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Fire Pro Wrestling - La série
Année : 1989
Système : Arcade, Game Boy, Megadrive, PC Engine, Playstation, Saturn, SNES, Wonderswan
Développeur : Human
Éditeur : Human
Genre : Jeu de Combat (VS fighting) / Sport

Fire Pro Wrestling 3: Legend Bout
(PC Engine - 1992)

C'est dans ce troisième épisode sur la console de Nec et Hudson Soft que l'une des caractéristiques marquantes de la série se manifeste pour la première fois : l'éditeur de personnages. Et d'emblée, Human fait très très fort. Déjà parce qu'en 1992, cette fonction qu'on retrouve maintenant dans presque tous les jeux de catch sur console n'existe quasiment dans aucun soft en dehors des jeux de rôle. Et surtout parce que cette première mouture de l'éditeur donne énormément de liberté au joueur, sauf pour l'aspect graphique du personnage. On commence en effet par choisir un modèle qui est obligatoirement l'un des 28 catcheurs du jeu dont on peut ensuite seulement altérer les couleurs. On lui donne un nom, puis on règle quelques options concernant son style de catch, sa rapidité à changer de partenaire dans les matches en équipe ou son envie ou pas d'aller catcher à l'extérieur du ring. On répartit ensuite des points dans 8 caractéristiques d'attaques et 8 caractéristiques de défense (coup de pied, prise technique, prise aérienne, prise puissante, prise au sol...).

Deux écrans de l'incroyable mode « edit ». À droite, on programme la façon de combattre du CPU en attribuant des pourcentages de probabilité d'exécution à chaque prise ou attitude.

Une fois ceci accompli, on passe à la page suivante qui permet d'éditer tout l'arsenal de coups et de prises de son nouveau héros. Des prises plus ou moins puissantes consomment des points de création afin d'éviter de mettre sur pied un monstre impossible à stopper. Une fois cette étape terminée, on passe à la troisième et dernière page de création qui est également la plus étonnante car elle permet de « programmer » l'attitude de son nouveau catcheur quand ce dernier est dirigé par le CPU. À l'aide de pourcentages, on établit quelle action va être plus susceptible de réaliser le personnage en fonction de chaque situation. Par exemple on pourra décider que, lors d'une prise par derrière, il aura 60% de chance d'utiliser le coup attribué au bouton II, 20% de chance d'utiliser celui attribué à RUN, et 20% de chance de faire appel à RUN + direction. Et ces attitudes sont programmables en fonction du niveau des dégâts déjà infligés à l'adversaire. Ainsi en début de match, il vaut mieux mettre un pourcentage plus élevé dans des coups faibles ayant moins de chance d'être contrés. Une fois terminé, on peut sauvegarder son nouveau champion dans l'un des 4 emplacements prévus à cet effet.

Même si ce système d'édition va être bien amélioré par la suite, on ne peut qu'être admiratifs devant le travail réalisé par Human pour cette première mouture. Seul petit problème pour nous autres occidentaux : tous les menus sont bien entendu en japonais et ne sont pas illustrés, rendant cette tâche malheureusement quasiment impossible sans avoir passé sa licence de japonais !

Techniquement, pas de gros changement.
Misawa débarque également sur PC Engine.

Le mode Edit est donc la principale nouveauté de cet épisode. Pour le reste, les améliorations sont minimes mais suffisantes pour garantir un plaisir de jeu encore meilleur. Ainsi, si les graphismes sont à peine un tout petit ton au dessus de ceux de Fire Pro Wrestling 2, on apprécie que l'animation soit plus rapide, les catcheurs plus réactifs et que la détection des collisions lors des coups de base soit améliorée. Concernant les graphismes, on remarque que l'arbitre et le public sont un peu plus détaillés, mais surtout ce sont encore une fois les portraits des personnages sélectionnables qui sont totalement différents. L'artiste en charge, très doué, s'est cependant permis pas mal de libertés : le style est encore plus cartoon, allant parfois vers la caricature, et certains catcheurs sont difficilement reconnaissables sur ces illustrations. En fait c'est très joli mais pas toujours très fidèle à la réalité.

En bas à droite, Ikki le chevalier du phoenix ! Eh non, c'est Jushin Thunder Liger : joli mais pas très ressemblant.
Rikidozan et Destroyer en revanche sont à la fois fidèlement représentés et très classieux (personnages non jouables).

En ce qui concerne le gameplay, pas de changements notoires. Certains coups bénéficient de nouvelles animations et on trouve de nombreuses nouvelles prises (normal vu l'arrivée de nouveaux catcheurs), mais la jouabilité reste la même, tout comme les possibilités d'action sur le ring. Il faut dire que ça devient délicat d'ajouter de nouvelles manœuvres avec le nombre de boutons limité du pad Nec PC Engine : ce sera donc reporté aux futures versions Super Famicom !
Les modes de jeu sont les mêmes avec l'ajout d'un mode « handicap » (2 contre 1) et bien entendu le mode « Edit ». Notons aussi que 16 niveaux de difficulté sont sélectionnables, et qu'ils déterminent la capacité du CPU à placer les prises avec le bon timing tout comme son endurance et les dégâts portés par ses coups.

