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Bill Gates est un des personnages les plus célèbres du monde de la micro-informatique, et l'un des hommes les plus riches du monde. Mais cette réussite typiquement américaine est-elle sans zone d'ombre ? Revenons sur sa biographie.

William Henry Gates naît le 28 Octobre 1955 à Seattle, état de Washington. Ses parents s'appellent William Henry Gates Jr. et Mary Gates, et il a un frère et une sœur. Bill passe sa petite enfance à Seattle et se révèle très vite passionné d'électronique. Il devient ce que l'on appelle alors aux US (l'expression ne traversera l'Atlantique que plus tard) un Nerd : il porte des lunettes, des vêtements démodés, rêvasse sans arrêt et ne cherche pas à mettre en valeur son physique maigrelet, mais derrière cet aspect, une grande intelligence se cache. A neuf ans, il passe son temps à lire la World Book Encyclopedia, une encyclopédie universelle, et se gave d'articles incompréhensibles pour un enfant de son âge. Ses parents s'en souviennent comme d'un enfant pensif, qui passe des heures assis sans parler, ou à lire. Comme tous les enfants en avance intellectuellement, il connaît des difficultés à l'école, support qui lui est mal adapté. Il ramène des C et des D qui désespèrent ses parents. Ces notes s'expliquent simplement par un manque d'intérêt pour les sujets étudiés à l'école. Ses parents, qui croient en lui, l'inscrivent à un cours privé de réputation sévère et académique, Lakeside. C'est là que Bill découvre son premier ordinateur, un DEC PDP-10 de Digital, loué par l'établissement. Avec des camarades de classe, il se passionne pour cette machine et étudie longuement des manuels de programmation, notamment en Basic. Bill passe tant de temps sur l'ordinateur qu'il sèche beaucoup de cours et connaît de nouveaux ennuis scolaires. Il se lie d'amitié avec un certain Paul Allen, un autre élève de Lakeside, et tous deux décortiquent le PDP-10 sous toutes ses coutures pour en comprendre le fonctionnement, à tel point que la machine finit par planter complètement après une modification du BIOS visant à entrer manuellement le montant enregistré d'heures de fonctionnement. Cette incartade leur vaut plusieurs semaines d'exclusion de Lakeside.

Plus tard, General Electric s'en souviendra en les engageant, ainsi que d'autres anciens de Lakeside, comme stagiaires pour renforcer les systèmes de sécurité de leurs ordinateurs. Mais de nouveau, Gates et Allen sortent du cadre de leurs engagements. Alors qu'ils ont été embauchés pour débusquer des bugs dans le BIOS des ordinateurs en cours de développement, ils se font la main sur toutes les machines qui leur passent entre les mains et dévorent les documentations techniques. C'est là que Bill décide de faire de la programmation son métier. Il ne s'intéresse plus qu'aux ordinateurs.

Après leur départ de General Electric, Bill Gates et Paul Allen cherchent du travail et sont recrutés en 1970 par Information Sciences Inc. pour écrire un programme de gestion des fichiers du personnel. Non seulement ils peuvent utiliser des ordinateurs à volonté, mais en plus le résultat de leur travail est rémunéré en pourcentage des économies chiffrées que leur programme fait faire à la compagnie. Gates et Allen envisagent, après quelque temps passés chez ISI de fonder leur propre entreprise. Ils commencent par inventer le Traf-o-data, un système informatique de mesure d'écoulement du trafic routier, qu'ils vendent au Washington State Road Department, pour 20.000 dollars. On les retrouve ensuite chez TRW, une entreprise qui sous-traite pour l'armée, où ils travaillent à la correction de bugs dans les systèmes informatiques.

Paul Allen et Bill Gates au tout début de leur collaboration.

En 1973, Bill s'inscrit à Harvard, où il n'étudie pas beaucoup. Ce sont les ordinateurs de la salle d'informatique mis à la disposition des étudiants qui l'intéressent. Lorsque le premier microprocesseur commercialisé, l'Intel 4004, sort, Gates entrevoit l'opportunité de se lancer avec Allen dans la création d'une entreprise, qu'ils baptisent Microsoft.

L'Altair.

On annonce la sortie de l'Altair, le premier micro-ordinateur, à savoir le premier ordinateur basé sur un microprocesseur, en l'occurrence l'Intel 8080 qui succède au 4004. La machine en question est construite par Micro Instrumentations Telemetry Systems (MITS). Gates et Allen se mettent au travail, dans l'espoir de développer un Basic pour l'Altair. Ce langage résident sera leur première réussite, mais il ne faut pas en déduire, comme on le voit parfois écrit, qu'Allen et Gates sont les créateurs du Basic. C'est John Kemeny qui a inventé le Beginners All-purpose Instruction Code, en 1965.

Allen et Gates à l'université.

Microsoft s'installe au nouveau Mexique et compte 4 employés, Bill Gates et Paul Allen compris. Dans un premier temps, ils améliorent leur système en Basic pour MITS, et en préparent un pour NCR. Plus tard, Microsoft déménage pour Seattle et commence à prendre de l'ampleur. De nouveaux employés sont engagés, et les contrats affluent. Pendant 5 ans, l'entreprise double chaque année ses effectifs. Bill Gates et Paul Allen sont entrés dans la spirale du succès.

En 1981, Microsoft achète le système d'exploitation Q-DOS, programmé en langage machine pour IBM PC par Tim Paterson, un programmeur de Seattle. C'est sur la base de Q-DOS que le MS-DOS sera développé. Au début des années 80, la compétition fait rage entre les développeurs pour créer un système d'exploitation universel, et Gates entend bien imposer le MS-DOS. IBM, qui cherche à acheter un système pour ses PC est plutôt branché sur le CP/M de Digital Research, mais le jour où le responsable d'IBM leur rend visite, le patron, Garry Kildall, créateur du CP/M, est absent, et en son absence pas question de signer le contrat. Gates, on ne sait comment, entend parler de l'affaire et téléphone illico chez IBM pour proposer "son" système. Le destin est scellé.

