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Actualité de l'émulation [contenu fourni par Emu-France]
Le retro-gaming, qu'est-ce-que c'est ?
Ce dossier se veut très utile pour tout nouvel arrivant sur le site, ou personne qui voudrait comprendre en quoi consiste exactement la passion que nous portons aux jeux vidéo anciens. Les autres pourront lire ou relire les avis des Grospixeliens, glanés sur le forum.

Phil : J'essaye au maximum de jouer sur un support original, car je trouve que c'est de cette façon que l'on apprécie au mieux un jeu de la manière dont il a été pensé. Celà dit, certains titres sont aujourd'hui introuvables de par leur rareté et donc leur prix et c'est à ce titre que l'émulation est mon salut. Je possède donc beaucoup de consoles et d'ordinateurs plus ou moins vieux ou rares et je les alimente autant que je peux en titres achetés en boutiques spécialisées, en occasion sur le net, quelquefois aux enchères ou a des connaissances (merci petitevieille), mais toujours dans des limites raisonnables. L'émulation me permet bien souvent de me faire une idée d'un jeu avant de l'acheter d'occasion, car j'aime aussi le côté 'physique' et 'matériel' de ma petite collection. J'adore manipuler une cartouche de jeux à l'ancienne. Les consoles modernes ont perdu beaucoup de charme avec l'apparition des supports cd/dvd...

Soreal : Depuis un peu plus d'un an je me suis lancé dans ce vieux projet de collection de vieilles bécanes, et petit à petit ça prend forme et place. Je collectionne en particuliers les ordinateurs que j'ai eus mais surtout ceux qui m'ont fait rêver dans les années 80. Petit à petit j'en suis arrivé à me concentrer un peu plus sur une marque que j'affectionnais déja, mais qui, au fur et à mesure que je reçois des ordis, me passionne de plus en plus, c'est la marque Atari. Je me suis découvert aussi une passion pour les consoles portables depuis quelque temps, mais je n'en possède que 2, à savoir la Lynx 2 et la Gamegear. J'ai appris à ne pas être pressé, ne pas se précipiter sur la 1ère occasion venue, j'ai le temps, et si un ordi passe sous le nez, je sais que j'en trouverais un autre tôt ou tard. Je sais que le jour ou j'aurais une maison, et j'éspère que ça arrivera bientôt, une pièce sera dédiée à cette collection, je veux voir mes sasfépus tous allumés les uns à côté des autres et pouvoir m'en servir quand je le souhaite. Je crois que ma 1ère collection est quand même celle des revues d'informatique, j'en ai une belle floppée depuis les années 80, et je continue d'en acheter dans les vides-greniers ou brocantes, et sur le net via les sites d'annonces ou les newsgroups spécialisés.

L'équipe de Grospixels compte aussi plusieurs collectionneurs : Ici, une partie du trésor de JC

Ces étalages de consoles, micro-ordinateurs, accessoires, cartouches, cassettes et disquettes constituent des tableaux bigarrés et fascinants, résumant en un seul vertige tout ou partie de l’histoire des jeux vidéo. Le spectacle peut être si émouvant qu’il n’est pas étonnant de trouver sur le net des expositions photographiques de collections monstrueuses, des alignements de machines et de jeux si opulents qu’ils nécessitent la construction sur mesure de meubles de rangement spécifiques, afin que chaque micro-ordinateur ou console soit dûment branché et prêt à être utilisé à tout instant. Evidemment, on a là tous les critères qui définissent de façon générale le collectionneur, quelque soit l’objet de sa passion (timbres, bibelots, jouets...), mais lorsque celle-ci s’applique aux jeux vidéo d’autrefois, le retro-gamer a en plus le plaisir particulier de revivre son propre parcours tout en réalisant certains rêves d’enfance.

