Aaah,
parler de Psygnosis... Qui donc ne connaît pas la marque
au hibou (ou à la chouette, au choix) ? Ses images de
packaging extraordinaires ? Des titres incontournables tels
que Barbarian,
Terrorpods, Blood
Money, Lemmings
? Et Infestation, dites-moi, est-ce que ça
vous dit quelque chose ?
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Superbe image, dessin de Tim White et logo de Roger Dean
(merci au site Hall of Light !). |
Au
lancement du jeu, comme d'habitude, le logo apparaît suivi
du titre du jeu. Déjà, le style est froid, pas
très agréable. Ça ne rigole plus.
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Le
logo inoubliable... |
...
puis le titre du jeu, brr... |
Ensuite,
une présentation superbe (comme d'habitude chez Psygnosis)
montre un vaisseau, croisant en orbite autour d'une lune, qui
largue un homme dans une combinaison autopropulsée. Cet
homme, c'est Kal Solar, c'est à dire vous. Non, ne niez
pas : on vous a reconnu. Et au terme d'un petit voyage sans
casse (sans échauffement du scaphandre, parce qu'il n'y
a pas d'oxygène sur la lune), Kal Solar atterrit souplement.
Les ennuis vont pouvoir commencer.
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Kal
Solar arrive... |
Atterrissage
parfait. |
Avant
de vous lancer dans l'aventure, vous pouvez choisir la langue
entre anglais, français et allemand, ce qui est rare
à l'époque et très appréciable.
Puis vous pourrez choisir dans un menu détaillé
ce qui vous intéresse.
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Le
dessin d'Herman Serrano, habitué de l'Amiga. |
Si
vous n'avez pas l'habitude de ce superbe jeu, je vous recommande
d'aller en tout premier lieu jeter un oeil à la base
de données des différents objets que vous rencontrerez.
Vous saurez mieux à quoi vous en tenir.
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Le
menu principal. |
Un
des objets de la base de données. |
Bon,
voilà, maintenant le boulot sérieux commence.
JOURNAL
DE KAL SOLAR, EXTÉRIEUR DE LA COLONIE ALPHA II.
«
L'atterrissage fut un peu rude, mais ça va. L'entraînement
que j'ai suivi a été efficace. Je dois me mettre
à la recherche de l'entrée de la colonie minière.
Alpha II n'est vraiment pas un coin où passer ses vacances
: le soleil va se lever dans un instant, et la température
sera bientôt trop chaude pour que ma combinaison puisse
compenser. Je dois trouver l'entrée rapidement ou je
vais cuire sur place !
Mon
ordinateur de statut me confirme la présence de 167 œufs
dans la colonie. Je dois tous les détruire avant qu'ils
n'éclosent, ou l'univers est condamné. Je me suis
porté volontaire pour cette mission. Je commence déjà
à le regretter !
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 |
L'ordinateur
de statut. |
Le
soleil se lève. Danger ! |
Quelque
part sur cette lune se trouve un téléporteur,
pour me permettre d'accéder à la colonie elle-même.
Je sais qu'il est désactivé. Il existe un terminal
qui me permettra d'entrer mon nom pour l'activation du téléporteur,
mais ils l'ont placé à un autre endroit. Je dois
les trouver tous les deux. Et vite.
Des
robots sentinelles et des maraudeurs m'ont pris en chasse. Je
n'ai pas de temps à perdre à leur tirer dessus,
ils sont trop nombreux et je déchargerais rapidement
la batterie de ma combinaison. Mieux vaut les éviter,
ainsi que leurs décharges de plasma ou leur venin.
 |
 |
Enfin,
le terminal ! Et du monde derrière... |
Hop,
accès autorisé. |
Ça
y est, j'ai trouvé le terminal. L'identification de mon
nom est positive, le téléporteur est activé.
Maintenant, où est-il ? Mon oxygène s'épuise
vite, pendant que je tourne en rond. Et le soleil continue à
réchauffer la lune, je commence à transpirer.
Saloperies
de bestiaux ! ils me coursent ! Tant pis, je vais en dégommer
un ou deux, ça fera réfléchir les autres.
Rien
à faire, ils insistent les bougres : courage, fuyons
! Je n'ai pas le temps de faire un safari. Ma seule chance de
m'en sortir est de trouver le téléporteur. On
m'a dit qu'il était près d'une antenne radar.
Je dois le trouver, fissa !
 |
 |
Une
des antennes radar et... |
...
le téléporteur à côté.
|
Ça
y est ! Je vois le téléporteur ! Allez, le dernier
sprint ! Il était temps, l'oxygène commence à
m'inquiéter et je crève de chaud. Et puis je ne
supporte plus d'entendre ma respiration dans ce satané
casque, je dois l'enlever avant de devenir fou ! »
JOURNAL
DE KAL SOLAR, INTÉRIEUR DE LA COLONIE ALPHA II.
«
Il était temps. Avant d'enlever mon casque, j'ai pris
soin de demander une analyse de l'environnement. Respirable
: j'ai enlevé mon casque. Ça fait un bien fou.
 |
 |
Vérification
de l'environnement... |
...
avant d'enlever le casque ! |
Maintenant,
il faut que je me mette au travail. Je dois trouver les œufs
et les gazer avec des capsules de cyanure. J'imagine que je
vais avoir des problèmes avec l'ordinateur central de
la base, comme l'ont indiqué les mineurs dans leur dernière
transmission. J'ai intérêt à me méfier
de tout.
