d'une matière rarement utilisée pour elle-même dans le jeu vidéo (de la pure logique, du calcul...).

IsKor
Camarade grospixelien
Belle réflexion Lyle, mais je me demande si je ne me ferais pas un peu ch.... au bout d'un moment dans ton monde.
Je prend le jeu du moment dont l'un des aspects est effectivement contemplatoire: Oblivion.
Je me surprend souvent à baguenauder tranquillement dans la nature, à faire pas mal de déplacements 'temps réel' (sans fast travel - enfin le moins possible, étant donné que mo n Oblivion plante lamentablement très souvent), je regarde passer un troupeau de biches...
Mais rapidement, il faut que je défouraille, sinon, ben je commence à m'embêter []

Jika
Pixel planétaire
Pour ma part, la réponse est plus catégorique : un tel jeu ne pourrait pas me plaire. C'est aussi simple que ca.

J'aime le côté contemplatif du jeu vidéo, j'aime me balader et voir des vies/sociétés (The Nomad Soul, un vrai pionner dans ce genre !), contempler uniquement le graphisme et l'image à elle seule (la notion esthétique n'est absoluement pas négligeable, et ce phénomène ne date pas uniquement de jeux récents comme Ico ou Shadow of the Colossus : j'ai passé des heures à regarder des jeux comme Landstalker ou Skies of Arcadia. Plus le temps passe, plus on besoin de matos pour s'extasier, mais à l'époque ces jeux là suffisaient), ou meme à contempler uniquement des persos/PNJs (récemment, Viva Pinata me facine et j'avoue que le coté aquarium 'je regarde les animaux' joue beaucoup à mon addiction).

Cependant, un jeu vidéo est avant tout ludique pour moi. Voila pourquoi j'ai toujours eu du mal avec GTA ou The ElderScrolls : des milliers de truc à voir, à contempler, mais la trame ludique du jeu est pour moi trop faible. J'ai du mal à rentrer dans ce jeu, à m'y attacher, à me l'approprier. Et là, on dérape sur le bac à sable. Je sais, j'adore ce terme. Mais pour moi, ce dont parle Lyle, c'est l'évolution ultime du bac à sable. Et pas forcément celle qui me plait. Un jeu sans but sera à mes yeux moins percutants. Pourquoi ? Parce que je ne m'attends pas qu'à voir passivement des choses quand j'allume ma console, je veux de l'histoire, des personnages, de l'action, des choses qui bougent. Et là, les longues promenades d'Oblivion que j'ai trouvé chiantes comme un mauvais Derrick (pléonasme) me confortent dans cette idée.

Comme je disais, un jeu doit etre ludique : voila pourquoi j'ai du mal à comprendre des jeux qui ne le sont pas. J'ai toujours du mal à comprendre des 'jeux' comme English training sur DS ou le truc qui ressemble au Guide du Routard sur PSP. Des produits intéressants, oui. Des jeux vidéo, je ne suis pas totalement d'accord.

J'ai accroché à d'autres bacs à sable comme Dead Rising parce qu'ils ne sont pas que un bac à sable. Sans sa trame scénaristique, DR m'aurait probablement fait c... Là, il me contraint à suivre son histoire (l'influence du temps qui passe est indéniable : il m'interdit plus ou moins à trainer sans but et ainsi tuer mon intéret pour le jeu). Viva Pinata est également dans le meme cas : sans l'expérience, l'ajout régulier de gameplay, les nouvelles espèces, j'aurais décrocher trop vite : VP maintient l'interet du joueur en ajoutant de nouveaux éléments à intervalles réguliers, sans que le joueur ne les demandent. Pour ma part, je trouve que GTA ou the ElderScrolls (les jeux les plus pres de ce que décrit Lyle) laissent trop le joueur à l'abandon, que leur 'liberté est au contraire un handicap, plutot qu'un atout, à force de vouloir un déroulement non linéaire...

Un designer réfléchit toujours à la courbe d'intéret du joueur dans son jeu, à quels moments le joueur va t il etre plus attaché au jeu, quand son intéret pour le jeu va croitre ou décroitre. Maintenir le rythme d'un jeu n'est pas chose aisée, et là, un jeu totalement dénué de but verrait cette courbe s'effondrer en quelques minutes. D'ou le constat : un jeu comme ca, pour ma part, c'est 30 minutes d'emerveillement, puis une chute de l'interet jusqu'à l'abandon complet. Pour ma part, il faut m'entretenir l'envie de poursuivre.... Voila pourquoi à mes yeux le titre dont parle Lyle est soit un jeu auquel je n'accrocherai jamais, soit quelque chose qui n'est pas un jeu...

