"La
voici... Est-ce qu'une plus belle moto de course a déjà
vu le jour ? Quand cette machine a été construite, une
seule règle a été établie : ce qu'il y
a de mieux serait tout juste suffisant... [...] Manque de chance,
cependant, vous ne pourrez jamais acheter cette machine si particulière.
Elle n'est simplement pas à vendre. Uniquement deux exemplaires
ont été créés... et le second a été
perdu. C'est donc le seul modèle restant. Le propriétaire
? Oh, il veut rester anonyme. Mais il offre cette machine comme récompense
pour une unique saison de course en deux manches. Seuls les meilleurs
pilotes peuvent se qualifier. Six jeunes hommes et femmes, remplis
d'ambition et d'enthousiasme..."
Ce
petit paragraphe est extrait de la documentation de No Second
Prize. Il résume parfaitement le jeu : une saison
de course, dont le vainqueur recevra un prototype de moto de course
hors-normes et unique au monde.
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La
boîte du jeu version Amiga. |
Moto
Racer !
Comme
de nos jours sur PC, les courses de motos sur 16 bits sont moins communes
que des courses de voitures (par course, j'entends soit simulation,
soit action ou conversion d'arcade). On pourrait s'amuser à
faire le tour de tous les jeux qui sont sortis, mais je préfère
rappeler quelques grands noms : Super Hang-On, Grand
Prix 500 II, RVF Honda, The Cycles,
ou en 3D : Team Suzuki.
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L'intro
du jeu sur Amiga. |
Thalion
Software est connu des joueurs de l'époque, pour de nombreux
titres tirant bien parti des capacités de l'Atari ST
et de l'Amiga 500, comme Chambers of Shaolin,
Wings of Death, Lionheart, Trex
Warriors... No Second Prize ne déroge
pas à la règle et propose un jeu à la réalisation
très soignée. L'introduction du jeu propose une superbe
animation, avec une excellente musique. On ne peut qu'apprécier
la beauté des dégradés et des nuances de couleurs
utilisées pour l'éloignement des objets, ainsi que de
la fluidité de l'animation.
Attention cependant, ces superbes dégradés ne sont pas
présents en cours de jeu. En fait, le jeu proprement dit est
moins beau, mais plus fluide !
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Le
menu principal, et le choix des pilotes de la saison. |
Un
clic gauche vous amène au menu principal. Il est alors possible
de commencer une saison, de s'entraîner sur un circuit, ou de
rappeler une sauvegarde précédente. On a également
accès aux records et aux informations des circuits.
Le plus intéressant étant sans conteste la saison complète,
quand on choisit cette option, les six pilotes (4 hommes et 2 femmes)
apparaissent pour que vous puissiez sélectionner celui ou celle
dont les performances vous correspondent le mieux. Les cinq caractéristiques
propres à chacun sont l'accélération, la vitesse
de pointe, la tenue en virage, les points de vie du pilote et la résistance
de la moto. Une fois que vous avez pris votre décision, vous
entrez votre nom, et c'est parti !
La
saison de championnat
Elle
se déroule en deux manches : la première consiste en
5 courses de 5 tours ; la seconde se déroule sur les 20 circuits,
avec 10 tours par circuit. La durée de vie du jeu est donc
assez longue, sachant qu'il faut bien compter un bon quart d'heure
pour boucler les 5 premiers tours sur le Paul Ricard... Il faudra
être persévérant et endurant pour réussir
à finir toutes les épreuves !
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Les
infos des deux premiers circuits. |
Une
fois que vous savez à quoi vous attendre au niveau du tracé,
validez (on vous propose à ce moment-là de régler
les vitesses auto/manuel et la sensibilité de la souris), et
après un court chargement, la piste apparaît. Vous commencez
toujours en dernière ligne, vos concurrents sont tous présents
devant vous : on les reconnaît à leur couleur particulière. D'ailleurs,
vous verrez que si vous essayez plusieurs personnages, la couleur
du tableau de bord de la moto changera également. Sur les captures
écran suivantes, je suis le pilote orange (Fabrizio).
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Le
départ. En dernière position, mais c'est pas grave,
je vais les doubler sous peu.. |
N'ayez
pas peur en voyant vos concurrents partir à toute vitesse :
il est impossible de les griller au démarrage. Mais ce n'est
que partie remise, car leur grande faiblesse, ce sont les virages.
