NesLP
=== Parcours d'un gamer ===
** Insert Coin
**
Au plus profond
de nous sont enfouis nos souvenirs. Tel un journal de notre vie, cette accumulation
faussement hétéroclite d'émotions est notre patrimoine le
plus précieux. Nous ne construisons pas nos souvenirs, ILS nous construisent.
Pour les nostalgiques comme moi, qui cultivent la mélancolie que peut générer
le rappel de plaisirs lointains, disparus, faire resurgir ses souvenirs d'enfance
est un plaisir.
Une mélodie,
une odeur familière, repasser par des lieux que l'on a longuement fréquentés,
tout cela peut générer des flashs d'une grande violence. L'état
mélancolique généré par ces émotions peut vous
envelopper tout entier et vous transporter, telle une machine à remonter
dans le temps.
Tiens, par exemple,
lorsque je relis un vieux magazine tel que "Tilt", je perds 20 ans,
me retrouve en tee shirt orange avec une veste en jeans pleine de pins et un casque
de walkman autour du cou. Dans mes poches, une poignée de "Mentos"
au goût bien chimique de pomme verte et une cassette de "Metallica"
(un groupe d'ados californiens qui jouent de la gratte comme personne).
Ces brèches
spatio-temporelles j'arrive aussi à les ouvrir lorsque je lance MAME, ce
fabuleux émulateur dont je suis un fan de la première heure, pour
une partie de Galaga, Donkey Kong ou Space Invaders.
Tiens oui, Space
Invaders, ça y est : je suis en sandales, à peine assez haut pour
voir l'écran, il fait chaud cet été et la sono de la salle
de jeu du camping crachote les tubes de l'été : Supertram, Buggles
("video killed the radio star"), Rod Stewart et Blondie tournent en
boucle. Plaquée contre un mur de cette salle, une borne d'arcade, placée
de manière incongrue entre le baby et le billard, joue l'intrus. Tous les
jeunes s'excitent autour du baby, moi je n'ai d'yeux que pour cette chose qui
semble attendre son maître, et aussi... son heure. Cette machine m'hypnotise,
me fascine, un peu à la manière d'un David Vincent magnétisé
par le son et la lueur étrange, surnaturelle, d'un vaisseau venu d'ailleurs.
L'été
passé, c'est dans une obscure salle d'arcade adossée à un
centre commercial, accompagné de mon paternel (entrée interdite
aux mineurs !), que je me souviens être "passé à l'acte".
J'ai engouffré le porte-monnaie tout entier dans une borne Galaga. Au grand
désespoir de mon père d'ailleurs, qui passait son temps à
me donner des tapes sur l'épaule en faisant mine de sortir, pour me tirer
des bras de cette machine vorace.
Noël arrivé.
Quel bonheur et quelle surprise de découvrir au pied du sapin une console
Vidéopac (Philipps). Un seul cadeau, mais quel cadeau mes amis ! Je crois
bien que j'en ai oublié de manger ce soir là. Avec son clavier tactile
et ses deux manettes, elle faisant vraiment très pro cette console. Eh
oui, à cette époque, un tel objet sous la télé c'était
quand même le fin du fin, surtout face à l'Atari 2600 et sa très
kitsch façade... en bois. Je me souviens avoir passé des soirées,
des journées, des week-ends entiers à jouer à "Munchkin"
(superbe clone de Pac-man, bien plus original et ayant fait l'objet d'un procès
pour plagiat par Atari) et "Freedom Fighters" (clone de Defender, qui
se joue avec les deux manettes en même temps !).
A l'époque,
acheter une cartouche de jeu Vidéopac c'était un véritable
investissement : 300F l'unité (un salaire annuel pour un gamin de mon âge).
Autant dire qu'il fallait être vigilant, ne pas se tromper, lire, relire
les jaquettes des boites dans les présentoirs. S'imaginer ce que pouvait
bien être ce jeu, rêver, espérer, avant de succomber après
des semaines, des mois de réflexion (et d'économie !).
Heureusement, à la même période, les premiers magazines de
tests de jeux vidéo permettaient (enfin) de s'appuyer sur des avis éclairés.
Plus ou moins... Parce que pour être honnête, au début, ça
sentait bon l'amateurisme. Je ne parle pas de la maquette du journal, collée
à la UHU, mais de certains articles, rédigés visiblement
par des personnes qui n'avaient pas toujours testé réellement le
jeu ou qui ne faisaient preuve d'aucun recul.
