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Fire Pro Wrestling - La série
Année : 1989
Système : Arcade, Game Boy, Megadrive, PC Engine, Playstation, Saturn, SNES, Wonderswan
Développeur : Human
Éditeur : Human
Genre : Jeu de Combat (VS fighting) / Sport

Super Fire Pro Wrestling Queens Special
(Super Famicom - 1995)

Human a tenté d'amortir au maximum sa licence de la All Japan Women, en sortant rapidement un troisième jeu de catch féminin (le second sur Super Famicom). Le moteur graphique du jeu est une amélioration de celui de All Star Dream Slam et est donc différent de celui utilisé dans les autres Fire Pro sur Super Famicom. Les sprites sont plus grands et les animations mieux détaillées, comme le prouve par exemple le mouvement des cheveux de Mima Shimoda lorsqu'elle exécute un « pile-driver ». Le souci du détail est fort appréciable ici. Le feeling est en tout cas assez différent des autres épisodes de la série.

Quelles nouveautés par rapport à All Star Dream Slam ? Au niveau des modes de jeu, c'est principalement l'ajout du mode EDIT, toujours aussi complet mais ne permettant cependant toujours pas de modifier les sprites proposés (ceux des filles présentes dans le « roster ») sauf les couleurs.
Concernant le gameplay, Human a de nouveau refait la palette de coups et amélioré les animations de chaque prise mais les attributs fondamentaux ne changent pas, à un détail près : en appuyant sur L et R simultanément, sa catcheuse se jette sur son adversaire pour tenter de la saisir. Un ajout qui n'apporte pas grand chose, il ne sera d'ailleurs repris dans aucun épisode de la série. Signalons aussi qu'on ne dispose que de 3 niveaux de difficulté seulement.

L'introduction du jeu est assez jolie...
L'introduction des matches en revanche est ultra-minimaliste et très décevante par rapport à All Star Dreamslam.

L'habillage du jeu déçoit franchement par rapport à ce qu'on a vu dans les autres épisodes disposant de la licence AJW, surtout l'opus NEC PC Engine. Pas de portrait des catcheuses, et encore moins de photos digitalisées ; des intros très minimalistes avant les combats, les filles faisant leur entrée réprésentées dans de petites fenêtres reprenant une animation loin d'être spectaculaire, et aucun thème officiel n'est présent. C'est à se demander si les développeurs étaient au courant qu'ils disposaient de la licence officielle ! En tout cas on peut sérieusement se poser la question lorsqu'on voit la boite qui ne mentionne pas le logo de la AJW et qui affiche un dessin évoquant Akira Hokuto... de dos (on ne voit pas son visage).

On peut désormais saisir à distance en maintenant L et R. Un ajout inutile qui ne sera pas repris dans les épisodes suivants.
Les sprites sont grands et détaillés, l'aspect graphique est vraiment réussi.

Beau, proposant des coups superbement animés et un gameplay toujours aussi profond, Queens Special est bien entendu un bon épisode à première vue. Mais quand on creuse, on découvre malheureusement quelques petits soucis. D'abord quelques petits problèmes d'affichage avec des sprites qui parfois se « mélangent » l'espace d'un instant. Plus ennuyeux : le gameplay souffre de quelques vilains bugs ou mauvais réglages. Ainsi il est parfois impossible d'interrompre un tombé ou une prise de soumission portée sur sa co-équipière dans un match en double (on frappe l'adversaire mais rien ne se passe). Mais le plus énervant concerne les incessantes sorties du ring. La moindre souplesse arrière ou projection, si elle n'est pas exécutée bien au milieu du ring, envoie l'adversaire à l'extérieur. Irréaliste et usant. D'autant que de nouveaux bugs d'IA se manifestent souvent lorsqu'on s'affronte à coté du ring.

Pas de surprise concernant le « roster ». 36 catcheuses (plus deux cachées) sont présentes avec les athlètes de la AJW, sous leur vrai nom, et des combattantes issues d'autres fédérations (JWP, et FMW principalement) sous des noms d'emprunt, mais tout de même reconnaissables pour qui connait ses classiques.