En ligne droite il est parfois difficile de les doubler à la
régulière (surtout, ça dépend de votre
moto et de celle que vous essayez de dépasser), alors qu'en
courbe tous vos adversaires ralentissent plus que de raison, ce qui
permet de les dépasser facilement.
Enfin, facilement, il ne faut pas les percuter non plus, donc il faut
faire attention. Surtout qu'à la sortie du virage ils ont tendance
à accélérer assez fort... et ils risquent de
vous redoubler.
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Je
rattrape Michèle sur sa moto verte.. |
Le
concurrent en pole position est toujours survolé
par l'hélico. |
Le
radar en haut à gauche de l'écran permet de savoir avec
précision où se trouvent tous les pilotes, chacun d'eux
étant représenté par un carré de sa couleur
respective. De plus, ce radar est indispensable lorsque vous ne connaissez
pas bien la piste, afin de regarder l'approche des virages, en complément
des panneaux sur la piste (avec plus ou moins de flèches en
fonction de la difficulté du virage).
Les
concurrents et les obstacles
Vos
cinq concurrents directs (que vous avez pu découvrir lorsque
vous avez choisi qui vous vouliez incarner) ont donc leur propre couleur,
et en principe leur propre style de pilotage. Ils sont tous très
rapides au démarrage, et sont assez difficiles à rattraper
en début de course - à moins d'un gros virage peu après
la ligne de départ. Il n'y a que par rapport à eux que
vous obtiendrez des points une fois la course terminée : première
place = 3 points, deuxième place = 2 points, troisième
place = 1 point, et attention : sixième et dernière
place = -1 point !
En
dehors d'eux, vous allez rencontrer de nombreux pilotes de couleur
marron ou noire. Ils sont plus lents que les autres, et servent principalement
d'obstacles. Contrairement à d'autres jeux, ils ne zigzaguent
pas sur la piste, et les doubler en ligne droite ne pose aucun problème.
En courbe par contre, il faut faire plus attention. En tout cas, quel
que soit le nombre de ces pilotes que vous aurez doublé, ça
n'a pas d'incidence sur le classement.
Dans
tous les cas, percuter un adversaire entraîne un ralentissement
et des dégâts. Avec de la chance, la moto reste dans
l'axe et on repart sans avoir perdu trop de vitesse ; mais souvent,
la chute oblige à s'arrêter complètement, redémarrer
et rejoindre la piste si on s'est retrouvé dans l'herbe.
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Aïe
aïe aïe... Je n'ai pas intérêt à
percuter ce concurrent ! |
Ces
machins mauves... Ce sont des mines ! |
Les
obstacles font plus mal que les pilotes. En général,
percuter un élément du décor peut détruire
la moto en un coup. Ça arrive la plupart du temps quand on
n'a pas assez ralenti dans un virage serré - voire en épingle
à cheveux - et qu'emporté par son élan, on se
retrouve dans un gradin ou une autre construction. Il ne faut donc
pas hésiter à ralentir, mais moins que les adversaires...
On
trouve aussi de temps à autre des tremplins, qui font un peu
penser visuellement à des mines. Si vous les percutez, vous
faites un joli vol plané, et parfois l'atterrissage est rude...
Mieux vaut les éviter.
En
dehors de ça, la piste elle-même n'est pas trop piégeuse
(je ne parle pas du tracé). On trouve bien quelques descentes
et quelques montées, mais elles ne sont pas réellement
dangereuses. La moto, même à pleine vitesse, ne décolle
jamais (en dehors des fameux tremplins).
Les
dégâts de la moto et du pilote augmentent en fonction
des chocs. S'ils sont trop importants, la course est finie.
Les
replays
Comme
dans pas mal de jeux de ce style, on peut avoir un replay des derniers
instants de course. Dans No Second Prize, il suffit
d'appuyer sur une des touches entre 1 et 4 pour automatiquement obtenir
une vue différente des dernières secondes, respectivement
entre la vue interne, la vue arrière proche, la vue arrière
éloignée, et la vue de l'hélico... qui ne suit
que le pilote en tête de la course.
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L'hélicoptère
va me suivre, je viens de passer en tête de la course
! :) |
Bien
sûr, ces replays ne sont là que pour le fun. Lors de
la course, on ne peut pas changer de vue, on reste obligatoirement
en vue interne ; mais on peut revoir la séquence à tout
moment, sachant que pour revenir en course il faut appuyer sur la
barre d'espace.
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Vue
proche, vue lointaine, les replays sont sympas à regarder.
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La
réalisation
Vous
l'aurez constaté : graphiquement, c'est de la 3D assez dépouillée.