J'entends déjà
les mauvaises langues dire que ça n'a pas changé. Certes, la presse
JV papier traverse une véritable crise, mais il existe tout de même
(encore) quelques bonnes publications (GameFan et Canard PC par exemple). Tiens,
Canard PC, c'est un peu le fils spirituel du fabuleux Hebdogiciel. Cet hebdomadaire
au format journal apparu en 1983 et à l'humour très "fluide
glacial". Hebdogiciel a accompagné mes années collège
et ma découverte du monde de la "micro". Il contenait majoritairement
des listings à taper soi-même, qui faisaient d'ailleurs l'objet d'un
concours permanent. Au fil du temps les rubriques se sont étoffées
: "Bidouille-grenouille" (trucs et astuces pour déprotéger
et recopier les jeux, sisi !), les "Deuxlignes" (mini-programmes en
deux lignes maximum), "Mini-mire" (news Minitel : eh oui, parce qu'Internet
à cette époque, comment dire...). Sans oublier bien sûr les
dessins caustiques de Carali (frangin d'Edika), qui sévissait aussi dans
un autre registre pour "Placid et Muzo poche" (les lecteurs de Pif Gadget
s'en souviendront certainement). L'Hhhhebdo était impotoyable avec les
nouveautés qui ne convainquaient pas. La liberté de ton était
totale, ce qui leur a d'ailleurs valu quelques procès retentissants. Franchement,
quel décalage avec les fadasses et policés articles "publi-reportages"
qui constituent l'essentiel de la presse JV actuelle.
Il faut dire qu'à
l'époque, c'était l'explosion de l'offre en terme de mirco-informatique.
Aucun standard ne s'était encore imposé, c'était la jungle
mais aussi la liberté, la créativité ! Dans la salle du club
micro de mon collège trônaient bien entendu les MO5 et autres systèmes
"sponsorisés", mais les veinards qui avaient la chance de posséder
un micro ne se privaient pas de le sortir pour le montrer : Alice (Matra), Oric,
Spectrum (Sinclair), même un Apple II étaient de la fête. Quelle
belle brochette de zinzins on faisait, tout le monde était gaga de son
micro et ne jurait que par son système adoré. L'ambiance dans ce
club micro, c'était un peu comme lorsque des fans de tuning auto se retrouvent
sur un parking de supermarché le week-end : une exposition de machines
bichonnées, une certaine rivalité (déjà), un peu de
frime et beaucoup d'émerveillement.
Les couleurs sur
les écrans étaient bien flashy, les sauvegardes sur cassette audio
la norme et "Kilo Octet magazine" affirmait dans son édito "A
quoi bon d'avoir plus d'1 Ko de RAM, vu toutes les possibilités offertes
par une telle capacité ?". A cette époque, où le ZX
80 était très répandu, ce discours se tenait. Billou en personne
ne s'est-t-il pas dit un jour "Bof, 640 Ko, c'est bien plus que nécessaire,
ça tiendra bien 10 ans !". La fameuse loi de Gordon Moore date de
1965, pourtant en 1980 personne ne pouvait encore présager de l'ampleur
qu'allait prendre l'essor de la micro les 15 années suivantes.
** Push Start **
Un Apple II, même
un simple Spectrum, étaient d'inabordables trésors pour le gamin
des années 80 que j'étais. La micro, les jeux vidéo, tout
cela m'était inaccessible en dehors de ma console Vidéopac, du Vic-20
(Comodore) de mon pote Christophe chez lequel je passais des week-ends entiers
et des revues que je dévoraient (Tilt en tête, suivi d'Hebdogiciel
of course, de List, L'Ordinateur de Poche...).
Ce n'est que le jour de mes 15 ans, à l'occasion de mon anniversaire, que
j'ai enfin eu la joie de posséder un micro, chez moi. Il s'agissait d'un
Amstrad CPC 664. Un modèle à la durée de vie commerciale
très brève, qui possédait un lecteur de disquettes 3"
(disquettes réversibles, qui coûtaient une véritable fortune,
ce format ne s'étant jamais imposé).
Avec le recul,
je peux l'affirmer, c'est bien à ce moment précis que je suis devenu
un gamer, un accroc du jeu vidéo.
