Le 1er site en français consacré à l'histoire des jeux vidéo
NEC PC Engine
1987 - 1994
Très attendue à sa sortie, cette console a connu une brillante destinée, et tient une place de choix dans le coeur des joueurs nostalgiques.

Autre versions, autres extensions.

La gamme PC Engine est un vrai fouillis, à croire que NEC savait qu'un jour des gens collectionneraient les anciennes consoles.

NEC CoreGrafx et CoreGrafx II.

Sortie au Japon en 1989, la CoreGrafx est une PC Engine recolorée anthracite et munie d'une sortie vidéo DIN à la place de la prise antenne RF dont disposait l'originale. En 1991, elle est remplacée par la CoreGrafx II, identique en dehors des couleurs.

NEC SuperGrafx.

La SuperGrafx, version améliorée de la PC Engine, apparaît au Japon en décembre 89. Avec cette console, NEC entend résister à l'arrivée de la Super Nintendo. La RAM passe de 8 à 32Ko et le circuit vidéo est amélioré (il peut gérer deux plans de scrolling en plein écran), mais le processeur principal est toujours un 8-bits, qui sème la confusion dans l'esprit du public. Bien que compatible avec toute la ludothèque PC Engine, seulement 7 jeux -parmi lesquels figurent Darius Plus et Ghouls and Ghosts- exploitent le surcroît de puissance de ce hardware et aucun n'est sur CD. La SuperGrafx n'a donc pas eu le succès souhaité et n'est pas sortie aux Etats-Unis.

NEC PC Engine Duo et lecteur Super CD-ROM²

En novembre 91 est lancée au Japon la PC Engine Duo (prix : 59.800 yens). Il s'agit d'une PC Engine couplée à un lecteur de CD-ROM plus performant que le CD-ROM² : sa vitesse de lecture est supérieure et il porte la mémoire vidéo de la console à 256Ko. Deux mois plus tard, ce nouveau lecteur sort en tant qu'extension pour PC Engine, CoreGrafx ou SuperGrafx sous le nom de Super CD-ROM² (prix : 47.800 yens). De nombreux (grands) jeux seront développés sur ce support.

En 1994 est sorti l'Arcade CD-ROM² (Japon uniquement). Cette fois pas de nouveau lecteur de CD-ROM (on garde celui qu'on possédait), simplement une HuCard-système qui augmente le cache CD. Une vingtaine de jeux en exploitent les capacités.

NEC PC Engine Shuttle et PC Engine Duo RX.

D'autres déclinaisons de la console, limitées au marché japonais, ont existé :

- PC Engine Shuttle (1989) : modèle bon marché destiné au jeune public, de forme différente (proche d'une soucoupe volante) et dépourvu de port d'extension donc limité à l'utilisation de HuCards. Très peu vendu à l'époque, donc très recherché aujourd'hui.
- PC Engine LT (1991) : une PC Engine portative, surmontée d'un petit écran LCD (env. 10cm) qui se replie sur la console, et équipée d'un tuner TV. Un adaptateur existe pour la connecter à un Super CD-ROM², et on peut brancher l'ensemble sur un téléviseur. C'est l'arme absolue, très recherchée, très rare, hors de prix.

NEC PC Engine LT.

- PC Engine Duo R (1993) : très proche de la Duo mais moins chère, de couleur beige et avec moins de connectique.
- PC Engine Duo RX (1994) : quasiment la même que la précédente, mais d'une couleur plus bleutée, et dotée d'un gamepad à 6 boutons unique dans la gamme PC Engine (hors accessoires).

Les modèles que Sodipeng a importés en France sont les suivants : PC Engine, Coregrafx, Coregrafx II, Supergrafx, CD-ROM², Super CD-ROM², PC Engine Duo et PC Engine GT.

Fin de carrière

En 1992, NEC cède les droits de distribution de la TurboGrafx-16 et des ses jeux, pour les Etats-Unis, à TTI (Turbo Technologies Inc.), une entreprise basée à Los Angeles et formée par des anciens de NEC et Hudson Soft. Le lancement du lecteur de CD-ROM de Sega (le Mega-CD, ou Sega CD) est imminent. Pour le contrer, TTI prépare une version américaine de la PC Engine Duo, la TurboDuo, prévue pour un lancement fin 92 à un prix compétitif (300$ avec 5 jeux inclus, dont quatre sur CD). Le Super CD-ROM² n'est pas importé aux Etats-Unis, mais TTI vend une HuCard appelée Super System 3.0, qui une fois insérée permet de lancer les jeux Super CD-ROM² sur une TurboGrafx-16 équipée d'un TurboGrafx-CD. Ce dernier voit son prix baisser drastiquement pour l'occasion.

Une campagne promotionnelle agressive commence alors, riche en publicités comparatives, mais c'est un échec. TTI ne fait pas mieux que NEC dans le suivi de son produit, et les jeux sur CD traduits sont toujours aussi rares.

NEC TurboDuo.

À l'époque, la Super NES est déjà sortie, et après des débuts difficiles, commence à bien marcher grâce au support de nombreux éditeurs tiers, chose qui manque cruellement à la Turbo Duo. Bien que le Sega CD soit lui aussi loin des objectifs annoncés, il surpasse les ventes de Turbo Duo. Fin 1993, époque de l'arrivée des premières consoles 32-bits (comme la 3DO), les différentes consoles de NEC et TTI ont déjà pratiquement disparu du marché.

