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Dungeon Master

Année : 1987
Système : Atari ST, Amiga, PC 
Développeur : FTL Editeur : FTL 
Support : Disquette 

 

Parler d'un jeu comme Dungeon Master n'est pas une chose aisée tant il y a dire dessus. Tous les joueurs qui ont eu l'occasion de s'y mesurer en savent quelque chose. Il s'agit véritablement d'une expérience intense qui marqua la vie d'un grand nombre de joueur.

Tout commence en 1987. La puissance limitée des ordinateurs ne permettait pas d'avoir de jolis graphismes pour les jeux de rôles. La représentation se faisait en général en 2D, ou plus rarement en 3D isométrique. C'est alors que FTL développa Dungeon Master sur Amiga et Atari ST. Une révolution. Tous les joueurs en sont restés bouche bée. Pour la première fois devant leurs yeux ébahis, un jeu de rôle était en 3D. A l'écran, on voyait ce que voyaient  réellement les personnages. Renversant. 

Et le réalisme était encore plus grand. Finie la gestion des combats au tour par tour, où l'on pouvait prendre son temps pour mener une action. Place au temps réel si cher aux joueurs d'aujourd'hui. A l'époque, C'était tout nouveau. Cela rajoutait vraiment à l'ambiance réaliste du jeu et on vivait encore plus intensément l'aventure. 

Parlons un peu de l'interface. C'était encore une fois révolutionnaire. Tout se joue à la souris. L'inventaire est complet. La gestion de l'eau et la nourriture rend l'immersion encore plus grande. On peut mourir de faim ou de soif. Il faut donc faire très attention à ses réserves. On trouve ça et là des fontaines pour remplir les gourdes et certains monstres font d'excellents repas (Vers rose, hurleurs, rats et Dragon). 

Le poids des objets est aussi pris en compte. Chaque personnage est limité en charge. Dépasser la limite revient à ne plus pouvoir bouger. 

Cela influe sur la vitesse et la consommation de nourriture. Le nombre d'objets à disposition est énorme, armures, armes, boucliers, heaumes, amulettes, gourdes, fioles, etc. (près de 150 différents)

La gestion des sorts dans Dungeon Master était très novatrice :
On se sert de runes représentées par un symbole. Chacune possede un nom. Un sort est constitué de 2 à 4 runes. Les bonnes combinaisons sont écrites sur des parchemins. Il faut donc retenir quel symbole correspondant au nom de la rune (une liste était fournie dans le manuel du jeu). Le système peut sembler un peu étrange, mais finalement, cela ajoute encore au réalisme.

EE 

LO 

ON 

UM 

Passons maintenant aux personnages. Au début de l'aventure, il faut en choisir 4 parmi les 24 possibles. Chacun a ses propres caractéristiques : Santé, endurance, mana (puissance en magie), force, dextérité, sagesse, vitalité, résistance au feu et à la magie. 
Il y a 4 classes de compétence : Magicien, prêtre, ninja, guerrier. Pour augmenter ses niveaux, il suffit d'utiliser ses compétences. Le guerrier en maniant les armes, le magicien avec les sorts, le prêtre avec les potions et le ninja avec les armes de lancer. Tout le monde peut progresser dans chacune des classes. Il est même conseillé de monter tout ses personnages de façon uniforme afin d'avoir une chance d'arriver à la fin. Car, contrairement à certain jeux actuels, Dungeon Master  est assez difficile.

Avoir une bonne interface et être joli graphiquement ne suffit pas à faire un bon jeu. Encore faut-il un bon gameplay. 
FTL a encore réussi son pari sur ce point. Partant d'une histoire simple, (vous êtes Théron, l'assistant d'un puissant magicien qui vous demande de vaincre LORD CHAOS) vous devez naviguer à travers de 14  niveaux. Chacun est vaste, rempli de monstres, de pièges, d'énigmes, de passages secret. 
Actionner les boutons ou les leviers peut avoir plusieurs conséquences : soit être nécessaire à la progression de l'aventure, soit être inutile, voir même dangereux.(ouverture de trappes, libération de monstres...)

Malgré cette difficulté, le jeu était tellement prenant qu'on ne se rendait pas compte du temps passé. Les énigmes tenaient en haleine pendant de longues heures. On pouvait passer des nuits blanches sans s'en rendre compte. 
Rassurez-vous, au départ on commence simplement. (histoire de se faire à l'ergonomie novatrice du jeu), et c'est ensuite que cela se complique. Les monstres sont de plus en plus fort. Les pièges de plus en plus nombreux et le plaisir de jouer de plus en plus grand.

Concernant le bestiaire, on trouve  25 monstres différents (Lord Chaos inclus). Cela va du squelette au dragon en passant par des chevaliers ou des golems. 


Certains sont résistants à la magie, d'autres nécessitent des armes spéciales mais finalement on arrive toujours à trouver le moyen de défaire l'adversaire. Tuer le dragon du niveau 13 est vraiment un grand moment, mais le plus dur reste certainement Lord Chaos en personne.

Au bout du compte, après des dizaines d'heures de jeu, on a l'immense joie d'arriver enfin au terme d'une expérience hors du commun. 
Il est sûr qu'aujourd'hui le jeu a un peu vieilli, mais il reste un grand moment dans l'histoire du jeu vidéo, à n'en pas douter. Il est à noter qu'après le succès rencontré sur Amiga et Atari ST, pas moins de 12 conversions sur diverse machines on été effectuée, dont une version PC qu'on peut télécharger ici. Un nombre important de clones basés sur le même principe ont envahi les rayons des magasins.

Après un tel succès, il était évident que FTL n'allait pas en rester là. Une suite est apparue 2 ans plus tard : Chaos Strike back. L'interface est identique. Quelques nouveaux monstres font leur apparition. On peut récupérer les personnage de Dungeon Master (ce qui est conseillé).  Une nouvelle histoire passionnante, encore plus dure que la première. Plus de monstres, plus d'énigmes. Un plaisir de jouer intact, Chaos strike back est vraiment le digne successeur du premier. Il fera certainement l'objet d'un article à venir prochainement.

En 1996, FTL a sorti Dungeon Master II sur PC (il est sorti en 93 au Japon et en 95 aux USA). Une grosse déception. L'interface n'a pas changé (ce qui n'est pas grave, elle est très bonne), mais les graphismes, eux, datent des années 80. Ce n'est pas très beau pour ne pas dire laid. Ajoutez à cela une histoire pas  vraiment passionnante, un gameplay un peu répétitif et vous obtenez un jeu très moyen, baclé qui n'a pas eu de succès. On peut l'oublier très vite. 
 


 

Jacques AMBLARD