MTF
Aussi loin que je puisse me souvenir, j'ai toujours eu devant les yeux un écran,
que ce soit celui d'une télévision, d'un ordinateur ou autre réjouissance
du genre. Sans doute suis-je un des plus purs produits de cette société
de consommation que je dénigre aujourd'hui, arborant fièrement mes
18 ans et rêvant de donner quelques coups de pieds dans le miasme ambiant
du monde.
Je suis entré
dans ce dixième art, dans le monde des jeux vidéos et de la programmation
par la petite porte, je dois dire, et rien n'aurait pu se faire, je le reconnais,
sans mon frère, de dix ans mon aîné, qui était, à
son adolescence, un vrai passioné de la manette... cela lui aura passé
aujourd'hui, puisque les tracas de la vie l'ont rattrapé, hélas.
Alors bien sûr, il sera difficile de remonter à la génèse,
et de pointer du doigt avec précision le premier souvenir, celui qui a
fait que j'ai touché pour la première fois un jeu vidéo ou
son approchant. Mais puisque c'est ici le sujet dont il faut parler, alors tentons
une approche franche de la chose. Si je devais déterminer mes premiers
pas en ce domaine, c'est sans hésiter que je citerais les Game & Watch
de mon frère.
Je ne sais plus
vraiment comment j'ai mis la patte dessus. Sans doute par une de mes expéditions
dans sa chambre, alors qu'il avait du s'absenter pour conter fleurette à
l'une ou l'autre de ses conquêtes boutonneuses ou arborant un masque ferreux
et néanmoins dentaire, ou encore un jour j'aurai fait un gros caprice,
immonde, celui qui fait trembler les murs et regretter à mes parents d'avoir
pris il y a de cela trois ou quatre ans un peu de bon temps. Quoi qu'il en soit,
je me rappelle encore que ma mère mettait avec fébrilité
ces petites piles rondes, bien plates, refermait ce clapet de couleur rouge vif,
et me voilà, pianotant avec fébrilité sur deux touches pour
conduire un individu qui doit livrer des pizzas ou autre, en faisant des petits
"bips"... à vrai dire, et je m'en rends compte, je n'ai jamais
compris ce qu'il fallait faire pour gagner à ce jeu. Mais ça m'amusait.
Et j'étais content.
Je pousse un peu,
(j'avais du sortir par temps de pluie), et je me rappelle alors, avec la larme
à l'oeil, de ce grand et bel écran vert... je revois, mon frère,
encore, pianoter avec tact et précision sur ce clavier qui faisait un bruit...
un bruit formidable. Je l'ai retrouvé l'autre jour, ce clavier d'Amstrad.
J'ai fermé les yeux, et j'ai retapé, doucement, j'ai effleuré
les touches. J'ai adoré ça. Mes doigts ont glissé sur la
droite du clavier... il y a là un encart pour mettre des cassettes, comme
des cassettes audios... je me souviens alors d'un jeu de Bobsleigh, j'y jouais
avec un beau joystick, au gros bouton rouge. Un jeu de moto, aussi, en couleur,
celui-là. Et un autre, où il fallait trouver des espions dans un
manoir, je crois... je n'en ai pas de souvenirs, cela me faisait trop peur. Je
me rappelle aussi ces lourds classeurs bleus, emplis de fiches, avec de longues
lignes de codes. Après une dizaine de minutes d'entrées, dont je
ne perdais pas une miette, je voyais s'afficher en trente secondes des arabesques
sublimes pour moi. C'était beau, c'était beau!
Le temps passe...
là, je m'en rappellerai toujours. J'avais pas loin de quatre, cinq ans,
c'était donc au début des années 1990. C'était en
Juin. Je sens encore la chaleur du soleil sur ma peau. On se dirige vers le grand
super-marché de la ville à travers le parking de bitume et de lignes
blanches. Et après avoir passé les portes automatiques, tenant fermement
la main de ma mère... mon frère marche, pressé, devant. Il
va sur la droite, revient, et se dirige sur la gauche de l'entrée. Il y
a une pile de boîtes en carton noires et grises. Il saisit la première,
va plus loin dans le magasin et revient avec deux boîtes plus petites. L'une
bleue, l'autre verte. Sur la boîte, juste, trois mots, à jamais dans
mon coeur: "Nintendo Entertainment System".