En 1994, NEC se limitera au marché japonais pour sa console 32-bits, la PC-FX, dont le destin vous est conté dans cet article. Il s'est vendu au total, dans le monde, 10 millions de PC Engine tous modèles confondus.

Le cas de la GT

Parmi les diverses incarnations de la console de NEC, il en est une qui ne peut que rendre curieux : la PC Engine GT (appelée TurboExpress aux US), sortie en 1990, est une PC Engine portable équipée d'un écran LCD rétro-éclairé en couleurs, de 2.6 pouces, capable de lancer tous les jeux de la PC Engine sur HuCards, et qui est restée longtemps la plus puissante des consoles portables, loin devant les Lynx, Game Gear et Game Boy. Les écrans de ces dernières sont des matrices LCD passives, ce qui a pour effet de rendre les mouvements flous (rémanence) et les couleurs peu contrastées (pour la Game Gear). Celui de la PC Engine GT est une matrice active, au rendu bien supérieur, bien que de taille réduite. De plus, un add-on pour la console est aussi vendu qui permet de visualiser sur l'écran des émissions de télévision.

Une PC Engine GT et son tuner TV.

Toutes ces merveilleuses possibilités se paient hélas par la consommation intensive de batteries (donnée prépondérante pour une console de jeu portable), un jeu de 6 piles R6 ne dépassant pas les trois heures d'utilisation. Pour compenser ce handicap, des kits de piles rechargeables ont été commercialisés et la console s'éteint automatiquement si elle reste inutilisée pendant un certain temps. La PC Engine GT n'a pas connu le succès qu'elle méritait, en raison notamment d'un prix élevé (300$ aux US, 2490fr en France), bien que justifié.

Les jeux

C'est un fait bien connu, et les Caravan Festivals y sont sans doute pour quelque chose : la PC Engine est un vrai bonheur pour les fans de shoot'em ups. Des jeux comme Blazing Lazers, Parodius, L-Dis, Gradius I & II, Life Force, Star Parodia, Salamander, Raiden, Winds of Thunder, Magical Chase, Aldynes ou Soldier Blade sont géniaux sur cette console (voir cet article pour d'autres suggestions).

Super Star Soldier et Winds of Thunder.

Outre les RPG dont on a déjà parlé, citons également Akumajo Dracula X: Chi no Rondo, sur Super CD-ROM², un remarquable épisode de la série Castlevania (aussi connu sous le nom de Dracula X ou Castlevania: Rondo of Blood) doté d'une bande son de légende, que les collectionneurs recherchent avidement. Hudson Soft oblige, quatre épisodes de Bomberman sont sortis sur PC Engine : l'original, Bomberman '93, Mega Bomberman et Bomberman: Panic Bomber. Les amateurs de jeux de plateformes ont de quoi faire avec les trois Bonk : Bonk's Adventure, Bonk's Revenge et Bonk 3: Bonk's Big Adventure.

Bonk's Adventure et Mega Bomberman.

Les jeux de courses sont assez rares mais on trouve tout de même Chase HQ, Final Lap Twin et la série des Moto Roader (3 jeux) qui font bonne figure. Il en va de même pour les jeux de sport, bien que Davis Cup Tennis (développé par Loriciel) soit fort recommandable.

Chase HQ et Akumajo Dracula X: Chi no Rondo.

Au total, environ 290 jeux sur HuCard sont sortis au Japon. Moins du tiers ont été traduits en anglais et exportés aux États-Unis. Au moins 400 jeux sur CD sont sortis au Japon, dont seulement 45 ont été traduits pour l'exportation. Les HuCard et TurboChips sont zonées, mais pas les CD-ROM.

Les deux principaux émulateurs PC Engine sont HuGo! et Magic Engine. Le premier est gratuit, le second coûte 15€ mais la version démo est très peu limitée, il fonctionne à la perfection et son auteur est un Français. Avec ces deux programmes et en téléchargeant les roms adéquates, il est possible de jouer à des versions traduites de jeux PC Engine qui ne l'ont jamais été sur leur support d'origine.

Conclusion

Photos extraites du magazine japonais Gekkan PC Engine d'octobre 91.

En quatre ans, la NEC PC Engine n'a jamais réussi à s'imposer en dehors du Japon, à cause du manque d'expérience et de recul, pour ne pas dire de motivation, de la part de son fabricant dans la distribution et la promotion d'un tel produit. Pourtant, techniquement c'était une console étonnante qui s'est constitué une ludothèque considérable et de qualité, surtout pour qui recherche avant tout de bons jeux en 2d, fluides, maniables et bien conçus, avec une qualité graphique bien au dessus des8-bits.

Face à ce trésor ludique, l'appartenance ou pas de cette console à la famille des 16-bits n'a plus aucune importance.

Merci à Petitevieille pour ses infos.

Laurent
(11 novembre 2013)
Page 2 sur 2
>>>
Un avis sur l'article ? Une expérience à partager ? Cliquez ici pour réagir sur le forum
(12 réactions)