Le 1er site en français consacré à l'histoire des jeux vidéo
Actualité de l'émulation [contenu fourni par Emu-France]
.HACK
Année : 2002
Système : Playstation 2
Développeur : Cyberconnect2
Éditeur : Atari
Genre : RPG
Par Mickmils (27 juin 2005)

Il y a des jeux qu'on aimerait aimer.

On a tous joué à un de ces jeux, vous savez, ce jeu qui pendant les premières heures vous pousse à hurler intérieurement un "Mais... c'est génial!" et qui, au bout de quelques heures, vous plonge dans les méandres de l'ennui. Alors ce jeu, on l'abandonne avant d'en voir la fin, le coeur empli de tristesse et d'espoirs déçus. Un peu comme une relation avec une jolie fille aux yeux profonds qui, bien que toute gentille, n'a pas beaucoup de conversation et vous ennuie horriblement.

Un jeu vidéo, parfois, c'est une jolie fille.

.Hack, c'est une jolie fille, mais qui parle trop pour ne rien dire.

.HACK//SIGN

.Hack (prononcez Dot Hack) a sur le papier tout de la manoeuvre commerciale qui vise à entuber le fan en le forçant à acheter TOUT ce qui se rapporte de près ou de loin à la série. Et pour cause, .Hack raconte une histoire déclinée via différents médias : Dessin animé, manga, OAV, et enfin jeu vidéo. C'est bien sûr surtout à ce dernier que l'on va s'intéresser ici, mais il est impossible de cerner .Hack sans détailler les autres produits.

Au début, il y eut le dessin animé.

.HACK//SIGN est donc un anime plutôt classique sur la forme (série de 26 épisodes, musiques, dessins et animations sympatoches sans jamais être transcendants) mais assez original sur le fond. Et pour cause, on n'y voit jamais les personnages. Toute l'action de .HACK//SIGN se passe dans un monde virtuel, un MMORPG où nous voyons différents avatars entre eux. L'histoire, pour la résumer brièvement se concentre autour d'un joueur mystérieux, Tsukasa, qui prétend être incapable de se déconnecter. Bien sûr, si vous jouez à World of Warcraft, vous aurez l'impression d'être au fond de vous-même un peu un Tsukasa, sauf que lui est connecté en permanence, 24h/24, 7 jours sur 7, ce qui intrigue évidemment les joueurs autour de lui. Et c'est ainsi que commence .Hack , avec des amis online de Tsukasa qui tentent de percer le mystère l'entourant, semblant lié à la nature même de The World, jeu vidéo dans lequel ils évoluent.

Tsukasa

L'anime est sur le fond intéressant de par ses protagonistes. On trouve comme personnage, le vieux père de famille qui devient un gros guerrier et qui sympathise avec une adolescente, l'adolescente plus ou moins hystérique peut-être un peu trop curieuse, le player killer absolument insupportable, et une handicapée qui trouve dans ce jeu la liberté et l'anonymat qu'elle n'a pas dans le monde réel.

Seulement, .HACK//SIGN a un gros problème. Ca parle, ça parle, ça parle, et ça ne dit rien. Je n'ai jamais vu de ma vie un anime aussi lent que .Hack//Sign. Les 26 épisodes paraissent durer une éternité. Dot Hack aurait pu tenir en un seul film de 1h30 minutes. On regarde à chaque fois l'épisode suivant en espérant qu'il s'y passe enfin quelque chose, et souvent... non il ne se passe rien.

La fin de la série enchaîne directement avec le début du jeu vidéo... Je ne détaillerai donc pas d'avantage.

.HACK// .... Le jeu ...

Sans la dévoiler, la fin de la série appelle à une suite. Cette suite, c'est une série de 4 jeux sortis sur PS2. Ou alors est ce un seul jeu en 4 parties ? On touche là au GROS problème de .HACK, mais nous y reviendrons plus tard.

L'originalité du jeu .HACK commence dès l'ouverture de la boîte. On y découvre dans chacun des 4 épisodes 2 DVD. Le premier DVD contient le jeu en lui même, l'autre DVD contient un OAV, .HACK//Liminality. Alors que le jeu vous propose, à vous qui lisez cet article, de vous créer un personnage dans The World et d'y interagir avec les autres joueurs, l'OAV décrit les événements qui se déroulent simultanément, mais cette fois, dans le monde réel. Une présentation des choses intéressante.

Et quand on insère le jeu dans sa PS2, c'est encore plus intéressant.

.HACK// est un ... simulateur de MMORPG. Ne comprenez pas par là un jeu immense à la Morrowind, mais un énorme Diablo-like où tous les personnages que vous côtoyez sont censés être des autres joueurs connectés au même serveur que vous, alors que l'ensemble se joue évidement offline. Lorsque vous démarrez .Hack, vous vous retrouvez sur un bureau d'ordinateur. Vous pouvez aller vérifier vos emails, regarder un site internet de news, accéder à un forum de discussion ou bien sûr vous connecter dans le jeu, où un ami vous attend.

Dans la première heure du jeu, vous êtes tutoré par un ami qui vous montre les différents mécanismes du jeu. Seulement voilà, au bout de quelques minutes, votre ami se fait attaquer par une étrange créature, et vous perdez la connexion... Un peu plus tard, vous apprenez que votre ami est tombé dans le coma. Pourquoi ? Comment ? Votre quête commence.

Les villes racines, pôles d'activités de .Hack au design intéressant, sont presque les seuls endroits originaux du jeu

Le déroulement du jeu est sur le fond assez classique. Une ville, des donjons. L'histoire avance à chaque fois que vous terminez un donjon. Seulement, il est extrêmement immersif de par sa forme. Le jeu force à d'incessants allers-retours entre "The World" et votre ordinateur, pour correspondre avec les différents personnages par e-mail et forums interposés. Souvent sur les forums, des joueurs demandent de l'aide. Vérifiez un peu plus tard, une réponse est apparue, et elle peut vous être utile à vous aussi.

