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Tales of the Arabian Nights
Année : 1996
Système : Arcade
Développeur : Williams Electronics
Éditeur : Williams Electronics
Genre : Flipper
[voir détails]
Par Tonton Ben (16 novembre 2018)

Vous êtes en manque de princesse à sauver ? Vous cherchez un défi majeur face à une force supérieure qui tente d'imposer sa loi sur vos congénères ? Ne cherchez plus ! Voici Tales of the Arabian Nights !

Un petit conte oriental, ça vous dit ?

Il y a bien longtemps, dans une galaxie lointaine...

Houlà, non, il y a erreur sur l'époque ! Ok, pour la princesse, je suis d'accord, mais dans ce flipper made in Williams, pas de combat en sabrolaser avec un gars tout noir encapsulé, ni de de dogfights acharnés dans l'espace. Non, apprêtez-vous à plonger dans les contes des Mille et Une Nuits, car Tales of the Arabian Nights se propose de brasser les légendes orientales les plus populaires dans une table très fournie et très originale ; ambiance Magic Carpet garantie !

La table paraît fouillis, de loin, mais avec un peu de pratique, tout devient clair.

Face aux attaques dévastatrices d'un Djinn immense, vous allez devoir récupérer les sept joyaux d'un cimeterre qui permettra de le pourfendre, pour libérer la belle qu'il retient prisonnière. Mais les gemmes en question ne s'acquièrent pas si facilement, et chacune d'entre elles fera l'objet d'un défi contenu dans les fameux contes des Mille et Une Nuits.

Le joueur sera ainsi amené à revivre sept fabuleuses aventures : Sinbad contre les rocs, Ali Baba, la légende du cheval volant, Shéhérazade, la grande course de chameaux, la poursuite des quarante voleurs en tapis volant, et le Cyclope. Les objectifs à accomplir sont classiques, leur difficulté variable, de la simple rampe à valider aux cibles à abattre, en passant par les bumpers à frapper. Bien sûr, il est possible de court-circuiter les challenges en récupérant lesdits joyaux par une trappe trésor plutôt facile à activer. Tout comme dans Theatre of Magic, et dans bien d'autres flippers, l'accomplissement de ces objectifs généraux débloquera le mode wizard de la table, l'affrontement final avec le Génie.

Une très belle affiche promotionnelle qui vante les mérites du flipper.

Avec un design général extrêmement bien soigné, Tales of the Arabian Nights est un régal pour les yeux ! La vitre est superbement travaillée, et le plateau n'est pas en reste, même si l'on note une différence de style. Le flipper est bourré de détails graphiques, et fourmille de diodes, conférant une impression de fouillis qui peut légèrement gêner la lecture de la table.

Car ce qui attire d'entrée l'attention, c'est ce Génie bleu imposant fiché au fond du plateau que le joueur se donnera la peine de viser régulièrement. La zone de tir est particulièrement grande, et seule la lampe magique vient perturber les trajectoires. En effet, l'artefact légendaire est posé sur un cercle qui tourne lorsque la bille heurte l'objet, déclenchant l'engrangement de points, mais déviant les tirs, parfois dangereusement. Cette originalité de la table peut vite se transformer en objet de frustration, ajoutant une part importante de hasard dans les parties.

Le Blue Djinn à déchirer... (rires).
Frotte la lampe et fais un vœu !

Le tout est agrémenté de rampes fantasques, qui se croisent, se retrouvent, et font des cercles concentriques où l'élan de la bille doit être au maximum pour qu'elles soient parcourues à fond. Le démarrage se montre lui aussi un peu spécial, puisque le skill shot se détermine sur un choix de trois cibles placées directement au démarrage de la rampe de lancement, qui redescend ensuite directement vers les pales, à la manière de Theatre of Magic. Des coursives sont présentes en-dessous des rampes, menant à des caches de lock, parfois difficiles à atteindre. De même, le génie n'est pas facile à toucher, l'angle entre la lampe et les rampes étant un peu trop restreint, et demandant une certaine position sur les pales.

Et un joyau, un ! Plus que six...
Pas content, le génie...

Une option de protection contre les chutes extérieures peut être activée, ce qui contrebalance un peu les trajectoires imprévisibles que peut prendre la bille dans les redescentes ou à cause de la lampe. Tales of the Arabian Nights ne se présente pas comme une table ardue, grâce à ses options de court-circuit, mais bien saisir les objectifs n'est pas toujours facile. Notez le skill shot original, qui consiste à viser en dosant la force, au lancer de la bille, une cible parmi trois, afin d'assommer le serpent qui se cache dans les nasses. Avec un peu de pratique, l'exercice se maîtrise aisément.

L'étoile filante est capturée avant qu'elle ne s'échoue en sortie.

Artistiquement, Tales of the Arabian Nights fait très fort, car il exploite au mieux son thème à l'identité très forte, qui rappellera immédiatement de très bon souvenirs aux vieux briscards du jeu de cartes Magic dont je fais partie. La table est colorée à souhaits, les animations de l'écran digital sont particulièrement soignées, si bien que qu'il arrive que l'attention du joueur soit détournée de l'action à leurs profits ; encore une technique mesquine des auteurs pour nous faire perdre des crédits... Mais le point fort réside dans l'ambiance sonore exceptionnelle : accompagnée de musiques de fond arabisantes agréables, la voix hypnotique de Shéhérazade, qui semble venir de l'au-delà, commente avec brio les évènements de la table. Bruits de combats de sabre, rires du harem, accueil du marchand, les ponctuations sonores sont variées et contribuent à plonger le joueur dans ces contes envoûtants.

Indispensable, Tales of the Arabian Nights ne laisse pas indifférent, et ne passe jamais inaperçu. Encore un coup de maître de Williams, qui signe ici une très belle œuvre.

Tonton Ben
(16 novembre 2018)