La télévision
du salon n'avait qu'une prise péritel, et elle était déjà
occupée par le magnétoscope. De fait, on branchait la console sur
la télévision de la cuisine. Ah, cette table blanche, et cette odeur,
encore, dans l'air.
Cela paraît
idiot, mais dans tous mes souvenirs, le jeu est associé à quelque
chose de particulier... un son, une odeur, un mot. Le fait de revivre ce morceau
de vie me transporte dans mes souvenirs. Je m'aperçois alors à quel
point les jeux me sont indissociables... je m'égare.
Les jeux, il y
en avait trois, au début. La console était livrée avec "Super
Mario Bros". Ah! Epoque bénie ou la console était livrée
avec un jeu... et donc j'ai joué, à la console, seul, pour la première
fois, à "Super Mario Bros". Quand j'y repense, je m'aperçois
que j'ai fait mes classes, en quelque sorte, sur l'un des jeux les plus célèbres
au monde. Le seul digne d'intérêt, et à jamais. Mais surtout,
il marque une grande frustation, pour moi. Je n'ai jamais pu aller au-delà
du monde 1-4. Cette musique, affreuse, me terrifiait. Je tremblais de peur. J'utilisais
néanmoins la warp-zone du monde 1-2... mais je n'arrivais pas à
progresser. Et pourtant! Je faisais et refaisais le niveau 1-1! Je le terminais,
faisais un "reset" et poursuivais. Je passais mes après-midi
à faire ça, devant les yeux désolés mais amusés
de ma mère.
Dommage que l'espace
imparti pour cette rétrospective soit si bref... je terminerais cette petite
introduction en énonçant un jeu Nes qui m'a vraiment marqué,
encore une fois pour sa musique qui m'effrayait, il s'agissait de "Solstice".
Quand j'y repense, aussi, quel bon jeu! Mais mon frère, encore, lui se
languit de la Nes... après avoir fini "Super Mario Bros" et "Super
Mario Bros 3" (qu'on avait commandé à la Redoute, mais qui
était encore trop dur pour moi), "Bubble Bobble" emprunté
à la mère d'une amie de primaire, il recherche de nouveaux terrains
de jeu. Et un jour, je me rappelle encore, ma mère avait fait un pot-au-feu
(impressionnant, n'est-ce pas, ces facultés de cognition), il revient avec
une boîte de couleur rouge. Une Super Nintendo. Et je dois dire que là,
ça a été pour moi la révélation.
Tandis que mon
aîné de frère, obnubilé alors par ses études
délaissait peu à peu la console, moi, encore en primaire et bientôt
au collège, disposant de certaines facilités pour faire mes devoirs
(en dix minutes, les problèmes sont résolus et les poèsies
apprises), je tombe sous le charme de deux jeux qui, coup sur coup, vont me faire
basculer à jamais.
Le premier est
bien sûr "Super Mario World", livré avec la console. Alors,
en quoi ce jeu est une révélation pour moi? Comme je l'ai dit, il
fut un temps où je ne me lassais pas de refaire cinquante fois de suite
un même niveau. Mais avec Super Mario World, je veux savoir. Je veux le
finir de bout en bout, tout avoir, tout de suite. Je prends du plaisir à
jouer. Alors qu'autrefois, je m'émerveillais de voir bouger sur mon écran
ces petits bons hommes de pixels, maintenant, je rêve de progresser. Je
ne joue plus, je suis. Cela fait plusieurs heures que je joue. Le regard, vitreux
mais non moins concentré sur Mario, bondissant comme une carpe sur du lino
froid et sec. La main devient lourde... non, elle ne fait plus qu'un avec la manette.
Maintenant, quand je veux aller sur la gauche, je ne plie pas le pouce... je suis
la manette. Après tout, est-ce que vous pensez à "bouge le
bras" quand vous voulez le lever? Non. Moi, avec la manette, c'est ainsi.