De nouvelles prises ! Ici le reverse-piledriver de Dynamite Kid (à gauche) et le face-crusher du Great Muta (à droite).

En conclusion, c'est un épisode excellent, le meilleur sur Nec PC Engine, et l'ajout du mode Edit est un pas de géant pour la série qui s'impose plus que jamais comme la référence du genre auprès des amateurs exigents !

28 catcheurs sont disponibles dans ce troisième épisode Nec (plus 4 emplacements pour en créer soi-même).
Une fois toutes ces stars vaincues, 4 légendes du ring peuvent être affrontées (mais on ne peut toujours pas jouer avec).
Le casting est toujours un mélange entre des icônes du catch japonais encore en activité en cette année 92 (Inoki, Maeda, Choshu...) et les superstars du moment (Muta, Misawa, Hashimoto...).

Parmi les nouveaux, notons tout d'abord la présence pour la première fois en perso jouable du Tiger Mask original mais sous son identité de shootfighter, « Super Tiger ». Autre recrue notable, celui qui est en train de populariser le catch « hardcore » : Atsushi Onita. Fondateur de la FMW.

Liste des catcheurs présents :

Ceux déjà présents dans un précédent épisode :

  • Victory Musashi (Antonio Inoki / New Japan Pro Wrestling).
  • Hurricane Rikimaru (Riki Choshu / New Japan Pro Wrestling).
  • Hatamoto Shinya (Shinya Hashimoto / New Japan Pro Wrestling).
  • Tommy Bomber (Jumbo Tsuruta / All Japan Pro Wrestling).
  • Hikawa Mitsuhide (Mitsuharu Misawa / All Japan Pro Wrestling).
  • Saeba Akira (Akira Maeda / New Japan Pro Wrestling & RINGS).
  • Kajiwara Joe (Yoshiaki Fujiwara / UWF & PWGF).
  • Higaki Makoto (Masakatsu Funaki / UWF & PWGF).
  • Star Bison (Stan Hansen / All Japan Pro Wrestling).
  • BG Bull (Bruiser Brody / All Japan Pro Wrestling).
  • Thunder Ryu (Genichiro Tenryu / Super World of Sports).
  • Axe Mogan (Hulk Hogan / World Wrestling Federation).
  • Super Kaiser (Jushin Thunder Lyger / New Japan Pro Wrestling).
  • Blade Musha (The Great Muta / New Japan Pro Wrestling).
  • Mad Tiger (Tiger Jeet Singh / Freelance).
  • Hitman Saber (Big Van Vader / New Japan Pro Wrestling & World Championship Wrestling).

Les Nouveaux :