Tim Paterson

En 1981, le MS-DOS est installé sur tous les ordinateurs IBM-PC, entamant un règne de près de vingt ans. Un des premiers logiciels développés par Microsoft est MS Word, traitement de texte bien connu, sur lequel Gates axe tous ses efforts au cours des années 80, sentant venir l'avènement des imprimantes laser. Word est le premier traitement de texte à utiliser la souris et à montrer les caractères à l'écran tels qu'ils seront imprimés, en italique ou en gras, avec différentes polices de caractères. La souris n'est certes pas une invention de Bill Gates, mais il est indéniable qu'il en a étendu l'usage. Dès les premières versions de Word, Microsoft introduit la souris à deux boutons, par opposition à Apple qui ne démord d'un seul bouton sur les siennes.

Parmi les autres grosses production de Microsoft, il faut citer bien sûr Windows, son interface graphique utilisateur, la première à voir le jour sur PC, longtemps après celle du Mac et bien sûr longtemps après l'apparition des toutes premières du genre. Windows est une sorte de version alternative (d'une fiabilité très discutable, du moins jusqu'à la version XP, soit pendant plus de dix ans de présence sur le marché) et peu onéreuse de l'OS du Mac, et plus Microsoft le perfectionnera, plus les deux systèmes seront proches, ce qui est à l'origine d'une bataille juridique interminable entre les deux sociétés, suite à laquelle Microsoft finira quand même par dédommager Apple pour vol de propriété intellectuelle.

Bill Gates est aujourd'hui le PDG de Microsoft, et la compagnie pèse deux fois plus de dollars qu'AOL, le plus gros de ses concurrents. Récemment, Gates a fait preuve d'une telle volonté d'expansion que de nombreux juges lui sont tombés dessus pour violation de la loi anti-trust, notamment à cause d'Internet Explorer, son navigateur web, qui en étant fourni gratuitement avec Windows 98, faisait une concurrence déloyale à Netscape, dont l'achat devenait futile. Cette série de procès à abouti à une scission forcée de Microsoft en deux entreprises distinctes, et à une baisse spectaculaire de la société en bourse qui a entraîné pour Gates la perte de centaines de millions de dollars. La polémique pour savoir si Microsoft sortira diminué ou au contraire renforcé de cette mauvaise passe bât son plein, mais en tout cas, l'hégémonie de Windows sur les PC, et l'hégémonie des PC sur le marché de la micro-informatique ne risque pas d'être contestée de sitôt.

Alors, Bill Gates est-il un génie ou un simple opportuniste voleur d'idée ? Si on se base sur le QI du jeune Bill et ses prédispositions à la programmation, nul doute qu'il n'a rien à envier à Steve Wozniak, par exemple. Alors pourquoi Woz fait-il l'objet d'un tel culte alors qu'il ne fait plus rien, pendant que Bill Gates collectionne quolibets et tartes à la crème ? Jalousie ? Pas si simple. Il est indéniable que Bill a toujours su s'appuyer sur le travail des autres pour réussir. Pas une fois, il ne s'est illustré en inventant de toute pièce un système ou un logiciel qui soit resté dans les mémoires. Acheter la licence de Q-DOS et conspirer auprès d'IBM pour que celui-ci préfère le MS-DOS au GEM de Digital Research, c'est quand même moins classe que de bricoler l'Apple I dans un garage avec des pièces de machines à calculer. Pomper le MacOS sans vergogne, et s'en sortir en faisant bûcher sur le dossier un cabinet d'avocats sans scrupules, ce n'est pas pareil que fonder Atari et inventer le jeu d'arcade, comme le fit Nolan Bushnell. Grandir dans une famille friquée, et aller à l'école privée, ça en jette moins que d'immigrer de Pologne vers les US après la guerre et fonder Commodore, comme Jack Tramiel. Le principal problème est que dès la création de Microsoft, le parcours de Bill Gates est une histoire de business avant tout, au détriment de l'aventure humaine. Ce n'est peut-être pas de sa faute, mais en tout cas, ça l'exclut dans l'esprit de beaucoup de la liste des pionniers, car les légendes vivantes doivent avant tout être des hommes, et pas de vulgaires commerciaux.

Ajoutons à cela les bourdes répétées du personnage, qui n'en manque pas une. Au cours d'une émission de télévision, Bill Gates est présenté à Sting, et ne trouve rien de ieux à dire (en coulisse) qu'il n'a jamais entendu parler du personnage. Lors d'une interview, il croit filer droit vers le dictionnaire des citations en disant que si GMC et l'industrie automobile avaient progressé à la même vitesse que les ordinateurs, on roulerait aujourd'hui dans des véhicules volants non polluants en toute sécurité, et il n'y aurait plus d'embouteillage. GMC publie le lendemain une réplique savoureuse dont on peut citer un passage "Si l'industrie automobile avait évolué de la même façon que Microsoft, il faudrait changer le moteur de sa voiture tous les six mois, et pour l'arrêter, il faudrait appuyer sur le bouton "Démarrer" ! ".

Les exemples de la niaiserie de Billou sont si nombreux qu'on finit par se demander s'il ne le fait un peu exprès, conseillé par quelque expert en communication.

Buvons à ta santé Bill, et fais gaffe, Windows et le pakofiss commencent à tourner correctement. Aurais-tu perdu la recette du succès ?