Les petites annonces
de Tilt étaient un moyen efficace pour trouver des contacts pour échanger
nos jeux. Ceux-ci étaient le plus souvent stockés sur des casettes
audio, dont la duplication était assez hasardeuse, le signal audio s'atténuant
de copie en copie. Il n'était pas rare de prier devant le chargement d'un
"Knight lore" ou "Jet Set Willy", en redoutant ce maudit "load
error". Le transfert d'un jeu du format cassette vers disquette était
aussi une véritable épreuve. Cela ne pouvait se réaliser
qu'avec l'aide d'une série de peek & pokes cabalistiques et d'outils
spécialisés (comme "Transmat", un outil de "déplombage"
diffusé avec une newsletter contenant ces fameux "codes").
Il a fallu un
certain temps avant que la disquette ne s'impose parmi les amstradiens, avec l'avènement
du modèle 6128. Les jeux s'échangeaient alors en plus grand nombre
et la cours de récré devenait le lieu d'un véritable trafic
où les listings de jeux passaient de mains en mains. Pour assouvir ma soif
de posséder le plus de jeux possibles, je multipliais les contacts, par
petites annonces interposées, à travers toute la France. Mon budget
timbres et disquettes engloutissait l'essentiel de mon argent de poche et il fallait
ruser pour financer cette passion. Je me souviens par exemple avoir vendu des
jeux en y incluant un mécanisme de compteur de lancements qui effaçait
le jeu de la disquette après un certain nombre de parties (en espérant
ainsi générer un nouvel achat). Oui, je sais, c'est mal. Vous n'avez
jamais été jeune ? Cela dit, ce principe de "pay per play"
: quelle bonne idée. Une autre évidence était qu'il me fallait
passer au format de disquettes 5"1/4, en achetant le lecteur externe adéquat
(le miens avait un superbe boîtier en... carton). C'est tellement moins
cher à l'achat et à l'expédition les 5"1/4 ! Il ne fallait
pas non plus hésiter à trouer les disquettes avec une perforatrice
pour les utiliser en "double faces". Cette technique s'appliquait d'ailleurs
plus tard aussi, avec les disquettes 3"1/2 (mais avec une perceuse, la coque
étant bien plus résistante).
La même
pénurie d'argent de poche faisait qu'avec les potes on squattait le point
presse à côté du lycée pour lire les magazines de jeux
vidéo. A cette époque, la presse papier était la seule source
d'information pour les fans de JV. Autant dire qu'on était tous impatients
de découvrir le dernier numéro de nos revues préférées
dans les kiosques en début de chaque mois. Mais à 17 ou 20 francs
pièce, acheter ces revues tous les mois était impossible : c'était
le prix de 4 parties de billard ou 10 de flipper, vous vous rendez compte ?!
Avec un tel prétexte on n'hésitait jamais à retranscrire
méticuleusement toutes les petites annonces qui nous intéressaient.
Comme tout ça se faisait juste devant la caisse du buraliste, je vous laisse
imaginer les scènes auxquelles on avait droit régulièrement.
Pour vous dire, même 10 ans plus tard, ce buraliste continuait de me regarder
d'un oeil louche lorsque je rentrais dans son kiosque.
Tiens, des voix
me reviennent à l'esprit quand je repense à tout ça :
"C'est pas une bibliothèque ici !"
- Huhuhu. Sacré buraliste (faut dire qu'il avait raison).
"Ohh pu....,
mon annonce est passée !"
- Haha : passer des annonces du style "cherche contacts" dans Tilt,
c'était pas gagné d'avance (ça filtrait sévère
à la fin).
"Whoooaaah
! T'as vu l'image, on dirait une photo".
- Screenshot de "Defender of the Crown " : je m'en souviendrais toujours
de celui-là.
A cette époque,
il fallait savoir attendre et faire marcher son imagination :
les descriptions laconiques des jeux, accompagnées d'une pauvre photo d'écran,
étaient la norme dans les magazines. Curieusement, ce style minimaliste
générait en moi plus de curiosité et d'excitation que les
longs et verbeux articles qui sont les standards de nos jours.
La presse JV papier de l'époque fleurait bon la passion, voire l'amateurisme.
Tout ça rendait (à mon sens) ces revues plus "accessibles"
aux gamins qu'on était.
