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When dinosaurs ruled the world
Les
deux dinosaures ont également droit à leurs améliorations.
La chaussure, si on la ramasse, permet de doubler la vitesse de déplacement,
ce qui s'avère très pratique pour aller chercher les
bonus avant la fin du temps imparti ou avant son partenaire. Toutefois,
il peut s'agir d'un bonus à double tranchant car il accélère
également la vitesse de saut mais aussi et surtout, la vitesse
de chute. La précision devient moindre et le slalom entre les
ennemis ou les rebonds sur les bulles en deviennent bien plus délicats.
Les bulles, quant à elles, peuvent être améliorées
de trois façons grâce à des bonbons de couleurs
différentes. Le bonbon jaune (probablement le plus pratique)
augmente considérablement la cadence de tir des bulles, permettant
de noyer les ennemis sous une avalanche de projectiles et de multiplier
les fruits en fin de niveau. Le bonbon violet augmente la portée
des bulles. Le bonbon bleu, quant à lui, augmente la vitesse
de déplacement de la bulle.


Sans le bonbon jaune, avec le bonbon jaune. C'est le premier effet Kiss
Cool.
Une
fois tous ces boni acquis, Bub et Bob pourrait devenir les machines
de guerre ultimes. Faux. Il y a encore mieux : les croix. Il
existe 3 croix différentes. La première, la rouge (alias
"great balls of fire"), remplace le temps d'un niveau, les bulles
de celui qui a acquis le bonus par des boules de feu, comme quoi,
nos héros ont bien des ascendances draconiques. Ces boules
de feu tuent instantanément les ennemis (au lieu de simplement
les emprisonner). Elles traversent les parois, avec leur portée
illimitée elles peuvent toucher n'importe quoi en ligne et
continuent leur trajectoire au travers des ennemis qu'elles transpercent
jusqu'à sortir de l'écran. Si cela ne suffisait pas,
elles transforment les ennemis en diamant. Quand un joueur obtient
la croix rouge (qui n'a rien d'humanitaire pour le coup) conjointement
avec le bonbon jaune, c'est la fête. A noter que les effets
des bonbons et de la chaussure sont permanents, jusqu'à la
mort du dinosaure, alors que la croix ne dure qu'un niveau. Inconvénient
des boules de feu : il devient bien évidemment impossible
de se servir de ses propres bulles pour sauter plus haut. A ma connaissance,
ce bonus n'apparaît pas dans les niveaux ou sauter sur ses bulles
est indispensable pour achever le niveau. Deux autres croix existent
et sont plus radicales. La croix jaune (alias "nous vous devons plus
que la lumière") fait jaillir des éclairs à travers
l'écran et tue tous les ennemis, les transformant en diamants.
Encore une fois, il s'agit d'un moyen efficace pour boucler un niveau
délicat. Dans le même ordre d'idée, la croix bleue
(alias "la chasse d'eau"), remplit l'écran avec de l'eau, ce
qui tue tous les ennemis (diamants, fin du niveau, la routine quoi).
Ces armes de destruction massive sont généralement une
aubaine pour le joueur à la peine dans un tableau (surtout
quand il est coincé dans un trou ou avec Von Blubba aux fesses).
Parmi les autres boni disponibles, citons le très appréciable
parapluie. Existant en trois versions, il permet de sauter instantanément
et respectivement 3, 5 et 7 levels. Ces derniers défilent et
c'est un bonheur de voir passer sous ses yeux un niveau particulièrement
ardu en sachant qu'on n'aura pas à se le coltiner. Pour finir
sur les boni, je citerai les bulles-lettres. Dans la plupart des niveaux,
des bulles contenant une lettre apparaissent. A chaque fois qu'un
joueur l'éclate, il s'approprie la lettre. Si le joueur parvient
à former le mot "EXTEND", le niveau se termine (vous avez compris
la logique à force, j'espère !) et le joueur gagne
une vie supplémentaire. Notez qu'on gagne également
une vie lorsqu'on atteint les 30.000 points, puis à 100.000.