Il y a une puissance narrative impressionnante dans .Hack qui vous fera aller de surprise en surprise, également grâce à la relation que les personnages entretiennent entre eux. Ainsi, cette toute petite jeune fille à la voix fluette est en fait une maman trentenaire. Plus tard, quand vous commencez à avoir un niveau assez élevé, un "newbie" viendra vous voir pour des séances de leveling, les personnages auxquels vous faites appel ne seront pas toujours là car ils mènent une vie en dehors du jeu. Les dialogues sont ponctués de "LOL", de smileys, ou de moments de silence suivis d'un "j'avais quelque chose sur le feu". Et c'est là le plus choquant, les faux personnages de .Hack sont souvent bien plus humains que ceux des vrais MMORPG. Une histoire d'amour peut-elle se nouer entre ces personnages qui ne se voient pas ? Attention, car deux personnages qui semblent avoir le même âge dans le jeu ne l'ont pas forcément dans la vraie vie. Besoin d'un item ? Pourquoi pas faire du troc avec un autre joueur ?

Consultez régulièrement vos emails et le forum

Bref, que du bon de ce côté là. Le système de combat ressemble à du semi-temps réel. L'action se déroule de manière continue mais on sent bien qu'il existe des tours par la facon (léger décalage à chaque fois) dont sont portés et reçus les coups. De plus, on ne contrôle que son seul personnage. Les autres vous suivent et attaquent d'eux-mêmes. Cependant, une pression sur un bouton et on peut leur donner tous les ordres que l'on veut. Contrairement aux vrais MMORPG, vos coéquipiers vous obéiront à chaque fois (en commentant parfois l'éventuelle absurdité de vos ordres). Cela veut dire que si vous mourez, y'a plus qu'à serrer les fesses et espérer que l'un d'entre-eux a de quoi vous ressusciter.

Les donjons sont générés aléatoirement via un système de mots-clefs. Il y en a des millions. Manque de bol, c'est à chaque fois un assemblage de salles qui se ressemblent toutes. Néanmoins, les ennemis sont relativement variés et les combats sont assez intéressants. Si Dot Hack est donc un Dungeon-RPG classique dans un univers intéressant employant un procédé narratif nouveau, il n'en reste pas moins qu'une chose vient tout gâcher. Un défaut qui petit à petit supprime dans le coeur du joueur toutes les qualités du jeu.

Les extérieurs sont assez réussis artistiquement... mais très répétitifs et la distance de vue fait un peu pitié...

Tout d'abord, c'est répétitif. Bien entendu, un Dungeon-RPG/Diablo-Like est forcément toujours un peu répétitif, mais le jeu n'est rien d'autre qu'un assemblage de donjons qui se ressemblent tous avec des ennemis un peu plus forts à chaque fois. Et voila l'erreur de CyberConnect/Bandai : avoir tronçonné le jeu en 4 volumes, vendus en Europe au prix fort de 60 euros chaque... pour une durée de vie de 15 heures par exemplaire. De plus, le scénario pourtant si original est lent. Vous n'avez pas idée à quel point c'est lent. Vous passez la moitié du temps à courir après un truc qui n'est plus là quand vous arrivez, ou à tuer des boss "parce qu'on vous dit qu'ils sont là", sans savoir pourquoi. À la fin du premier épisode on est empli d'espoir car l'effet découverte a joué. Alors on achète le deuxième DVD, voilà, ca fait déja 120 euros. On le finit en une douzaine d'heures et le scénario n'a toujours pas avancé. On achète quand même le troisième, au cas où. 180 euros... Et le jeu commence à devenir dur. Il faut faire du leveling régulièrement pour avancer.

Des couloirs sombres et des monstres : pas de doute, c'est un donjon. Vos alliés communiquent souvent pendant le combat et donnent des informations intéressantes.

Seulement voilà... est-ce que ça en vaut la peine ? Dot Hack est un jeu que je ne finirai peut-être jamais, car trop long pour un scénario trop court mais rallongé artificiellement... Les sites et magazines l'ayant testé ont tout d'abord donné à .Hack des notes assez bonnes, puis à chaque épisode, ces mêmes notes ont baissé. Et ça se comprend, car si le gameplay de .Hack est efficace, le fait que tout soit répétitif dans ce jeu y compris les graphismes et le scénario, fait monter une lassitude chez le joueur, lassitude qui tôt ou tard atteint le seuil critique : celui où l'on range le jeu dans une armoire sans jamais le finir. À titre indicatif, j'ai eu le courage d'aller jusqu'à la moitié du 3ème épisode... avant de me souvenir que j'avais des jeux plus intéressants qui n'attendaient que moi.

Au final, Dot Hack est une curiosité par sa présentation et sa forme narrative qui émerveillent pendant quelques heures, et qui surprend par son originalité. Hélas! le jeu reste plat et trop classique dans son gameplay, et il est surtout trahi par un scénario et un rythme complètement mous. Dommage, avec plus de pêche, .Hack avait tout de l'éternel classique. Il aurait pour cela fallu des choses toutes simples pourtant : en faire un seul jeu au lieu de quatre (ce qui aurait de plus l'avantage de ne pas prendre les consommateurs pour des vaches à lait) et raccourcir un peu le scénario... Si vous voulez commencer .Hack, dites vous que vous n'irez probablement pas jusqu'au bout, mais que vous passerez au moins quelques heures inoubliables.

Mickmils
(27 juin 2005)
Un avis sur l'article ? Une expérience à partager ? Cliquez ici pour réagir sur le forum
(12 réactions)