Avec l'Amstrad
et ma boulimie de jeux j'ai découvert sans le savoir des standards issus
de portage Spectrum ou Arcade (chose dont je n'ai pris conscience que des années
plus tard, à travers l'émulation). Certains titres spécifiques
à ce système resteront aussi à jamais gravés dans
ma mémoire. Encore aujourd'hui, je prends un sacré plaisir à
rejouer à des jeux comme Barbarian ou Jet Set Willy. D'autres jeux sont
pour moi tout aussi mythiques. Non pas qu'ils brillent particulièrement
par leur réalisation. Non, juste parce qu'ils constituent la fondation
de mon parcours de gamer. De mémoire (et dans le désordre) je peux
citer : Crafton & Xunk, The Rocky Horror Picture Show, Knight Lore, Sabre
Wulf, Cauldron, Bruce Lee, Sorcery, The Last V8, Elite, Saboteur, Beach Head...
Je préfère m'arrêter là, je ne peux pas être
exhaustif.
** Level up **
En 1986, à
peine après avoir acheté un Amstrad CPC 6128 suite à la revente
de mon CPC 664, je me suis laissé charmer par un système qui allait
marquer un tournant dans ma vie de gamer : l'Atari 520 ST. Il faut dire que dans
la boutique ou j'avais acheté mon dernier CPC, le vendeur m'avait assommé
d'arguments en faveur de la bébête. Sur le coup je suis resté
ferme et stoïque et je suis reparti avec un nouveau CPC comme prévu,
en faisant la sourde oreille. Mais une fois rentré chez moi, je n'ai eu
de cesse de ressasser ses arguments qui finalement ont eu raison de ma détermination.
Et voilà
qu'un beau jour de 1986 j'installe mon ST. Superbe écran, vraiment rien
à voir avec celui de l'Amstrad qui m'a rendu photosensible pour le restant
de mes jours. Une souris en standard. Un méga de RAM, rendez-vous compte
! Des disquettes au format standard (3"1/2) et des capacités graphiques
et sonores que je pensais taillées pour que ce système puisse s'imposer
à la terre entière pour les 20 ans à venir ! Tiens, c'est
curieux, je me demande si des possesseurs d'autres bécanes "concurrentes"
du même calibre n'étaient pas convaincus de la même chose.
Pour reconstituer
mon stock de jeux, j'ai innové (sur les conseils avisés d'un ami)
en négociant avec mes parents de rapporter un Minitel à la maison.
Je suis ainsi assez rapidement devenu un forumeur quotidien et noctambule sur
3614 RTEL, un serveur Minitel avec des salons pour tchater et des forums pour
poster ses PA. Un vrai repère de pirates, tous systèmes confondus.
La première facture téléphonique post-Minitel arrive dans
la foulée : 1390F. Ahhhrgl ! Va falloir rembourser. D'autan plus qu'à
la même période je m'amuse à monter mon serveur RTC et à
me connecter à celui de mon pote Fabrice (communication locale certes,
mais payante tout de même).
Avec l'Atari,
je suis aussi passé du statut de gamer à celui de coder. Assez rapidement
je me suis tourné vers la programmation en assembleur 68000. J'ai commencé
par potasser la théorie de longs mois (merci Eyrolles), pour ensuite coder
mes premières routines, puis, de fils en aiguilles de petites démos.
Ah, les démos. Quel incroyable univers ! Le CPC ne brillait gère
dans ce domaine, tout au plus pouvait-on voir quelques cracktros par ci par là.
Mais la guéguerre Atari / Amiga, ça, c'était du sérieux
mes amis, une épopée légendaire ! Il fallait en mettre plein
la vue. Coder des scrollers de plus en plus imposants et mouvants. Animer des
sprites énormes, le plus possible, avec des distorsions, du parallaxe et
de l'overscan. Et le son ! Il devait enfoncer le clou. La chiptune, originale
ou rippée, était une composant essentielle d'une démo car
elle participait à la mise en scène : l'animation se devait d'être
phase avec la musique qui jouait bien plus que le rôle de "cerise sur
le gâteau".
Atari / Amiga,
c'était la guerre froide. Celle des groupes de crackers et de démo
makers avant tout. L'escalade, la surenchère permanente. Il fallait dominer
sa machine, lui faire sortir les tripes et afficher au monde sa maîtrise
de l'art du coding. Innover pour dépasser les limites techniques et apporter
la preuve de la suprématie du système qu'on a "élu"
était une motivation récurrente. Il fallait être incroyablement
orgueilleux, acharné et doué pour s'imposer dans cet univers et
laisser une trace, inspirer le respect.
Aucune de mes
démos n'a connu de réelle notoriété. Cela dit, j'étais
suffisamment calé en programmation en assembleur pour donner des cours.