Ce n'est plus une interface. C'est une prolongation nécessaire, ou plutôt
contingente (puisque je peux vivre sans) de mon corps. Aujourd'hui encore, j'ai
la même sensation quand je joue. Mais Super Mario World a été
le premier a produire chez moi cet effet. On peut dire qu'il a été
une révélation...
Mais en ce cas,
"A Link to the Past" a été la révolution. Beau.
Grand. Dantesque. Formidable. Epoustouflant. Fabuleux. Aujourd'hui encore, plus
de dix ans après ma première partie, je n'en reviens toujours pas.
A jamais dans ma tête, et dans mon coeur. Je dois dire que pour toujours,
cela restera l'expérience, mon expérience de jeu la plus intense.
A partir de là, j'ai vraiment commencé à parler des jeux
comme un Art. Cela paraît maintenant banal, mais à l'époque!
Nous sommes en deux avant Playstation... toute la France dénigre les jeux.
Toute? Non! Car deux clans s'affrontent en vain! Le clan de la Super Nintendo,
et celui de la Megadrive! Fermons la parenthèse.
Le temps passe
encore sur les mémoires, je dois dire. Mais j'ai encore souvenir que peu
après la Super Nes, j'ai acquis une Game Boy, la belle, la grosse grise,
lourde, moche... je n'ai jamais, à vrai dire était fan des consoles
portables. Non pas que je ne me suis jamais amusé grâce à
elle, loin de là, mais je préfère le contact franc d'un écran
de télévision. C'est ainsi... ne me demandez pas pourquoi, je ne
connais ni la raison, ni le but de cette démarche. Mais j'ai besoin de
sentir la manette comme un tout à part... sans doute pour honorer cette
contingence fidèle énoncée un peu plus haut. Mais poursuivons
un peu cette introspection. J'aimerai arriver assez vite à nos jours pour
pouvoir tirer quelques conclusions sur ce parcours.
Nous sommes alors
en 1995, 96. La Playstation est sorti depuis quelques temps, occasionnant un vrai
raz-de-marée dans les esprits. Quand j'y repense, je considère que
l'évolution était nécessaire. Il fallait bien un moyen populaire
de dire au monde que les jeux sont un Art à part entière. Si Goscinny
avait jadis joué en faveur du neuvième art, on peut considérer
que Sony a eu la même action. Mais je regrette alors que tout ceci soit
devenu si mercantile. Quoi qu'il en soit, je me revois, pestant sur un magazine
de jeu annonçant que l'Ultra Nintendo 64 est repoussé pour la énième
fois... je commence à désespérer et finit par craquer. Je
passe chez l'ennemi, et prend cette console grise à CD et cartes mémoires.
L'ennemi... c'est
ainsi que je considérais les choses, il est vrai. J'étais devenu
un traître. Fidèle à Nintendo depuis toujours, comment pouvais-je
jouer à autre chose? Mais je me suis rattrapé... Mars 1997, j'achète
la console N64 (en import, la boîte est anglaise) et "Super Mario 64"
(idem, mais les textes sont français). Maintenant, je le dis sans frayeur.
La N64 est sans doute la console a laquelle j'ai le plus joué. Pourquoi?
Pourquoi? Cela me rappelle alors une réponse de Goomba, le rédacteur
en chef de feu Ultra Player, qui écrivait, pour se justifier de ce lecteur
qui avait dit que le magazine "surnotait" les jeux Nintendo: "mais
ce n'est pas notre faute si Nintendo fait les meilleurs jeux du monde!".
Super Mario 64. Banjo-Kazooie. Goldeneye 007. The Legend of Zelda: Ocarina of
Time, et d'autres, que j'oublie. J'ai passé sur la console des heures innombrables.
Et j'étais heureux de jouer. Le jeu que je menais n'avait d'autres buts
que lui-même. Je ne jouais ni pour la gloire, ni pour à tout prix
finir ce jeu en particulier, mais pour me détendre, rêver, enfin.