J'ai répondu très vite, je reviendrai peut etre dessus, mais pour ma part, la réponse est 2, sans hésiter.

PS : pour moi, un documentaire fait aussi partie du cinéma. Je partage donc ton avis Pierre. Par contre, je suis désolé, mais je suis complétement pas de ton avis à propos de Fahrenheit 9/11, documentaire monté de manière certes artificielle mais plus 'romancée' et plus proche du montage d'un film que beaucoup de docus. Fin du HS.

Pierre
Pixel monstrueux
Citation :
Je suis un grand défendeur du numérique, mais un tableau en 3D sur ma TV ne vaudra jamais ça... ni, pour des environnements non réaliste : dans une galerie d'art je regarde un tableau, s'il me plait je reste une dizaine de minutes devant à entrer dedans, puis je passe à un autre. Pour moi c'est mieux, plus abstrait et plus dynamique, ça fait marcher l'imagination, aussi.


Sauf que le jeu vidéo a évidemment des possibilités formelles très différentes de la réalité, de la peinture ou du film. Et d'une on peut se déplacer dans un univers imaginaire. Et de deux, dans un jeu, les lois physiques de la réalité peuvent être totalement abandonnées. Adieu la gravité, adieu les contraintes de poids, de forme, de taille... En gros, les possibilités formelles du jeu vidéo sont similaires à celles du cinéma d'animation, l'interactivité en plus. Ce qui donne les paysages mentaux de Psychonauts, les déformations de l'espace d'Ocarina of time, les couloirs malléables de Rez, les architectures démesurées d'Unreal, Halo, FFXII ou Gears of war... Tout ça, seul le jeu vidéo peut le faire en nous laissant arpenter ces univers. Et il n'exploite vraiment pas assez cette liberté, d'ailleurs. Pour ce qui est de stimuler l'imagination, je pense qu'un décor de jeu peut le faire aussi bien qu'un tableau -mais bon, là encore, c'est une possibilité peu explorée par les développeurs.

Citation :
(je suis par ailleurs d'accord avec Zefou pour dire qu'un documentaire n'est pas un film, il peut tout à fait y avoir des exceptions et des "floutages", mais Fahrenheit 9/11 gagner le prix du meilleur film, il ne faut pas déconner).


Fahrenheit 9/11 est juste un mauvais film, aux effets grossiers et aux raccourcis stupides, et c'est la seule raison pour laquelle il ne méritait pas la palme d'or -même si je soutiens tout à fait le but de Moore. Dans les grands documentaires il y a toujours un grand regard de cinéaste, à mon avis. L'homme d'aran, de Flaherty, c'est ni tout à fait du docu, ni tout à fait de la fiction, c'est un grand film, point. La puissance des cadrages, la nature déchaînée qui engloutit les hommes, le surdécoupage brillant et délirant (d'autant plus que ça a été tourné dans les années 30)... C'est sublime et voilà.

Citation :
Je l'ai ressenti d'abord dans les "livres dont on est le héros" (mon site est inspiré du concept), puis dans une émission TV qui s'appelait "Le Grand Labyrinthe" et qui me fascinait, puis dans la façon dont les livres de Lovecraft se connectent entre eux et sont très visuels dans leur description et mythologie, puis un peu dans le jeu de rôle papier, puis dans les vieilles images de synthèse genre Imagina qui adoraient imaginer des écosystèmes hallucinés, puis dans pas mal d'auteurs de gravures et tableaux (Escher, Giger, Dali, Bekinski), puis dans des jeux comme Myst ou American McGee's Alice ou Metroid Prime ou la bande à ICO, puis très récemment dans les documentaires de la BBC sur la préhistoire ("sur la Terre...") qui vont des premier arthropodes aux hommes préhistoriques - des fois je le mets juste pour les images et cette façon d'explorer un monde.


Oui, je suis d'accord, il y a des correspondances dans tout ça. C'est sûrement pas un hasard si beaucoup de joueurs étaient fascinés, dans leur enfance, par les livres dont vous êtes le héros, les jeux de plateaux, les jeux de rôles papier, les films d'animation... Pour moi, le jeu vidéo était la suite logique et une sorte d'aboutissement de cet intérêt pour tout ça.