De nombreuses animations sont présentes, apportant beaucoup de réalisme.
L'écran de sélection des catcheuses est décevant : pas d'illustration, ni de photo digitalisée. Cela va malheureusement devenir la norme pour la série...

En résumé, cet épisode impressionne sur les photos d'écrans et fait une bonne première impression, mais il est sans doute sorti dans l'urgence et souffre de défauts gâchant un peu l'expérience de jeu. Ceci dit, bien qu'il manque de « fan-service » par rapport à All Star Dreamslam, il est bien plus complet au niveau de la palette de coups et des catcheuses présentes, mieux réalisé également avec ses animations et ses grands sprites, et donc plus recommandable pour les fans de catch féminin sur consoles 16-bits. Dommage qu'il s'agisse du dernier jeu de la série Fire Pro disposant d'une licence officielle.

Voyons maintenant quelques unes des catcheuses qui apparaissent dans les trois jeux de la série Fire Pro exclusivement dédiés au catch féminin, le Joshi Puroresu !

Bull Nakano est la méchante numéro 1 de la AllJapan Women Pro Wrestling (AJW) à la fin des années 80 après avoir formé une équipe redoutable avec la légendaire Dump Matsumoto. Son physique imposant lui permet de détruire ses adversaires avec des prises puissantes, mais elle fait également preuve d'une agilité hors-pair pour porter des moonsaults ou des descentes de la cuisse depuis la troisième corde. Pendant les années 90, elle se produira également aux USA ou elle affrontera à plusieurs reprises Alundra Blayze / Madusa Mitchell à la WWF et à la WCW. Elle est souvent considérée comme la plus grande star du catch féminin japonais.
Manami Toyota est considérée comme la meilleure catcheuse de tous les temps par de nombreux amateurs de catch, y compris celui qui écrit cet article ! Entrainée par Jaguar Yokota, elle produit pendant les années 90 à la AJW des matches fantastiques ou le public retient son souffle alors qu'elle exécute des prises spectaculaires comme son Japan Ocean Suplex (variante du german suplex). À l'aube des années 2000, elle s'investit dans les autres fédérations de catch féminin comme la GAEA ou la OZ Academy.
Toshiyo Yamada a participé à plusieurs des meilleurs matches de catch féminin de l'histoire en tant que partenaire ou adversaire de Manami Toyota à la AJW. On retient particulièrement le match ou elle met en jeu ses cheveux contre cette dernière en 1992. Grande admiratrice de Akira Maeda, elle adopte un style assez similaire avec de violents coups de pied et des prises de soumission « réalistes », ce qui détonne face à ses adversaires qui usent de prises plus « flashy ».
Mi japonaise et mi afro-américaine, Aja Kong est une terrifiante et redoutable catcheuse qui a démoli tout ce qui se trouvait sur son chemin à la AJW pendant les années 90. Elle est ensuite partie fonder la fédération ARSION avant de devenir « freelance ». On l'a vue aussi massacrer gaiement quelques catcheuses américaines à la WWF en 95. La puissance dégagée par ses 100 kilos lui permet de frapper avec violence du revers de la main et de porter un marteau-pilon modifié dévastateur.
Grande fan de catch depuis son enfance, Akira Hokuto est une des stars principales de la AJW pendant les années 80 et 90 et une des icones du puroresu les plus connues auprès du public japonais. Réputée pour sa tenacité et sa résistance physique incroyable, elle subit de nombreuses blessures très graves pendant ses matches, ce qui ne l'empêche pas de continuer à combattre ! Elle fait également carrière au Mexique à la CMLL et aux USA à la WCW. Sa prise de finition est l'impressionante Northern Light Bomb.
Kyoko Inoue est une championne de la AJW des années 90 facilement reconnaissable au masque peint sur son visage. Douée techniquement et puissante, elle prend part à plusieurs excellents matches qui font d'elle une légende. À l'aube des années 2000, elle partira fonder sa propre fédération, la NEO (puis, plus récemment, la DIANA). On lui doit quelques prises très impressionnantes comme le Niagara Driver (variante de la Thunder Fire Powerbomb) et le Victoria Driver (variante du Burning Hammer de Kenta Kobashi). elle utilise également le Giant Swing.