A gauche : la boule de feu, le deuxième effet Kiss Cool. A droite :
une vie supplémentaire en récoltant toutes les lettres d'EXTEND.
Comme
vous pouvez le constater, le jeu est une véritable mine à
boni. Contrairement à ce qu'on pourrait croire, la majorité
d'entre eux n'apparaissent pas aléatoirement mais sont générés
en fonction d'actions précises effectuées par les joueurs
(à leur insu ou non), ce qui constitue une vaste de liste de
secrets à découvrir.
Bub monte en bas,
Bob descend en haut
Non,
ce message n'est pas un communiqué des associations de lutte
contre la drogue (Winners don't use drugs, tout ça). Il reflète
simplement la logique de Bubble Bobble, qui propose
un paradigme différent, venant enrichir le gameplay du jeu.
Dans la plupart des niveaux, on retrouve deux trous en haut, deux
trous en bas (quelques variantes existent). Si le joueur ou un ennemi
se laisse tomber dans un de ses trous, il réapparaît
par son équivalent en haut de l'écran, un peu comme
dans les tunnels de bords de tableau dans Pac-Man.
Dans certains cas, cela permet de s'enfuir, dans d'autres il s'agit
de l'unique moyen d'accéder à une zone haut perchée.
Cette astuce permet également aux programmeurs de servir de
débarras pour certains effets comme le courant de la bulle
d'eau qui part s'écouler et disparaître dans ce gouffre
sans fond (car le courant ne revient pas par en haut). De même,
il est possible, en rebondissant sur des bulles ascendantes de remonter
le niveau et revenir par en bas (vous pouvez aller prendre de l'aspirine
si ça peut vous aider à comprendre ce paragraphe). Cet
élément farfelu apporte de grandes possibilités
de gameplay, avec notamment certains niveaux qui se déroulent
en (quasi) chute libre avec les monstres et dans lesquels il faut
slalomer en l'air tout en évitant les ennemis et en crevant
les bulles. Voici tout à fait un exemple de niveau dans lequel
la chaussure devient un handicap.


A gauche : les Zen-Chan tombent dans un puit sans fond. A droite, les
murs bloquent les bulles, il va falloir jouer serré.
La combinaison
de ce facteur et des autres éléments de gameplay (alliés
aux compétences de level design de etc.) permet des challenges et des puzzles
sans cesse renouvelés durant les 100 niveaux qui aboutissent à un
affrontement avec le seul boss du jeu, qui s'affronte à l'aide de bulles
de foudre. Il faut savoir qu'il existe deux fins (un good ending et un bad ending),
la vraie fin nécessitant un code permettant d'accéder à un
mode Super plus difficile qu'il faut alors finir. D'ailleurs, le jeu fourmille
d'autres astuces et codes. En fonction du nom saisi à l'écran du
score, on obtient divers effets. De même, en fonction du nombre de fois
que vous vous laissez tomber dans les trous de bas de niveau, d'autres boni feront
leur apparition. Réussissez à ne perdre aucune vie jusqu'au niveau
20 (puis 30, 40, etc.) et vous ferez apparaître une porte argentée
qui vous emmènera dans une salle secrète. Il serait trop long de
tout énumérer ici. Je suggère de se référer
aux sites dont je donne les URL en fin d'article.


A gauche, le seul et unique boss du jeu, à l'issue des 100 niveaux.
A droite, en fin de partie, l'écran indique le record du jour.
Les plates-formes de Bubble Bobble
Le
jeu a été décliné sur de nombreux supports à
l'époque. Globalement, il n'est pas très gourmand graphiquement,
avec ses décors dépouillés dont témoigne le fond noir.
Il a pu ainsi être adapté facilement sur des machines 8 bits.


A gauche, la version Master System. A droite, la version NES.
Sur
certaines versions, notamment NES,
l'affichage de nombreuses bulles provoque des clignotements intempestifs,
mais qui ne nuisent pas à la jouabilité.


A gauche, la version CPC. A droite, la version
C64.
Dans
la version NES, après les 100 niveaux, 10 niveaux
bonus sont présents avant d'arriver au boss.


A gauche, la version ST. A droite, la version Amiga.
Les
versions ST et Amiga
sont très réussies et fidèles. Le studio anglais
Software Creations (Solstice,
Equinox) s'est occupé
de la conversion, et Firebird édita le jeu. Bubble
Bobble est également sorti sur Playstation
en 1996 dans une compilation regroupant également Rainbow
Island en version originale et relookée. La conversion
est bien entendu identique à l'arcade. Signalons également
la version MSX de Bubble Bobble, éditée
par Taito en personne, dont l'animation saccadée et les sprites
bichromes dans le meilleur des cas ne faisaient pas honneur à
la machine (mais Taito n'a jamais particulièrement brillé
sur MSX).


A gauche, la version Famicom Disk System. A droite, Bubble Bobble sur MSX,
avec un niveau spécifique à cette version.
L'aventure continue...
Bubble
Bobble, à l'instar d'autres séries japonaises,
a connu des suites suivant une chronologie assez hasardeuse. Du point
de vue du "scénario", la suite officielle de Bubble Bobble
est Rainbow Islands
(1987) qui s'intitule The Story of Bubble Bobble 2.
De même, Parasol Stars
(1991) équivaudrait au 3e épisode. Si ce
dernier présente des similitudes de gameplay avec l'original
(le système de tableaux), Rainbow Islands
possède un principe déjà plus éloigné.