Citation :
Ben pour moi le point commun entre tout ça (et mon site) c'est du monde virtuel. Tout bêtement, c'est comme ça que ça soit s'appeler (et que je définis mon site, même s'il est forcément plus cinématographique que ce que dit Lyle). C'est amusant d'ailleurs car à une époque le terme était très à la mode puis il a disparu.


Hum, monde virtuel c'est beaucoup trop flou à mon goût. Quand tu t'imagines coucher avec ta voisine (ou ton voisin ;o), c'est du monde virtuel. Quand tu lis aussi. Quand tu rêves à tes vacances, idem. Quand tu t'immerges dans le dernier Lynch, pareil. Bref, you got the point ^^ Disons que c'est un "monde virtuel représenté sur un écran et où l'on se déplace et agit grâce à une interface". Mais bon, je pinaille, c'était sûrement impliqué dans ta définition de monde virtuel ^^

Citation :
tu montes au créneau quand on critique Shadow of the Colossus ou Silent Hill 2.


Ha non, SH2 c'est pas moi, je n'ai aucune passion particulière pour cette série, à la fois parce que je la connais très mal, et parce que ce que j'en connais (le début des deux premiers, en gros) me gonfle par ses mécaniques rances de jeu d'aventure qui entravent l'immersion. Ceci dit, les quatre jeux sont tout premiers sur ma liste de trucs à faire ou reprendre.

Simbabbad
Pixel planétaire
C'est plutôt sympa cette discussion, Pierre, parce que ça permet de mettre le doigt sur un truc qu'on a toujours abordé indirectement jusqu'à présent et qui est LE truc qui te passionne, et qui fait que tu montes au créneau quand on critique Shadow of the Colossus ou Silent Hill 2.

Citation :

Le 2007-02-05 10:09, Pierre_Gaultier a écrit:
Ben écoute, ton site, il n'est pas forcément moins interactif que Myst ou un point and click ^^ Pour parler de ton site ou du jeu de Lyle il faudrait un nom moins restrictif que "jeu vidéo", et qui s'imposerait au grand public avec la même force que "documentaire", pour montrer que le jeu vidéo transcende parfois sa définition... Une promenade audiovisuelle interactive ? "Un exercice d’exploration virtuelle pure", comme dit Lyle ?

Mais que mon site soit interactif ne veut pas dire que c'est un jeu justement .

Tu sais, moi j'aime bien le terme "jeu vidéo". Jeu parce que c'est un jeu, et vidéo parce que c'est visuel : donc au choix immersif/narratif/esthétique, ou rien de ces trois-là. Je trouve que ça définit très bien le domaine en fait ; il y a même une consonnance technique à "vidéo" qui transmet bien le côté technologique et les prises de tête du médium, du genre : "est-ce qu'on peut jouer aux jeux Gamecube en 480p en passant par la retrocompatibilité de la Wii" ?

Moi je pense que tu aimerais tirer le jeu vidéo vers quelque chose qu'il n'est pas forcément, et qu'il serait préférable de trouver un autre terme (je suis par ailleurs d'accord avec Zefou pour dire qu'un documentaire n'est pas un film, il peut tout à fait y avoir des exceptions et des "floutages", mais Fahrenheit 9/11 gagner le prix du meilleur film, il ne faut pas déconner).

Je peux être très paresseux pour mon site et me contenter de dire que c'est un "site web", techniquement c'est vrai mais ça fait pas avancer les choses... il se trouve qu'à une époque j'ai adoré le concept de ce dont toi et Lyle vous parlez :

Je l'ai ressenti d'abord dans les "livres dont on est le héros" (mon site est inspiré du concept), puis dans une émission TV qui s'appelait "Le Grand Labyrinthe" et qui me fascinait, puis dans la façon dont les livres de Lovecraft se connectent entre eux et sont très visuels dans leur description et mythologie, puis un peu dans le jeu de rôle papier, puis dans les vieilles images de synthèse genre Imagina qui adoraient imaginer des écosystèmes hallucinés, puis dans pas mal d'auteurs de gravures et tableaux (Escher, Giger, Dali, Bekinski), puis dans des jeux comme Myst ou American McGee's Alice ou Metroid Prime ou la bande à ICO, puis très récemment dans les documentaires de la BBC sur la préhistoire ("sur la Terre...") qui vont des premier arthropodes aux hommes préhistoriques - des fois je le mets juste pour les images et cette façon d'explorer un monde.