  • Fighter Yamato (Tatsumi Fujinami / New Japan Pro Wrestling).
  • Masahiro Kono (Masahiro Chono / New Japan Pro Wrestling).
  • Hiro Date (Hiroshi Hase / New Japan Pro Wrestling).
  • Hogara Tashin (Akira Taue / All Japan Pro Wrestling).
  • Toshie Kazama (Toshiaki Kawada / All Japan Pro Wrestling).
  • Teddy Gory (Terry Gordy / All Japan Pro Wrestling).
  • Steel James (Steve Williams / All Japan Pro Wrestling).
  • Great Panther (Super Tiger / UWF).
  • Nobuhisa Sanada (Nobuhiko Takada, UWFi).
  • Kazuki Yamamoto (Kazuo Yamazaki, UWFi).
  • Dynamic Billy (Dynamite Kid / Freelancer).
  • Takeshi Niouden (Atsushi Onita, FMW).
Le « Macho-Dragon » Tatsumi Fujinami est un des fondateurs de la NJPW. Il s'illustre à la fois dans les catégories « poids légers », et « poids lourds », où il remporte encore plus de succès, gagnant plusieurs fois le titre suprème de la NJPW dans les années 80 et 90. On lui doit de nombreuses prises « dragonesques » du catch (dragon-suplex, dragon-screw, dragon-sleeper...). Connu également pour avoir chanté (lamentablement) son propre thème d'entrée sur le ring, voir ce clip culte !
Masahiro Chono fait partie des « Trois Mousquetaires », le trio qui a dominé la NJPW pendant les années 90 avec Keiji Mutoh et Shinya Hashimoto. Il est le catcheur qui a gagné le plus de fois le prestigieux tournoi G1. Pendant la seconde partie des années 90, il rejoint la fameuse NWO, allant ainsi catcher aux USA à la WCW. Ses coups préférés sont des variantes du STF (prise de soumission) et le « kenka-kick ».
Ancien lutteur amateur ayant pris part aux Jeux Olympiques de 1984, Hiroshi Hase se fait d'abord un nom à la NJPW en tant que junior (poids léger), puis en équipe avec Keiji Mutoh ou Kensuke Sasaki, une fois promu au rang de « poids lourd ». Dans la deuxième moitié des années 90, cet excellent lutteur technique quittera la NJPW pour sa grande rivale : la AJPW. On trouve dans son arsenal le « giant swing » (que les fans de Wolf dans Virtua Fighter connaissent bien), et le très esthétique « northern light suplex ».
Akira Taue est un ancien sumo de taille imposante qui combat à la AJPW aux cotés de Giant Baba et Jumbo Tsuruta dès le début des années 90. Mais ses matches les plus célèbres auront lieu avec un autre partenaire : Toshiaki Kawada. Ils affronteront ensemble Misawa et Kobashi dans des matches qui sont considérés parmi les meilleurs de tous les temps. Il rejoindra plus tard la NOAH dont il deviendra président suite au décès de Misawa. On compte parmi ses coups de prédilection de multiples variations du chokeslam.
Surnommé « Dangerous K », Toshiaki Kawada est effectivement un homme dangereux tant ses coups et ses prises, particulièrement ses coups de pied, sont portés avec violence. Il a pris part à plusieurs des meilleurs matches de tous les temps à la AJPW, avec ou contre Misawa, Tsuruta, Tenryu, Taue, Kobashi ou Akiyama. En plus de ses coups de pied au visage dévastateurs, il use de la powerbomb, du brainbuster et de multiples prises de soumission.
L'équipe Miracle Violence Connection (MVC) composée des américains Terry Gordy et de Steve Williams a semé le chaos et la destruction dans les rings de la AJPW au début des années 90, remportant les ceintures de champions par équipe à 5 reprises. Terry Gordy, malheureusement décédé en 2001, était surtout connu aux USA en tant que membre des Fabulous Freebirds pendant les années 80. Au Japon il fut également deux fois champion poids lourds de la AJPW. Sa prise favorite est la powerbomb. Surnommé « Dr. Death », Steve Williams est un athlète complet ayant connu beaucoup de succès dans des fédérations territoriales aux USA et surtout à la AJPW où il devient champion poids-lourds et champion par équipe à 8 reprises. Ses prises les plus célèbres sont le backdrop driver, la doctor-bomb, et le Oklahoma Stampede. Il est hélas victime d'un cancer en 2009.
Super Tiger est un shoot-fighter portant un masque de tigre et évoluant à la UWF en 1984. Sous le masque se trouve en fait Satoru Sayama, celui qui a incarné le légendaire Tiger Mask à la NJPW quelques années plus tôt. Expert en arts martiaux, usant de nombreux coups de pied, il est l'une des deux stars principales de la fédération, l'autre étant Akira Maeda. Le fait qu'on trouve au sein de la UWF, fédération de shootfighting sérieuse et réaliste, un homme vêtu d'un masque de tigre violet est assez ironique ...
Nobuhiko Takada est un shootfighter célèbre qui évolue à la NJPW et à la UWF. En 1990, il fonde la UWFI (Union of Wrestling Force International), sa propre fédération de shootfighting dont il devient la star principale. Cette dernière « envahi » la NJPW au milieu des années 90, provoquant une situation qui inspirera plus tard l'invasion de la NWO à la WCW. Combattant complet, expert en prises de soumissions, il se lancera plus tard dans le MMA, puis reviendra au catch en tant que star principale de la fédération Hustle.
Kazuo Yamazaki est un de ces shootfighters suivant à la lettre la vision d'un catch ultra-réaliste et technique telle que définie par Karl Gotch et Antonio Inoki. Il alterne au cours de sa carrière entre la NJPW et les fédérations de shootfighting UWF et UWFI. Il obtient ses principaux succès à la fin des années 90 rafflant plusieurs fois le titre par équipes de la NJPW, puis arrivant en finale du prestigieux tournoi G1 en 1998. Comme Takada, il est spécialisé dans les prises de soumission. Son rôle est également important dans l'orientation shootfighting que prend la NJPW du début des années 2000 puisqu'il entraine à ce style de combat des catcheurs comme Yuji Nagata.
Tom Billington, plus connu sous le nom de Dynamite Kid, est un catcheur anglais qui a connu un succès foudroyant au tout début des années 80 au Japon, plus précisément à la NJPW ou il était l'une des grandes stars de sa division « poids légers ». Ses matches contre Tiger Mask sont légendaires et ont influencé toute une génération de catcheurs aux gabarits physiques inférieurs aux standards de l'époque. Plus tard, il forme l'équipe des British Bulldogs à la WWF avec Davey Boy Smith, avant de revenir au Japon, à la AJPW cette fois, où il connaitra encore le succès en équipe. Ses prises favorites sont le diving headbutt et le reverse-piledriver qu'il utilisait bien avant le Tombstone de l'Undertaker.
Atsushi Onita est le fondateur de la fédération FMW (Frontier Martial-Arts Wrestling) qui introduit un nouveau type de catch ultra-violent dit « hardcore » dans lequel il n'est pas rare de se battre dans des rings abritant des explosifs et ou les cordes ont été remplacées par du fil barbelé ! De par son charisme et les risques incencés qu'il prend lors de ses matches, Onita développe un véritable culte autour de sa fédération de rebelles et de « mauvais-garçons » du catch, culte qui s'exportera aux États-Unis à la ECW. Sa prise favorite est la Thunder-Fire powerbomb.

Toujours non-jouables, les « boss » du jeu sont :

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