Zulios : Je pratique le retro-gaming parce que j'aurais aimé m'acheter pleins de jeux sur ma Megadrive et tous les connaitre à fond, mais par manque de moyens ça m'était impossible. Alors aujourd'hui je me "venge" en achetant tous les jeux que j'aurais voulu prendre à l'époque. C'est aussi un plaisir à chaque fois de rejouer à ces jeux, il y a comme un lien affectif entre eux et moi car ils me rappellent beaucoup de bons souvenirs. Chaque jeu que je les retrouve c'est donc une partie de mes souvenirs qui revient avec, et une chose pareille n'a pas de prix. En plus de ça j'aime bien farfouiner dans les boutiques à la recherche d'occasions intéressantes, c'est sympa. Je ne joue quasiment que sur machine réelle, les conditions de jeu sont bien meilleures que sur émulateur. Quand je joue sur ému c'est surtout pour des jeux trop chers pour moi (je refuse de mettre des sommes énormes pour un jeu par principe, même si je l'aime beaucoup), pour découvrir des jeux que je ne connais pas ou pour des consoles que je ne possède pas. Si je devais fixer un pourcentage je dirais 90% sur machine réelle environ. Je ne dépense pas énormément pour le rétro gaming, disons en moyenne 15 euros par mois sur l'année, car tout dépend de ce que je vais trouver. Je marche essentiellement au coup de coeur, quand un jeu est à un prix correct pour moi, en bon état et qu'il me plait je vais probablement le prendre. Mais je ne le fais pas systématiquement, tout dépend de mon budget. Il m'arrive parfois d'attendre des mois avant de prendre un jeu, quitte à louper une belle occasion.

Lagi : Comme la plupart des jeux que j'achète sont relativements rares car plus édités, dès que je vois un titre intéressant, je l'achète. Je me retrouve donc avec un nombre conséquent de jeux chez moi auxquels je n'ai pas le temps de jouer. Mais je ne suis pas un pur collectionneur (un petit peu quand même) et j'achète toujours un jeu dans l'intention d'y jouer un jour ou l'autre. Malgré le grand nombre de jeux que j'achète, je ne me ruine pas car je vais beaucoup dans les cash converters et je paye rarement un jeu plus de 15 euros (ça dépends de la console bien sur). Concernant l'émulation, je n'y joue que pour essayer des jeux avant de les acheter. Sauf dans le cas de jeux extrêmement rares auxquels je veux absolument jouer ou de jeux jamais sortis du japon auxquels je peux jouer dans une version traduite.

L’historien

Il est de plus en plus communément admis que les jeux vidéo ont une histoire. Même dans les milieux les moins initiés, on commence à réaliser que les jeux vidéo constituent, bien plus qu’un simple phénomène commercial et vaguement sociologique, une culture riche et complexe qui a évolué grâce à une série d’évènements déterminants dont les répercussions peuvent être décelées dans toute la production actuelle. Si cette reconnaissance est en marche, c’est au départ grâce aux retro-gamers et à l’Internet. Un travail incroyable de conservation du patrimoine vidéo-ludique a été accompli, qui à commencé de l’autre côté de l’Atlantique,où les jeux vidéo sont nés, puis a peu à peu été relayé partout dans le monde.

Classic Gaming et Moby Games : deux sites gigantesques d'archivage historique consacrés aux jeux vidéo

Les collectionneurs se sont d’abord chargés de réunir tout ce qui reste du passé des jeux vidéo dans sa forme matérielle et logicielle, écumant tout ce que la Terre compte d’endroits ou peuvent dormir de vieilles bornes d’arcade ou consoles de jeu. Là dessus est venu se greffer l’émulation. Des développeurs passionnés se sont mis à la tâche, étudiant ce trésor sous toutes les coutures afin de le faire fonctionner sous forme d’émulateurs et de roms sur PC (premier terrain priviliégié du retro-gaming, mais qui n’est plus aujourd’hui le seul puisque des consoles comme la Dreamcast, la GP32 ou la Xbox y excellent). Par la suite, les « simples » joueurs ont pu en profiter, et certains se sont lancés dans le retro-gaming actif, ont accumulé les émulateurs et les roms sur leur disque dur, entâmé une collection de jeux et systèmes rétro, cherché à réunir toutes les machines qu’ils avaient possédées ou rêvé de posséder, et ont joué et rejoué sans fin aux standards du passé.

petitevieille : Mon "entrée dans le retro-gaming" s'est faite au début de l'ère 32-bits, pour une raison toute simple : l'argent. Je découvrais avec bonheur que le prix des jeux NEC diminuait pour cause de "vieillissement"... Considérant comme beaucoup de camarades ici qu'un bon jeu est éternellement bon, je profitais donc de cette aubaine pour nourrir ma PC Engine qui n'avait que trop peu mangé auparavant. La génération 32 bits allait attendre un peu.J'entrais alors dans une phase de compensation de la frustration passée. Pendant la durée de "vie commerciale" des consoles que j'ai possédées, le prix des jeux était trop élevé pour que je puisse m'essayer à tout ce qui me faisait envie. Avec la baisse de prix, il devint possible de se lâcher. Toutes les consoles ou presque y sont passées.