Il
faut que je fasse une carte. Sinon je sens que je vais sans
arrêt tourner en rond dans le complexe. C'est déjà
la troisième navette que je prends, il y a une infinité
de portes par ici !
Ça
y est : mon premier œuf. Surtout ne pas le toucher ! Je
vais le gazer avec une capsule. Ne pas oublier de remettre mon
casque, de quoi j'aurais l'air si j'inhalais le cyanure ? Là.
Hop, j'envoie la sauce !
 |
 |
Surtout
remettre le casque AVANT... |
...
de gazer l'œuf au cyanure ! |
Allez,
encore 166 œufs, ça commence bien après tout...
»
La
réalisation
Qu'est-ce
qui vous attend dans ce jeu ? De nombreuses sueurs froides,
ça je vous le garantis. Pas vraiment au niveau de l'action,
mais surtout à cause des pièges de l'environnement.
Des zones de radiations qu'il faut traverser visière
baissée. Des barrières infrarouges à ne
pas franchir. Des conduits de maintenance où il faudra
ramper sans toucher le moindre droïde soudeur. Des hangars
énormes remplis d'œufs, qu'il faut gazer en une
fois pour ne pas trop épuiser votre maigre stock de capsules
de cyanure. Des portes qui se referment hermétiquement
derrière vous pour toujours, rendant impossible un retour
en arrière... Vous allez vraiment en baver ! Mais le
jeu en vaut la chandelle, car le challenge est prenant et l'aventure
bien sympathique.
 |
Un
Gardien. Courir serait une bonne idée. |
Que
dire au niveau de la réalisation proprement dite ?
Infestation
est un jeu en 3D surfaces pleines, de dimensions humaines (ça
fait du bien, après des jeux comme Driller,
Starglider 2
ou Carrier Command),
puisqu'on y dirige un humain. Du coup les objets sont de proportions
réalistes, et on se plaît à se promener
dans le complexe. Des sources d'inspirations nombreuses touchent
le joueur : le vaisseau qui survole la lune ressemble à
celui d'Aliens ; les navettes qui servent à
se déplacer d'une partie à l'autre de la base
me rappellent celles de Cosmos 1999 ; les téléporteurs
sont à la sauce Star Trek ; les œufs, n'en
parlons même pas ! On nage vraiment en pleine science-fiction.
Comme
vous avez pu le remarquer, on observe ici (si je ne m'abuse)
les premiers objets sphériques dans un jeu en 3D : les
maraudeurs lunaires et les décharges de fusil. C'est
réussi et ça fait du bien de ne pas avoir QUE
des surfaces anguleuses. Les couleurs me paraissent judicieusement
choisies, l'effet d'immersion visuelle est parfaitement réussi.
Un mot sur l'écran de présentation, réalisé
par Herman Serrano (qui a fait ceux de Carrier
Command, Starglider
2, Weird Dreams
- pour ce dernier il s'est occupé de tous les graphismes
du jeu - et j'en passe).
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Un
Maraudeur, objet composé de sphères en 3D.
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Ce
qui frappe le plus en fait, c'est l'ambiance sonore. Le bruit
de la respiration de Kal Solar est extraordinaire : quand il
court, le rythme augmente peu à peu, et on a vite une
impression d'étouffement. Un grand bravo à Sean
Conran qui a réussi à digitaliser (ou recréer)
cette respiration oppressée. Les autres bruitages sont
plus traditionnels, rien de particulier. La musique pendant
la présentation est sans grande surprise et n'apporte
pas grand chose.
L'animation
est exempte de défaut, elle est fluide selon les standards
de l'époque (c'est à dire qu'y jouer aujourd'hui
est plutôt rebutant, surtout quand on a passé des
mois à jouer à des jeux tels que Half-Life à
la souris, et qu'il faut se recoltiner un truc au joystick).
Attention
: on meurt beaucoup dans ce jeu. Par maladresse au départ,
comme d'appuyer malencontreusement sur la touche F3 (enlever
le casque) à la surface de la lune ; par manque de réflexes
souvent (oublier de remettre le casque quand on a lancé
une capsule de cyanure) ; par contact direct avec un robot soudeur
aussi au détour d'un tunnel... Il y a de nombreuses morts
différentes, je pense que chacun les aura toutes vues
au moins une fois avant la fin. De fréquentes sauvegardes
sont indispensables pour espérer en voir le bout.
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Couic.
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Je
me souviens d'un petit détail qui m'avait gêné.
Dans le test de Génération 4, on parle de "rencontrer
la mère des aliens". J'ai fini le jeu, et hélas,
je ne l'ai pas vue. Alors, je ne sais pas si elle existe et
que j'ai eu la chance (la malchance ?) de l'éviter, ou
si elle n'est pas présente dans le jeu... Peut-être
que vous en saurez plus, ou en verrez plus que moi ?
Infestation
fut testé :
- dans le Tilt n°77 d'avril 1990 (Hit, 18/20)
;
- dans le Gen4 n°20 de mars 1990 (93%).
JPB