Les objets 3D constituant le décor sont relativement bien faits,
mais c'est vrai qu'il n'y en a pas beaucoup à l'écran,
certains trouveront que le jeu est vide... Pour comparer ce qui est
comparable, les objets sont tout de même plus variés
et plus complexes que ceux présents dans Team Suzuki,
l'autre course de motos en 3D sur Amiga. Par contre, le tableau
de bord de No Second Prize est moins travaillé
que celui de Team Suzuki, qui propose en plus quelques
animations au niveau des mains du pilote.
Pour
ce qui est de la modélisation des pilotes et des motos, je
reconnais que le résultat dans No Second Prize
est assez bizarre. On dirait qu'il y a eu une fusion moléculaire
entre le pilote et sa machine... Toutefois c'est mieux que ce qui
était proposé dans Team Suzuki : une
moto sans pilote !
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Quelques
images des décors qu'on peut trouver sur les circuits. |
Cependant,
c'est l'animation de No Second Prize qui est impressionnante.
Il n'y a pas le moindre à-coup quand on pilote et qu'on penche
la machine dans les virages, que ce soit quand on est seul sur la
piste ou quand on double 5 à 6 concurrents. L'impression de
vitesse est de plus assez bien rendue, on ne peut pas dire qu'on ait
l'impression de se traîner sur un vélo. Si on compare
une fois de plus avec Team Suzuki, il n'y a pas photo
: Team Suzuki est nettement saccadé. Par curiosité,
j'ai refait quelques tours avec ce jeu : l'animation de Team
Suzuki rend difficile le pilotage, surtout dans les virages
serrés, et au final comme on peine à diriger sa moto
on s'amuse beaucoup moins.
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Team
Suzuki, plus vieux d'un an, est dépassé par No
Second Prize, qui est plus beau et surtout bien plus fluide. |
Le
son : je le qualifierais de simple et efficace. Un bruit de moteur
standard, les crissements des pneus lors de virages un peu raides,
le bruit des moteurs des concurrents quand on les dépasse (avec
un bel effet Doppler), bref rien à redire à ce sujet.
Pour la musique d'intro, je le disais au début : elle est très
chouette, les sons utilisés sortent de l'ordinaire.
La
jouabilité est exemplaire. Grâce à cette animation
si fluide, le maniement de la moto à la souris se fait pratiquement
instinctivement. Bouton droit pour accélérer, bouton
gauche pour freiner, deux touches du clavier pour passer les vitesses
manuellement (à moins que vous préfériez les
vitesses automatiques), rien de plus pour piloter la moto. On prend
vite de l'assurance, à bien "enrouler" les virages
en les prenant à la corde, et il est possible de corriger les
erreurs de trajectoire tellement la moto répond parfaitement
et instantanément.
Au
bout d'un moment, on peut se sentir invulnérable. Un bon joueur
va réussir à distancer ses adversaires au bout de 3
tours... et s'il ne fait pas d'erreur, ils ne pourront jamais le rattraper.
Du coup, certains joueurs trouveront que le jeu est trop facile...
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Ça
se bouscule par ici... |
T'as
aucune chance Miyuki : je vais te doubler ! |
Pour
conclure, No Second Prize est une course très
intéressante et très bien programmée, surtout
au niveau animation. Certains pourront trouver qu'elle manque un peu
de challenge, car d'une part le maniement est parfait et pardonne
beaucoup d'erreurs, et d'autre part les concurrents ont tout de même
tendance à ralentir un peu trop dans les virages. Mais le jeu
n'a aucun équivalent sur 16 bits, et même de
nos jours le plaisir reste intact, au moins pour quelques tours, le
temps de découvrir ou renouer avec ce jeu.
D'ailleurs,
No Second Prize est désormais téléchargeable
légalement et gratuitement. Vous trouverez des infos intéressantes
sur le jeu ici : http://thalion.exotica.org.uk/games/nsp/nsp.html,
et de là vous pourrez accéder à un site très
complet sur Thalion, notamment à tous les jeux qu'ils ont édités.
Pour accéder directement au téléchargement du
jeu, versions Atari ST ou Amiga, c'est sur cette
page.
No
Second Prize fut testé :
- dans le Tilt n°108 de novembre 1992 (rubrique Hits, 17/20
version Amiga) ;
- dans le Gen4 n°51 de janvier 1993 (89%).
No Second Prize reçut les prix suivants
:
- une nomination aux 4 d'Or 1992 (meilleure simulation sportive micro).
JPB