Je vendais même mes cours par correspondance, disponibles sur disquettes
sous la forme de documentation et d'exercices, à l'aide de PA dans la presse
et sur Minitel. Avec un certain succès je dois dire. A 200F la disquette,
l'affaire, bien qu'artisanale, était rentable. J'ai eu aussi un succès
d'estime avec certains sharewares (dont "Antivirus-boot", qui a généré
des centaines de téléchargements sur "3617 Teaser" me
rapportant ainsi... au moins 50 francs). Tiens une anecdote à ce sujet.
Un jour, le téléphone sonne. Une voix que je ne connaissais pas
me demande :
"Ca vous
dirait de venir programmer des jeux chez nous ? On est tombé sur une de
vos démos et on aimerait vous embaucher."
- Euuhhh... Ben.... Je préfère passer mon bac d'abord, vous comprenez...
Vous êtes qui ?
"Ubi Soft."
- Ahh ouais, j'ai vu une pub dans Tilt qui disait que vous recrutiez...
Faut dire qu'à
l'époque, Ubi c'était une petite boite de rien affublée d'un
logo griffonné au feutre fluo (hyper cheap) et qui produisait des jeux
mémorables (aussi) pour leurs jaquettes horribles. Pas de quoi faire rêver.
Bien entendu,
ma période Atari ce n'était pas que du coding. Des jeux comme Carrier
Command, IK+, Leisure Suit Larry, Speedball, Goldrunner, Kick Off, Falcon (rhaaa
lovely), Lemmings, Virus, Xenon II, Plutos, Buggy Boy, Stunt Car Racer, Operation
Wolf, Midi-Maze, Defender of the Crown et tant d'autres m'ont marqué à
jamais.
Cela dit, s'il
y a bien un jeu qui incarne tout ce que j'aime dans les jeux vidéo, c'est
bien "Dungeon Master" (et ses séquelles). Cet univers temps réel,
qui mêle réflexion, action et aventure a été ma référence
pendant des années. J'y ai rejoué un nombre invraisemblable de fois,
sur différents systèmes d'ailleurs, et encore aujourd'hui il m'arrive
de me refaire un petit niveau, juste comme ça, en version originale ou
sur un remake java.
A la même
période je suis aussi devenu un joueur régulier de shoot'em up (SHMUPs)
sur borne d'arcade et notamment sur "Xevious" et "1943". C'était
un rituel au lycée, à la pause entre la fin du repas de midi et
la reprise des cours : bistrot, billard, SHMUP (un peu d'Arkanoid aussi). Pendant
4 ans ! Depuis, et notamment grâce à MAME, je pratique encore régulièrement
ce type de jeu, que j'apprécie pour son action immédiate. Les shoots,
c'est un peu comme la pub : de l'action, du concentré, du survitaminé
et de l'efficacité. Ca défoule, et pour certains comme moi, ça
peut même détendre. Le tout est de savoir varier entre Manic et Old
School pour éviter l'overdose et les crampes.
Tiens, en parlant
d'émulateurs. En 1989, j'avais émulé un PC (MS DOS 4) sur
mon ST, à l'aide de PC-Ditto, émulateur soft. Tout ça pour
compiler des TP de COBOL (j'étais alors jeune étudiant en informatique).
Jamais je n'aurais imaginé qu'il serait possible un jour d'émuler
de nobles bornes d'arcade sur un pauv' PC... "Tout s'barre en c..."
que je me serais dit. "Si ça se trouve, un jour, les salles d'arcade
elles même disparaîtront et il faudra aller au Japon pour y jouer",
aurais-je alors pensé. Quel cauchemar.
** Next stage **
Au milieu des
années 90, avec le déclin des systèmes 16 bits, les PC se
sont petit à petit imposés, même dans le cercle très
fermé des systèmes de jeux, et malgré la qualité de
l'offre consoles.
Le PC était
à la peine au niveau son et jouabilité avec son clavier dont le
buffer trop vite plein pouvait facilement bloquer tout le système. Mais
en 3D, l'évolution constante des capacités CPU permettait de jouer
à de vraies bombes : Chuck Yeager's Fligh Sim (quel hit ce simulateur de
vol), F1 GP... Qu'est ce que j'en ai mangé de ces jeux là. Encore
aujourd'hui je me régale à y rejouer (merci DosBox).