La très jolie Takako Inoue s'est autant appuyée sur sa maitrise technique du catch que sur sa beauté plastique pour s'imposer à la AJW dans les années 90. Elle a particulièrement brillé en équipe, aux cotés de Kyoko Inoue (homonyme). A partir des années 2000, elle devient indépendante et catche pour de nombreuses fédérations différentes. Elle porte souvent le chokeslam pendant ses matches, mais son finisher est un coup de genou au visage porté depuis la troisième corde.
Dynamite Kansai est l'une des stars principales de la Japan Women Pro-Wrestling (JWP), la fédération concurrente de la AJW dans les années 90. Puissante, délivrant des coups de pied violents, sa prise de finition est une Black-Tiger bomb (le splash-mountain de Jeffry dans Virtua Fighter). Elle catchera plus tard pour les fédérations GAEA et OZ. On lui doit d'excellents matches interpromotionels ou elle affronte Manami Toyota et Toshiyo Yamada en équipe avec Mayumi Ozaki.
Mayumi Ozaki est l'autre grande star de la JWP dans les années 90 avec Dynamite Kansai. C'est également avec cette dernière qu'elle participe à d'excellents matches interpromotionnels face à la AJW. Assumant le rôle d'une méchante sadique dans la seconde partie de sa carrière, elle quittera la JWP pour fonder sa propre fédération, la OZ Academy. Une de ses prises favorites est le Tequilla Sunrise, une variante du Dragon-suplex qu'elle a inventée.
Du haut de ces 1 mètre 50 et de ses 50 kilos, Cutie Suzuki est la jolie petite catcheuse qui devait faire face à des « monstres » comme Dynamite Kansai ou Devil Masami à la JWP pendant les années 90. Très populaire pour sa beauté et son agilité, elle a également eu une petite carrière en tant que « Idol », poussant la chansonette et posant pour des photobooks. Elle possède également un jeu à son nom sorti sur Megadrive !
Devil Masami est la « super méchante » de la AJW pendant les années 80. Brutale et impitoyable, prête à tout pour gagner, elle porte des marteau-pilons et soulève ses adversaires à bout de bras au dessus de sa tête avant de les envoyer valser ! Pendant les années 90, elle devient la « vétérante » de la JWP. Elle est à ce jour la catcheuse ayant eu la plus longue carrière active (30 ans !). Puissante et technique, c'est une des catcheuses les plus influentes du Joshi Puroresu.
La jolie Megumi Kudo était la star principale de la division féminine de la FMW de Atsushi Onita dans les années 90. Elle est certainement la catcheuse japonaise la plus connue en occident car les DVDs de la FMW étaient vendus aux USA, ce qui a permis au monde de découvrir ses fameux matches hardcore ou elle combat sur des rings entourés de fils barbelés électrifiés, recouverts de morceaux de verre ou piégés avec des explosifs ! Elle use de la Thunderfire Powerbomb et a inventé le dangereux Vertebreaker.
Ancienne championne de judo et artiste martiale redoutable, Shinobu Kandori est la star principale de la fédération Ladies Legend Pro Wrestling (LLPW) dans les années 90. Son style de catch se rapproche du shootfighting tel que pratiqué par Akira Maeda ou Masakatsu Funaki. Mais elle a pris part également à des matches hardcore comme Megumi Kudo. Son match le plus célèbre est contre Akira Hokuto en 1993 et se termine en véritable bain de sang !
Jaguar Yokota est une des personalités les plus importantes du puroresu, hommes et femmes confondus. Star de la AJW au début des années 80, elle dispute des matches d'un très haut niveau technique, entre autres face à Devil Masami, qui a facilement 10 ans d'avance par rapport à la production de l'époque. Agile, puissante et rapide, son excellence sur le ring profite aussi à la génération suivante puisqu'elle entraine ensuite des catcheuses comme Manami Toyota et Kyoko Inoue. Elle fonde la fédération Jd en 1995. Elle a également inventé des prises comme le Jackhammer et la Tiger Bomb !
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