Je comparais souvent
à l'époque (je n'utiliserai plus cette image aujourd'hui), pour
ma mère, encore incrédule devant mon engouement pour ces polygones,
les jeux à ces livres "dont vous êtes le héros".
Sauf que je décide à chaque moment la voie à suivre. C'est
je pense ce sentiment de toute puissance qui a favorisé mon engouement
pour les jeux, maintenant que j'y regarde, avec un peu de recul. Quand on est
un enfant et adolescent complexé par son physique plutôt gras, je
dois dire, et une tendance à la solitude prononcée, le fait d'avoir
un pouvoir certain, d'être maître de son destin est on ne peut plus
séduisant. La suite est assez banale, je dois dire. J'ai d'ores et déjà
exploré ici bas les meilleurs monceaux de ma vie de joueur (enfin, "vie",
façon de dire... quelques années, plus ou moins). Après la
N64, j'ai naturellement attendu la sortie de la Game Cube avec une impatience
certaine, je dois dire, et je n'ai acquis une PS2 qu'à ce Noël-ci...
histoire de me donner bonne conscience.
Je concède
qu'ici, je me suis surtout étendu sur mes premiers pas et la révolution
qui s'est passé dans mon esprit. Le reste n'a que peu d'importance, car
le schéma se reproduit encore et encore. En tout, toutes plates-formes
confondues, je dois avoir plus d'une centaine de jeux. J'ai du tous les finir,
ou presque. Et ceux que j'ai raté, par manque d'argent ou autre, je les
ai fait depuis sous émulation. Mais l'histoire se répète
encore et encore. J'aimerai dés lors, profiter des dernières lignes
qui me sont allouées pour tirer quelques conclusions de tout cela.
Dans la brume
du petit matin où je tape ce texte fumeux, je ne pense qu'à une
chose. Je commence à être las de tout ça. Oui, las. Non pas
que je ne veuille plus jouer, au contraire, j'attends certains jeux, dont Viewtiful
Joe 2, le prochain Zelda sur Game Cube, et autres avec impatience. Non, je suis
blasé d'autre chose. Et j'ai mis longtemps avant de le comprendre, et là,
je peux enfin le dire.
J'ai toujours
considéré qu'une vie humaine était rythmée par ce
que l'humanité avait produit de plus beau... l'Art, d'une manière
générale. Musique, danse, architecture, littérature, théâtre,
sculpture, cinéma, gravure, dessin, mais aussi photographie, cinéma,
télévision, bande dessinée et enfin jeux vidéos ou
programmation. Je considère aussi qu'une vie est marquée alors par
les révolutions inhérentes à ces arts. Ainsi, on peut se
vanter d'avoir vu l'apparition de la couleur à la télévision,
de la perspective en peinture ou autres subtilités. Il est rare de dire
aujourd'hui qu'on vu une révolution en un art "classique". Si
on en a vu une, on a mené une existence entière. Deux, cela reste
de l'exploit. Mais pour le dixième art...
Une, deux, trois,
quatre révolutions, et encore plus. J'ai ainsi mené selon ma pensée
plus de quatre existences complètes. Quatre vies entières. En vingt
ans, ce domaine a grandi de manière exponentielle, et a rattrapé
de manière relative les arts traditionnels. En cela, je suis las. Las de
voir ces révolutions. Alors certes, je saurai encore, demain et après
demain, apprécier à sa juste valeur le beau d'un jeu. Me sentir
vibrer avec lui. Mais plus que jamais, je ne serai qu'un amateur. Devenir un professionnel
du jeu aujourd'hui est trop dangereux, et trop éprouvant. Dangereux, car
on peut aisément tomber dans des faux-sens ignobles, voire, et ce qui est
plus grave encore, des contre-sens. Les valeurs de références ont
varié du tout au tout. De fait, mes critères de bien et de mal,
de bon et de mauvais jeu sont maintenant réservés aux gens de ma
génération. Et si on veut maintenant jouer la carte de l'universalité,
il faut soit rester dans le vague, soit poser des critères si récents
que je ne les connais pas. Cela revient au même pour moi, c'est du charabia.