Ben pour moi le point commun entre tout ça (et mon site) c'est du monde virtuel. Tout bêtement, c'est comme ça que ça soit s'appeler (et que je définis mon site, même s'il est forcément plus cinématographique que ce que dit Lyle). C'est amusant d'ailleurs car à une époque le terme était très à la mode puis il a disparu.

En ce qui me concerne, autant ça m'attire par le biai d'un autre medium, comme moyen, autant je trouve ça limite effrayant tout seul (comme je l'ai dit plus haut). Ou alors, si on affiche le monde en question sur un LCD posé au mur, comme un tableau/fenêtre, avec une bête télécommande qui permettrait de bouger dans le tableau à n'importe quel moment, je crois que ça me plairait bien. Quelque chose de court, ou de présent mais discret. Comme un tableau vivant dans lequel on peut bouger, éventuellement avec la possibilité de "changer de chaîne" d'un monde à l'autre. Mais y passer des heures dessus, assis seul devant pad en main, je trouve ça un peu glauque, tout à fait comme ce que dit WRC_Xelloss avec la pub d'Adidas.

Pierre
Pixel monstrueux
Citation :
Désolé d'en rajouter, mais je n'ai aucun scrupule à dire que un documentaire n'est pas du cinéma.


Pardon ? Bon je vais pas faire dérailler le topic mais franchement, la frontière entre docu et fiction n'est pas aussi claire que tu sembles le penser -comme en attestent les oeuvres de Flaherty, Depardon ou de tous les grands documentaristes, qui font assurément du cinéma, avec de vraies qualités de mise en scène, de montage, d'écriture, de rythme, etc. Sans parler des films "classiques" très "documentés" ou avec des intermèdes carrément documentaires. Perso je regrette que le jeu vidéo ne soit pas davantage documentaire, d'ailleurs. Marre de voir la guerre, par ex, traitée d'une manière exclusivement hollywoodienne dans les FPS. Bref fin du HS, désolé...

Citation :
Ce n'est pas infâmant non plus de ne pas être un jeu, d'ailleurs, mais le fait est que ça serait très différent d'un jeu vidéo à mon avis aussi. Comme je l'ai dit j'ai fait un site plus ou moins sur ce principe, et ça n'est pas un jeu non plus.


Ben écoute, ton site, il n'est pas forcément moins interactif que Myst ou un point and click ^^ Pour parler de ton site ou du jeu de Lyle il faudrait un nom moins restrictif que "jeu vidéo", et qui s'imposerait au grand public avec la même force que "documentaire", pour montrer que le jeu vidéo transcende parfois sa définition... Une promenade audiovisuelle interactive ? "Un exercice d’exploration virtuelle pure", comme dit Lyle ?

Citation :
Qui sait. Peut-être y a-t-il même dans le monde des millions de personnes qui seraient prêtes à en faire l’expérience. Vous savez , ces mêmes personnes que la vue d’un pad révulse, qui hurlent à la débilité dès qu’elle aperçoivent un fusil d’assaut pointer le milieu de l’écran.


Tu sais, je pense que c'est la raison essentielle pour laquelle les jeux d'aventure des débuts du CD-Rom, comme Myst, The Seventh Guest ou, en France, les Cryo, se sont vendus autant : ils proposaient des mondes virtuels beaux, intriguants (pour l'époque en tout cas) et parfois "culturels", sans challenge, sans frags, ce qui a séduit les gens hermétiques aux configs compliquées pour extraterrestres et aux fusils d'assault. C'est vraiment dommage que peu de jeux vidéo aient intelligemment digéré l'influence de ces jeux. Il y a bien l'introduction et la conclusion incroyables de Half-Life 2, spectaculairement contemplatives, mais c'est maigre...

Erhynn Megid
Pixel planétaire
Je vais troller un bon coup, la perche était bien tendue, je l'attrape à deux mains -pas d'arrière pensées s'il vous plait, je fais ce que je veux avec cette perche-.

[troll]
Ce jeu dont tu parles, il existe déjà et y'en à même deux : c'est Feignasse Fantastique X et XenoSabbat. Si pour le premier on l'a déjà répêté mille fois, le second est digne des Feux de l'Amour. Seulement il n'a pas grand chose pour être attirant pendant ses cinématiques tant le tout est louuuurd.
[/troll]

Blague à part, ton post est remarquablement écrit. En ce qui concerne un tel concept, j'avoue que moi même je serais bien sceptique. Serais-je capable d'adhérer ? C'est possible. []




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