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Silent Hill - La série
Année : 1999
Système : Playstation, Playstation 2 ...
Développeur : Konami
Éditeur : Konami
Genre : Survival Horror

Silent Hill 3
(2003 - Playstation 2)

Automne 2001, dès SH2 mis sur le marché, la Silent Team se remet au boulot. Mai 2003, SH3 sort par chez nous sur PS2, avant tout le monde ! Eh oui, nous sommes gâtés et ce n'est que justice, na ! D'autant plus que ce SH3 est fabuleux même si le scénario de SH2 me semble plus travaillé (il faut dire qu'il est poussé à l'extrême, celui-là). Vous incarnez Heather, et suite à un mauvais rêve sur une table de café, la jeune fille se réveille dans une galerie commerciale devenue étrangement déserte.

Après avoir passé un coup de fil à son père, elle croise le chemin d'un certain Douglas qui prétend être à sa recherche. Heather ne lui fait pas confiance et cherche à le semer plutôt qu'autre chose. En fuyant par la fenêtre des toilettes les plus proches, elle va s'engouffrer petit à petit dans un cauchemar plus vrai que nature.

Les visages en 3D temps réel son bluffants de réalisme
Un parc d'attraction très acceuillant.

Tout comme SH2, le jeu est parsemé de scènes déconcertantes et autres passages énigmatiques et troublants. Pensez à bien observer ce qui vous entoure car derrière certains décors, on peut faire de surprenantes découvertes. En gros, et pour ne pas me paraphraser, on retrouve ici toutes les qualités de SH2 (mise à part la différence de traitement expliquée plus bas) enrobées d'une réalisation plus performante, les graphismes et textures ayant gagné en finesse et détails. La lumière de votre lampe se réfléchit plus naturellement sur les décors, également.

Mon Dieu qu'il est difficile de ne pas dévoiler les scènes marquantes du jeu, comme pour SH2, mais si vous n'avez jamais tâté de ces merveilles, je me dois de vous laisser la primeur. Sachez que cet épisode fait suite au tout premier Silent Hill (là, j'en dis déjà trop) et qu'il est encore plus gore que SH2 (il fallait oser). La Silent Hill Team à voulu cette épisode plus agressif que les précédents. Si une partie du jeu laisse place à une suggestion horrifique digne de SH2, l'autre vous confronte à des hordes de monstres hargneux plus nombreux qu'à l'accoutumée.

Néanmoins, et toujours dans un souci de ne point « spoiler », je tiens à vous prévenir que certains passages comme la station de métro, le parc d'attraction ou la chapelle vous tétaniseront. Un régal. Le scénario, toujours de Hiroyuki Owaku, va vous plonger une fois plus dans un monde de doute, d'ambiguïté et de terreur.

Cette scène a une signification, à vous de la trouver !

Si SH2 avait des teintes ternes (le gris, le bleu, etc.) pour couleurs dominantes afin de coller à l'ambiance du scénario, SH3 est habité par les couleurs chaudes, le rouge et ses amis plus précisément. Pour surprendre le joueur ayant fait tourner SH2 en boucle (un joueur comme moi quoi !), la Silent Team a, une fois encore, apporté une innovation de taille : le décor vivant. En effet, il vous arrivera très souvent d'être en face du murs saignants (un effet assez bluffant), grouillant ou brûlant, le tout en temps réel. Visuellement c'est très impressionnant et techniquement, la PS2 crache ses tripes.

Heather est donc une jeune fille de 17 ans et à l'image de Maria de SH2, la jeune fille n'est pas un top-model, ce qui ne l'empêche pas d'être mignonne, mais son visage semble fatigué, dépressif. Voulue innocente par le staff et après des premières esquisses de Shingo Yuri, le designer des personnages sur ce volet, jugées « trop gentilles », c'est finalement Sophie Marceau et Charlotte Gainsbourg qui ont inspiré la bouille d'Heather. Anecdote assez amusante : selon Shingo, Heather aurait du porter des jeans mais ses deux assistantes ont voulu qu'Heather soit plus féminine en montrant ses jambes. Les cheveux légèrement bouclés de la miss, ça vient d'elles aussi. Par ailleurs, c'est Heather Morris, l'actrice donnant vie (via la motion capture) à l'héroïne du jeu lors des cinématiques en temps réel qui donna son prénom à notre Heater version polygone.

À gauche, la terrifiante et énigmatique Claudia (oui, c'est bien de la 3D en temps réel).

Le casting de SH3 par réserve une fois de plus bien des surprises mais chut ! Le design si particulier des personnages fait mouche, une fois encore. Notez que Ito Masahiro s'occupe toujours des créatures mais le bonhomme a endossé cette fois le poste de directeur artistique. Bref, les monstres sont toujours aussi terrifiants dans leur aspect, même si le bestiaires de SH2 reste plus angoissant à mon goût.

Pour ce gros personnage, Ito s'est inspiré des représentation des créatures venants des enfers sur les toiles de Jérôme Bosch.
Le bout du tunnel pour Heather ?

Les thèmes musicaux et l'ambiance sonore sont signés une fois de plus par le talentueux Akira Yamaoka. Un des bruits les plus cauchemardesque de SH3 provient d'une cérémonie vaudou vue à la télévision par Akira, glups ! Non contant d'être un musicien talentueux et décalé, le bonhomme à endossé le poste de producteur pour ce SH3. Visuellement, l'effet granuleux de l'image est une fois de plus présent (et c'est tant mieux !) ainsi que le design si travaillé pour nous offrir des décors horrifiques extrêmes. La modélisation des personnages (dans cette épisode, toutes les scènes utilisent le moteur du jeu, pas d'images de synthèse) est à couper le souffle, d'autant plus que le jeu tourne sur PS2 à la base. Il faut voir les visages, c'est surprenant de réalisme ! Un exploit pour la 128-bits de Sony. Les expressions sont criantes de vérités, les plus plausibles qu'il m'ait été donner de voir au moment de la sortie du jeu. Idem pour les jeux d'ombre, à tomber à la renverse.

De la full 3D impressionante pour une PS2.

On retrouve le même gameplay que SH2 (celui de SH était un peu plus raide). À ce niveau la différence se fait surtout sur le nombres des armes mis à disposition de Heather. Il y en bien plus que dans SH2. Vous pourrez même trouver un katana ! Tout comme SH2, j'en parlerais des pages durant, mais je préfère une fois de plus ne pas trop en dévoiler pour laisser la surprise. Indispensable donc, comme son ainé. À vous de débloquer toutes les fins (selons vos choix et manière de jouer donc), les costumes supplémentaires (une quinzaine dont une transformation à la Sailor Moon, tordant !), les armes secrètes (fans de Star Wars, surprise !), etc.

Je vous conseille d'écumer une pléiade de sites traitant de la série sur le net, les infos, secrets et autres réflexions sur les scénarios et les scènes bizarres (on peut y passer des heures !) y sont nombreux et passionnants. Par exemple, savez-vous pourquoi les toilettes sont des lieux récurrents et très importants dans la série (dans SH, il s'y passe des choses horribles, SH2 commence dans des WC et dans SH3, les toilettes servent de portail vers l'horreur au début du jeu) ? En fait cela vient d'un conte terrorisant japonais très célèbre sur l'archipel se passant dans... les toilettes justement. Encore une pour la route ? Le plan de la chapelle dans SH3, qui a l'air d'être dessiné par un enfant a vraiment été dessiné par un gosse pour plus de crédibilité. N'avez-vous jamais remarqué que le fauteuil roulant est vraiment l'objet numéro un de la série tant il apparait abondamment dans les trois opus ? Rendez-vous sur le net !

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