Le summum a certainement
été atteint le jour où j'ai découvert Ultima Underworld
! Dans la lignée directe des Dungeon Master, ce jeu est le premier RPG
du genre à vous faire évoluer dans un univers en 3D "fluide".
La musique envoûtante, la liberté de mouvement et d'exploration totale,
participent au pouvoir immersif de ce titre culte. Il s'agit pour moi certainement
du jeu qui m'a le plus marqué au cours de mes années "PC 80286".
J'ai aussi de très bons souvenir avec Eye of the Beholder (tiens donc...),
Lands Of Lore (quelle surprise...) et dans un autre registre "Day Of the
Tentacle". J'ai aussi énormément pratiqué Doom, Duke
Nukem et Transport Tycoon au cours... de mon service militaire (planqué
dans un service informatique).
Avec les gains
de mon premier travail j'ai investi dans une N64. Essentiellement dans le but
de jouer à un jeu : Zelda Ocarina Of Time.
Je me souviens encore de sa sortie, c'était vraiment la cohue (ce n'était
pas Akihabara le jour de la sortie de la DS mais ça ruait sec dans les
rayons quand même). Zelda OOT est certainement un de mes meilleurs souvenirs
vidéoludique. Ce jeu est tout simplement parfait ! Réalisation,
scénario, liberté d'action, poésie, tout y est. Je suis tombé
sous le charme et depuis je collectionne toute sorte de goodies qui me permettent
de replonger dans l'ambiance : musiques, DIVX de replays, etc... Pour le reste,
ma N64 n'a pas fait long feu pour être honnête. Banjo Kazooie, Super
Mario 64, Rogue Squadron... OK, c'était fun, beau. Mais je pense être
avant tout un joueur de RPG et de simulations, bref, de jeux un peu moins "gentillets".
Même GoldenEye ne m'a pas convaincu (j'ai lâché la N64 avant
de découvrir Conker's Bad Fur Day, dommage, mais heureusement avec l'émulation
j'ai pu me rattraper).
Bien plus tard,
avec l'avènement des cartes PC 3D, j'ai plongé dans l'univers de
Half Life (quel souvenir !). Plus récemment, connexion haut débit
aidant, je suis aussi devenu adepte de FPS online. Je suis un vieux de la vieille
sur Medal Of Honor Online (que j'ai pratiqué pendant deux ans), mais mon
chouchou (en 2005 encore), c'est Call Of Duty UO : le top du top (selon mes critères).
J'y passe régulièrement des nuits entières, c'est irraisonnable,
mais comment dire, ce jeu est comme une drogue. J'ai un plaisir sans cesse renouvelé
à participer à des parties de Seek & Destroy, surtout sur les
serveurs avec mod "réaliste".
Non, je ne plongerais
pas dans le MMORPG ! J'ai une vraie vie aussi, analogique. Ne m'en parlez même
pas, OK ? Je ne veux rien savoir à ce sujet !
** Same player, play again ! **
Pour terminer
sur mon parcours (qui n'est pas fini t'ention !) je me dois d'évoquer la
passion qui m'anime depuis plusieurs années maintenant. Celle de re-découvrir
les titres des années 80-9X. J'éprouve en effet énormément
de plaisir à rejouer à ces oldies qui m'ont accompagné depuis
ma plus tendre enfance. Cette nostalgie est consciente et raisonnée ; loin
de moi l'idée de me réfugier dans le passé !
Le temps d'une
partie, j'apprécie de pouvoir ranimer une foule de souvenirs heureux associés
aux périodes liées à la découverte de ces jeux. Lancer
un émulateur, ne serait-ce que quelques instants, et jouer à un
titre pour retrouver les émotions qu'il m'avait procuré à
l'époque de sa découverte, c'est magique ! Partager sa passion,
avec des personnes qui comme moi ont les oldies dans la peau : quel plaisir !
Cela m'a poussé récemment à ouvrir mon blog, Pixelove.net,
dans le but de remercier tous ceux qui me permettent d'alimenter mes rêves
: les créateurs d'émulateurs, les sites de news rétrogaming
et leurs forumeurs, ceux qui réalisent des remakes d'oldies ou remixent
de la Chiptune.
Pixelove.net est
mon ex-voto à la communauté des rétrogamers, un jalon dans
mon parcours de gamer nostalgique mais pas passéiste. Puisse-t-il m'aider
à garder ces souvenirs vivants et surtout, à les partager.
NesLP
Je suis si vieux qu'il faut m'émuler (tm).