Eprouvant, car il faut se tenir près des nouveautés, encore et encore,
et cela va vite, trop vite. Si autrefois le cycle "naturel" d'une console
était de cinq ans, on approche maintenant des trois. Et là, je ne
peux plus suivre.
L'autre point,
et sans doute le dernier que je voudrais aborder, c'est une notion qui me tient
à coeur et qui aujourd'hui à disparu, de mon âme, du moins.
Et si je dois regretter qu'une chose de mon expérience de joueur, et qui
a disparu de manière radicale avec l'arrivée de la Playstation,
en fait (qui peut marquer l'année "0" des jeux, la naissance
du Christ, la nouvelle ère), c'est l'appartenance à une élite.
Quand j'étais
en primaire et juste au collège, même, je devais être parmi
les seuls, du moins parmi mes amis, à jouer aux jeux vidéos. Aucun
ne possèdait de Megadrive ou de Nes, mis à part deux ou trois. Nous
formions donc une élite. Nous nous regroupions en un coin de la récréation,
et nous parlions un langage connu de nous seul. L'un annonçait comment
il avait trouvé ce fragment de coeur dans "The Legend of Zelda",
l'autre jusqu'à quel palier il était arrivé dans "Bubble
Bobble", moi, je stupéfiais tout le monde en annonçant avoir
trouvé l'entrée vers le Monde Etoile de "Super Mario World".
C'est égoïste, mais cela m'a aidé. Aidé à croire
que j'appartenais à une caste, justement, que je valais mieux que les autres.
J'étais "différent", mais dans le bon sens du terme. Je
possèdais un savoir unique, quelque chose qui m'était propre et
qui me rendait "intéressant", comme si je savais réciter
de la littérature russe, parler de la musique baroque ou commenter une
toile de maître.
Quelque part,
cela pouvait représenter, comment dire, une forme de puissance. Cette sensation,
très proche finalement du pouvoir que l'on a sur ces pixels, qui nous murmure,
nous suggère que l'on peut avoir des adeptes, non, mieux, des disciples,
que l'on peut non seulement convertir, mais aussi modeler à son image.
Une manière, alors que l'on n'est pas artiste, que l'on n'écrit
ni ne philosophe pas, de laisser une trace, une empreinte. Et dans un sens, est-ce
que tout joueur, à cette époque-ci du moins, n'est pas un artiste,
créant et recréant un monde inventé et posé, avec
des règles strictes? La sensation de perennité. Déjà,
il y avait chez moi cette peur que cela disparaisse. Que je retourne à
la poussière, que je sois dépassé par la technique. On pourra
dire que je m'en méfiais, que je le pressentais. Aujourd'hui, parlant de
jeux vidéos, je deviens affreusement banal. Du moins, si je me mets à
parler des jeux d'aujourd'hui. Car si je commence à entrer dans des considérations
plus anciennes, à parler de "Mario Mario", "Luigi Mario",
de "Morton 'Bowser' Koopa" et autre, de révèler ce procès
entre Nintendo et Universal sur le scénario du film "King Kong"
sur lequel tout, tout l'avenir des jeux s'est joué ou presque, je passe
pour un érudit, et donc une élite, et ça me plaît.
Voilà,
cette petite virée de quinze, quatorze ans presque touche à sa fin.
Et comme jadis Goscinny (encore lui!) l'avait fait dans ses mémoires, je
laisse trois messages. Tout d'abord, à la Puissance supérieure,
Dieu ou autre qui m'écoute, à cinq heures vingt-et-une du matin,
je suis fatigué. Ensuite, à mes contemporains, jouez encore, jusqu'à
trouver le but de tout cela. Enfin, message personnel, Maman, demain, sort mon
pantalon noir, celui que tu trouves trop lâche, je vais chez des amis.
Même si
cela ne parlera à personne, que ce que j'ai écrit n'offre rien au
débat escompté, ma foi, je suis apaisé d'avoir dit tout cela
et vous remercie de votre attention.