A gauche, Rainbow Islands. A droite, Parasol Stars.
Dans
le principe, les vraies suites de Bubble Bobble sont
sorties plus tard, en arcade. Il s'agit tout d'abord de Bubble
Symphony (1994). Le jeu est en partie un remake du jeu original
car il reprend un bon nombre de niveaux, refaits. Cependant, beaucoup
d'ajouts ont été implémentés. Signalons
la possibilité de choisir entre 4 personnages avec des caractéristiques
différentes, de nouveaux monstres, plus de boss et la possibilité
comme dans Arkanoïd de choisir le niveau suivant parmi plusieurs.
Bien entendu, les graphismes ont été revus à
la hausse. En 1995, est sorti un autre épisode intitulé
Bubble Memories, qui reprend également les
mêmes mécanismes avec une animation supérieure,
des niveaux inédits et moult nouveaux boni. En revanche, exeunt
les nouveautés apportées par Bubble Symphony.
On notera les clins d'oeil faisant référence à
Rainbow Islands.


A gauche, Bubble Symphony. A droite, Bubble Memories et ses arcs-en-ciel.
INSERT COIN ! TO
JOIN !!
Bubble
Bobble est un jeu marquant dans l'histoire car il est précurseur
d'un genre (les cute-games) et d'un principe (les jeux de tableaux).
Ce n'était pas forcément le tout premier jeu du genre
mais à l'instar de Final Fight
pour les beat them all, il a lancé une mode. En témoignent
les nombreux jeux qui s'en sont inspirés tels Rod-Land
(Jaleco, 1990) ou encore la série Snow Brothers
(Toaplan, 1990), qui comptera 3 épisodes.


A gauche, Rod-Land. A droite, Snow Brothers.
Bubble Bobble est un jeu simple mais terriblement
riche. Mi-plateformes, mi-puzzle, il oblige parfois à une grande
agilité et un sacré timing (notamment pour sauter de
bulles en bulles) mais aussi à analyser certains tableaux pour
trouver la façon la plus simple de finir un niveau. Une sorte
de croisement en Super Mario Bros
et Solomon's Key. La jouabilité
est parfaite et les boni d'amélioration viennent encore augmenter
les possibilités de nos héros. Des trouvailles géniales
(ou leur exploitation originale) viennent agrémenter le jeu,
comme l'aspect multi-fonction des bulles ou les trous de bords de
niveaux. La multiplicité des boni de points, avec notamment
le système des combos, vient également enrichir le jeu.
Bien que cet aspect puisse être éludé, la compétition
au meilleur score avec son partenaire est un gros plus du jeu et les
développeurs l'ont bien compris en distillant savamment les
boni de manière à pousser le joueur à prendre
des risques pour pouvoir s'en emparer avant son concurrent. Mais le
principal mérite de Taito réside dans sa capacité
à avoir su créer 100 niveaux qui exploitent si bien
les possibilités du jeu. Certains sont très faciles
et basiques mais permettent de se goinfrer de points, d'autres sont
très complexes et difficiles, d'autres encore sont des clins
d'oeil amusants jouant sur le dessin du décor. Le jeu est assez
simple durant sa première moitié mais la seconde partie
présente parfois des niveaux à s'arracher les cheveux
et on prie pour obtenir un parapluie pour les éviter. Cependant,
la difficulté est correctement dosée et rien n'est infranchissable.
Plus important : le jeu est juste et propose toujours des portes
de sortie. Un très grand jeu donc, qui a un mérite inestimable :
il ne vieillit pas. Malgré ses presque 20 ans, on s'amuse toujours
avec et on se surprend à chantonner sa mélodie si répétitive
et entêtante. Bref, vous l'aurez compris, Bubble Bobble,
c'est trop d'la bulle.
Xuenilom
Merci à David et Lyle pour leur aide.
- Un site sur la série et sur Taito : http://taito.overclocked.org/
- Un site très complet qui montre l'immense richesse du jeu : http://www.mcboof.com/games/bb/index.html
- Un site sur l'actualité de la série : http://www.bubandbob.com/plain/
- Une interview exclusive du Baron Von Blubba : http://www.i-mockery.com/minimocks/blubba/default.php
- En page Gromix, une version du thème
de Bubble Bobble est disponible.