Atari Frog : Le retro-gaming peut être considéré comme une expérience tout d'abord : retrouver les origines "primaires" du jeu - quand l'imagination jouait un rôle bien plus important qu'aujourd'hui - ou dénicher LES jeux qui ont contribué à l'avancée des concepts, que ce soit au niveau de la technologie ou du gameplay. Dans mon cas, c'est un peu une quête archéologique. En voulant être plus terre à terre, il y a également le plaisir de pouvoir enfin voir à quoi ressemblaient certains jeux que l'on désirait à l'époque. Et puis, les progrès des émulateurs aidant, le troisième vrai bonheur est de pouvoir terminer tous les programmes sur lesquels on butait des heures durant auparavant...

Phil : En fait, je n'ai jamais réussi à savoir si mon goût pour le retro-gaming provenait de la nostalgie de mes jeunes années dont je voudrais retrouver le bonheur et l'insouciance ou relève d'une pathologie répandue (mais dont j'ignore le nom) qui pousse un adulte à réaliser les rêves et les fantasmes de son enfance. De mon temps (aparté "vieux crouton"), les jeux video n'étaient pas répandus, leurs fans se réunissaient par devers eux, et c'etait une passion extrêmement frustrante (attendre pendant une heure d'avoir accès au seul ordinateur d'une boutique pour enfin se ruer dessus 5 minutes, taper quelques lignes de code, avant de se faire jeter dehors par un vendeur persuadé qu'un mioche ne peut raisonnablement pas toucher à son chef d'oeuvre de technologie moderne, ou simplement se faire rappeler par ses parents qui ont fini les courses) et couteuse (avec 5 francs, on n'allait pas loin dans une salle d'arcade, alors je restais là à regarder jouer les autres) pour un gamin en primaire ou au collège (fin de l'aparté "vieux crouton"). Bref, aujourd'hui, j'ai les moyens de réparer ces injustices, de réaliser les promesses que je m'étais faites à l'époque, alors je ne m'en prive pas.

L’Internet a été présent dans toutes les phases de ce processus de réconstitution des premiers pas du jeu vidéo. Les roms (contenu binaire) de jeux rétro se sont échangées, des milliers de discussions ont eu lieu, aboutissant à la mise en place de sites massifs et innombrables regroupant émulateurs, roms, documentation et informations sur les moyens de se procurer du matériel de jeu vidéo rétro.

Ces sites rétro sont apparus au 4 coins du monde, en Espagnol, Portugais, Italien, Russe ou Japonais, puis assez tardivement en Français. Certains pays ayant réservé un accueil bien plus favorables que les USA à tel ou tel micro-ordinateur ou console, cela a permis à rendre la quantité de données disponibles toujours plus complète et exhaustive. Ce foisonnement à permis aux retro-gamers de prendre conscience de la quantité considérable de savoir qu’ils avaient accumulée au cours des années, et à le synthétiser. Leur vision des jeux vidéo s’en est trouvée bouleversée, elle est devenue une source de réflexion passionnante. Tissant des liens entre les jeux actuels et ceux du passé, ils sont devenus les premiers historiens du jeu vidéo. Certains ont pris la plume, et là encore l’Internet s’est montré indispensable en tant que tribune (plus ou moins) libre permettant de trouver un auditoire quoi que l’on ait à dire, et d’autres se sont contentés de participer à des discussions et les enrichir de leurs propres anecdotes et points de vue.
Ce brassage d’information est à la longue devenu si riche et intéressant qu’il a fini par attirer des journalistes travaillant dans la presse généraliste ou des écrivains, heureux de pouvoir évoquer les jeux vidéo en sortant des clichés négatifs qu’on leur réserve habituellement.

Le site MO5.com, consacré initialement à l'archivage d'informations sur les consoles et mcro-ordinateurs rétro, regroupe désormais plusieurs autres sites dédiés qui contiennent des articles de fond et des tests de jeux rétro. L'ensemble constitue un portail massif qui n'a rien à envier aux sites américains.

Zefy : Ce qui m'attire dans le retro-gaming est bien entendu une part de nostalgie quoique ce ne soit pas le terme exact, disons que je suis quelqu'un qui reste très attaché à ce qui fait ce que je suis aujourd'hui, je ne fais jamais d'activité à la légère juste pour voir, je sais de suite ce qui me va et participe à mon développement.

