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The Addams family
Année : 1992
Système : Amiga, C64, Game Boy, Megadrive, NES, SNES
Développeur : Ocean
Éditeur : Ocean
Genre : Plate-forme
Par Tonton Ben (18 août 2004)

*Avertissement* : afin de remettre ce test dans son contexte, merci de vous procurer le single de MC Hammer qui a servi de BO au film du même nom. Oui, je sais, c'est pas facile à écouter, mais il faut bien placer l'ambiance.

La p'tite intro animée...
Le beau menu, en français !

'Oh, this is the Addams groove right here, ha ha !'

Ocean, spécialiste des titres dérivés de licences à succès venus du grand écran, s'est attaqué cette fois-ci au film de Barry Sonnenfeld réalisé la même année, lui-même dérivé de la série du petit écran. Tout était réuni pour craindre le pire.

Le scénario est on ne peut plus simple : les Addams sont sous le coup d'une décision de justice les ordonnant de quitter leur demeure, suite aux manigances d'un avocat véreux qui veut récupérer le manoir. Pour couronner le tout, Gomez, le patriarche, se retrouve seul au manoir, l'ensemble de la famille ayant disparu. On ne peut pas tomber plus bas.

Le hall d'entrée, point de départ de l'aventure.
La salle de jeu... bah voyons.

Mon préféré, c'était cousin machin.

Ocean nous propose donc ici un fameux jeu de plates-formes, caractéristique des consoles 16-bits. Le but est de faire parvenir Gomez à retrouver et délivrer dans le désordre Pugsley, Wenesday, Granny et Fester, pour enfin atteindre Morticia. Pourquoi dans le désordre ? Tout simplement parce que contrairement aux productions classiques du même acabit, The Addams Family propose un terrain de jeu totalement ouvert : Gomez peut aller où bon lui semble, gérer les quêtes dans n'importe quel ordre, pas de contraintes de niveaux dans un ordre imposé. La liberté, quoi !

Gomez démarre du hall d'entrée, et doit pousser ses investigations jusqu'à des lieux plutôt inhabituels, enfin pour le commun des mortels : cimetière, passages souterrains, salles de torture... Toute la mythologie Addams est exploitée. Tout le jeu est découpé en lieux, composés chacun de quelques écrans de largeur ou de hauteur, et qui débouchent sur plusieurs autres.

Évidemment, le gibet au fond du jardin...
Oh le bô passage secret !

Vds manoir 156 pièces plus dépendances...

Le revers de la médaille ? L'ensemble du jeu forme un boxon sans nom, l'orientation devient vite catastrophique. Les rôlistes vétérans ressortiront rapidement leurs feuilles quadrillées (© AD&D). La bonne nouvelle, c'est que chaque lieu possède un titre, souvent en rapport avec la partie exploitée. La mauvaise, c'est que l'équipe d'Ocean s'est attachée à créer moult raccourcis, et des retours en arrière qui ne correspondent pas forcément au point de départ. Sans compter un nombre important de passages secrets, à trouver au moyen de portes dérobées, murs factices...

Tous ces lieux ne sont pas vides, loin de là. L'environnement est totalement hostile, et tout ce qui bouge veut la peau de Gomez : théières, piafs, pingouins, lapins... Listés de cette façon, ça ne semble pas effrayant, certes, mais tout ce p'tit monde fait preuve d'une grande agressivité. Surtout que Gomez, ce n'est pas Samus ou Megaman : l'ami moustachu (mais avec un beau costard) commence l'aventure avec deux cœurs, trois réceptacles supplémentaires sont à découvrir. Question technique de close-combat, Gomez n'y connaît pas non plus grand-chose : à peine sait-il éclater ses adversaires en leur sautant dessus. Ah si, grand maître de golf et d'escrime, s'il trouve une fine lame ou une balle de golf, il pourra s'en servir. D'autres artefacts sont à dénicher, comme le fez-coptère (argh), ou les chaussures.

Les portraits de famille.
Le fez-coptère !

Mais c'est que ça mord, ces bêtes-là !

Attention, jeu difficile ! Là encore, Ocean a vraiment fait un effort pour doser le challenge : il est en effet impossible de perdre une vie suite à une mort subite, à la Castlevania ou à la Super Mario Bros : tous les trous et fosses rencontrés emmènent Gomez vers une nouvelle salle. En contrepartie, lorsque l'on revient dans un lieu, tous les ennemis réapparaissent. De plus, chaque endroit est truffé de pièges vicieux, à franchir très souvent au moyen d'un timing serré. Pour finir, des boss gardent les membres de la famille. Pour venir à bout du jeu, des vies supplémentaires sont à dénicher, ou à récupérer au bout de 100 dollars. Un système de mot de passe sert de sauvegarde, qui garde en mémoire le nombre de vies acquises.

Graphiquement, l'ensemble se présente bien : graphismes mignons, très cartoons, animations fluides, maniabilité très vive. Côté son, cependant, les mélodies servent surtout de musiques d'accompagnement, et vont de pair avec des bruitages moyens.

Des sauts bien dangereux !
Même les tasses à café sont hargneuses.

The Addams Family est donc tout sauf un jeu révolutionnaire : Ocean a injecté dans ce titre le meilleur de la plate-forme pour en faire un jeu vaste, relevé, et au final très fun. Sorti tout d'abord sur Megadrive, le soft a été adapté sur beaucoup de supports : SNES, Amiga, Nes, Gameboy, C64... Attention, néanmoins, toutes les versions ne sont pas équivalentes au niveau du gameplay.

Ce titre a connu une suite directe, titrée Pugsley's Scavenger Hunt. Il s'agit à peu près de la même chose, mais avec des graphismes plus léchés. Sinon, dans la même série, deux autres titres sont à mentionner, Fester's Quest et Addams Family Values (également tiré du film du même nom), sauf que ceux-ci sont plus orientés aventure / RPG. On y contrôle à chaque fois l'oncle Fester, avec une vue de dessus type Zelda.

Attention aux flammes !
Serait-ce une section cachée ?

*Avertissement* : dans l'éventualité d'un prochain article sur Batman, merci de vous procurer le single Batdance commis par Prince. Demandez au gars qui vous a refilé celui que vous venez d'écouter, il doit sûrement l'avoir.

Tonton Ben
(18 août 2004)
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