Phil : Je ne lis que très peu de critiques (dans le sens 'test') de jeux à leur sortie, et quand j'en lis, je n'en tiens jamais compte. J'estime que pour toute chose, avant de juger il faut replacer un contexte, et prendre un peu de recul, d'autant que souvent, sur l'instant, on a rarement toutes les cartes en main pour se faire un avis... l'Eglise a réhabilité Gilles de Rais il y a 3 ans. Comme quoi, il n'est jamais trop tard pour bien faire/dire

Le retro-gamer historien est en général fier de sa passion et hésite de moins en moins à en parler autour de lui. Tout le monde connaît au moins de nom les grands classiques du jeu vidéo, ce qui lui donne l’occasion d’étonner son entourage en expliquant comment ces titres indémodables continuent d’influencer la production vidéo-ludique actuelle. Beaucoup de gens connaissent et pratiquent les jeux vidéo depuis longtemps, et gardent des souvenirs qui ne demandent qu’à ressortir si le contexte leur donne une valeur autre que celle d’une vieille photo jaunie sans intérêt. Avec la généralisation au plus de médias possible de l’évocation occasionnelle des jeux vidéo anciens et leur influence sur ce qui se fait aujourd’hui, des retro-gamers qui s’ignorent pourraient se laisser aller à une nouvelle passion. Il suffit pour s’en convaincre de questionner un ami au sujet des micro-ordinateurs ou consoles de jeux qu’il a possédés, repérer le nom qui fera briller ses yeux, lui annoncer qu’il peut en trouver un en état de marche pour une somme dérisoire et lui expliquer comment (ou à défaut comment le faire fonctionner en émulation). Résultat garanti !

Niloc-Nomis : Les jeux vidéos ont une histoire, et comme l'humanité elle recelle de nombreuses richesses passées. Mais pour en profiter il faut dépasser les critères de perception purement techniques. Je m'explique :Dire que Sonic c'est pas mal mais que les graphismes ont vieilli, c'est comme dire que le Moyen Age c'était 1000 ans d'obscurantisme avant la Renaissance. Or si la PlayStation a existé, il est positif que pour cela elle a dû s'appuyer sur une génération précédente qui lui a ouvert la voie (CD Rom, Super FX, 32X...), et des évolutions qui se profilaient mais limitées par les machines d'alors (mode7 avant la 3D, des trucs comme ça). Jouer aux vieux jeux, c'est rechercher une richesse passée en faisant fi de nos références actelles. Richesse passée certes, mais c'est vrai qu'il faut bien dire que des jeux ont très mal vieilli, de même que certains concepts. Comme reprendre un jeu de plates formes au début à chaque fois que la console est éteinte est vite exaspérant. Mais quand la nostalgie est là (et les cheat codes aussi) ça aide forcément !

Le jeune retro-gamer (rétro-gamin ?)

Phil : Je n'ai pas toujours été fan de jeux anciens et il y a une bonne raison à celà: j'ai eu la chance de découvrir les JV à l'époque ou ils n'existaient pas encore. J'ai eu une console pong à l'age de 8-9 ans, en 1977, que mes parents ont avantageusement remplacé ensuite par une Atari VCS, puis un ZX-81 et un C64. D'ailleurs, je ne les remercierai jamais assez d'avoir cédé à mes demandes en dépit du fait qu'ils n'ont jamais compris l'intérêt qu'il y avait à jouer aux Jeux vidéo.

A l'opposé des "vieux de la vieille" comme Phil ou l'auteur de l'article que vous lisez actuellement, il existe des joueurs qui pratiquent assidument des jeux sortis bien avant qu’ils aient pu être en âge d’y jouer. L’acuité de leur analyse des titres en question est souvent étonnante, car dénuée de toute nostalgie (d’ailleurs notre site, bien que tenu essentiellement par des trentenaires ou approchant, compte quelques articles écrits par des gens âgés de moins de 16 ans). Ils jouent avec un grand sérieux à des jeux dont ils évaluent la qualité avec objectivité, puisque contrairement aux « vieux de la vieille » ils n’idéalisent pas le passé.

Niloc-Nomis : Je ne suis pas franchement un vieux gamer, quoique pour mon cas il faudrait plutôt dire amateur de jeux vidéo, car avec mes 21 printemps je n'ai pas vraiment connu tout ce qui s'est fait durant les années 80. Cependant il faut bien le dire, je joue comme un vieux ! J'ai découvert les jeux vidéo à la fin des 80's chez mes grands parents en jouant sur les vieux Vidéopac Philips et les machines à Pong de chez SEB qui appartenaient à mon plus eune oncle, voila qui promettait ! Le petit consommateur/joueur a grandi, il se met en rogne quand sa maman lui dit de lâcher la manette pask'il a plus l'âge, mais quand il joue à Nights il se dit qu'il y a quelquechose qui cloche : sa mère trouve ce jeu "beau" (problème, là), et le joueur/consommateur est touché comme s'il avait vu un bon film, ou vu une peinture de Vermeer (oui il joue aux eux mais il est aussi fan de Vermeer). Les jeux auraient-ils une richesse propre ? Aïe, un jour de septembre 1997 il ahète Sonic Jam sur sa Saturn et là il se dit : mais pourquoi il a revendu toutes ses consoles d'avant ? C'est là que p'tit joueur/consommateur se dit qu'on peut faire mieux et y trouver un bonheur encore plus profond et de longue durée.

eSceNeKCAP (16 ans et demi) : Je joue à des jeux rétro pour plusieurs raisons. D’abord, en général, ils sont gratuits, parce qu’ils sont disponibles sur émulateur, et télécharger 150 roms revient toujours moins cher qu’acheter un jeu neuf (quand la répression des fraudes et les douanes sonneront à ma porte pour recel et contrefaçon, je risque de changer d’avis !). Il faut aussi dire que le gameplay des jeux d’antan était bien souvent ce qui faisait la différence entre les différents titres, et qu’il en était donc la partie la plus soignée. Ainsi, se refaire une partie, ne serait-ce que de Bank Panic procure un plaisir simple, bien plus important que si l’on jouait à un banal jeu de PS2. De plus, les jeux actuels sont beaucoup trop faciles, et n’incitent pas à recommencer partie sur partie. J’ai lâché Ratchet & Clank au bout de 3 parties, idem pour Sonic adventure, tellement le challenge est peu intéressant : des sauvegardes à la fin de chaque niveau, une maniabilité approximative. On est loin de Alex kidd in miracle world, un ptit jeu 2D à la difficulté savamment dosée (toute ma famille y a joué, et on ne connaissait strictement rien en jeux vidéos), où l’on apprend en échouant et en recommençant, et où le fun est présent dès les premières parties. Arriver au bout est un vrai challenge, d’autant qu’il faut se retaper tout le jeu lorsque l’on perd, dès lors on se prend plus au jeu. Et les jeux de baston ne sont ils pas dénués d’intérêt dans la plupart des productions 3D ? Un pro de Tekken ne risque ‘il pas de se faire allumer par un ptit bleu qui prend Eddy et martelle le X+O ? Il n’y a donc aucun intérêt de réviser ses combos durant des heures si c’est pour se faire latter par le premier venu. A l’inverse, un newbie de SF ou de KOF a t’il une seule chance face à un gars qui pratique depuis des années ? De même la jouabilité est plus précise en 2D, tout le monde s’accorde à le dire. Et ne parlons pas non plus graphismes (même si depuis ces derniers temps, cela semble être de moins en moins vrai). Pour ces raisons, je ne lâcherai pas mes vieilles ptites consoles contre vos Bump Mapping, cell shading anti aliasingeries ! Je ne suis pas non plus un sectaire, dans le sens où les jeux rétro sont bien entendu inférieur dans des domaines aux productions actuelles. Ainsi, les jeux de courses, de foot, d’aventure se sont bonifiés avec l’apport de la 3D, et de tous les innovations inhérentes aux nouveaux supports. Il est difficile de dire ce qui est le mieux des jeux rétro ou actuels : ils sont complémentaires. Certains types de jeu passent mieux en 2D, baston, plate-forme, tandis que d’autres semblent être bien mieux représentés de nos jours , foot, course. Et des types de jeu, tels que les jeux d’arcade, où le gameplay est plus important que l’habillage sont intemporels. Bien sûr, il y a des exceptions pour tous les types : Soul Calibur est un jeu de combat en 3D, et n’en demeure pas moins excellent (la 3D sert vraiment le gameplay) tout comme Rival school (c’est un avis perso !).

Il y a fort à parier que leur capacité à saisir qu’un jeu ne doit pas être évalué selon des critères uniquement technologiques soit le signe d’une maturité peu ou prou supérieure à la moyenne, dans la mesure où toutes sortes de sources d’informations (médias, marketing, publicité) leur martèlent à longueur de temps le contraire. Ou alors faut-il y voir le signe que les ados ne sont pas aussi influencables que certains le voudraient... Toujours est-il que la présence de ces jeunes confère au discours retro-gaming une fraicheur bienvenue.

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